Éditocrate

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Le terme éditocrate désigne une personnalité très présente dans les médias, et plus spécifiquement de l'édition, qui donne régulièrement son opinion sur un grand nombre de sujets dont elle n'est pas forcément spécialiste. Apparu dans les années 2000, ce terme péjoratif est utilisé pour dénoncer une sorte d'aristocratie médiatique, un cercle fermé de journalistes, essayistes ou éditorialistes constamment invités dans les médias, et qui sont souvent accusés de connivence avec les élites politiques et économiques[1]. L’éditocrate désigne ainsi les membres de la médiacratie dirigée par ces personnalités du monde de l'édition.

Le mot a été principalement popularisé par le livre Les éditocrates, publié en 2009, et co-écrit par Olivier Cyran, Mathias Reymond, Sébastien Fontenelle et Mona Chollet[2]. Il est depuis régulièrement repris dans la presse et les médias surtout de gauche, comme Acrimed[3], L'Humanité[4], Arrêt sur images[5], Politis[6], ou Le Nouvel Observateur[7].

Liste[modifier | modifier le code]

Parmi les personnalités qui ont pu être qualifiées d'éditocrates, on trouve :

Origine[modifier | modifier le code]

Plusieurs documentaires dont Les nouveaux chiens de garde dénonce le fait que la séparation nette entre les types d'informations - Éditorial / Travail journalistique d'investigation et d'information sur les faits / Publicité - n'existe plus. Ces contaminations du travail journalistique par l'éditorial et/ou par la publicité sont à l'origine du terme d'éditocrate. Pour les investigateurs du phénomène : « Le commentaire tue l'information ». Henri Maler, Acrimed, affirme : « Le journalisme de commentaire écrase le journalisme d'information. Le journalisme politicien écrase le journalisme d'investigation et d'enquête sociales »[28].

De plus, les journalistes, les pouvoirs économiques et politiques sont diplômés des mêmes écoles, vivent en circuit parisien fermé, copinent voire forment couple, se cooptent et participent à des think tanks réguliers tels Le Siècle, sont présentes ensemble dans des instances de direction ou de surveillance d'entités économiques, administratives ou sociales. Les garanties d'indépendance (conflit d’intérêt patent), de pluralité de points de vue, d'objectivité ne sont plus assurées lorsqu'on constate la similitude des analyses et des préconisations politiques, la concordance des erreurs sur les raisons de la crise financière, économique, sociale, politique, démocratique de 2007 à 2012 par exemple. La médiacratie est, pour les investigateurs, une partie de l'oligarchie au pouvoir. L'information, censée être le quatrième contre pouvoir de toute démocratie réelle, ne l'est plus[29],[30].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e « La meute des éditocrates », sur ACRIMED, (consulté le 18 mars 2019).
  2. Les éditocrates, par Olivier Cyran, Mathias Reymond, Sébastien Fontenelle et Mona Chollet, Editions La Découverte, 2009.
  3. Contre Dieudonné, l’éditocrate Philippe Tesson rétablit la peine de mort !, Acrimed, 21 janvier 2014.
  4. Yves de Kerdrel, éditocrate attaqué de toutes parts, L'Humanité, 16 janvier 2014.
  5. Poutou, oiseau-lyre des éditocrates, Arrêt sur images, 12 avril 2012.
  6. Est-Ce Que L’Éditocratie Ne Pourrait Pas Dédiaboliser (Aussi) Mélenchon ?, Politis, 9 février 2012.
  7. "Doutes" : Christophe Barbier, l'éditocrate de "l'Express" fait (encore) son cinéma !, Le Nouvel Observateur, 13 novembre 2013.
  8. Collectif 2009, p. 85
  9. a et b Boniface 2011
  10. Collectif 2009, p. 71
  11. a b et c Mauduit 2012
  12. Qui pour sauver Sarkozy ? Super-Barbier !, Europe 1, 3 janvier 2012.
  13. Collectif 2009, p. 55
  14. Collectif 2009, p. 121
  15. Collectif 2018, p. 11
  16. Collectif 2009, p. 13
  17. Bilan de Marzouki: salve maghrébine contre les « prétentions » des éditocrates parisiens, Le Quotidien d'Algérie, 29 janvier 2012.
  18. Collectif 2018, p. 25
  19. Pourquoi France 2 a-t-elle invité Giesbert, gourou des vaincus ?, Rue89, 18 juin 2012.
  20. Collectif 2009, p. 107
  21. Collectif 2018, p. 41
  22. Collectif 2009, p. 27
  23. Collectif 2009, p. 141
  24. « Nathalie Saint-Cricq en mission politique », sur Acrimed, (consulté le 14 mars 2019)
  25. Bruno Roger-Petit, Guy Birenbaum : les nouveaux éditocrates, Les Inrocks, 26 mars 2014.
  26. Collectif 2009, p. 161
  27. Collectif 2018, p. 139
  28. « Discutons de l'information entre générations », sur Thinkerview, (consulté le 14 mars 2019) à 01':35
  29. Balbastre-Kergoat 2012
  30. Maler-ACRIMED 2016

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]