Éditions La Farandole

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Les Éditions La Farandole (1955-1994) sont une maison d'édition spécialisée dans la littérature d'enfance et de jeunesse. Ayant le statut de société anonyme, elles relevaient du groupe éditorial du Parti communiste français, néanmoins avec une autonomie qui leur permettait de publier des auteurs fort divers.

Créée au dernier semestre 1955, La Farandole avait acquis une réputation de sérieux dans sa production, dont de nombreuses œuvres étaient distinguées par des sélections tel le Diplôme Loisirs Jeunes.

Incluse en 1979-1980 dans les restructurations du groupe éditorial du Parti communiste français, la maison d'édition prend alors le nom de Messidor La Farandole. L'ensemble du groupe rassemble les Éditions sociales, renommées Temps actuels, les éditions Vaillant-Miroir Sprint, les éditions littéraires Messidor, anciennement Éditeurs français réunis (EFR) dirigées par Louis Aragon, et Messidor La Farandole. Devenu Scandéditions en 1992, le groupe est mis en liquidation en 1994.

Les Éditions La Farandole disparaissent après trente-neuf années d'existence. Elles laissent un catalogue d'une importance considérable dans le domaine de la littérature pour la jeunesse.

Notes de situation[modifier | modifier le code]

Les lieux[modifier | modifier le code]

Lors de leur création, les Éditions La Farandole sont domiciliées au 3 cour du Commerce-Saint-André, un passage aux pavés disjoints entre le boulevard Saint-Germain et la rue Saint-André-des-Arts, dans le 6e arrondissement parisien. Le local comprenait un rez-de-chaussée dont l'ancienne vitrine était protégée le soir venu par des volets de bois amovibles, et un premier étage exigu car le tout était contigu au restaurant Le Procope, dont la façade donnait sur la rue de l'Ancienne-Comédie. Le rez-de-chaussée était dévolu au commercial, à la comptabilité, aux expéditions, au magasin de réserve, aux archives. Le premier étage, coupé en 4/5 bureaux, servait à la production littéraire, artistique et technique et abritait le petit bureau directorial. Au travers des cloisons on entendait l'affairement dans les cuisines du multiséculaire restaurant. En face une serrurerie incluait dans son atelier un reste des remparts de Philippe-Auguste. Dans le même cours, un certain docteur Guillotin avait conçu un instrument destiné à adoucir les souffrances des condamnés à mort.

De 1955 à 1975, c'est dans ce décor suranné d'un Paris du XVIIIe siècle, que s'affairait le personnel de cette petite maison d'édition, qui employait (en 1972) tout juste une dizaine de personnes salariées, mais dont le catalogue offrait plus de 250 titres, dont certains rivalisaient aisément avec la concurrence éditoriale. L'agrandissement du restaurant et un bail au prix trop élevé, contraignaient un premier déménagement au 11 bis, rue de la Planche, dans le 7e arrondissement. Ce n'était que temporaire. Vers 1979, les Éditions La Farandole quittaient la rive gauche de la Seine pour s'installer au 146, rue du Faubourg-poissonnière, dans un immeuble qui rassemblait toutes les composantes des éditions Messidor.

La société[modifier | modifier le code]

Des origines jusqu'au début des années 1970, la direction, entièrement féminine, était assurée par un duo : une directrice « stratégique », Paulette Michel, dont il se disait qu'elle était la compagne[1] de Jean Jérôme, éminence occulte du PCF, et une directrice littéraire, Madeleine Gilard. Une autre femme, professionnelle de l'édition, Régine Lilensten, vient les épauler, vers 1970-1971, dans le domaine commercial et éditorial : elle succède à P. Michel.
Romancière, Madeleine Gilard, ancienne secrétaire et journaliste, était une « technicienne » de l'édition, et une traductrice de plusieurs langues, espagnole, allemand et russe[2], chargée particulièrement de la lecture des manuscrits, traductrice de contes et elle-même auteur de plusieurs livres pour enfants, est dès la création en juillet 1955 « l'âme » de La Farandole. Au point de vue technique du livre et de la mise en forme, elle est assistée par Jacqueline Mathieu, maquettiste de talent, qui a participé à la conception de la plupart des grandes productions inédites de la maison d'éditions, tels Le Trésor de l'Homme[3], l'Homme de toutes les couleurs, signé par Pierre Paraf[4], La Résistance rédigée par Pierre Durand[5] ou Mes ancêtres les peaux-rouges, de William Camus[6] Plus tard, elle aussi se lançait dans l'illustration de contes pour enfants, publiés par la maison d'édition où elle travaille[7]. En 1978 Ghislaine Povinha succède à Régine Lilensten au moment d'une restructuration du système éditorial du Parti communiste français[8].

Les Éditions La Farandole avaient le statut de Société anonyme. Leur capital était de 350 000 francs dans les années 1960, avant d'être porté à 500 000 francs en 1973. Cela traduisait le dynamisme de cette structure, dont un réseau de directeurs d'écoles, d'instituteurs, de responsables municipaux à l'enfance et de comités d'entreprises assurait une promotion bénévole, liée au « progressisme » de la production éditoriale.

La diffusion[modifier | modifier le code]

De fait, la distribution des Éditions La Farandole était assurée par le CDLP Centre de diffusion du livre et de la presse, comme les autres éditions du PCF. Les avantages de cette diffusion de type à la fois militant et commercial étaient toutefois négativement contrebalancés par un certain ostracisme dont faisait preuve souvent la critique littéraire enfantine à l'égard de cet éditeur, classé à gauche. Surtout, la diffusion par le CDLP limitait l'espace de diffusion et n'ouvrait guère l'accès des Éditions La Farandole aux réseaux des libraires traditionnels. Faute d'être mieux connue et plus largement mise à portée de son public potentiel, la production éditoriale ne pouvait jouer à armes égales avec les publications destinées à la jeunesse issues des grands éditeurs.

Principes éditoriaux[modifier | modifier le code]

  • Faire connaître la littérature soviétique et socialiste pour l'enfance

Lors de leur création, les Éditions La Farandole ont pour spécialité la traduction et la diffusion de l'abondante littérature pour l'enfance et la jeunesse de l'Union soviétique. Ainsi, le premier volume du catalogue de l'éditeur est une traduction par Natha Caputo de Contes de Maxime Gorki. Le volume numéro 2 s'adresse à la même tranche d'âge, 7 à 10 ans, mais malgré son titre, La rose des Karpathes, son auteur est un écrivain français: Pierre Gamarra. Ce dernier était par ailleurs critique littéraire de l'hebdomadaire de la CGT, La Vie ouvrière, avant de devenir directeur de la revue Europe. Pierre Gamarra, également romancier pour adultes, a été un des plus fidèles auteurs de La Farandole, puisqu'il y a publié une dizaine de titres. Ce premier livre pour la maison paraît en 1955. Il montre bien une des caractéristiques des éditions La Farandole, à savoir le recours à de bons illustrateurs. Pour la Rose des Karpathes, il s'agit de Mireille Miailhe, qui elle aussi entame une fructueuse collaboration avec la maison d'éditions. Les lignes qui concluent cette Rose des Karpathes, plusieurs fois rééditée[9] peuvent servir aussi pour résumer l'orientation des éditions La Farandole :

« Je vais vous dire maintenant quel était ce rosier aux bras si puissants. C'était le rosier de la Liberté, ne l'oubliez pas. Sa graine pousse au cœur des hommes et des femmes, des filles et des garçons. Quand il grandit, ses bras sont plus forts que les murs des prisons et des châteaux, plus fort que les vents de la tempête et du désert. »

Par ailleurs, la diffusion de la littérature de l'Est européen, dont les droits pour la traduction étaient gérés par une société de la mouvance communiste, l'Agence littéraire et artistique parisienne (ALAP), ne se limitait pas à l'URSS.

  • Coopération avec les éditions est-allemandes, polonaises et tchèques

Certaines collections résultent de la coopération entre les Éditions La Farandole et les éditeurs d'État de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Hongrie et surtout de République démocratique allemande. Des accords de traduction, de diffusion et d'impression entre elle et le Kinderbuchverlag permettent au catalogue des Éditions La Farandole de proposer un large choix de la très moderne (en ce sens que l'histoire se situe dans la vie courante des enfants du XXe siècle) littérature pour la jeunesse de RDA. La même démarche était faite avec les éditions enfantines polonaises. À cette différence toutefois : l'auteur est français, Isabelle Jan, Marie-Zéline Sadoul, Andrée Clair, Madeleine Dubois, Madeleine Gilard, les dessinateurs sont polonais. Avec les éditions Artia de Prague, il s'agit de littérature scientifiques de vulgarisation dont une des œuvres connaît plusieurs rééditions : l'Encyclopédie de la préhistoire de Zdenek V. Spinar, illustrée par Zdeněk Burian.

La production française[modifier | modifier le code]

Minoritaires les premières années, les auteurs et illustrateurs français ont rapidement grossi le catalogue des Éditions La Farandole. Ce sont des auteurs français pour adultes qui écrivent des contes pour enfants. Ainsi le volume no 21 publié en 1956 est une reprise de contes écrits par Paul Vaillant-Couturier avant guerre : Histoire d'âne pauvre et de cochon gras. En 1967, Bernard Clavel se livre au même exercice, avec L'Arbre qui chante. Armand Lanoux livre un Dagobert et l'ancre rouillée. À partir des années 1960, les auteurs français occupent la première place grâce à l'émergence d'auteurs spécialisés dans la littérature de jeunesse : outre ceux déjà cités, on rencontre les noms de Luda, René Antona, Georges Nigremont, Colette Vivier, Jean Ollivier, par ailleurs auteurs de Bandes dessinées, André Verdet, Madeleine Bellet, Juliette Darle, Maurice Jean, Jean Garonnaire, Bernadette Després, Pierre Menanteau, Jacques Cassabois, etc.

Une littérature « engagée » ?[modifier | modifier le code]

La production allait de l'album d'une dizaine de pages cartonnées robustes pour les plus de 2 ans aux romans d'aventures pour les plus de 14 ans. Pour les plus âgés quelques auteurs ont stature connue: Howard Fast, Ludwig Renn, Gianni Rodari, Valentin Kataïev, Léon Tolstoï ou Charles Darwin... Les Éditions La Farandole recourent aussi aux grands classiques de la littérature : L'Île au trésor de Robert Louis Stevenson, Tom Sawyer, Huckleberry Finn, de Mark Twain, Don Quichotte de Cervantès. Le Chêne parlant et Les maîtres mosaïstes de George Sand côtoient les aventures du Roman de Renart ou celles de Robin des Bois, Gargantua et Pantagruel de Rabelais, Don Quichotte de Cervantès, Le Grillon du foyer de Charles Dickens, sont aussi au catalogue.

La palette était large et les auteurs contemporains tendaient, au fil des années, à être toujours plus nombreux, dépassant de loin la mouvance communiste. C'était une littérature laïque, humaniste, prônant les valeurs de la solidarité, tant au niveau des livres de contes, très nombreux et très internationaux, qu'au niveau des histoires pour les plus grands. La Farandole se situait dans la filiation de Jean Macé, directeur d'école, auteur de contes pour enfants et fondateur de la Ligue de l'enseignement: en 1957, ne rééditait-elle un livre de ce pédagogue, Quatre contes du Petit Château ? C'était aussi à l'occasion une littérature d'engagement dans le monde contemporain. Durant la Guerre d'Algérie, par exemple, La Farandole publie en 1959 à l'attention des petits français un livre de contes d'Algérie, Baba Fekrane, de Mohammed Dib. L'illustratrice en est une nouvelle fois, Mireille Miailhe[10]. Grand reporter à l'Humanité Madeleine Riffaud transcrit en 1958, dans Le chat si extraordinaire des contes du Viet-Nam[11]. En 1971, alors que la guerre fait rage, est édité Le Trésor de l'Homme, contes et images du Viêt Nam. Illustré par Béatrice Tanaka[12], maquetté par Jacqueline Mathieu, avec des photos de Roger Pic, Marc Riboud, Jean Bertolino, des documents fournis par Georges Boudarel et Charles Fourniau ce livre est sélectionné par divers jurys du livre de jeunesse. Parmi les poèmes, prenaient place quelques vers du poète-dirigeant Ho Chi Minh. En prise sur l'histoire, écrits pour les plus de 10 ans, les romans de Pierre Gamarra, de Bertrand Solet font souvent référence à la Résistance. Madeleine Gilard, dans Ali et son copain promeut, pour une tranche d'âge plus jeune, la fraternité des enfants de toute origine. Dans les années 1980, une des collections de la maison d'édition vise à fournir aux jeunes lecteurs des éléments d'information sur l'actualité. Ainsi la journaliste Françoise Germain-Robin écrit un livre sur l'Algérie, à destination des jeunes francophones des deux rives de la Méditerranée.

Des beaux livres[modifier | modifier le code]

Une grande attention était apportée à l'illustration et à la mise en page. À cet égard les volumes de poésie publiés entre 1975 et 1985, Il était une fois… sont des réussites du genre. Certains illustrateurs œuvrent à plusieurs volumes des Éditions La Farandole, comme René Moreu, d'autres à un seul, mais ils constituent une cohorte où l'on trouve des talents variés : ainsi en 1955, pour le volume no 6 des éditions, un conte russe de Iouri Olecha, Les Trois Méchants Gros, on trouve comme illustrateur, Jacques Faizant. Parmi d'autres, il faut citer Jacques Kamb, Jacques Naret, Paul Tillard, Béatrice Tanaka, Jacqueline Held, Jacqueline Mathieu, etc..

Catalogués beaux livres par les éditions mêmes, certains d'entre ceux-ci pouvaient intéresser un lectorat ayant dépassé le cap de la jeunesse.

  • La Résistance, de Pierre Durand, sort à l'occasion du 30e anniversaire de la Libération. Outre le texte et une iconographie recherchée, il est accompagné dans son édition originale de 1974, par un petit disque microsillon souple, où l'on entend Paul Éluard lire son célèbre poème Liberté. Ce livre est ensuite réédité au format poche.
  • L'Homme de toutes les couleurs, le racisme… pourquoi ? de Pierre Paraf, préfacé par le directeur de l'Unesco René Maheu, au même format de 22 x 29, 5 est de même pagination de 230 pages, est couronné en 1973 du prix Jean Macé attribué par la Ligue de l'enseignement.
  • Mes ancêtres les Peaux-rouges, livré par William Camus, est à la fois histoire des indiens des États Unis d'Amérique et témoignage d'un descendant d'une tribu indienne.

Les livres de collections plus courantes, sont aussi dotés d'une riche iconographie. De Rolande Causse et Madeleine Gilard, Marco Polo, le livre des merveilles et Contes et images d'autrefois sont illustrés de reproduction de gravures d'époque. Après un premier essai, Delacroix, présenté par Olga Wormser en 1963, en collaboration avec les éditions Cercle d'Art, le joyau des éditions étant sans doute un livre, paru en 1969, où Pablo Picasso mêle ses dessins à ceux des enfants de Vallauris, accompagné d'un texte de Jean Marcenac : Picasso, les enfants et les toros de Vallauris.

Quelques autres productions[modifier | modifier le code]

Des livres accompagnés de disques[modifier | modifier le code]

Les Éditions La Farandole ont tenté un moment, en liaison avec les éditions musicales Le Chant du Monde, de jumeler disques-microsillons et livre de contes. Ainsi des acteurs connus récitaient aux enfants, les contes de l'Inde, les contes de Perse ou les contes d'Afrique noire qu'ils pouvaient lire dans les albums. Il ne semble pas que l'expérience ait été une réussite.

Au contraire, associant musique et récit, l'un des produits phares des deux éditeurs étaient le fameux Pierre et le loup, de Serge Prokofiev, accompagné du texte dit par l'acteur Gérard Philippe.

Des livres de vulgarisation scientifique[modifier | modifier le code]

En 1957-1958, les Éditions La Farandole tentaient aussi une diversification, sans lendemain, en éditant des livres pour jeunes adultes. Peu connus et peu vendus, ils restèrent au catalogue jusqu'aux années 1974-1975. Dans cette collection intitulée « Savoir et connaître », cinq livres ont été publiés au format de poche. C'est ainsi que fut édité le livre du docteur Fernand Lamaze, introducteur en France de cette méthode de mise au monde : Qu'est ce que l'accouchement sans douleur ?. Parut aussi un livre du chroniqueur scientifique Lucien Barnier : La terre-planète inconnue, l'année géophysique.

Mais à destination d'un jeune public la collection perdura, faisant appel à des spécialistes de leur discipline. Le physicien Michel Rouzé livre Copernic et la conquête du cosmos, le critique de cinéma Georges Sadoul écrit De l'autre côté des caméras, le musicologue Michel R. Hofmann raconte l'histoire de la musique dans Musique, mon amie, etc. Dans une autre collection paraît L'Imprimerie de Gutenberg à l'électron, écrit par le journaliste Robert Lechène.

Les bandes dessinées Pif La Farandole[modifier | modifier le code]

Après les restructurations du groupe éditorial Messidor, La Farandole s'associe avec les éditions Vaillant Miroir Sprint pour publier quelques-uns des succès de l'hebdomadaire Pif gadget:

1974, le catalogue de La Farandole[modifier | modifier le code]

À mi-parcours de son existence, le catalogue « printemps 1974 » permet de faire un état des lieux. Il annonce : « 150 livres, 13 collections, pour les enfants et les jeunes, des tout petits aux plus grands ». Chaque collection est conçue pour correspondre au niveau de lecture et aux attentes d'une tranche d'âge.

  • 3-5 ans: collection Clé d'or. Ce sont des livres cartonnés, de 12 pages robustes, aux dessins simples accompagnés de quelques mots et phrases simples. Leur fabrication et leur impression en RDA, permettent de fixer un prix de vente assez peu élevé : 5,50 francs.
  • 3-6 ans : collection Mille couleurs : elle accompagne l'apprentissage de la lecture avec des histoires simples. Les livres sont produits en Pologne. Colette Vivier obtient en 1972 une mention du Prix international H.C. Andersen pour trois des livres de cette collection. Faits d'un carton moins épais que les précédents, ils font plus livres. Parmi les auteurs : Madeleine Bellet, ancienne institutrice, longtemps directrice du journal Vaillant.
  • 5-8 ans : collection Mille images. Créée dès 1956, cette série reprenait, en les traduisant et en les illustrant, des contes pour enfants de multiples pays. Mais en 1974, elle a évolué et propose des histoires écrites par des auteurs contemporains. Les livres sont imprimés en France. Les pays visités correspondaient à la carte des états dits « socialistes » ainsi qu'aux différentes républiques de l'URSS : Pour une pomme qui tombe (Albanie), La Maisonnette sous la neige (Bulgarie), Dix petits amis (Chine populaire), L'Hirondelle (Corée), Estonie, Géorgie, Deux oursons envieux (Hongrie), Le Chevreau capricieux (Mongolie), Les Murmures de la forêt (Russie), La Chèvre aux pattes bouclées (Tadjikistan), L’Épi de blé (Ukraine), La Grande Montagne (Viêt Nam), La Chatte cordonière (Slovénie-Yougoslavie). Deux auteurs russes complétaient cet apport : Samuel Marchak et Alexis Nikolaïevitch Tolstoï. Les auteurs français prirent le relais : Monique Bermond, Andrée Clair, diplôme loisirs jeune en 1968 pour son Nicole au XVe étage, Bernadette Després, Pierre Gamarra, Madeleine Gilard, Luda, Bertrand Solet, Marie-Louise Vert.
  • 5-9 ans : collection Feu follet. C'est la collection la plus poétique. Elle comprend des livres de poèmes illustrés de Michel Butor Les Petits Miroirs, de Robert Desnos, Le Brochet, des contes de Claude Aveline, De quoi encore ?, de Henri Pourrat, Cabri carabi, de André Verdet, L'Oiseau et le barrage, des histoires fantastiques de Jean Garonnaire, La tour part en voyage. L'incontournable Pierre Gamarra livre un ABC. Entre 1974 et 1988, y sont publiés six livres de recueils de poésies, fort bien illustrés, dont l'ensemble forme une sorte d'anthologie à destination de la jeunesse :
  • 6-9 ans : collection De-ci, de-là). Les livres sont imprimés en RDA, à Plauen. L'essentiel de cette série a pour auteurs des écrivains allemands (de l'Est). Après avoir compté une douzaine de titres, la collection, en 1974 n'en compte plus que rois, dont les aventures de Bibi, une petite fille astucieuse qui possède un petit cochon bleu excentrique... Les auteurs en sont Ingeborg Feustel pour le texte et Eberhard Binder pour l'illustration. Parmi les autres auteurs et illustrateurs des ouvrages antérieurs: Ingeborg Meyer-Rey, Carlos Rasch, Fred Rodrian, Hansgeorg Stengel. Le russe Sergueï Mikhalkov, seul non germaniste de la collection obtient un Diplôme loisirs jeune en 1967, pour Le Petit Chevreau entêté.
  • 7-10 ans : collection des albums illustrés. C'est dans ce créneau que se situent les deux premières parutions des Éditions La Farandole/ les contes de Maxime Gorki et Pierre Gamarra. Suivent de nombreux auteurs. Parmi les français: Bernard Clavel, dont L'arbre qui chante obtient un Diplôme Loisirs jeune en 1967, Andrée Clair, pour Les Mystères d'Alkassoum et associée à Boubou Hama Le Baobab merveilleux , Juliette Darle, avec Léonard et la machine volante, Maurice Jean pour Les Trésors de Farfounet, Armand Lanoux avec Dagobert et l'ancre rouillée, Pierre Menanteau, et Les Voyageuses sans billet, Georges Nigremont, et Le Petit Faon, Andrée Vilar, pour Vincent et sa barque.
  • À partir de 8 ans : collection Grand Gala. Elle est très éclectique et rassemble le roman de l'utopie, Les Voyages de Gulliver de Jonathan Swift, diplôme Meilleur livre en 1967, le récit Marco Polo, le livre des merveilles, et Contes et images d'autrefois, tous deux livres de Rolande Causse et Madeleine Gilard, avec des illustrations anciennes recherchées, des contes tadjiks, Les perruches qui parlent, et des romans d'aventures : Pierre Gamarra avec Le Mystère de la Berlurette et Colette Vivier, pour Le Petit Théâtre, mention Prix international H.C. Andersen 1972.
  • 9-12 ans : collection Jour de fête. Au format 22, 5 x 27, 5, c'est une des collections phares de la maison d'éditions. Moderne, les illustrations, la plupart de René Moreu[13] , les photos, les découpages, s'imbriquent dans le texte. C'est ici que figure Le Trésor de l'homme, contes et images du Viêt Nam, diplôme loisirs jeunes 1971, sélection 50 livres de l'année 1971. Parmi les autres titres de la collection plusieurs, épuisés, ne sont plus au catalogue en 1974[14] tels :
    • Quatre contes du Petit Château, de Jean Macé, illustré par Max Brunel.
    • Le Dernier Gabarier et Les Maîtres de la forêt (celui-ci sélection Meilleurs livres de l'année 1958) de Luda pour le texte et Marcel Tillard pour l'illustration.
    • Les Saltimbanques, du tandem Jean Ollivier (texte) et René Moreu (illustration) (Mention Prix international H.C. Andersen 1964).
    • La Petite Clé d'or de Alexis Tolstoï
      Sont au catalogue 1974 :
    • La Savane enchantée, de Andrée Clair et Boubou Hama, sélection Meilleurs livre de l'année 1972, diplôme loisirs jeunes 1972.
    • La mandarine et le mandarin de Pierre Gamarra, sélection 50 livres de l'année 1970.
    • Aventures des quatre mers, de Jean Ollivier, diplôme loisirs jeune 1964.
    • Au pays des indiens, de Jean Ollivier.
    • Qui donc est Boomj, de Jean Ollivier, ces trois titres étant illustrés par René Moreu.
    • Colorin coloré, (contes d'Espagne) traduits par Madeleine Gilard, diplôme loisirs jeune 1963.
    • La Fille du grand serpent, contes du Brésil, mis en forme par Béatrice Tanaka.
  • À partir de 10 ans : collection Mille épisodes. On entre à partir de cette collection dans l'univers romanesque. Les volumes correspondent à ceux de la bibliothèque verte de chez l'éditeur Hachette. La plupart des auteurs sont cités précédemment. Des volumes de 14 x 18, comprenant entre 180 et 200 pages, dont une dizaine sont réservées à l'illustration en pleine page. En 1972, la collection se rajeunit en changeant de présentation: 12 x 19 de format, abandon de la jaquette en papier pour la couverture cartonnée illustrée. À Pierre Gamarra, (Le capitaine Printemps ; Les Aventures du serpent à plumes), Madeleine Gilard, (Anne et le mini club), Georges Nigremont, (La Ville déchirée; Une victoire aux jeux olympiques ), s'ajoutent Bertrand Solet, (Bastien, gamin de Paris; Les Jours sombres], Ana Maria Matute, (Le Passager clandestin), Jean Cernaut, (Zone interdite). En sa nouvelle présentation la collection réédite certains titres anciens mais délaisse les auteurs russes, Iouri Olecha, Vera Tchaplina, dont Mes amis à quatre pattes avait été traduit en 1956 par Marie Lahy-Hollebecque, N. Dilaktorskaïa. Certains de ces auteurs pourtant avaient ému une génération de jeunes lecteurs, tel I. Vassilienko[15], contant dans Un jeune acteur les aventures du jeune cordonnier Artiomka, pauvre et autodidacte, qui, dans la Russie tsariste parvient à force de persévérance, d'intelligence et de loyauté à accomplir son rêve : devenir acteur. Ils valaient, ils valent mieux que l'oubli.
  • À partir de 12 ans : collection Prélude. Elle est destinée aux adolescents. Cette collection se renouvelle elle aussi vers 1974. Elle abandonne l'exploitation de son fonds qui comprenait entre autres Howard Fast, (Haym Salomon), Valentin Kataïev (Au loin une voile), Léopold Infeld, (Évariste Galois), Charles Darwin, (Voyage d'un naturaliste autour du monde), Liselotte Dungel-Gilles, (Knud Rasmussen chez les esquimaux), Ludwig Renn[16] , (Trini). Mais elle accueille des romans plus modernes : de la romancière grecque Alki Zei, Le Tigre dans la vitrine, du russe Rouvim Fraerman, Tania ou le premier amour, ou des américains Véra et Bill Cleaver, Mary de la vallée haute. Figure aussi dans cette collection Huckleburry Finn de Mark Twain.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Marie-Cécile Boujut : Lire en communiste, les Maisons d'édition du Parti communiste français 1920-1968, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2010 (ISBN 978-2-7535-1230-6)
  • Julien Hage, Une petite maison jeune, novatrice et dynamique : Régine Lilensten, directrice de littérature de jeunesse des Éditions La Farandole de 1971 à 1978 (entretien avec), p. 159-183, in Jean-Numa Ducange, Julien Hage & Jean-Yves Mollier (dir.) Le Parti communiste français et le livre : écrire et diffuser le politique en France au XXe siècle (1920-1992), Éditions universitaires de Dijon, 2014. 211 p. (ISBN 978-2-36441-083-1)
  • Dictionnaire biographique Mouvement ouvrier mouvement social, de 1940 à mai 1968 (le Maitron), tome 6, Paris, 2010 : Marie Cécile Bouju, notice « Madeleine Gilard », p. 48-49 (ISBN 978-2-7082-4138-1)
  • Catalogues des éditions La Farandole : chaque saison (ou semestre) les éditions La Farandole publiaient un catalogue, 4 puis 8 pages, format 16 x 24. L'éditeur recourait à son imprimeur spécialisé en quadrichromie[17]. Ont été consultés :
    • les Éditions La Farandole hiver 1968-1969
    • les Éditions La Farandole hiver 1971-1972 (illustré en une par la couverture du Trésor de l'homme contes et poèmes du Vietnam, une œuvre de Maï Thu)
    • les Éditions La Farandole hiver 1972-1973
    • les Éditions La Farandole printemps 1973
    • les Éditions La Farandole hiver 1973-1974, 8 pages
    • les Éditions La Farandole printemps 1974, 8 pages

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paulette Michel était bien l'épouse de Jean Jérôme. Pola Fabelinska, son identité d'origine, née le 23 octobre 1909, à Lodz (Pologne), immigrée en France en 1927 pour des études musicales, avait des responsabilités dans les réseaux d'aide à l'Espagne républicaine, quand elle épousa Michel Feintuch, connu sous son nom usuel de Jean Jérôme. Cf Marie-Cécile Boujut, Lire en communiste (les Maisons d'édition du Parti communiste français 1920-1968, p. 147-149.
  2. Née en 1906 en Espagne, grande, les cheveux gris coiffés en chignon, d'apparence austère, reconnue pour sa compétence en matière de livre pour la jeunesse, Madeleine Gilard a été la cheville ouvrière des Éditions La Farandole jusqu'à sa retraite en 1980. Cf aussi la notice, que lui consacre Marie-Cécile Boujut, p. 48-49, dans le volume 6 du Maitron, Dictionnaire biographique mouvement ouvrier mouvement social de 1940 à mai 1968, les éditions de l'Atelier, Paris, 2010.
  3. Le trésor de l'homme, contes et poèmes du Vietnam paraît en 1971, alors que le pays est bombardé sans relâche par l'aviation américaine. Lauréat de plusieurs jurys de la littérature pour les jeunes, il était aussi acte de soutien à un peuple.
  4. Pierre Paraf (né à Paris en 1893, mort en 1989) ancien combattant de 1914-1918, journaliste, admirateur de Henri Barbusse, dont il préface des rééditions de Le feu chez Flammarion, est un des fondateurs de la LICRA. Il est durant de longues années responsable du MRAP. Le livre L'homme de toutes les couleurs obtient en 1973 le Prix Jean Macé décerné par la Ligue française de l'enseignement et de l'éducation permanente.
  5. Jeune résistant FTP, déporté à Buchenwald, Pierre Durand(1923-2002) est journaliste à l'Humanité et historien, particulièrement spécialisé dans la Résistance communiste. Cf. notice « Pierre Durand » dans le volume 4 du Maitron, Dictionnaire biographique mouvement ouvrier mouvement social de 1940 à mai 1968, éditions de l'Atelier, 2008.
  6. Le livre Mes ancêtres les peaux-rouges, préfacé par Jean Ollivier se fixe pour objectif la réhabilitation de la culture indiennes. William Camus, d'origine iroquoise par son père fournit la plupart part d'une iconographie exceptionnelle par son authenticité.
  7. Une entreprise dirigée par des femmes, vers 1970-1975 même dans le domaine de l'édition, est un fait qui vaut d'être remarqué.
  8. Julien Hage : entretien avec Régine Lilensten en juillet 2013, voir Sources.
  9. En 1974, le catalogue des éditions La Farandole contient encore l'ouvrage de Pierre Gamarra; il s'agit alors d'un volume « achevé d'imprimer en août 1972 pour les Editions la Farandole, Paris par Sachsendruck Plauen, dépôt légal 3e trimestre 1972. Printed in the German Democratic Republic ».
  10. Née en 1921 à Paris, issue d'une famille juive de l'Est européen, agent de liaison dans la Résistance, militante communiste, illustratrice et peintre, Mireille Glodek-Mialhe est morte en décembre 2010. Cf l'Humanité du 8 décembre 2010.
  11. Madeleine Riffaud, en tant que journaliste publie durant la seconde guerre du Viêt Nam, chez un autre éditeur, Dans les maquis "vietcong".
  12. Le Monde, 5 mai 2016, Philippe-Jean Catinchi : notice Béatrice Tanaka, auteure et illustratrice (1932-2016)
  13. René Moreu, né en 1920, est rédacteur en chef de Vaillant entre 1945 et 1949. Metteur en page (il est le maquettiste de Miroir du cyclisme en 1960, quand le magazine débute comme bimestriel), c'est par l'illustration des livres de La Farandole qu'il accède à la création artistique. Durant l'été 2010, pour ses 90 ans une exposition le fait (re)découvrir.
  14. Catalogue hiver 1968-1969.
  15. Un jeune acteur, traduit du russe par Paul Kolodkine, est édité dès 1956, N°23 dans l'ordre de parution des éditions.
  16. Ludwig Renn (né à Dresde en 1889, mort à Berlin en 1979, d'origine aristocratique, militaire d'élite, quitte l'armée en 1920 et rallie les communistes allemands en 1928. Il est jusqu'en 1932 secrétaire de l'Association prolétarienne révolutionnaire des écrivains. Emprisonné par les nazis, libéré, il commande un bataillon des Brigades internationales en Espagne, est interné en France puis gagne le Mexique (où se déroule son roman Trini). En 1945, il revient en Allemagne et est un des leaders culturels de la RDA.
  17. Les imprimeries du Lion, à Paris 14e.