Écritures mongoles

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différentes écritures mongoles sur le chapitre d'un temple.

Le terme écriture mongole peut faire référence à plusieurs types d'écriture utilisés au cours des siècles pour transcrire les langues mongoles, dont le Khalkha, dialecte principal du mongol, et langue vernaculaire de l'État mongol.

La plus ancienne écriture, utilisée par les proto-mongols est l'alphabet de l'Orkhon.

Actuellement coexistent plusieurs types d'écriture dans les régions de langue mongole[1] :

  • La première écriture mongole dédiée au mongol est le « Mongol bitchig », apparue vers 1204, utilisée aujourd'hui principalement en Mongolie-Intérieure et plus modestement en Mongolie, inspiré par l'alphabet syriaque, et qui a repris le statut d'écriture officielle en Mongolie depuis 1990 ;
  • l'écriture mongole plus récente, utilisée pour l'oïrate littéraire, dite « todo bichig » ;
  • l'alphabet mongol cyrillique en usage depuis la fin des années 1930, en Mongolie et qui est une forme modifiée de l'alphabet cyrillique. Même s'il n'est plus officiel, cet alphabet reste le plus utilisé de nos jours en Mongolie.

D'autres écritures qui furent utilisées dans l'histoire des peuples mongols puis abandonnés, comme le « ’Phags pa » ou le « Soyombo »

Histoire[modifier | modifier le code]

La plus ancienne écriture, utilisée par les proto-mongols est l'alphabet de l'Orkhon elle est utilisée jusqu'au XIIIe siècle, principalement pour écrire ce que l'on appelle le vieux turc.

À partir de 1204, sous l'impulsion de Gengis Khan qui unifie les clans mongols, le mongol bichig, dérivés de l'alphabet ouïghour. Elle sera également utilisé par les peuples toungouses.

À la fin du XIIIe siècle, sous le règne de Kubilai Khan gouvernant la dynastie Yuan, l'écriture phags-pa est créée, elle tombe en désuétude à la fin de l'empire mais continue à être utilisée sur les cachets des moines et de certains khans. Elle est encore utilisée sur les billets de banque de Mongolie.

À partir du XIVe siècle, l'écriture latine est utilisée sporadiquement pour le mongol. Notamment par des missionnaires ou voyageurs venu d'Europe.

À partir du XVIe siècle, les Oïrats utilisent le todo bichig, dérivié du mongol bichig pour transcrire leur langue, elle est toujours utilisée de nos jours.

En 1686, Öndör Gegeen Zanabazar développe l'écriture soyombo, dérivée de l'écriture ranjana népalaise.

Dans les derniers siècles du IIe millénaire, l'écriture tibétaine est utilisée pour des écrits religieux.

Au XXe siècle, après que la Mongolie extérieure ai pris son indépendance d'avec la Chine, puis se soit alliée à l'Union soviétique, adopte l'écriture cyrillique comme écriture officielle.

Aujourd'hui les deux écritures officielles de Mongolie sont : mongol cyrillique et mongol bichig (on trouve sur les billets de banques, les chiffres mongols et arabes d'Europe, et les écriture bichig, cyrillique et phags-pa), tandis-que les deux écritures de la région autonome de Mongolie intérieure sont le mongol traditionnel et le chinois (on retrouve sur les billets de banque, chinois, tibétain, mongol, ouïghour et alphabet latin).

Cyrillique[modifier | modifier le code]

Le mot « Mongolie » en écriture cyrillique

L'alphabet mongol le plus récent est une forme légèrement modifiée de l'alphabet cyrillique. Il est appelé en mongol kiril tsagaan tolgoin (кирил цагаан толгойн, « tête blanche cyrillique »)[2]. Il est seulement utilisé en Mongolie et dans certaines villes frontalières de Mongolie-Intérieure.

L'alphabet est phonémique : il possède un haut niveau de cohérence dans la représentation des sons individuels. Il fut introduit dès 1937 à la suite de la Révolution mongole de 1921, communiste et sous l'influence de Union soviétique allié, et fut en usage officiel de 1941 à 1990. Il reste l'alphabet le plus utilisé de nos jours en Mongolie, même après la chute du régime marxiste. Selon le linguiste Jacques Leclerc, l'alphabet cyrillique risque même de supplanter définitivement l'écriture traditionnelle)[1].

Il existe différentes normes de translittération du mongol cyrillique en caractères latin. La norme ISO 9:1995(E) est une norme générique pour le cyrillique, indépendante de la langue. Le gouvernement de de Mongolie a établi en 2012 la norme MNS 5217:2012, qui est utilisée officiellement[3].

Cyrillique API Cyrillique API Cyrillique API Cyrillique API
А а a И и i П п , pʰʲ Ч ч t͡ʃʰ
Б б p, Й й j Р р r, Ш ш ʃ
В в w, К к k, С с s Щ щ st͡ʃ
Г г ɡ, ɡʲ, ɢ Л л ɮ, ɮʲ Т т , tʰʲ Ы ы i
Д д t, М м m, У у ʊ Ь ь ʲ
Е е je Н н n, Ү ү y Э э e
Ё ё О о ɔ Ф ф f Ю ю
Ж ж t͡ʃ Ө ө œ Х х x, Я я ja
З з t͡s Ц ц t͡sʰ

Ү et Ө sont parfois écrits V et Є, principalement sur des claviers et des logiciels russes qui ne les possèdent pas.

Mongol bitchig[modifier | modifier le code]

mongol bitchig
Article détaillé : mongol bitchig.

Le « Mongol bichig » (en mongol : ᠮᠣᠩᠭᠣᠯ ᠪᠢᠴᠢᠭ, en Mongol cyrillique : Монгол бичиг ; en Mongol en latin : Mongol bitchig) est l'écriture mongole traditionnelle. Vers 1204, Gengis Khan bat les Naimans et capture Tata Tonga (chinois : 塔塔統阿 ; pinyin : tǎtǎtǒng'ā), un scribe ouïghour, qui adapte l'abjad ouïghour, un descendant de l'alphabet syriaque via l'alphabet sogdien. Elle est également nommé en Oïrate, « Hudum bitchig », hudum signifiant traditionnel par opposition à « todo bitchig », todo signifiant exact. Elle est également nommé en Oïrate, « Hudum bitchig », hudum signifiant traditionnel par opposition à « todo bitchig », todo signifiant exact.

La caractéristique principale de cette écriture est sa direction verticale ; il s'agit d'ailleurs de la seule écriture verticale à être écrite de gauche à droite. L'alphabet comporte 35 lettres, 8 voyelles et 27 consonnes. Tout comme l'alphabet syriaque, les lettres de l'alphabet mongol possèdent au plus trois formes suivant leur position dans un mot :

  • initiale ou isolée, en début de mot ou citée individuellement ;
  • médiane, à l'intérieur d'un mot ;
  • finale, en fin de mot.

Mis à part quelques modifications mineures, de nos jours, il est surtout utilisé en Mongolie-Intérieure, où elle est utilisée par 6 millions de personnes, et depuis 1991 est une écriture officielle en Mongolie, où elle est encore utilisée par 3 millions de personnes[4].

Cette écriture fut officiellement remplacée en 1941 par un dérivé de l'alphabet cyrillique en Mongolie, cette nouvelle écriture mit une dizaine d'années avant de s'imposer. En 1990, la graphie ancienne fit l'objet d'incitations du gouvernement pour en faire la graphie officielle. Son enseignement est depuis rendu, et reste obligatoire dans les écoles, mais la tentative ne fut pas suivie d'effets. Aujourd'hui le cyrillique est la graphie majoritairement utilisé, bien que certaines enseignes utilisent l'ancienne écriture à des fins artistiques ou publicitaires[5]. En Chine, la langue evenki utilise également cette écriture.

  • Note : pour un affichage correct du mongol dans Firefox, allez à l'URL about:config, modifier la valeur gfx.font_rendering.harfbuzz.scripts de -1 à 87.

Phags pa[modifier | modifier le code]

Écriture 'phags pa et traduction en hanzi
Article détaillé : Écriture phags-pa.

Sous la dynastie Yuan, Kubilai Khan demanda à un moine tibétain, Drogön Chögyal Phagpa, de créer un nouvel alphabet pour tout l'empire. Il étendit l'alphasyllabaire tibétain afin de prendre en compte le mongol et le chinois.

L'écriture résultante fut principalement utilisée pour les documents officiels et en particilier ceux imprimés. Elle était sur les billets de banque par exemple, et tomba en désuétude à la fin de la dynastie Yuan en 1368.

L'alphasyllabaire coréenne hangeul est dérivée de cet écriture.

Écriture Han'er[modifier | modifier le code]

La langue han'er est une langue chinoise utilisée pour les langues mongoles. Une retranscription en caractère chinois de cette langue à permis d'écrire du chinois en caractères mongols.

Todo bitchig[modifier | modifier le code]

Manuscrit Oïrat du XIXe siècle en écriture claire
Article détaillé : todo bitchig.

L'écriture claire, également appelée écriture claire Oïrate, Todo bitchig (Тодо бичиг, todo bitchig) ou plus simplement Todo est une écriture crée par le moine bouddhiste Oïrat Dalaï Zaya Pandita Oktorguin pour l'Oïrate littéraire. Il est basé sur le écriture mongole traditionnelle Hudum, avec l'objectif de distinguer tous les son de la langue orale et de rendre plus facile la transcription du Tibétain et du Sanskrit.

Soyombo[modifier | modifier le code]

ensemble des caractères de l'alphasyllabaire Soyombo
Article détaillé : Écriture soyombo.

L'écriture soyombo (en mongol cyrillique : Соёмбо бичиг ; mongol en latin : soyombo bichig) est un alphasyllabaire développé par Öndör Gegeen Zanabazar (alors Jebtsundamba Khutuktu, chef spirituel du bouddhisme tantrique des Khalkhas en Mongolie extérieure) en 1686 pour écrire le mongol, dérivé de l'écriture ranjana népalaise. Il peut aussi être utilisé pour écrire le tibétain et le sanskrit.

Tibétain[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Alphasyllabaire tibétain.

Dans les derniers siècles du IIe millénaire, l'écriture tibétaine a été utilisée, au monastère Gandan, à Oulan-Bator pour écrire des textes en langue mongole. L'alphabet n'a pas été modifié, les phonèmes de cet alphabet ont été utilisés tels qu'ils sont pour retranscrire la phonétique et grammaire mongole. Il reste aujourd'hui plusieurs dictionnaires tibétain-mongol de termes religieux écrits dans cette utilisation de l'écriture mongole[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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