Économie de l'Ukraine

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Ukraine
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie de l'Ukraine
Un train dans la gare de Brody

Monnaie hryvnia (UAH) = 100 kopiykas
Année fiscale calendaire
Organisations internationales OMC, Communauté des États indépendants (CEI), GUAM et Conseil de l'Europe
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale)
Produit intérieur brut en PPA 329,1 milliards $ (2005)1
Rang pour le PIB en PPA 31e 2
Croissance du PIB 2,1 % (2008)[1]
PIB par habitant en PPA 8 624 $ (2007)
PIB par secteur agriculture : 10,4 %
industrie : 32,8 %
services : 56,8 %

(estimation 2012)

Inflation (IPC) 22,3 % (2008)
Pop. sous le seuil de pauvreté 19,5 % (2003)[2]
Indice de développement humain (IDH) 0,786 (2006)[3]
Population active 22,67 millions (2005)1
Population active par secteur agriculture : 5,6 %
industrie : 26,0 %
services : 68,4 % (2012)
Taux de chômage 7 % (2007), (selon l'OIT)1
Principales industries
Commerce extérieur
Exportations 38,2 milliards $ (2006)1
Biens exportés
Principaux clients Russie 22,1 %, Turquie 6 %, Italie 5,6 % (2005)
Importations 37,18 milliards $ (2005)1
Biens importés
Principaux fournisseurs Russie 35,5 %, Allemagne 9,4 %, Turkménistan 7,4 %, Chine 5 % (2005)
Finances publiques
Dette publique 17,5 % du PIB (2006)1
Dette extérieure 23,9 milliards $ (2006)1
Recettes publiques 34,2 milliards $ (2006)
Dépenses publiques 34,7 milliards $ (2006)
Déficit public
Aide au développement
Sources :
1. « Ukraine sur CIA factbook »
2. « classement PIB PPA », sur CIA factbook

L'Ukraine a une économie diversifiée, mais encore tributaire des industries établies à l'époque soviétique. C'est un marché libre émergeant, où la croissance fut à deux chiffres durant ces dernières années, jusqu'à la Révolution orange. Ses ressources naturelles tournent beaucoup autour de l'agriculture (tournesol, noix, betteraves à sucre, etc.) et des ressources minières (fer, acier, uranium, potasse, etc.) L'économie est caractérisée par une inflation importante et des rendements économiques assez faible.

Son principal partenaire économique reste la Russie (économie de la Russie), même si l'Ukraine s'efforce de se tourner vers les pays de l'Union européenne.

Données générales[modifier | modifier le code]

Un pays longtemps en crise profonde[modifier | modifier le code]

L'Ukraine a tout des ingrédients nécessaires pour être une économie importante de l’Europe : de riches terres agricoles fertiles, une base industrielle très développée, une main d'œuvre très bien formée ainsi que d'un très bon système éducatif. Cependant, aujourd'hui, l'économie est encore loin de présenter de bons résultats, bien qu'elle ait délivré une croissance annuelle à deux chiffres pendant plusieurs années dans le début des années 2000, après huit années de déclin. Ceci résulta en un taux de pauvreté supérieur par rapport à celui du temps de l'Union soviétique.

Croissance[modifier | modifier le code]

L'introduction de l'hryvnia (monnaie nationale ukrainienne) en 1996 permit de réduire l'inflation grâce à une stabilisation des taux de change. La croissance revint en 2000 et continua grâce à de bons résultats dans les exportations, ainsi qu'une production industrielle qui augmenta. La croissance la plus importante fut en 2004 (12 %), bien que les réformes économiques subirent un ralentissement.

La crise politique de 2006, suite à la longue désignation du premier ministre, aurait pu affecter l'économie ukrainienne. Les investisseurs ne furent pas vraiment effrayés, et l'économie résista bien. La croissance du PIB en juillet 2006 était de 9 % comparée à juillet 2005, la production industrielle a augmenté, le secteur banquier s'est étendu, grâce à l'arrivée de banques européennes.

L'Ukraine est un pays faiblement exportateur et fortement importateur, sa dette extérieure représentant environ 180 % du PIB alors que ses réserves de change ne comptent que pour deux mois et demi d'importation[4].

Structure économique[modifier | modifier le code]

L'agriculture, de la pêche et des mines: le secteur primaire[modifier | modifier le code]

Carte économique de l'Ukraine

Les ressources naturelles[modifier | modifier le code]

L'Ukraine est très riche en ressources de tout genre, mais particulièrement en minerais. Les réserves en minerai de fer de très bonne qualité sont énormes et leur exploitation très rentable.

  • Le leader ukrainien de la production de minerai de fer est le groupe Ferexpo, dont le principal actionnaire est le jeune oligarque Kostyantin Zhevago, qui contrôle également New World Resources, le producteur tchèque de houille. L'entreprise a beaucoup souffert lors du krach boursier de l'automne 2008, dans un contexte aggravant de crise politique intérieure rémanente[5].
  • Ses réserves en pétrole désormais largement épuisées, le pays utilise d'autres sources d'énergie, comme le charbon, le gaz naturel, l'hydroélectricité et le combustible nucléaire.

L'agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture de l'Ukraine.

L'Ukraine possède des terres fertiles, traversées par plusieurs grands fleuves européens (Dniestr, Dniepr). Elle est d'ailleurs reconnue pour ses riches terres (elle possède le tiers[6] de la « terre noire », le tchernoziom, considérée comme la plus riche du monde) qui représentaient plus du quart de la production agricole soviétique. Cela lui valait le titre de « grenier à blé de l'URSS ». Désormais, l'Ukraine produit des céréales, du sucre, de la viande et des produits laitiers, que transforme une importante industrie agro-alimentaire, avec des entreprises comme Roshen.

Le secteur secondaire[modifier | modifier le code]

La sidérurgie[modifier | modifier le code]

L'Ukraine possède une industrie métallurgique importante, produisant de la fonte, de l'acier et des tuyaux. En 2005, l’Ukraine était le 7e producteur d'acier au monde.

  • Le complexe géant de Kryvyï Rih, avec une production annuelle de 8 millions de tonnes d'acier et 20 millions de tonnes de minerai de fer, est un des fleurons de l'empire indien ArcelorMittal. Couvrant 80 % de ses besoins en fer, il est très rentable. En 2007, il a enregistré un résultat brut d'exploitation de 1,2 milliard de dollars pour des ventes de 3,8 milliards de dollars. Achetée en 2005 par Mittal Steel, l'usine compte 43 000 salariés. L'État ukrainien pourrait envisager une renationalisation à terme, en tant que centre industriel stratégique tandis que le groupe ArcelorMittal souhaite porter la production à 12 millions de tonnes d'acier[7].

Les industries chimiques[modifier | modifier le code]

Le pays possède une forte industrie chimique, produisant du coke (charbon), des fertilisants et l'acide sulfurique. Le pays produit aussi de l'équipement métallurgique, des locomotives diesel, des tracteurs et des automobiles.

Les autres activités industrielles[modifier | modifier le code]

Le pays possède aussi un large tissu d'entreprise high-tech, héritant de l'URSS plusieurs entreprises produisant de l'électronique, de l'armement et des matériaux pour les programmes spatiaux soviétiques.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Grâce à son patrimoine architectural, historique et ses paysages le pays attire des millions de touristes nationaux et étranger.

Comme attractions touristiques, on peut noter le Monastère de St Michel au toit doré à Kiev. Le tourisme balnéaire bat son plein sur les côtes de la mer noire.

Investissements[modifier | modifier le code]

L'Ukraine encourage le commerce avec l'étranger et les investissements. Le Parlement a approuvé une loi permettant aux ressortissants occidentaux d'acheter des entreprises ukrainiennes, des propriétés, la permission de rapatrier le revenu et les profits ainsi que de recevoir une compensation en cas de nationalisation faite par un gouvernement futur. Cependant, les lois sont complexes, les procédures judiciaires longues et la corruption effraie les investisseurs. Bien qu'il y ait une Bourse, le manque de protection pour les actionnaires freine les investissements boursiers. L'investissement direct étranger en Ukraine est estimé à environ 17,4 milliards de dollars (avril 2006), correspondant à environ 371 dollars par habitant. De nouvelles réformes sont attendues cependant pour redynamiser le climat et redonner confiance aux investisseurs.

Commerce[modifier | modifier le code]

Ioulia Tymochenko, première ministre ukrainienne et Dimitri Medvedev, président russe durant le conflit gaziers de 2009.

La plus grosse partie du commerce ukrainien se fait avec ses principaux voisins, la Russie et l'Union européenne. Les exportations ferreuses (comme l'acier) risquent de souffrir dans le futur, vu l'augmentation des acteurs compétitifs internationaux et de la saturation mondiale. Bien que l'exportation de machines outils a augmenté considérablement durant les dernières années, la potentielle baisse des exportations d'acier risque d'affecter la balance commerciale totale ukrainienne, vu que l'acier représente 46 % de ses exportations.

L'Ukraine importe plus de 90 % de son pétrole et la plus grande partie de son gaz. Son principal fournisseur de pétrole est la Russie, qui possède ou gère la plupart des capacités ukrainienne de raffinage. L'Ukraine importe son gaz principalement de Russie (gaz russe et turkmène). Dans le même temps, le pays sert aussi de transit pour le gaz russe en direction des autres pays européens. Sa dépendance vis-à-vis du gaz russe affecte considérablement son économie et ses choix en politique étrangère, notamment après les crises gazières avec la Russie au début 2006 et au début de 2008.

City Horizon Tower, Kiev

Transport[modifier | modifier le code]

L'Ukraine possède un réseau de transport développé, ainsi elle a 169 491 kilomètres de route automobile, 22 473 km de voies ferrés. La longueur des voies fluviales ouvertes à la navigation est de 1 672 km. Les principaux ports se trouvent sur la mer Noire (dont le plus grand celui d'Odessa) et la mer d'Azov. En 2008, ils ont transporté 132,18 millions de tonnes de marchandises.

La plupart des compagnies aériennes ukrainiennes, agréées par l'IATA, secteur en plein développement, figurent dans la liste suivante : Liste des compagnies ukrainiennes.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Article connexe : Tourisme en Ukraine.
Le Nid d'Hirondelles (Crimée)
Le Nid d'Hirondelles (Crimée)
Plage à Yalta

L'Ukraine est la 8e destination la plus populaire des touristes en Europe en 2012[8]. L'industrie touristique du pays a besoin d'investissement pour se moderniser, mais elle continue de contribuer stratégiquement à l'économie de l'Ukraine. En 2012, la part du tourisme dans le PIB s'est montée à 28.8 milliards de UAH, soit 2.2% du PIB, tout en procurant directement 351'500 emplois (1.7% des emplois totaux)[9]. En 2012, plus de 23 millions de visiteurs étrangers on visité l'Ukraine[10]

Impact du Concours Eurovision de la Chanson 2005[modifier | modifier le code]

Le nombre de touristes a augmenté fortement après 2005, lorsque l'Ukraine décida d'assouplir drastiquement la politique de visa pour les visiteurs en provenance de l'Union Européenne, de la Suisse, des États-Unis, Canada et Japon, d'abord provisoirement puis de manière permanente, en raison du Concours Eurovision de la Chanson 2005 qui se déroulait pour la première fois à Kiev[11]. En effet, les procèdures de visa auparavant étaient très longues, chères et très administratives et devaient se faire obligatoirement avant le voyage. Le pays décida donc de tester un nouveau régime de visa simplifié délivré directement à l'aérportt d'arrivée pour ces nationalités, vu le nombre importants de touristes qui devaient se rendre à Kiev pour participer à l'évenement sur quelques jours. Il n'y pas non plus besoin de visa pour les ressortissants russes et d'anciens pays de l'Union Soviétique (à l'exception du Turkménistan).

Nombreux sites touristiques[modifier | modifier le code]

L'Ukraine possède de très nombreux sites touristiques dans tout le pays, un littoral sur la mer noire avec des plages nombreuses et très populaires, des châteaux historiques, des parcs, des sites viticoles et un nombre important de musées répartis dans l'ensemble du pays, et notamment dans les grandes villes de Kiev, Odessa, Donetsk et Lvov. L'un des symboles les plus connus reste la Cathédrale Sainte Sophie et le Monastère de Saint Michel avec ses toits dorés à Kiev, ainsi que le site antique de Chersonèse à Sebastopol (Crimée). Le massif des Carpates à l'ouest offre des stations de skis, ainsi que des sentiers pédestres pour faire de la randonnée.

Le Littoral de la Mer Noire[modifier | modifier le code]

L'Ukraine possède un littoral impressionnant et très populaire auprès des touristes ukrainiens et en provenance des nombreuses ex répuliquess d'Union Soviétique. Il va d'Odessa à l'ouest jusqu'à Mariopol à l'est, en passant par Kherson, et notamment la péninsule de Crimée plus au sud. La Crimée est très réputée pour ses plages de Yalta, d'Aloupka, Eupatoria, Hourzouf, Alouchta, Sudak, Feodosiya, ainsi que son massif qui se jette abruptement dans la mer. C'est une destination très appréciée, et Yalta a accueilli plus de 500'000 touristes durant l'été 2013, soit 8% de plus qu'en 2012[12].

Aide extérieure[modifier | modifier le code]

Le FMI a approuvé un Fond de facilité étendues de 2,2 milliards de dollars avec l'Ukraine en septembre 1998. En juillet 1999, le programme de 3 ans a été augmenté de 400 millions de dollars (à 2,6 milliards). Cependant, vu que l'Ukraine avait de la peine à atteindre les objectifs monétaires et structurels requis, le fond a été bloqué plusieurs fois jusqu'en 2001. En 2002, à cause d'un gros montant d'arriérés de TVA à rembourser aux exportateurs ukrainiens, un déficit plus important que prévu arriva pour le budget national. Le fond expirant en septembre 2002, le FMI et l'Ukraine commencèrent des négociations sur les possibilités pour de nouveaux programmes. L'Ukraine fut acceptée comme membre du FMI et de la Banque mondiale en 1992. Elle est aussi un membre de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement mais pas encore de l'Organisation mondiale du commerce, son dossier d'adhésion étant mis en pause plusieurs fois. En 2001, le gouvernement pris la décision d'accélérer le processus, cependant les résultats ne furent pas aussi bon que prévus. L'objectif est de rentrer dans l'OMC en février 2007, le seul pays s'y opposant étant le Kirghizistan.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

L'Ukraine a été fortement touchée par la crise économique de 2008-2009. En 2008, la croissance économique a été ralentie à 2,1 % et a chuté en 2009 de 15 %[1]. Afin de relancer les exportations, la banque centrale a décidé de dévaluer la Hryvnia.

L'industrie ukrainienne a souffert de la chute du prix des matières premières, et les banques se sont retrouvées en manque de liquidités. En novembre 2008, le pays a pu profiter d'un prêt du FMI de 13 milliards d'euros[13].

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Baisse de 9 % du PIB ukrainien en 2009, Le Nouvel Observateur. Consulté le 3 aout 2009
  2. (en) Ukraine. Human Development Report, ONU
  3. Classement IDH 2006
  4. Pierre Avril, « Ianoukovitch revient vers Moscou, la sébile à la main », in Le Figaro, mardi 17 décembre 2013, page 10.
  5. Le milliardaire ukrainien Zhevago contraint de céder 21 % de Ferrexpo, Les Echos, 08/10/08, p. 31
  6. AGRICULTURE ET AGROALIMENTAIRE CANADA. Rapport sur le passé, le présent et l'avenir : Ukraine, [En ligne], http://www.ats.agr.gc.ca/eur/4268-fra.htm (Page consultée le 6 mai 2011)
  7. Crainte de renationalisation pour l'usine ukrainienne d'ArcelorMittal, Les Echos, 12/09/08, p. 20
  8. Tourism 2012
  9. Travel & Tourism in Ukraine
  10. Chiffres officiels de touristes en Ukraine
  11. Article du Telegraph du 16 avril 2005
  12. Bulletin Officiel Ukrainien sur la fréquentation touristique à Yalta en 2013
  13. (fr) L'Ukraine a reçu un prêt du FMI de 16,5 milliards de dollars, L'Écho.Consulté le 3 aout 2009

Sources[modifier | modifier le code]