Économie de l'Inde

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Inde
Indicateurs économiques
Image illustrative de l'article Économie de l'Inde
La Reserve Bank of India, à Mumbai

Monnaie Roupie
Année fiscale 1er avril - 31 mars
Organisations internationales G20, OMC, ASACR
Statistiques
Produit intérieur brut (parité nominale) 1 670 milliards $ (2013))[1]
Produit intérieur brut en PPA 4 990 milliards $ (2013)[1]
Rang pour le PIB en PPA 4e (2013)[1]
Croissance du PIB 3,2 % (2014)[1]
PIB par habitant en PPA 4 000 $ (En $ de 2013)[1]
PIB par secteur agriculture : 17,4 % (2013)[1]
industrie : 25,8 % (2013)[1]
services : 56,9 (2013)[1]
Inflation (IPC) 9,6 % (2013)[1]
Pop. sous le seuil de pauvreté 29,8 % (2010)[1]
Indice de développement humain (IDH) 0,624 (2015)[2]
Population active 487,3 millions (2013)[1]
Population active par secteur agriculture : 49 % (2012)[1]
industrie : 20 % (2012)[1]
services : 31 % (2012)[1]
Taux de chômage 8,8 % (2013)[1]
Principales industries Textiles, produits chimiques, agroalimentaire, acier, moyens de transport, ciment, mines, pétrochimie, machines, logiciels, pharmacie.
Commerce extérieur
Exportations 313,2 milliards $ (2013)[1]
Biens exportés Produits pétroliers, pierres précieuses, machines, fer et acier, produits chimiques, véhicules, vêtements.
Principaux clients Émirats arabes unis, États-Unis, Chine, Singapour
Importations 467,5 milliards $ (2013)[1]
Biens importés Pétrole brut, pierres précieuses, machines, engrais, fer et acier, produits chimiques.
Principaux fournisseurs Chine, Émirats Arabes Unis, Arabie Saoudite, Suisse, États-Unis
Finances publiques
Dette publique 51,8% (2013)[1]
Dette extérieure 412,2 milliards $ (2013)[1]
Recettes publiques 19,76 % du PIB (2013)[3]
Dépenses publiques 26,98 % du PIB (2013)[3]
Déficit public 7,15 % du PIB (2013)[3]
Aide au développement -

Selon les données du FMI, l'Inde était en 2015 la neuvième puissance économique mondiale en dollars courants avec un produit intérieur brut (PIB) de 2 183 Mds de $, mais il était de 8728 Mds en parité de pouvoir d'achat (PPA), soit le 3e rang mondial après les États-Unis et la Chine (19 150 Mds), représentant 7,1 % du PIB mondial contre 3 % au début des réformes économiques en 1980. Mais c'est encore un pays ou la pauvreté reste très importante puisque son PIB par habitant en pouvoir d'achat était de 6 640 $ en 2015 contre 15 180 $ pour la Chine et 57 765 $ pour les États-Unis. Son taux de croissance a toutefois dépassé historiquement en 2015 celui de la Chine avec +7,4 % contre 6,9 % pour sa rivale asiatique, de sorte qu'on parle de plus en plus d'un relais indien avec le ralentissement attendu de la croissance chinoise dans les prochaines années.

L'Inde a connu un décollage économique plutôt lent dans les années 1980 avant de s'accélérer depuis les grandes réformes entreprises à partir de 1991 sous le mandat du Premier ministre Narasimha Rao et son ministre des finances, Manmohan Singh, qui sera Premier ministre entre 2004 et 2014. Elle s'est en effet progressivement détachée de la politique économique de Jawaharlal Nehru inspirée par des modèles socialistes planificateurs pour adopter un mélange de politique libérale et social-démocrate. La libéralisation commerciale s'est manifestée par une forte chute des droits de douane et par une ouverture progressive aux investissements étrangers. Le secteur public a cédé la place à des groupes privés de toute taille qui s'appuient sur la vieille tradition des castes marchandes et d'entrepreneurs.

La croissance a atteint une moyenne proche de 8 % au cours des 10e et 11e plans quinquennaux entre 2002 et 2012, et l'objectif de 10 % du 12e plan (2012-2017) a été revu à la baisse en raison du ralentissement mondial intervenu depuis la grande crise de 2009. Pourtant les défis de l'Inde restent tels que les autorités visent toujours la maximisation de la croissance pour éradiquer la pauvreté de masse qui touchait encore en 2013 630 millions d'Indiens (pauvreté multidimensionnelle selon le PNUD) soit 55,3 % de la population, et le tiers en dessous du seuil international de 1,25 équivalent dollar par jour. Alors que le secteur des services tire toujours la croissance avec environ +10 % par an, le grand programme lancé en 2014 - Make in India- vise à faire enfin décoller l'industrie indienne. Mais le défi concerne aussi l'agriculture qui occupe près de la moitié de la population alors que sa part dans le PIB est tombée en dessous de 20 % en 2014 et que la malnutrition concerne toujours plus du tiers des enfants si on se base sur les données du Global Nutrition Report 2015 en termes de poids et de taille des enfants.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pièce d'argent de l'Empire Maurya, IIIe siècle av. J.C.
Pièce d'argent de la Empire Gupta, Ve siècle

Période pré-coloniale (avant 1773)[modifier | modifier le code]

Entre 2800 et 1800 av. J.C., la civilisation de la vallée de l'Indus pratiquait le commerce entre villes. Le commerce des épices est pratiqué depuis l'Antiquité entre l'Europe et l'Asie, par exemple entre l'Empire romain et l'Inde. L'ouverture de la Route des Indes accentue le phénomène à la fin du XVIIIe siècle.

Image de Calicut, Inde dans l'atlas de Georg Braun et Frans Hogenberg Civitates orbis terrarum, 1572

Période coloniale (de 1773 à 1947)[modifier | modifier le code]

L'empire britannique établit sa domination à la fin du XVIIIe siècle. Le Mouvement pour l'indépendance de l'Inde dénonce l'exploitation et la mauvaise santé économique du pays.

La période coloniale représente pour l'Inde un fort déclin économique, en comparaison du reste du monde : d'après les statistiques réalisées par l’historien britannique Angus Maddison, la part de l'Inde dans la richesse mondiale est tombée de 22,6% en 1700 à 3,8% en 1952[4].

Période pré-libérale (de 1947 à 1991)[modifier | modifier le code]

La politique économique après l'indépendance était influencée par la période coloniale mais aussi par le modèle économique de l'Union soviétique (plans à 5 ans). La croissance (environ 3,5 % des années 1950 aux années 1980) reste faible au regard d'autres pays d'Asie comme la Chine.

La libéralisation partielle de l'économie depuis 1991[modifier | modifier le code]

Les structures du gouvernement indien se sont engagées dans une série de réformes économiques depuis 1991 en réaction à une crise monétaire et à un déficit commercial important. Ces réformes incluent la libéralisation des investissements étrangers, des réductions significatives des tarifs douaniers, la modernisation du secteur financier, et des ajustements dans les politiques monétaires et fiscales.

Le processus de réforme a eu quelques effets bénéfiques sur l'économie indienne, y compris des taux de croissance plus élevés, la baisse de l'inflation, et l'augmentation des investissements étrangers. Le déficit commercial a été réduit à 1 % en 2002-2003. Depuis 1991, la croissance indienne a été en moyenne de 5 %, atteignant un record de 8,4 % en 2004. Depuis, le rythme de la croissance économique s'est accéléré : 9,6 % en 2007, 8,7 % en 2008 malgré la crise économique.

Le gouvernement indien, soutenu par la Bolivie, le Venezuela et Cuba, a refusé de signer l'accord sur la « Facilitation des échanges » de l'OMC en juillet 2014, préférant protéger les petits agriculteurs locaux et la sécurité alimentaire du pays[5].

En 2015, la croissance économique de l'Inde s'accélère. Son PIB au 4e trimestre affiche 7,3 %, soit une des plus fortes croissances parmi toutes les économies mondiales. Les secteurs de la production et des services ont contribué à cette croissance.[1] L'Inde passe alors devant la Chine qui affiche alors une hausse de 6,9 % du PIB réel. [2]. Près de 80 % du marché du travail est informel[6].

Les dynamisme des investissements étrangers[modifier | modifier le code]

Comme les autres États BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), l'Union Indienne s'affirme comme un des nouveaux grands pays industriels. Depuis quelques années, les flux d'investissements augmentent rapidement, soit 25 milliards de dollars en 2005, mais 66 milliards de dollars en 2006. La crise financière pourrait ralentir conjoncturellement cette tendance.

Comparée à la Chine, les moteurs de la croissance indienne sont beaucoup plus domestiques. Ils s'appuient sur un taux de consommation intérieur équivalent à 70 % du PIB contre 40 % en Chine. L'investissement est également plus équilibré : 32 % du PIB contre 40 % en Chine, mais le vrai point noir de l'Inde est la faiblesse de ses infrastructures urbaines, d'énergie[7] et de transport qui induit celle de l'industrie manufacturière. Elle peut par contre s'appuyer sur une classe moyenne estimée à 300 millions de personnes dont 50 millions à niveau de vie comparable aux occidentaux.

En 2016, l'Inde, qui réalise 71 milliards d'échanges commerciaux avec l'Afrique souhaite intensifier sa présence sur le continent africain, notamment en ce qui concerne ses ressources énergétiques. En comparaison, la Chine a réalisé 200 milliards de dollars d'échanges[8].

Le taux de pauvreté[modifier | modifier le code]

La croissance soutenue a permis d'augmenter le niveau de vie d'une grosse partie de la population de l'Inde. Cependant, les miséreux des bidonvilles de Bombay ou de Calcutta resteront longtemps très nombreux, même si leur part relative va en s'amenuisant dans cette immense population. En février 2008, le FMI estimait que le taux de pauvreté était tombé lentement de 36 % en 1994 à 28 % en 2007, soit plus de 300 millions de pauvres.

Ceci a conduit le parti du Congrès au pouvoir depuis 2004 a s'arranger sur une stratégie de "croissance inclusive" en accompagnement de sa politique de libéralisation. Un ensemble de programmes sociaux dans l'éducation, l'emploi (NREGA) ou la santé visent à améliorer la position des basses castes dans le nouveau jeu économique. La préoccupation numéro un du pays est de créer au moins dix millions d'emplois nécessaires chaque année pour absorber l'arrivée massive des jeunes du baby boom des années 1980[9].

Secteurs d'activités[modifier | modifier le code]

Treemap des Exportations Indiennes par produit (2014) à partir de Harvard Atlas of Economic Complexity


Agriculture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Révolution verte en Inde.

L'Inde est le quatrième producteur agricole mondial, sa balance commerciale agroalimentaire est excédentaire et a augmenté en 2004 et 2005. En 2014, le secteur primaire employait 47 %[10] des actifs et représentait 18 % du PIB, alors que le secteur primaire représentait, en 1995, 28 % du PIB et 23 % en 2000, et que la population est encore rurale à plus de 70 %.

En 2003, l'Inde est le principal producteur mondial de millet avec 17 millions de tonnes[11], de viandes bovines[12], de lait, de noix de cajou, de noix de coco, de thé, de gingembre, de banane, de sapote et de poivre noir. L'Inde est, en 2005, aussi le second producteur mondial de riz avec une production de 128 millions de tonnes[11], de blé avec 72 millions de tonnes[11], de canne à sucre avec 289,6 millions de tonnes[12], d'arachide et poissons d'eaux douces. Le pays est aussi, en 2003, le troisième producteur mondial de caoutchouc naturel avec une production de 694 000 tonnes[12], de fibres de coton avec 2,1 millions de tonnes[12], de viandes ovines[12] (élevage de mouton) et de tabac. L'Inde produit également de manière importante des pommes de terre, du maïs, de l'orge, du soja, des graines de lin, du sorgho et diverses épices.

En 2002-03, la production céréalière était d'environ 235 millions de tonnes. Près de 50 % de la superficie agricole indienne est cultivée avec du riz ou du blé, qui représentent 18 % de la valeur de la production agricole. Le riz est ainsi l'aliment de base d'une grande partie de la population indienne, il occupe ainsi près d'un quart des surfaces cultivées notamment dans les régions de la basse plaine du Gange ainsi que sur les Ghâts occidentaux et Ghâts orientaux. Le blé, le millet et l'arachide sont surtout dans les régions plus sèches du centre notamment du plateau du Duccan et du nord-ouest de l'Inde.

Le thé, le café et le caoutchouc sont présents quant à eux, dans les zones proches de l'Himalaya et les Ghats occidentaux. La part des fruits et légumes dans la valeur de la production agricole est elle passée de 14 % en 1993 à 19 % en 2004, alors que les oléagineux et les légumineuses représentent respectivement 19 % et 8 % de la valeur de la production agricole. Les produits de l'élevage représentent actuellement environ 27 % de la valeur de la production agricole. Le lait représente 18 % de la valeur de la production agricole.

Dans les années 1970, sous le régime d'Indira Gandhi, le pays s'est lancé dans la révolution verte destinée à améliorer les rendements agricoles. En effet, après l'obtention de l'indépendance du pays, en 1947, les problèmes alimentaires et pénuries étaient très constants. Avec le virage vert dans le domaine agraire, l'Inde a évité la dégradation agricole. Avec cette nouvelle technique, près de 40 % de la superficie cultivée est actuellement irriguée, 92 % de la superficie de canne à sucre est irriguée, 88 % pour le blé, 52 % pour le riz et de 33 % pour le coton. L'utilisation d'engrais chimiques et de semences à haut rendement, a fortement augmenté au cours des trois dernières décennies. Actuellement, près de 80 % des superficies plantées en céréales reçoivent de telles variétés. La révolution verte n'a cependant par remis en question la structure agraire indienne, caractérisée par une forte proportion de métayers et petits propriétaires. En 1995, la superficie moyenne était de 1,55 hectare alors que plus des deux tiers des ménages agricoles disposaient de moins de 1 hectare de terres agricoles, et que seulement 1 % des propriétaires fonciers exploitent plus de 10 hectares. Pourtant, à l'aide de cette méthode, le deuxième pays le plus peuplé du monde a réussi à restimuler l'économie, avec une alimentation abondante et de qualité, qui comble les grandes demandes alimentaires du pays, avec sa surpopulation, et bien plus encore.

Les huiles alimentaires sont le principal groupe de produits agricoles importés, suivi des noix de cajou (qui sont réexportées après décorticage) et des légumineuses. En 2005, l'Indonésie et l'Argentine ont fourni à elles seules 36 % des importations agroalimentaires indiennes, et sont à l'origine de 60 % des importations d'huiles alimentaires. Alors que le Brésil, la Birmanie, les États-Unis et le Sri Lanka représentent ensemble, 60 % des importations indiennes de produits agroalimentaires.

Les principaux produits agricoles exportés sont les céréales, les tourteaux, les noix de cajou, le thé, les fruits et les légumes. Les céréales à elles toutes seules représentant 20 % de l'ensemble des exportations agroalimentaires. Les principaux pays importateurs de produits agricoles indiens sont, en 2005, les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Japon, les Émirats arabes unis et le Bangladesh qui ont à eux 5 absorbé près d'un tiers des exportations agroalimentaires.

Industrie[modifier | modifier le code]

L'industrie représente 22 %[10] des actifs.

Construction[modifier | modifier le code]

L’industrie de la construction en Inde a une croissance rapide avec une croissance annuelle de 10 %. Elle a un large éventail d'activités avec un nombre important de travailleurs qui travaillent principalement dans un secteur informel ou non organisé. Environ 340 millions de travailleurs (92 %) sont dans un secteur non organisé et environ la moitié d'entre eux sont dans le secteur de la construction[13]. En Inde, la part du travail occasionnel dans la main-d'œuvre de la construction a augmenté de 10 pour cent entre 1983 et 1993. En 1993, 64 pour cent des hommes et 96 pour cent des femmes dans la construction urbaine travaillaient à titre occasionnel. Si tous les travailleurs indépendants étaient inclus, 89 % des hommes et 97 % des femmes en construction en 1993 pourraient être considérés comme des "travailleurs informels"[14]. Le gouvernement de l'Inde et les gouvernements des États ont promulgué des lois qui encadrent le travail dans l'industrie. Selon la National Commission for Enterprises in the Unorganised Sector (en) (NCEUS), les travailleurs sont les victimes de conditions environnementales de travail défavorables et soumises à des risques pour la santé d'origine professionnelle. Ces travailleurs sont pauvres et vulnérables, leur emploi est totalement temporaire, le stress socioéconomique est l'une des principales conséquences de leur profession. Les mesures de sécurité ne sont pas fournies ou adoptées par eux pendant leur travail. Ils sont exploités par les entrepreneurs. Il n'y a pas de limite de temps/cadre de travail spécifié pour eux. Ils ont dû travailler en moyenne pendant environ 10 heures par jour. Ce sont surtout des travailleurs migrants. Parfois, ils sont sujets à des blessures et à des accidents. Le statut socioéconomique des travailleurs de la construction a montré qu'ils étaient pauvres, salariés journaliers qui entretiennent avec difficulté leur famille avec un faible revenu. La plupart d'entre eux sont alphabétisés. Ils sont dépendants à l'alcool, fument bidî et cigarettes, et sont mal nourri. La plupart vivent dans des maisons de kacha. Une bonne proportion de travailleurs préparent leur nourriture dans la pièce où ils vivent et ont utilisé du bois pour cuisiner leurs aliments. L'eau potable et de cuisson qu'ils utilisent provient de puits ou des robinets publics. Des latrines sont disponible dans leur logement dans la plupart des cas. Leur revenu mensuel Rs.4956/-(Rs.900/-à Rs.15000/-) est moins dû à ce qu'ils ont dû emprunter à des proches ou à des voisins pour répondre à leurs besoins. Ils ne connaissaient pas les différents régimes de sécurité sociale[13].

Des centaines de milliers d'Indiens travaillent au Qatar, où 1,2 million de migrants sont employés, dont beaucoup dans la construction[15](Secteur de la construction au Qatar).

Industrie minière[modifier | modifier le code]

En ce qui concerne la production industrielle, l'Inde était, en 2003, 4e producteur mondial de fer avec une production de 140 millions de tonnes et 8e producteur d'acier avec 31,8 millions de tonnes[12]. L'industrie minière est une activité importante avec 79 minéraux différents produits en 2009-2010[16]. De plus en 2005, l'Inde était le 3e producteur mondial de charbon et de lignite[11].

Industrie textile[modifier | modifier le code]

Article principal : Industrie textile de l'Inde (en)

Pour ce qui est de l’industrie textile, elle crée un nombre considérable d’emplois pour la population (près de 35 millions)[17]et contribue à la production du pays (4 % du PNB). La majorité des entreprises qui la composent sont de petites tailles, mais elles offrent malgré tout un rendement satisfaisant, car elles réussissent à générer 27 % des exportations indiennes[18].

Industrie automobile[modifier | modifier le code]

Depuis 1990, la construction automobile est passée d'une production de deux cent mille à plus d'un million et demi d'unités fabriquées dans le cadre, souvent, de joint-ventures entre fabricants indiens et firmes occidentales. Ainsi actuellement, 8 millions de deux-roues vendus dans le pays chaque année et 1,5 million de voitures contre 50 000 en 1985. Le secteur automobile est en plein essor, avec des compagnies multinationales, tel que : Suzuki (43 %), Hyundai (18 %), Toyota (4 %) et Honda (3 %).

Services[modifier | modifier le code]

Les services représentent 31 %[10] des actifs.

Informatique[modifier | modifier le code]

Le secteur de l'informatique emploie deux millions de personnes en Inde en 2007[19]. Hyderabad, Pune et surtout Bangalore sont les plus importants pôles de production de logiciels, de matériel de pointe et des saisies de données. Des grands groupes indiens sont déjà présents dans ce secteur tel Wipro, Infosys et Tata Consultancy Services, alors que des groupes comme IBM employait en près de 39 000 personnes dans le pays à travers 16 sites d'activités dont 5 à Hyderâbâd. Ce secteur est florissant essentiellement en raison d'une main-d'œuvre qualifié peu couteuse, un ingénieur indien coûterait 15 000 dollars par an contre 75 000 dollars pour un américain[20].

Téléphonie et assurances[modifier | modifier le code]

En 2009, la téléphonie mobile comptait plus de 10 millions d'abonnés supplémentaires chaque mois.

Le secteur des assurances connait une croissance de 20 % par an[17].

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est peu développé mais en forte croissance, y compris le tourisme médical. Ce secteur représente 18 millions d'emplois et a attiré 4,4 millions de personnes en 2007[17].

Domesticité[modifier | modifier le code]

Les domestiques, souvent issus de castes inférieures, ne bénéficient d'aucune législation, d'aucuns droits spécifiques. Selon le Bureau des statistiques indiennes, leur nombre atteindrait quatre millions et demi (dont trois millions de femmes), mais les syndicats et organisations des droits humains les estiment à vingt millions. D'après le gouvernement indien, 3511 employés de maison ont porté plainte en 2014 pour violences physiques contre leurs employeurs, mais des dizaines ou centaines de milliers d'entre eux n'osent pas saisir la justice[6].

Seules les violences les plus extrêmes soulèvent une réaction de l'opinion publique. En mars 2017, à Gurgaon, une employée de 17 ans aurait été jetée du balcon du onzième étage d'une tour d'un complexe résidentiel par son employeuse, épouse du vice-président de la branche indienne de Bank of America Merrill Lynch. La police locale retient l’hypothèse du suicide malgré des expertises médicales relevant de nombreuses blessures au visage infligées par des coups. En juillet 2017, une révolte de domestiques se produit dans la banlieue de New Delhi après la séquestration d'une employée par ses employeurs[6].

Énergie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie en Inde.
Platforme d'ONGC à Mumbai High dans la mer d'Arabie, un des quelques sites de production interne de pétrole.

En 2010, L'Inde importait environ 70 % de ses besoins en pétrole brut.

En 2012, l'énergie est obtenue à 65 % à partir du charbon. Coal India (monopole d'État), qui fournit près de 80 % de la production de charbon, ne parvient pas à réaliser les objectifs fixés par les plans quinquennaux. Le déficit de production d'électricité est estimé à 10 % pour l'ensemble du pays en 2012. le gouvernement prévoit d'augmenter la part du nucléaire dans sa production à 25 % d'ici à 2050, contre 3 % actuellement[7].

Statistiques[modifier | modifier le code]

données en crores pour la roupie, avril-septembre 2004

Note : 1 crore=10 millions de roupies.

  • 72,046 roupies=1 en date du 1/1/2016
  • 66,35 roupies=1 $ en date du 1/1/2016
  • Le droit d'accise : 36 622 de crore[incompréhensible]
  • Douanes : 25.205%[incompréhensible]
  • Impôt sur le revenu : 25 175 de crore
  • Impôt sur les sociétés : 30 % pour les sociétés locales et 40 % pour les sociétés étrangères et leurs branches.
revenu des ménages par part de pourcentage
  • décile inférieur 10 % : 3,5 % (les 10 % de la population les plus pauvres perçoivent 3,5 % du revenu national)
  • décile supérieur 10 % : 33,5 % (les 10 % les plus riches de la population perçoivent 33,5 % du revenu national)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s CIA, « Inde », The world factbook, (24 février 2015) [En ligne], https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/in.html, (page consultée le 24 février 2015)
  2. HDR, « India », Human Development indicator, (24 février 2015) [En ligne], http://hdr.undp.org/en/data/map, (page consultée le 24 février 2015)
  3. a, b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées FMI
  4. « Of Oxford, economics, empire, and freedom », sur www.thehindu.com (consulté le 10 décembre 2017)
  5. Benito Perez, « L’Inde défie l’OMC », lecourrier.ch, (consulté le 1er octobre 2014)
  6. a, b et c « Révolte des domestiques en Inde », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  7. a et b Mathilde Golla, « Inde: la panne d'électricité historique était prévisible », sur Le Figaro, (consulté le 2 août 2012).
  8. Emmanuel Derville, « Après la Chine, l'Inde lorgne aussi les richesses de l'Afrique », Le Figaro, encart « Le Figaro Économie », samedi 9 / dimanche 10 juillet 2016, page 22.
  9. Planning Commission, Eleventh Five Year Plan, 2008
  10. a, b et c World Fact Book, 2014
  11. a, b, c et d Bertrand Badie, Béatrice Didiot (dir.), L'état du monde 2007, Paris, La Découverte, 2006
  12. a, b, c, d, e et f André Gamblin (dir.), Images économiques du monde 2005
  13. a et b Guddi Tiwary, P. K. Gangopadhyay, S. Biswas, K. Nayak, M. K. Chatterjee, D. Chakraborty, and S. Mukherjee. Socio-economic status of workers of building construction industry. National Center for Biotechnology Information, U.S. National Library of Medicine 8600 Rockville Pike, Bethesda MD, 20894 USA. 10.4103/0019-5278.107072. Lire ne ligne
  14. Casualization of Urban Labor Force: Analysis of Recent Trends in Manufacturing. Economic and Political Weekly. Vol.46. Pais, Jesim. Février, 2002 sur wiego.org
  15. Indian labourers working on construction sites in Qatar reveal abuse, sur theguardian.com. 27 Sept. 2013
  16. (en)(en) « National Mineral Scenario », Ministry of Mines, Government of India (consulté le 19 novembre 2010)
  17. a, b et c « Économie de l'Inde », sur Maison des Français de l'étranger (consulté le 2 août 2012)
  18. http://www.mfe.org/index.php/Portails-Pays/Inde/Presentation-du-pays/Economie
  19. Sylvie Kauffmann, « Bangalore souffre d'une pénurie d'ingénieurs et d'informaticiens », dans Le Monde du 11/04/2007, [lire en ligne]
  20. D'après Le Monde du 28 juin 2005

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Journaux[modifier | modifier le code]