Économie de l'Alsace

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Alsace
Pays France
Subdivision région
Organisations économiques Chambres de commerce et d'industrie
Statistiques
Classement 12e région contributrice française, 4e en PIB par habitant (cf.insee), 4e région exportatrice et 1re en terme d'exportation par habitant [1] (2008)
PIB (milliards) € 59, 768[2] (2017)
PIB par habitant € 31 700[2], 3e région française (2017)
Croissance 5 % (2000 à 2007)
Chômage 7,1[3] % (2020)
Pop. active (millions) 897,2 milliers soit un taux d'activité de 73,4 % (2008)
Pop. active par secteur Agriculture : 1,5 %
Industrie : 26,7 %
Services : 71,8 % (2007[4])
Pop. sous le seuil de pauvreté 8,4 % (< 60 % du revenu médian) % (2004)
Partenaires commerciaux
Exportations (milliards) € 34,6[5], 7,1 % des exportations de la France (2018)
Principaux partenaires Allemagne (29,4 %), Pays-Bas (8,9 %), Italie (8,7 %), Royaume-Uni (6,5 %), Espagne (5,5 %) et Suisse (5,3 %)
Importations (milliards) € 33,06[5], 6,2 % des importations de la France (2018)
Principaux partenaires Allemagne (29,3 %), Suisse (11,9 %), États-Unis (7,4 %), Chine (6,3 %), Pays-Bas (5,9 %), Italie (5,8 %)

L'économie de l'Alsace génère 2,6 % du PIB de la France, correspondant à un PIB par habitant de 31 700 euros en 2017 [2]. La région est relativement prospère, avec une activité économique variée. Depuis 2002, elle connaît des difficultés latentes dont témoigne la faible croissance du PIB durant toute la décennie suivante. Cependant, cette période est aussi une phase de reconversion du tissu industriel et économique, qui pose les jalons d'une croissance future davantage robuste.

Histoire économique de la région[modifier | modifier le code]

L'économie de la région avant la première révolution industrielle[modifier | modifier le code]

Les mutations économiques au cours du XIXe siècle jusqu'au milieu du XXe siècle[modifier | modifier le code]

De la reconstruction aux années 1980[modifier | modifier le code]

L'international[modifier | modifier le code]

  • L'Alsace est fortement tournée vers l'international, 35 % des entreprises y ont une participation étrangère (notamment allemande, suisse, américaine, japonaise et scandinave). L'Allemagne a représenté près de 38,5 % des importations alsaciennes en 2002.
  • La région affiche un taux d'ouverture plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale, soit 46 %, derrière la Haute-Normandie[6]. La période de 2000 à 2007 a vu une augmentation considérable de la valeur des échanges de la région avec le monde, +40 % pour les exportations et +47 % pour les importations. Après une chute brutale des échanges en 2009 liée à la crise (-17 %), la reprise économique s'est accompagnée d'une croissance des importations soutenue sur l'année 2010 (+24 % à 28,6 milliards d'euros), plus forte que celle des exportations (+15 % à 26,5 milliards d'euros). La valeur des importations a ainsi dépassé celle des exportations entraînant une nette détérioration du taux de couverture à 93 % en 2010.

Étude sectorielle[modifier | modifier le code]

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

L'agriculture[modifier | modifier le code]

  1. exploitations céréalières : blé, orge, maïs
  2. Le village de Sigolsheim, en Alsace
    La viticulture de Thann à Wissembourg, sur une fine bande située à la limite entre le fossé du Rhin et les collines sous-vosgiennes, principalement dans le centre de la région, entre Sélestat et Colmar, la Route des Vins d'Alsace ; Toutefois, aucune vigne n'apparaît à hauteur du col de Saverne et d'Haguenau : ainsi, les vignobles de Wissembourg forment une enclave isolée.
  3. agriculture de montagne.
  4. quelques productions spécifiques :
    • la culture du houblon,
    • la culture du colza
    • la culture du tabac
    • la culture du chanvre,
    • la culture du chou à choucroute,
    • la culture des betteraves sucrières,
    • les cultures maraîchères

L'exploitation forestière[modifier | modifier le code]

Extractions minière et d'hydrocarbure[modifier | modifier le code]

On extrayait du pétrole au nord et de la potasse au sud. Ces deux activités ont été stoppées respectivement dans les années 1950 et en 2004.

L'exploitation minière du chlorure de potassium (sylvinite - phosphates) qui pendant un siècle a extrait 570 millions de tonnes (treize mille salariés en 1950) est désormais l'objet d'un musée à côté du chevalet de la mine Rodolphe à Wittelsheim.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

L'industrie agroalimentaire[modifier | modifier le code]

  • l'activité brassicole : les quatre grandes brasseries alsaciennes assurent la production de 60 % du volume national de bière (soit près de 11 millions d'hectolitres) et emploient 1 400 salariés pour un chiffre d'affaires de 1,4 milliard d'euros[7]. L'activité brassicole en Alsace est surtout présente dans le Bas-Rhin, notamment à Schiltigheim, Obernai, Hochfelden et Saverne ;
  • le chocolat et les confiseries (Masterfood à Haguenau et Steinbourg, Kraft Suchard à Strasbourg, Chocolat Schaal à Geispolsheim, Wrigley à Biesheim) ;
  • la charcuterie industrielle (Stoeffler, Pierre Schmidt, Iller, Tempe, Maurer, Herta, etc.) ;
  • le raffinage de sucre (Sucre Erstein) ;
  • la torréfaction de café (Cafés Sati à Strasbourg) ;
  • les céréales (Malteries d'Alsace, Grands Moulins de Strasbourg, Cargill) ;
  • les eaux minérales et de sources (Carola à Ribeauvillé, Celtic à Niederbronn-les-Bains, Wattwiller, Lisbeth à Soultzmatt);
  • les Grands Chais de France à Petersbach.

L'artisanat[modifier | modifier le code]

Le textile[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, le textile regroupe près de 250 entreprises soit 8000 emplois[8]. Certaines résistent à la crise du textile que traverse l'ensemble des pays industrialisés depuis la fin des accords multifibres (2005) en développant de nouveaux matériaux (NSC Groupe, AK Filtration...). Toutefois, l'innovation n'est pas un gage de survie, comme le montrent les difficultés de DMC dont seule l'activité "fil à broder" dégage un bénéfice notable. On observe par ailleurs une réorganisation de la filière[9], caractérisée par la fermeture de sites de production dans les vallées vosgiennes et l'implantation d'usines textiles en plaine, proches des grandes voies de communication, par exemple à Marckolsheim avec Faurecia ainsi qu'à Saint-Louis. Cette réorganisation s'accompagne également d'une coopération renforcée au sein du pôle de compétitivité "fibres naturelles Grand Est" (Cf.Fibres).

Adidas est implanté en Alsace depuis 1960. Le groupe possédait trois usines à Dettwiller, Pfaffenhoffen et La Walck ainsi que son siège social pour la France à Landersheim. Toutes les usines de la marque aux trois bandes ont fermé au début des années 1990 mais le siège social est resté en Alsace, il est installé dans le quartier du Wacken à Strasbourg depuis avril 2018.

À noter également la présence du siège social du Coq sportif à Entzheim.

Le BTP[modifier | modifier le code]

La métallurgie, sidérurgie et l'industrie lourde[modifier | modifier le code]

  • L'industrie de l'automatisme (Bubendorff à Saint-Louis) ;
  • La fabrication et distribution de roulements (Timken Europe à Colmar et Strasbourg) ;
  • La fabrication de machines-outils (Huron à Illkirch-Graffenstaden);
  • Constellium Neuf-Brisach à Biesheim;
  • Sotralentz à Drulingen.

Le secteur de l'énergie[modifier | modifier le code]

  • Le secteur de l'énergie est principalement représenté par la production d'électricité. 10 centrales hydrauliques sont en exploitation en Alsace entre Kembs (Haut-Rhin) et Iffezheim en aval de Strasbourg (Bas-Rhin), mises en service entre 1932 et 1978. Quatre centrales sont installées sur le Grand Canal d'Alsace, et les cinq autres sur des canaux successifs de dérivations du Rhin. La puissance électrique totale installée est de 1400 MWe.
  • Une centrale nucléaire est exploitée à Fessenheim depuis 1977. Elle est équipée de deux tranches de 900 MWe chacune. Environ 900 personnes sont employées sur le site, dont environ 600 agents EDF et 300 prestataires externes.
  • On note également la présence d'une raffinerie de pétrole à Reichstett au nord de Strasbourg, mise en service en 1963. Le site, exploité par Petroplus Raffinage Reichstett (PRR), a cessé ses activités de raffinage en 2011 et doit subir une reconversion, notamment sous la forme d'un dépôt pétrolier, qui s'ajoutera à celui du Port aux Pétroles de Strasbourg.
  • En 2012 la plus grande centrale solaire photovoltaïque du nord de la France a été installée dans le Haut-Rhin, à cheval sur les communes de Staffelfelden, Feldkirch et Ungersheim. Elle est équipée de 38000 m² de panneaux photovoltaïques et la puissance électrique installée est de 5,3 MWe. Une extension à 48600 m² et 6,5 MWe est projetée pour 2014.
  • La société Électricité de Strasbourg est fondée en 1899. Aujourd'hui rattachée au groupe EDF, elle emploie environ 1 100 salariés et assure la distribution d’électricité auprès de 409 communes bas-rhinoises.
  • La société Gaz de Strasbourg est fondée en 1914. Détenue majoritairement par la ville de Strasbourg, elle distribue du gaz naturel dans une centaine de communes du Bas-Rhin.

Le secteur des transports et des biens d'équipement[modifier | modifier le code]

La chimie, la pharmacie et les biotechnologies[modifier | modifier le code]

  • l'industrie des sciences de la vie, dans le cadre du technopôle trinational Biovalley occupant le leadership européen de ce domaine ;
  • Dupont de Nemours à Cernay;
  • Dow à Drusenheim et Lauterbourg;
  • Boréalis Pec Rhin à Ottmarsheim;
  • Eli Lilly à Fegersheim;
  • Novartis Pharma à Huningue;
  • Octopharma à Lingolsheim;
  • Paul Hartmann à Châtenois et Lièpvre;
  • Weleda à Huningue;
  • Capsugel à Colmar;
  • BTT à Erstein;
  • Merck Milipore à Molsheim.

Autres[modifier | modifier le code]

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Le secteur tertiaire se développe beaucoup dans la région notamment dans les grandes villes telles que Strasbourg et Mulhouse.

À Strasbourg et sa communauté, il existe plusieurs parcs entièrement dédiés au tertiaire : L'Espace Européen de l'Entreprise (Schiltigheim) L'Aéroparc (Entzheim) Le Valparc (Oberhausbergen) Le Parc de la Meinau (Strasbourg) Le Parc des Tanneries (Lingolsheim)

Et projet de Quartier d'affaires international dans le quartier du Wacken à Strasbourg-même

À Mulhouse, il y a notamment le parc tertiaire de la Mer Rouge.


Le commerce[modifier | modifier le code]

Les services[modifier | modifier le code]

Les banques, les assurances et la finance[modifier | modifier le code]

La recherche et le développement[modifier | modifier le code]

Le tourisme[modifier | modifier le code]

Maisons de la Petite France

En 2015, la région a accueilli 12,6 millions de touristes pour 26,4 millions de nuitées (+3 % par rapport à 2014) dont 6,7 millions dans des hôtels[10]. La part de cette activité dans le PIB s'élève à 5,1 %, soit environ 2,5 milliards d'euros.

Les sites majeurs sont les suivants :

  • Strasbourg , ses musées et la "Petite France"; Colmar , ses musées et la "Petite Venise"; Mulhouse, ses musées, Sélestat, Wissembourg, Saverne, Haguenau, Marmoutier , etc.
  • Les nombreux châteaux dont ceux du Haut-Koenigsbourg et de Lichtenberg
  • Le Mont-Saint-Odile
  • La route des vins, avec Molsheim, Rosheim, Obernai, Andlau, Ribeauvillé, Riquewihr , Kaysersberg, Turckheim , Eguisheim, Rouffach , Guebwiller , Thann, etc.
  • La route des crêtes et le Hohneck
  • Neuf-Brisach et sa fortification de Vauban
  • La ligne Maginot
  • Le Struthof
  • l'Ecomusée d'Alsace
  • Le parc de Wesserling-Ecomusée textile
  • Le Grand Ballon , le Petit Ballon et le Ballon d'Alsace

Quelques événements incontournables :

  • les marchés de Noël (lors de la période de Noël et de ses marchés, l'Alsace accueille 2,7 millions de visiteurs)
  • les foires
  • les spectacles

Aspects socio-économiques[modifier | modifier le code]

Le chômage[modifier | modifier le code]

Longtemps épargnée par le fléau du chômage, l'Alsace a vu celui-ci fortement augmenter, passant de 4,8 % en 2001 à plus de 8 % en 2006, pour se résorber autour de 6,2 % de la population active en 2008, avant de s'établir à 9,2 % au premier trimestre 2016[11]. Ce taux de chômage relativement faible était dû à l'industrie (26 % des emplois) en crise désormais. L'Alsace entame dorénavant sa reconversion industrielle vers le tertiaire, notamment la recherche et les nouvelles technologies.

Cette reconversion se traduit notamment par la création d'un nouveau pôle : le pôle IMAGE (iconoval). Il regroupe toutes les activités de nouvelles technologies, d'image et d'audiovisuel. Ce pôle a été créé à la suite d'une étude qui a montré l'importance de ce secteur en Alsace, du nombre d'emplois qu'il représente et des atouts de la Région, siège de plusieurs organismes européens dans l'audiovisuel (Observatoire européen de l'audiovisuel, Fonds Eurimages, EPRA, ARTE, CIRCOM, etc.). Créé en 2003, il se met progressivement en place pour pouvoir mieux développer ce secteur.

Le niveau de qualification[modifier | modifier le code]


L'action de l'État, des collectivités territoriales et de la CCI[modifier | modifier le code]

Le développement des infrastructures[modifier | modifier le code]

  • le rail: TGV, hausse du cadencement des TER, projet d'une troisième voie, etc.
  • la route : GCO de Strasbourg, etc.
  • les canaux
  • la desserte aérienne

Les pôles de compétitivité[modifier | modifier le code]

  • un pôle Alsace Biovalley (anciennement innovations thérapeutiques) à vocation mondiale qui concerne les sciences de la vie, les biotechnologies, la pharmacie. Ce pôle rassemble 81 entreprises dont la géographie va de Brest/Lyon à l'Allemagne et la Suisse[12].

L'Alsace est la deuxième région de France dans le domaine des biotechnologies.

  • un pôle automobile du futur pour l'Alsace et la Franche Comté axé autour des constructeurs PSA Peugeot Citroën, Bugatti, FAM Automobiles, Dangel Automobiles, Lohr Industries et Alstom Transport. En 2008, le budget alloué à la R&D s'est établi à 440 millions d'euros[13].

Ce pôle automobile est le deuxième en France pour son importance après celui de la région parisienne.

  • un pôle fibres naturelles Grand Est englobant la Lorraine, l'Alsace et la Franche Comté[14].

Les partenariats économiques[15][modifier | modifier le code]

Logo Made in Alsace[modifier | modifier le code]

A l'instar du mouvement produit en Bretagne, l'Alsace possède son logo Made in Alsace qui représente un A comme Alsace en forme de bretzel [16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.insee.fr/fr/insee_regions/alsace/themes/ch_bilan/bilan2010/cpad18_10.pdf
  2. a et b https://ec.europa.eu/eurostat/documents/2995521/9618272/1-26022019-AP-FR.pdf
  3. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012804
  4. http://www.insee.fr/fr/insee_regions/alsace/themes/ch_bilan/bilan2010/cpad18_entier.pdf
  5. a et b https://www.adira.com/wp-content/uploads/v2-note-chiffres-cles-alsace-2018.pdf
  6. Chiffres pour l'Alsace - Insee, no 28, février 2012 [PDF]
  7. Les Saisons d'Alsace, DNA, « La bière une passion alsacienne », juin 2014, page 70.
  8. http://www.textile-alsace.com/dn_la-filiere-textile/
  9. « Le textile vosgien » par Simon Edelblutte dans L'information géographique de juin 2008
  10. Bilan de l'activité touristique en Alsace en 2015, clicalsace.com, 2 mars 2016
  11. INSEE
  12. « ACCUEIL », sur Les Pôles de compétitivité : Site Internet (consulté le 3 août 2020).
  13. « Des réponses stratégiques aux enjeux de la mobilité », sur Pôle Véhicule du Futur (consulté le 3 août 2020).
  14. http://www.polefibres.fr/
  15. « Accueil - GrandEst », sur GrandEst (consulté le 3 août 2020).
  16. [1] logo-alsace.png

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]