École romantique d'échecs

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Au jeu d'échecs, l'école romantique est le nom donné à un conception du jeu prônant l'« attaque à tout va » au détriment du matériel, conception qui, au milieu du XIXe siècle était représentée par deux « magiciens »[1] de l'école romantique : Adolf Anderssen et Paul Morphy.

L'école romantique a précédé la découverte du jeu de position par Wilhelm Steinitz. Cette forme moderne du jeu a connu son apogée avec Akiba Rubinstein et José Raúl Capablanca. Alors que Max Euwe a caractérisé le jeu de ces deux derniers par « technique et routinier »[2], il a baptisé le jeu de Anderssen par « Vive la combinaison[3] » et de Paul Morphy par « Combinaisons à buts stratégiques[4] ». La Partie immortelle et la Partie de l'opéra sont caractéristiques à cet égard de ces deux styles de jeu.

La notion d'école aux échecs[modifier | modifier le code]

On peut noter que si ce qualificatif d'école romantique est avancé par Michel Roos[5] et par Anthony Saidy[6], il n'est repris ni par François Le Lionnais et Ernst Maget dans leur Dictionnaire des échecs, ni par David Hooper et Kenneth Whyld dans The Oxford companion to chess. Dans son Que sais-je ? sur le jeu d'échecs[7], Jéröme Maufras adopte un plan original et parle plutôt d'« une domination anglo-saxonne du milieu du XIXe à 1914 »[8], mettant en parallèle la marche du monde (seconde révolution industrielle) avec l'évolution de la planète des échecs, après « un XVIIIe siècle franco-anglais »[9] (commerce triangulaire, première révolution industrielle), ayant lui-même succédé « une renaissance méditerranéenne »[10]. De fait, l'école romantique aux échecs (l'allemand Adolf Anderssen et l'américain Paul Morphy) peut être mise en parallèle avec l'irruption des pays de la seconde révolution industrielle - dès les années 1850 dans le monde anglo-saxon - sur la scène internationale[11].

A proprement parler, Emanuel Lasker n'a pas créé d'école, car s'il est par exemple relativement facile de jouer « à la Tarrasch » (en recherchant les gains d'espace notamment), il est très difficile de jouer « à la Lasker » (en cherchant systématiquement le coup le plus perturbant - psychologiquement parlant en particulier - pour l'adversaire). En revanche, on considère généralement que Wilhelm Steinitz a fondé l'école viennoise des échecs. L'école la plus connue est bien entendu la dite école soviétique.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michel Roos, Histoire des échecs, Que sais-je ? n° 2520, Presses universitaires de France, 1990, ISBN 978-213042-928-9, p. 65.
  2. Max Euwe, The development of chess style, B.T.Batsford, 1997, ISBN 978-071348-167-9, p. 92.
  3. Max EuweThe development of chess style, p. 19.
  4. Max Euwe, The development of chess style, p. 30.
  5. Histoire des échecs, Que sais-je ? n° 2520, 1990, ISBN 978-213042-928-9, p. 65.
  6. La lutte des idées aux échecs, éd. Hatier, 1989, ISBN 978-221801-837-4, p. 19.
  7. Jérôme Maufras, Le jeu d'échecs, Que Sais-je ? n° 1592.
  8. Jérôme Maufras, Le jeu d'échecs, p. 21.
  9. Jérôme Maufras, Le jeu d'échecs, p. 17.
  10. Jérôme Maufras, Le jeu d'échecs, p. 9
  11. Jérôme Maufras, Le jeu d'échecs, p. 24.