École nationale d'ingénieurs

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Groupe des écoles nationales d'ingénieurs (Groupe ENI)
Image illustrative de l'article École nationale d'ingénieurs
Informations
Type Écoles d'ingénieurs (établissements publics)
Régime linguistique Français
Localisation
Ville Tarbes, Brest, Saint-Étienne et Metz
Pays Drapeau de la France France
Chiffres clés
Étudiants 3660
Divers
Site web http://www.ingenieur-eni.fr/

En France, une école nationale d’ingénieurs (ENI) est une école d’ingénieurs généralistes publique à cycle préparatoire intégré. Leur groupe se nomme le Groupe ENI.

Il n'en existe plus que quatre sur sept en 2017.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Ancien logo du Groupe ENI.

L’histoire des écoles nationales d’ingénieurs remonte aux années 1950. En effet, cette époque fut une période de pessimisme pour les ingénieurs techniques, leur secteur n’étant pas porteur. Le nombre d’ingénieurs Arts et Métiers (ENSAM) alors formés par an était de 360 en 1959, nombre jugé fortement insuffisant par l’union des industries métallurgiques qui en 1956 mit en évidence par une vaste enquête un besoin annuel de 728 ingénieurs Arts et Métiers. Par ailleurs, le marché commun qui s’ouvrait placerait la France dans une place délicate en cas de manque de personnel technique [1].

C’est alors que la direction de l’enseignement technique commença à étudier la création de trois nouveaux centres ENSAM : Bordeaux, Le Havre et Toulouse. La Société des Arts et Métiers fut alors très divisée sur le nombre de Gadz'arts formés par an. Certains pensaient qu’il fallait se plier aux besoins de l’industrie, d’autres pensaient qu’il fallait entretenir un certain manque de Gadz'arts, afin de les rendre rares et chers. Il fallut que le bureau de la Société adopte une position intermédiaire : une seule école fut ouverte, celle de Bordeaux-Talence en 1963 [2].

Il fallait tout de même répondre aux besoins de la société. Deux types d’écoles d'ingénieurs publiques en quatre ans après le baccalauréat sont alors créées à l’instar des Fachhochschulen germaniques : les écoles nationales d'ingénieurs (ENI) et les instituts nationaux des sciences appliquées (INSA). Dans les deux cas, ces écoles évolueront en formations en cinq ans, en grande partie à cause de la massification simultanée des diplômes universitaires de technologie (DUT) et des brevets de technicien supérieur (BTS) [3]. Ayant vocation à préparer des ingénieurs « de terrain » opérationnels dans le milieu industriel, elles développent une importante politique de stages [4]. Les ENI de Metz, de Brest et de Saint-Étienne ouvrent en 1961 [5],[6],[7], suivies de celle de Belfort en 1962 [8] et celle de Tarbes en 1963 [9].

En 2000, un décret fixe une organisation commune aux quatre écoles et un statut d’établissements publics nationaux à caractère administratif, ayant vocation à être rattachées à un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel [10].

En 2006, l’école d’ingénieurs du Val-de-Loire (école interne de l’université de Tours) devient l’ENI Val-de-Loire, portant le nombre d’ENI à cinq [11].

La loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche accélérant les politiques de sites, les écoles se fondent dans d’autres réseaux. Ainsi en 2002, l'ENI de Tarbes s'associe à l'université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées et à l'institut national polytechnique de Toulouse (INPT) [12]. Puis en 2007, l'ENI de Saint-Etienne s'associe à l'université de Lyon. Ensuite en 2013, l'ENI de Brest se rattache à l'Institut Mines-Télécom [13]. Trois ans plus tard, en 2016, l’ENI de Metz est intégrée à l’université de Lorraine, au sein du collégium institut national polytechnique de Lorraine (INPL) [14].

Affaiblissement progressif[modifier | modifier le code]

En 1999, l’ENI de Belfort rejoint l’institut polytechnique de Sevenans pour permettre à celui-ci de rejoindre le réseau des universités de technologie, et devenir l’université de technologie de Belfort-Montbéliard (UTBM) [15].

En 2014, l’ENI Val-de-Loire rejoint l’école nationale supérieure d'ingénieurs de Bourges pour créer l’institut national des sciences appliquées Centre Val de Loire (INSA CVL) [16].

Enfin, l’ENI de Saint-Étienne pourrait devenir une école de spécialité de l’école centrale de Lyon d'ici 2020 [17].

Les écoles[modifier | modifier le code]

Les écoles suivantes sont ou ont été des écoles nationales d’ingénieurs :

Par ailleurs, l'ENI de Metz a créé en 2015 l'école d'ingénieurs sino-française de Nanjing (ENIN ou ENI NUST) en partenariat avec l'université de science et de technologie de Nanjing. C'est l'un des huit instituts sino-français accrédités de coopération universitaire par le ministère de l’éducation chinois [20].

Enfin, il a existé une école nationale d’ingénieurs de Strasbourg, créée en 1950 [21] - devenue ensuite école nationale supérieur des arts et industries de Strasbourg en 1966 [22] puis institut national des sciences appliquées de Strasbourg [23] - qui n’a que le nom en commun avec les autres écoles.

Contenu des formations[modifier | modifier le code]

Les ENI forment des ingénieurs généralistes [24] en :

La formation est composée d’un tronc commun complété d’une spécialisation en 4e ou en 5e année selon les écoles. Ce tronc commun est composé de sciences de bases (mathématiques, physique, informatique, thermodynamique, optique, électricité, électromagnétisme, chimie, etc), de sciences de l'ingénieur, de sciences humaines et sociales et de langues vivantes [25]. Parallèlement à cet enseignement théorique, l'élève ingénieur reçoit un enseignement pratique qui représente environ 60% de la formation : stages (trois semestres de stages), projets, travaux pratiques.

Le cursus de formation initiale est organisé en 10 semestres (5 ans) ou 6 semestres (3 ans) après bac+2. Le diplôme d’ingénieur ENI est habilité par le ministre chargé de l’enseignement supérieur après avis de la commission des titres d'ingénieur (CTI).

La formation dans les ENI peut également se faire par alternance, sous statut d'apprenti à partir de bac+2.

Il est également possible d'obtenir le diplôme d'ingénieur ENI en formation continue. Cette voie d'obtention du diplôme concerne les salariés ayant un niveau minimum bac+2 et au moins trois ans d'expérience professionnelle. Ils intègrent une des ENI en semestre 7 (4e année) sur dossier [26].

Enfin, on peut aussi obtenir le diplôme d'ingénieur ENI par valorisation des acquis de l'expérience (VAE). Il faut avoir un minimum niveau bac+2 et au moins cinq ans d'expérience en milieu industriel ; un jury constitué de professeur ENI et de professionnel valident ou non l'expérience professionnelle de la personne [27].

Les écoles du groupe ENI disposent également d'un réseau d'universités et d'écoles partenaires en Europe et dans le monde. Plus de la moitié des étudiants diplômés ENI ont eu une expérience à l'étranger (stage ou échange : Erasmus +, FITEC, european project semester) pendant leur formation.

Par ailleurs, les ENI s'appuient sur des laboratoires de recherche dans lesquels travaillent des enseignants-chercheurs et des doctorants. Le groupe ENI consacre 12 millions d'euro par an à la recherche [28].

Admissions[modifier | modifier le code]

Admission en première année d’études[modifier | modifier le code]

Le recrutement pour les ENI de Brest, Saint-Étienne et Metz est commun aux trois écoles (concours ENI). Il est ouvert aux bacheliers ou élèves de terminale S ou STI2D. La sélection se fait sur l’examen du dossier scolaire et un entretien oral [29].

Le recrutement pour l'ENI de Tarbes se fait à partir du concours Geipi Polytech. Il est lui aussi ouvert aux bacheliers ou élèves de terminale S ou STI2D. La sélection se fait soit sur examen du dossier scolaire et concours écrit, soit sur examen du dossier scolaire et entretien oral pour les élèves dits « grands admissibles » [30].

L'ENIT propose également une admission en première année décalée en janvier pour les bacheliers issus de terminale S voulant se réorienter. Cette admission concerne les élèves ayant un rang de classement qui leur aurait permis d'intégrer l'ENIT en septembre de la même année universitaire ou à ceux ayant eu une mention au baccalauréat [31].

Admission en troisième année d’études[modifier | modifier le code]

Le recrutement en troisième année concerne les élèves ayant fini leurs années de classe préparatoire aux grandes écoles scientifique (MP, PC, PSI, PT, TSI ou ATS) ainsi que les titulaires d'un diplôme universitaire de technologie (DUT), d'un brevet de technicien supérieur (BTS) et d'une licence (L2, L3 ou professionnelle) correspondant à la spécialité de l'école.

Pour les élèves issus de CPGE, il s’agit d’une admission sur le concours e3a en banque de notes, sur le concours CCP en banque de notes et sur la banque Physique et Technologie (admission sur titres « AST ») pour l'ENI de Tarbes, ou sur le concours Groupe ENI pour les trois autres ENI. Les élèves issus de DUT, BTS ou Licence 2, 3 ou pro sont également admis sur titres quelle que soit l'école.

Les étudiants peuvent suivre la formation initiale et ainsi rejoindre les élèves présents depuis le bac, ou suivre la formation sous statut d'apprenti [32].

Autres admissions[modifier | modifier le code]

Selon l’école, il est possible d'y rentrer en deuxième ou quatrième année d’études.

Les écoles nationales d'ingénieurs recrutent également des étudiants étrangers issus d'établissements avec lesquels elles ont signé une convention [32].

Vie étudiante[modifier | modifier le code]

La vie étudiante des écoles nationales d'ingénieurs est rythmée d'événements organisés par les étudiants eux-mêmes, tels que l'Intégration qui permet d'inculquer les « Traditions » aux nouveaux élèves, le gala des 5e années ou diverses soirées. Par ailleurs, les emplois du temps de ces écoles sont tels qu'ils permettent aux étudiants de s'impliquer dans différents associations ou clubs, qu'ils soit sportifs, culturels, techniques, humanitaires, etc Cette implication permet d'acquérir des compétences sociales et relationnelles, souvent déterminantes lors d’une recherche d’emploi.

Par ailleurs, un événement est commun à toutes les ENI : les jeux Ω-ENI (Inter-ENI). C'est une rencontre sportive organisée chaque année à tour de rôle par l'ENIT, l'ENIB et l'ENISE, et opposant ces trois écoles ainsi que l'ENIM, l'INSA CVL (ancienne ENIVL) et l'UTBM (ancienne ENIBe). Il s'agit d'une grande fête agrémentée de sport et de jeux, permettant de créer et de resserrer les liens entre les étudiants des différentes délégations du groupe ENI. Les étudiants de l'ENIT y arborent une blouse blanche et un béret rouge à pompon blanc, ceux de l'ENIB y portent une salopette orange et un béret bleu ou un bonnet de marin rayé, les étudiants de l'ENISE sont vêtus d'une blouse bleue et d'un béret vert à pompon jaune, les étudiants de l'ENIM portent un béret blanc et une blouse noire ou une salopette imprimé militaire gris, ceux de l'ex ENIVL arborent un gilet jaune de sécurité et un casque de chantier, et enfin ceux de l'ex ENIBe sont vêtus d'une blouse violette (ou noire, avant 1999) et d'un béret bleu à pompon jaune [33]. Tous ces vêtements folkloriques, rappelant les traditions des Gadzarts, sont décorés par leur propriétaires avec des dessins, des broderies, des pompons et leur surnom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  1. « Histoire des Écoles d'Arts et Métiers... de la boîte à fumée à l'ENSAM », sur http://trads.am.free.fr/
  2. Arnaud Evrard, « Histoire de savoir... », Bulletin Interne de Liaison AniENIT, no 69,‎ (lire en ligne)
  3. [PDF]Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs, « Les écoles françaises d’ingénieurs : trois siècles d’histoire »
  4. « Les ENI, cinq écoles de « terrain » », sur journaldesgrandesecoles.com,
  5. « L'école - ENIM », sur http://www.enim.fr/, (consulté le 29 avril 2017)
  6. « Découvrir l'ENIB », sur https://www.enib.fr, (consulté le 29 avril 2017)
  7. Décret du 15 novembre 1961 ECOLE NATIONALE D'INGENIEURS ELECTRONICIENS A BREST
  8. Arrêté du 18 juillet 1962 CONDITIONS D'ADMISSION A L'ECOLE NATIONALE D'INGENIEURS DE BELFORT
  9. Fac-similé JO du 14/03/1964 portant sur l'ouverture de l'école nationale d'ingénieurs de Tarbes le 1er octobre 1963
  10. Décret no 2000-271 du 22 mars 2000 portant organisation des écoles nationales d’ingénieurs
  11. Décret no 2006-932 du 27 juillet 2006 portant création de l'Ecole nationale d'ingénieurs du Val de Loire
  12. Décret n° 2002-1107 du 30 août 2002 portant rattachement de l'Ecole nationale d'ingénieurs de Tarbes à l'Institut national polytechnique de Toulouse
  13. « L'Enib rejoint le réseau d'écoles de Mines-Télécom », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  14. a et b Décret no 2015-1133 du 11 septembre 2015 portant intégration de l'Ecole nationale d'ingénieurs de Metz à l'université de Lorraine
  15. Décret no 99-24 du 14 janvier 1999 portant création de l'université de technologie de Belfort-Montbéliard
  16. Décret no 2013-521 du 19 juin 2013 portant création de l'Institut national des sciences appliquées Centre Val de Loire
  17. Céline Authemayou, « L’ENI Saint-Étienne va devenir une école de spécialité de Centrale Lyon », sur www.letudiant.fr/educpros,
  18. Décret no 2009-1513 du 7 décembre 2009 relatif à l’école nationale d’ingénieurs de Saint-Étienne sur www.legifrance.gouv.fr
  19. Décret no 2016-468 du 14 avril 2016 portant association d'établissements du site toulousain
  20. « L’Ecole d’Ingénieurs Sino-française de NUST accréditée « institut sino-français de coopération universitaire » par le Ministère chinois de l’éducation. », ENIM - Ecole Nationale d'Ingénieurs de Metz,‎ (lire en ligne)
  21. Décret no 50-1056 du 29 août 1950 portant organisation de l’école nationale d’ingénieurs de Strasbourg
  22. Décret no 66-858 du 11 novembre 1966 modifiant le décret no 50-1056 du 29 août 1950 portant organisation de l’école nationale d’ingénieurs de Strasbourg
  23. Décret no 2003-191 du 5 mars 2003 portant création de l'Institut national des sciences appliquées de Strasbourg
  24. Devenez ingénieur ENI - Formation généraliste plébiscitée par les recruteurs, , 12 p. (lire en ligne), p. 4
  25. Devenez ingénieur ENI - Une formation généraliste plébiscitée par les recruteurs (lire en ligne)
  26. « L'ingénieur ENIT par formation continue », sur http://www.enit.fr
  27. « L'ingénieur ENIT par VAE », sur http://www.enit.fr
  28. « Recherche - Groupe ENI », sur http://www.ingenieur-eni.fr/
  29. « Groupe ENI - Inscriptions », sur http://www.ingenieur-eni.fr/, (consulté le 9 mai 2016)
  30. « Admissions niveau bac - École Nationale d'Ingénieurs de Tarbes », sur www.enit.fr (consulté le 9 mai 2016)
  31. « Admission niveau bac rentrée décalée - École Nationale d'Ingénieurs de Tarbes », sur www.enit.fr
  32. a et b « Groupe ENI - Admission »
  33. « Histoire du folklore et des traditions Utébohémiennes », sur https://ae.utbm.fr