École des arts industriels et des mines

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École des arts industriels et des mines
Nom original 1854 : École des arts industriels et des mines
1872 : Institut industriel du Nord
1991 : École centrale de Lille
Informations
Fondation 1854
Fondateur Frédéric Kuhlmann
Type École d'ingénieurs
Localisation
Coordonnées 50° 38′ 16″ N 3° 04′ 10″ E / 50.637902, 3.069358 ()50° 38′ 16″ Nord 3° 04′ 10″ Est / 50.637902, 3.069358 ()  
Ville Lille
Pays Drapeau de la France France
Direction
Directeur Victor Denniée (1854-1856)
Edmond Bernot (1857-1872)
Administrateur Kuhlmann, Girardin, Wallaert, Scrive, Dequoy, Catel-Béghin
Chiffres clés
Étudiants effectif annuel ≤ 126
Divers
Site web www.ec-lille.fr

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École des arts industriels et des mines

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École des arts industriels et des mines

L'École des arts industriels et des mines est la dénomination sous le Second Empire de l'école publique de formation d'ingénieurs civils à Lille, créée en 1854 pour répondre aux besoins de l'industrie du Nord de la France.

Elle succède aux chaires municipales de physique expérimentale, de chimie appliquée aux arts industriels et de mécanique créées respectivement en 1817, 1822 et 1826.

L'école assure initialement un enseignement professionnel de type Arts et métiers. À la suite de réformes des études en 1857 et 1860, la formation se transforme en enseignement supérieur industriel sur le modèle de l'École centrale des arts et manufactures ; les élèves-ingénieurs sont alors recrutés au niveau du baccalauréat et l'école délivre un diplôme d'ingénieur industriel. Les principaux domaines de formation des deux premières années d'études et de la troisième année optionnelle sont la construction des machines, la filature et le tissage, la chimie et la métallurgie, ainsi que l'exploitation des mines.

Après la guerre franco-allemande de 1870 et la chute de l'Empire, une réforme des études conduit à l'établissement de l'Institut industriel du Nord dans les locaux de l'école, rue du Lombard à Lille, en 1872. Son héritière au XXIe siècle est l’École centrale de Lille.

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte des sciences et technologies à Lille de 1796 à 1854[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'École des arts industriels et des mines est intrinsèquement liée aux besoins de techniciens pour soutenir la croissance de l'industrie dans le Nord de la France et la mise en œuvre des nouveaux procédés à l'aube de la révolution industrielle.

Le contexte de l'enseignement des sciences et technologies à Lille a pour point de départ l'année 1796, sous la Première République. L'abolition des privilèges lors de la nuit du 4 août 1789 puis l'abolition des corporations de métiers par le décret d'Allarde et la Loi Le Chapelier en 1791 favorisent la liberté d'entreprise et d'établissement industriel, sur les principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ; ces changements conduisent à une rénovation du système éducatif en France[1]. « Aussi le gouvernement républicain s’engagea t-il dans une politique de formation visant à remplacer les collèges d’Ancien Régime par des établissements qui donneraient un enseignement scientifique, dont la physique expérimentale et la chimie, inscrit dans les programmes et assuré par des professeurs ayant un statut officiel. Il créa donc les « Écoles centrales », certes éphémères, mais qui n’en marquèrent pas moins une rupture avec le système éducatif qui avait prédominé jusque-là[2]. »

À la suite de la loi du 7 ventôse an III (25 février 1795) et au décret du Conseil des Cinq-Cents le 8 prairial an IV (27 mai 1796)[3], une première École centrale de Lille[4] est ainsi ouverte le 10 nivôse an V (30 décembre 1796)[5], établie dans l'ancien couvent des Récollets, rue des Arts à Lille[6], où sont rassemblées des collections scientifiques[N 1] et des bibliothèques[7], et dont le programme d'enseignement inclut les sciences expérimentales, dont la chimie et la physique expérimentale, la botanique et la minéralogie, le dessin et la géométrie descriptive, avec des professeurs tels que Jean-Baptiste Lestiboudois et François Watteau[8],[A 1].

À partir de mai 1802, la dénomination « École centrale » est supprimée. La ville de Lille sollicite en vain auprès d'Antoine-François Fourcroy « une des deux Écoles spéciales des arts mécaniques et de chimie, dont l'établissement avait été décrété[BA 1],[9] » par la loi générale sur l'instruction publique du 11 floréal an X (1er mai 1802). En l'attente de l'établissement d'une école spéciale financée par l'État, l'enseignement des sciences et technologies à Lille est rénové au travers de chaires municipales associées à des cours publics et gratuits[BA 2],[N 2], dans le cadre des « Écoles académiques de Lille[10] » localisées rue des Arts et rue du Lombard. Dans une démarche précoce d'application des sciences aux arts industriels, en liaison avec la Société des sciences de Lille et la chambre de commerce de Lille, les chaires lilloises contribuent à sensibiliser les acteurs de l’industrie et promouvoir les nouveaux procédés.

La chaire de physique est tenue par Charles Delezenne de 1817 à 1848. Delezenne est professeur et chercheur à Lille[8] ; il est membre correspondant de l'Académie des sciences et est membre actif de la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille. Dans le cadre des Écoles académiques de Lille, il assure des cours de physique expérimentale[G 1],[N 3],[N 4]. La ville se préoccupe de l'établissement d'un cours[BA 2] de « dessin linéaire, de géométrie et de mécanique appliquée aux arts[G 2] » à partir de 1826 et qui prend son essor dès 1829-1830 avec le professeur Charles Granowski[11],[N 5] Claude-Auguste Lamy occupe la chaire de physique expérimentale à partir de 1852[G 3].

Buste de Frédéric Kuhlmann
Frédéric Kuhlmann, professeur, fondateur et administrateur de l'école

Le 6 mai 1822[N 6], « la mairie de Lille et le conseil général décidèrent d’aménager au rez-de-chaussée du Lombard, une école spéciale de chimie appliquée aux arts industriels comprenant un amphithéâtre et un laboratoire, ainsi qu’un logement pour le directeur[12]. » Frédéric Kuhlmann est nommé en 1823 à la chaire de chimie associée à cette école spéciale[13] qu'il occupe de 1823 à 1854[N 7]. En 1824, le ministre de l'intérieur refuse d'entériner les crédits alloués par le conseil général du Nord pour l'école spéciale de chimie ; le conseil municipal se doit alors de combler le déficit budgétaire de ce qui devient la chaire municipale de chimie appliquée aux arts industriels. Les cours de chimie de Frédéric Kuhlmann commencent mi-1824. Ils touchent « un public nombreux, composé principalement de manufacturiers et de négociants distingués, tant de Lille que des communes environnantes, [qui y profitent] des instructions pratiques et théoriques[12] ». Kuhlmann fait bénéficier ses étudiants de ses résultats de recherches et leurs applications industrielles[N 8]. Frédéric Kuhlmann est assisté par Louis Blanquart-Evrard[14] à partir de 1826 puis par Théophile-Jules Pelouze à partir de 1830 et Benjamin Corenwinder en 1847.

Le besoin patronal d'ingénieurs pour l'industrie en expansion s'exprime à Lille[N 9] comme dans les différentes capitales européennes[N 10]. La création de l'École des arts et métiers de Châlons en 1806, de l'École centrale des arts et manufactures de Paris[N 11] en 1829, de l'École des mines du Hainaut[N 12] et de l'École des arts et manufactures et des mines de Liège[N 13] en 1836, constituent des références pour les autorités publiques de Lille qui, depuis 1802, expriment la volonté d'établir une école d'ingénieurs civils[N 1] à Lille[N 14].

Durant cette période, toute prise de décision est centralisée à Paris et l'investissement financier de l'État est très limité dans les domaines de l'enseignement technique et de l'Université.

La municipalité de Lille émet en vain des requêtes auprès des divers gouvernements successifs pour l'établissement d'une École des arts et métiers à Lille, notamment en 1837[N 15] et en 1838[N 16] ; le conseil général du Nord fait de même en 1840[G 4]. Frédéric Kuhlmann, cumulant son rôle de professeur et celui d'entrepreneur industriel, devient président de la chambre de commerce et d'industrie de Lille en 1840 ; il dirige les actions visant à la création à Lille de l'école d'ingénieurs dont les industriels du Nord de la France ont besoin. Lille est candidate pour accueillir la troisième École des arts et métiers, mais c'est finalement Aix qui est choisie par le ministre en 1843.

En 1848, sous la Deuxième République, une tentative pour obtenir l'acceptation du ministre du commerce est bien avancée au point qu'un plan d'architecte est établi pour une école avec un effectif prévisionnel de cent soixante élèves[N 17]. Néanmoins, toutes les tentatives auprès des ministères parisiens et antérieures au coup d'État du 2 décembre 1851 échouent.

Actions préparatoires entre 1852 et 1854[modifier | modifier le code]

Outre le financement des chaires municipales de physique expérimentale, de chimie et de mécanique, la municipalité de Lille témoigne de son engagement pour le développement de l'enseignement à Lille, notamment au travers de la construction d'un nouveau bâtiment du lycée de Lille, dans des locaux rénovés rue des Arts nécessitant un investissement municipal de un million cinq cents mille francs et dont une aile est destinée à la faculté des sciences de Lille[15]. Le 15 novembre 1852, le lycée est inauguré par Hippolyte Fortoul, devenu ministre de l'instruction publique du gouvernement bonapartiste au début du Second Empire.

À Paris, l'astronome Urbain Le Verrier est nommé inspecteur général de l'enseignement supérieur le 9 mars 1852 (son fils aîné Jean Le Verrier deviendra professeur à l'École des arts industriels et des mines de Lille, de 1861 à 1866[16],[A 2]). Urbain Le Verrier assiste le ministre Fortoul dans une réforme de l'enseignement. Le 24 août 1853, le ministre Fortoul décide de l'ouverture d'écoles professionnelles en France[N 18], selon les principes pédagogiques promus par César Fichet, auteur d'un mémoire sur l'apprentissage et sur l'éducation industrielle en 1847[17],[N 19], et de son disciple Victor Denniée, ingénieur civil et auteur d'un mémoire sur l'enseignement professionnel publié en 1852[18], recommandant un enseignement professionnel agricole, industriel et commercial sur une durée de trois ans. Un mois plus tard, le 23 septembre 1853, la chambre de commerce de Lille organise à la vieille bourse une réception en la présence de Napoléon III et obtient l'autorisation d'ouvrir une école supérieure industrielle, après un discours de Frédéric Kuhlmann sur l'essor de l'industrie nationale. Napoléon III délègue au sénateur Jean-Baptiste Dumas, ancien ministre et cofondateur de l'École centrale des arts et manufactures[19], le soin de venir à Lille le 9 octobre 1853 pour des échanges avec Frédéric Kuhlmann[N 9]. En novembre 1853, César Fichet est auditionné par le conseil municipal de Lille et donne un objectif de formation de « jeunes directeurs d'industrie »[N 20],[N 21] sur le modèle de l'École centrale des arts et manufactures tandis que le maire Auguste Richebé évoque une école de contremaîtres de type Arts et métiers, ce qui témoigne des incertitudes sur le niveau de formation visée et la strate de la société à laquelle elle s'adresse, qui ne seront définitivement résolues qu'en 1860. Le conseil municipal se prépare dès janvier 1854 à la transformation des chaires de physique expérimentale et géométrie industrielle, et de chimie appliquée aux arts industriels des Écoles académiques de Lille, « dans le cas où, comme il y a apparence, une faculté des sciences et une école professionnelle d'arts et métiers seraient établies à Lille[20],[G 5] ».

Photo de Louis Pasteur en 1857
Louis Pasteur, promoteur des sciences appliquées à Lille, doyen de la faculté des sciences tutrice de l'école

Il faut néanmoins attendre l'automne 1854 pour que Louis Pasteur[N 22] et la faculté des sciences s'établissent dans le même lieu, rue des Arts, et structurent un véritable enseignement universitaire supérieur et qu'à proximité, rue du Lombard, pour les sciences appliquées s'établisse l'École des arts industriels et des mines[N 23], dont l'École centrale de Lille contemporaine est l'héritière.

Fondation de l'école en 1854[modifier | modifier le code]

Photo de l'école, rue du Lombard à Lille
Bâtiment historique de l'École des arts industriels et des mines (1854-1871) et de l'Institut industriel du Nord (1872-1875), 2-4 rue du Lombard

L'École des arts industriels et des mines se substitue aux cours municipaux de sciences et technologies soutenus depuis 1796 conjointement par la ville de Lille et le conseil général du Nord, avec l'appui des industriels et des scientifiques via la chambre de commerce et la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille[N 24]. Elle remplace notamment les chaires municipales de physique, chimie et mécanique appliquées aux arts industriels respectivement créées en 1817, 1822 et 1826.

Simultanément à l'installation rue des Arts de la faculté des sciences de Lille dont le premier doyen est Louis Pasteur, l'école est inaugurée rue du Lombard, le 1er octobre 1854[N 20] « sous les auspices et avec le concours du gouvernement et de la ville[21] », soutenant l'essor de l'industrie régionale au XIXe siècle.

Le concours des professeurs de la faculté des sciences est essentiel dans l'essor de l'école, tout comme celui d'industriels praticiens. Deux mois après la fondation de l'École des arts industriels et des mines, le doyen de la faculté des sciences de Lille, Louis Pasteur, rappelle les interactions sciences-industrie et l'importance de la formation en sciences appliquées à Lille, le 7 décembre 1854 : « À côté de cette heureuse et capitale innovation dans les facultés de sciences, il en est une autre dont le succès ne peut être contestable dans le département du Nord. Le même décret impérial[N 25] que je rappelais tout à l'heure a institué un nouveau grade universitaire sous le titre de « certificat de capacité pour les sciences appliquées »[N 26]. (...) Je voudrais qu'au sortir des écoles de commerce ou des écoles professionnelles, les jeunes gens destinés à la carrière industrielle fussent mis en mesure par leurs parents de venir profiter des immenses ressources de la faculté des sciences que la munificence du conseil municipal de Lille a installée dans les conditions les plus propices à assurer sa prospérité. Sous ce rapport, les facultés des sciences peuvent étendre beaucoup les services rendus par l'École centrale des arts et manufactures de Paris. Le certificat que nous délivrerons correspondra, quoique avec moins d'autorité sans doute, au diplôme des élèves de l'École centrale. (...) Nous n'oublierons point que la théorie est mère de la pratique, que sans elle la pratique n'est que la routine donnée par l'habitude, et que la théorie seule fait surgir et développe l'esprit d'invention (...) Vous connaissez ce mot charmant de Franklin : il assistait à la première démonstration d'une découverte purement scientifique et l'on demandait autour de lui : mais à quoi cela sert-il ? Franklin répond : à quoi sert l'enfant qui vient de naître ? (...) La découverte théorique n'a pour elle que le mérite de l'existence. Elle éveille l'espoir et c'est tout. Mais laissez-la cultiver, laisser-la grandir et vous verrez ce qu'elle deviendra (...) par hasard, diriez-vous peut-être, mais souvenez-vous que dans les champs de l'observation le hasard ne favorise que les esprits préparés[N 22]. »

Évolutions de l'école en 1857, 1862 et 1872[modifier | modifier le code]

L'École évolue dans son organisation et ses programmes d'enseignement.

En 1854, l'école est créée à l'instigation du ministre de l'instruction publique Fortoul, qui assure la tutelle de l'enseignement professionnel. L'École des arts industriels et des mines de Lille est ainsi considérée comme l'école professionnelle du Nord.

De 1857 à 1860, le programme de formation évolue pour devenir un enseignement d'école supérieure industrielle. Or, l'enseignement spécial industriel est sous la tutelle du ministère du commerce. Des négociations entre 1860 et 1862 conduisent au transfert de tutelle vers ce ministère. Dépendant virtuellement du ministère du commerce bien que financée exclusivement par les autorités régionales, l'École des arts industriels et des mines devient « École impériale des arts industriels et des mines » ; la dénomination impériale est officialisée entre 1862[N 27] et 1864[N 23],[Nord 1].

Une nouvelle étape est franchie par l'École impériale des arts industriels et des mines en 1872 où elle est transformée en l'Institut industriel du Nord[BC 1],[N 28]. La transformation de 1872 est consécutive au contexte politique général en France, après la défaite de 1871 et la chute de l'Empire. L'activité de l'école a été très perturbée par la guerre franco-prussienne de 1870-71 : il n'y a plus que 26 élèves inscrits en 1871[Nord 2], à comparer à l'effectif de 90 à 126 élèves quelques années plus tôt[Nord 1].

En effet, « après 1871, la volonté de la ville et du département de voir créée une grande école industrielle de l'État est fortement réaffirmée et ces instances entendent se donner tous les moyens d'y parvenir. (...) Au conseil général du Nord, à la session de 1871, le directeur de l’École des arts industriels, Bernot, fait un rapport proposant de modifier les conditions d’admission dans son établissement et il demande que le titre soit changé en celui d’École centrale du Nord[G 6]. » Il anticipe dès 1871 la réutilisation de la dénomination « École centrale » de Lille, ce qui sera officialisé par le ministère de l'éducation nationale 120 ans plus tard. « Mais les propositions de Bernot ne peuvent suffire à contenter les édiles[G 1]. » Henri Masquelez, polytechnicien et directeur des travaux municipaux de Lille, est mandaté pour faire une enquête internationale sur les établissements similaires et émettre une nouvelle proposition plus ambitieuse dotée d'un budget d'investissement de plus d'un million de francs. « Inquiets à juste titre, le département et la ville se concertèrent en vue d'une nouvelle réorganisation. Au cours de la session d'avril 1872 et de la séance du 5 octobre 1872, le conseil général et le conseil municipal votent les crédits pour la construction d'un immeuble mieux approprié à cette organisation. L'École deviendra l'Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France. Après les suppressions successives ultérieures des sections agronomiques et commerciales, elle s'appelle Institut industriel du Nord de la France. La construction du nouvel établissement (...) fut activement poursuivie et à la rentrée des vacances de Pâques de 1875, les élèves purent en prendre possession. Entre-temps, la soudure entre l'ancienne École et le nouvel Institut s'était faite dans l'immeuble communal de la rue du Lombard[21] » utilisé par l'École des arts industriels et des mines. Son héritière en est l’École centrale de Lille.

Administration de l'école de 1854 à 1872[modifier | modifier le code]

Statuts et organisation de l'école[modifier | modifier le code]

Ouverte comme « école professionnelle du Nord »[N 29] en 1854, « cette école, établissement de l'État, subventionné par la ville de Lille, est placée sous la surveillance des autorités instituées par la loi du 15 mars 1850, et d'une commission nommée par le ministre. Elle prépare aux professions commerciales, par l'étude des opérations de négoce, de la comptabilité et du droit commercial[22], aux carrières industrielles, par l'étude des matières employées dans l'industrie, aux services administratifs où l'étude des mathématiques appliquées est exigée, comme dans le service des ponts et chaussées, des chemins de fer et de la télégraphie, et plus spécialement aux arts mécaniques[A 2]. »

L'équilibre de son budget de fonctionnement est précaire[BA 3]. L'État assure quelques subventions irrégulières, notamment en 1857[Nord 3] et offre des bourses à des élèves. De fait, ce sont le conseil général du Nord et la municipalité de Lille qui assurent le financement de l'école, complété par les frais de pensionnat (seule une minorité d'élèves est demi-pensionnaire ou externe[A 2]).

De 1857 à 1860, son enseignement se transforme rapidement en un enseignement spécial[N 29] d'« école supérieure industrielle », qui s'adresse « non aux contre-maîtres qui l'avait dédaignée mais aux fils des industriels déjà en majorité »[23],[N 30],[N 31]. La dénomination « École des arts industriels et des mines »[A 3] s'impose à partir de 1860 à l'occasion d'un transfert de tutelle du ministère de l'instruction publique au ministère du commerce, son financement étant néanmoins pris en charge par les autorités régionales et par les frais de scolarité : les locaux et le mobilier appartiennent à la municipalité de Lille qui accorde une subvention de fonctionnement, le conseil général du Nord accorde des bourses à des élèves et contribue aux dépenses de fonctionnement et d'investissement.

À plusieurs reprises entre 1857 et 1872, les autorités régionales considèrent que le financement par l'État est insuffisant, voire « défaillant », ce qui affecte la qualité de l'enseignement aux élèves-ingénieurs, et le consignent dans leurs rapports et délibérations[Nord 1]. Le ministère de l'instruction publique réduit progressivement sa subvention, qui passe de dix mille francs en 1857 à zéro en 1861[G 7]. Quant à la subvention du ministère du commerce, elle n'est pas à la hauteur des besoins[N 32] et cesse en 1866[A 2]. Les autorités régionales, fortes de l'alliance entre les professeurs de la faculté des sciences et les industriels, assurent seules le complément budgétaire nécessaire au fonctionnement de l'école. En 1872, l'école devient un établissement sous la tutelle directe du conseil général du Nord, cofinancé par la ville de Lille. Cela se traduit par la nouvelle dénomination Institut industriel du Nord de la France pour la formation des ingénieurs dans les locaux de l'école.

Le statut de l'école[N 33] a donc varié selon la période historique[24], la dénomination École des arts industriels et des mines correspondant seulement à la période couvrant le Second Empire :

  • École professionnelle du Nord, de 1854 à 1856, sous la tutelle du ministère de l'instruction publique ;
  • École des arts industriels et des mines de Lille, de 1854 à 1861, sous la tutelle du ministère de l'instruction publique ;
  • École impériale des arts industriels et des mines de Lille, de 1862 à 1872, sous la tutelle du ministère du commerce et des travaux publics ;
  • Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France (IDN), de 1872 à 1875, sous la tutelle du conseil général du Nord ;
  • Institut industriel du Nord de la France (IDN), de 1875 à 1991, sous la tutelle du conseil général du Nord, puis du ministère de l'éducation nationale ;
  • École centrale de Lille, depuis 1991, sous la tutelle du ministère de l'éducation nationale.

Localisation et aménagements[modifier | modifier le code]

Article connexe : rue du Lombard (Lille).
Photo de l'école, rue du Lombard à Lille
École des arts industriels et des mines, 2 et 4 rue du Lombard à Lille
Table comparant les surfaces d'enseignement des bâtiments rue du Lombard et rue Jeanne d'Arc
Surfaces d'enseignement rue du Lombard (1854-1875) par rapport à celles du bâtiment rue Jeanne-d'Arc à partir de 1875

L'école est localisée de 1854 à 1875 dans le centre de Lille, 2 rue du Lombard, à côté de l'école primaire supérieure de Lille ouverte en 1838[N 34] et en face de l'hôtel particulier de l'industriel Scrive. À Lille, la rue du Lombard est située à deux cents mètres de la rue des Arts où se trouvait la première École centrale de Lille en 1796, où les chaires municipales de physique expérimentale et de mécaniques ont été installées en 1817 et où le lycée et la faculté des sciences ont été établis en 1852 et 1854 respectivement.

Ce bâtiment sur quatre niveaux d'une surface de 1 978 m² est doté d'un amphithéâtre, trente six pièces et salles de cours, une bibliothèque, une salle de restaurant et des ateliers. S'y trouvent des ateliers de machines, de mécanique, d'ajustage, menuiserie, filature et tissage. Une forge est utilisée pour les cours de métallurgie. Le laboratoire de chimie industrielle utilisé depuis 1824 pour les cours et la chaire de chimie appliquée aux arts industriels initiés par Frédéric Kuhlmann y est aussi un élément essentiel associé à une salle d'analyses chimiques, teinturerie et colorants.

Depuis 1856, le bâtiment héberge aussi des salles, dites du musée industriel[N 35], qui exposent des équipements technologiques donnés par des industriels régionaux ou financés par la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, tels que des machines à vapeur, équipements de l'industrie manufacturière, outils de photographie et appareillages de chimie. Ces machines sont utiles aux travaux pratiques des élèves et constituent un référentiel technologique dont Edmond Bernot est l'administrateur-conservateur. S'y trouve également une collection minéralogique et houillère initiée par Jules Gosselet.

Une réforme des études en 1872 a pour conséquence d'établir l'Institut industriel du Nord dans les locaux de l'école. En 1875, l'Institut industriel du Nord déménage du 2, rue du Lombard, pour s'installer au 17, rue Jeanne d'Arc, dans un immeuble neuf[N 36], triplant la surface affectée à l'enseignement et aux laboratoires.

Effectif étudiant[modifier | modifier le code]

« Le nouvel établissement n’a accueilli en 1857 que 12 élèves ; en 1861, le nombre total s’élève à 50[G 7],[N 37]. » Un annuaire du Nord[A 2],[N 38] indique, qu'« en 1865, l'école a admis 66 élèves, dont 56 pensionnaires, 3 demi-pensionnaires et 7 externes. L'École délivre à la fin des études des diplômes d'ingénieurs industriels.» Les élèves qui achèvent le cursus de deux ou trois ans sont diplômés ou reçoivent un simple certificat de capacité, en fonction de leurs résultats. À la veille de la guerre franco-prussienne de 1870, l'effectif est de 90 élèves ; il tombe soudainement à 26 élèves en 1871-1872[Nord 2].

Enseignement à l'école de 1854 à 1872[modifier | modifier le code]

Entre 1854 et 1860, plusieurs refontes de l'enseignement ont eu lieu, transformant l'enseignement professionnel en un enseignement supérieur industriel, jusqu'à la réforme des études en 1872.

1854-1856 : enseignement professionnel selon les plans du ministre Fortoul, dirigé par Victor Denniée[modifier | modifier le code]

Durant les deux premières années scolaires entre 1854 et 1856, sous la direction de l'ingénieur Victor Denniée, nommé par arrêté du 18 octobre 1854[N 39], le programme de l'école « était particulièrement destiné aux jeunes gens qui se proposaient d'embrasser les carrières industrielles, agricoles et commerciales[21] », conformément aux directives exprimées par le ministre Fortoul et acceptées par le maire Richebé en 1853. L'enseignement à l'école en 1854-1856[25] fut initialement considéré comme trop théorique[N 40] par rapport à une École des arts et métiers, et peu utile pour les élèves issus de l'école primaire supérieure[N 41], qui, à Lille, était gratuite et d'un niveau de technicité jugé suffisant[Nord 4]. Ni l'essor de l'école ni l'intérêt pour le certificat de capacité en sciences appliquées de la faculté, promu par Louis Pasteur, ne furent à la hauteur des attentes de la chambre de commerce de Lille[N 26]. Les subventions accordées étant insuffisantes, des problèmes budgétaires apparurent[N 23]. L'inspecteur général de l'Université Magnin auprès du ministre de l'instruction publique est envoyé à Lille en 1856 pour examiner la situation de l'école[BA 3], ceci[N 39] conduisit à un changement de direction en décembre 1856[N 26], à la demande du préfet du département du Nord[N 42] et après une dotation budgétaire exceptionnelle de l'État[Nord 3].

Le jury d'examen d'entrée à l'école est présidé par Louis Pasteur, jusqu'à son départ pour l'École normale supérieure en 1857[26].

1857-1872 : enseignement spécial industriel, dirigé par Edmond Bernot[modifier | modifier le code]

Par arrêté du ministre de l'instruction publique et des cultes publié début 1857, M. Edmond Bernot, inspecteur de l'enseignement public[27] pour l'arrondissement de Lille depuis 1850 et membre du conseil départemental d'instruction publique en 1855[A 4],[N 43], « est chargé de la direction de l'école professionnelle de Lille ». « Le premier janvier 1857, l'école devint établissement de l'État, subventionné par la ville de Lille[21] »[A 5]. Dès sa réouverture en 1857[N 44] et après diverses réorganisations successives par le directeur Bernot[N 45],[G 8] « les études sont analogues à celles (…) de l'École centrale ».

Une seconde refonte du programme d'enseignement eu lieu en 1860[BB 1], associée à un relèvement des critères d'admission à l'école[N 23], pour répondre à la demande de la chambre de commerce de Lille afin que les études puissent « se rapprocher davantage de l'École centrale des arts et manufactures[M 1] ». « À la suite d'un rapport de son directeur au préfet, d'une pétition signée de plus de deux cent industriels du département, de vœux favorables de tous les conseils d'arrondissement, le conseil général du Nord dans sa session de 1860 décida de modifier les programmes de façon à donner aux élèves après des études classiques ordinaires une instruction spécialement préparatoire aux industries exercées dans le Nord de la France[21]. »

Après les premiers tâtonnements dans le recrutement de 1854 à 1860, il fut décidé en 1860 que « son but est de donner des connaissances spéciales sur les principales industries du Nord aux jeunes gens ayant reçu l'instruction secondaire ou professionnelle[M 2]. » « Pour être admis à l'École, il fallait subir un examen sur les matières du baccalauréat ès sciences ou être pourvu du diplôme de ce baccalauréat[BC 2]. » En outre, l'examen d'équivalence du baccalauréat prévu par le décret impérial du 22 août 1854[N 46] permettait aussi d'admettre des élèves âgés de seize ans révolus, issus de l'école primaire supérieure de Lille, créée en 1836 et localisée dans un bâtiment adjacent à l'école. Il faut attendre la fin de la décennie 1870 pour que soit effective une « année » préparatoire, préalable à l'entrée en première année du cursus des élèves-ingénieurs[N 47],[Nord 5].

Une enquête[R 1] sur l'enseignement professionnel datée de 1863-1864 indique que « les études y sont analogues à celles des Écoles d'arts et métiers et de l'École centrale. Plus pratique que dans cette dernière, l'enseignement est plus théorique, plus spécialisé dans ses applications, et plus restreint quant à la durée des travaux manuels que dans les Écoles d'arts et métiers. (...) Toutes les fois que la nature des leçons le veut, les élèves sont conduits par les professeurs dans les établissements industriels. (...) Tous les soirs, de huit à neuf heures, les élèves suivent les cours publics de la faculté, où ils voient des expériences que l'École n'a ni le temps ni les moyens de préparer. »

L'École forme en deux ans les fils de familles d'industriels du textile, de la métallurgie[N 48], des équipementiers ferroviaires et de turbines à vapeur, ainsi que des distilleries sucrières de Lille. « L'École des arts industriels est ouverte aux jeunes gens qui, après avoir suivi les classes des lycées et des institutions, ont besoin d'acquérir l'instruction spécialement préparatoire à l'une des industries suivantes 1° construction des machines ; 2° filature et tissage ; 3° chimie industrielle et agricole ; 4° exploitation des mines[R 1] », qui sont les piliers de l'industrialisation du Nord de la France. Le programme de première année établit un socle de formation scientifique et technique, avec la chimie et la physique dans leurs applications industrielles, l'algèbre et la géométrie descriptive, le dessin et la mécanique ; en deuxième année, les élèves-ingénieurs sont aussi formés à la comptabilité commerciale, à l'administration des entreprises et à l'économie industrielle[28]. Certains élèves suivent une troisième année optionnelle de spécialisation : en 1863, « les études complémentaires de troisième année comprennent l'exploitation des mines, la métallurgie, la stéréotomie, et une suite à la construction et à l'installation de machines[R 2]. »

« Il y a un professeur par spécialité, trois professeurs auxiliaires, un préparateur et un chef d'atelier[R 3]. » « L'enseignement scientifique et les manipulations ont lieu sous la direction et avec le concours des professeurs de la faculté des sciences, un architecte enseigne l'art de bâtir, des conférences ont lieu au musée industriel par les soins du professeur de chimie. Des praticiens sont chargés des travaux d'atelier[A 5],[A 2]. » Outre les connaissances en génie civil et exploitation des mines, mécanique et construction de machines[29], filature et tissage, fabrication et procédés de la chimie industrielle et agricole[30], mathématiques, langues, comptabilité et hygiène industrielle, « un des points essentiels de la formation de ces ingénieurs civils de Lille porte sur la connaissance des machines à vapeur[N 49]. Il est délivré un enseignement pratique dans l'école, et la faculté leur délivre un enseignement « d'ordre plus élevé mais non moins pratique » en mécanique appliquée particulièrement. Tous les détenteurs de la chaire de mécanique de la faculté des sciences enseigneront en titre dans cette école[31],[15]. »

1872 : réforme des études d'Adolphe Matrot[modifier | modifier le code]

Adolphe Matrot[32], ingénieur du corps des mines, professeur de mécanique et d'exploitation des mines à l'école[A 6] de 1864 à 1872, est l'auteur de la réforme des études de 1872 qui conduit à l'établissement de l'Institut industriel du Nord (IDN) dont il devient directeur des études de 1872 à 1878, sous la direction générale d'Henri Masquelez. L'école poursuit alors son essor sous la Troisième République[A 7].

Personnalités liées à l'école[modifier | modifier le code]

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Catégorie comprenant des anciens élèves de l'École des arts industriels et des mines : Élève de l'École centrale de Lille.

Les anciens élèves des promotions entre 1860 et 1872 sont identifiés dans les annuaires du XIXe siècle de l'association des ingénieurs de l'École centrale de Lille, disponibles pour recherches à la Bibliothèque nationale de France, cote 4-J0-13860 (notice BnF no FRBNF326959874). Dans ses statuts publiés le 13 novembre 1877 et reproduits dans son annuaire publié en 1892, l'« Association amicale des anciens élèves de l'Institut du Nord » indique dans son article 4 : « Sont admis à faire partie de la Société 1°) les anciens élèves de l'Institut ou de l'ancienne École des arts industriels et des mines, en ayant suivi entièrement les cours 2°) ceux qui n'ayant pas achevé leurs études, ont par un travail complémentaire acquis dans le monde une position honorable ». Les annuaires du XIXe siècle des membres de l'association apportent un témoignage sur les carrières des ingénieurs, tels que Jules Sirot (1860), député et conseiller général du Nord[33], maître de forges à Saint-Amand-les-Eaux[34] ; Désiré Mallet (1862), directeur[35] de la société de forage et d'exploitation du canal de l'Espierres, professeur à l'Institut industriel du Nord ; Étienne Batteur (1862), directeur particulier de la compagnie d'assurances « La Providence »[36] et fondateur en 1885 d'une maison de secours donnant gratuitement soins médicaux et pharmaceutiques aux ouvriers de Lille[37] ; Alfred Goblet (1864), directeur d'industrie chimique, architecte de la plus haute cheminée de France (105 m)[38] à l'usine Holden de Croix en 1887, premier président de l'association des anciens élèves[39] ; Léon Francq (1867), inventeur d'une machine à vapeur sans foyer[40], entrepreneur et créateur des tramways de Paris, de la ligne de chemin de fer électrique Paris-Saint-Germain, du réseau de tramway Électrique Lille-Roubaix-Tourcoing[41], administrateur de la société des voies ferrées des Alpes françaises, Prix de mécanique Montyon de l'Académie des sciences en 1883 ; Gustave Flourens (1867), chimiste, spécialiste des glucose et saccharose ; cofondateur de l'association des anciens élèves ; Alfred Meunier (1871), directeur du réseau téléphonique de la Société générale des téléphones (ancêtre de CIT-Alcatel)[21], qui détient une concession du téléphone parisien et des grandes villes de France, jusqu'à la nationalisation du réseau en 1889[42].

Professeurs[modifier | modifier le code]

Le corps professoral comprend des membres de la faculté des sciences, tels que Gabriel Alcippe Mahistre puis Alexandre Paul Emile Guiraudet et Émile Gripon pour la mécanique, Claude-Auguste Lamy, Charles Viollette et Jean Pierre Louis Girardin pour la chimie, des ingénieurs des arts et manufactures tels que Gilbert Lacombe[N 50] pour les travaux pratiques de chimie analytique et de physique générale, et Treiffous pour la filature et le tissage, des polytechniciens ingénieurs des mines[43] tels que Jean Le Verrier puis Adolphe Matrot pour l'exploitation des mines et la physique ainsi qu'Emile Alexandre Evariste Ernotte pour la métallurgie, des anciens élèves des Arts et métiers de Châlons, tels que Émile Boire[N 51] pour la construction de machines, et Albert Cahen, ingénieur conseil en propriété industrielle[44], et d'autres praticiens tels que l'ingénieur Paul Havrez et l'adjoint au maire et docteur en pharmacie Victor Meurein pour la chimie industrielle et agricole[A 2],[N 52].

Administrateurs[modifier | modifier le code]

Parmi les notables présents au conseil de surveillance de l'École en 1866[A 2], outre le secrétaire général de la préfecture représentant l'État et un conseiller général du département du Nord, figurent Frédéric Kuhlmann, chimiste et ancien président de la chambre de commerce de Lille, les industriels Auguste-César Wallaert-Descamps[N 53], André Catel-Béghin, Édouard Scrive-Labbe, Dequoy, ainsi que Jean Pierre Louis Girardin puis Alexandre Guiraudet, doyens de la faculté des sciences de Lille et successeurs de Louis Pasteur[N 52].

Tableau chronologique[modifier | modifier le code]

Institut industriel du Nord Institut industriel du Nord École impériale des arts industriels et des mines de Lille École impériale des arts industriels et des mines de Lille

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'Université d'Ancien Régime incarnée dans le Nord de la France par l'Université de Douai ne valorisait pas l'enseignement des sciences et des technologies, comparé au droit et aux humanités, malgré la création en son sein d'une chaire royale de mathématiques et d'hydrographie en 1704 sous l'influence des jésuites. Dans le Nord de la France, les seules formations scientifiques et techniques supérieures concernaient la formation des officiers des armes savantes (marine et construction navale, artillerie, génie, nécessitant connaissances en trigonométrie, optique, chimie des alliages) et étaient incarnées par l'École royale de l'artillerie de Douai à partir de 1679, celle de La Fère à partir de 1720, à Bapaume à partir de 1765, et l'École royale du génie de Mézières à partir de 1748, dont les examens d'entrée, accessibles aux candidats justifiant de quartiers de noblesse, requéraient des connaissances mathématiques (parmi les examinateurs du corps de l'artillerie notons les mathématiciens Charles Étienne Louis Camus, Étienne Bézout, Sylvestre-François Lacroix, Pierre-Simon de Laplace, Siméon Denis Poisson, l'un de ceux du corps du génie fut le mathématicien Gaspard Monge). Après la Révolution française, l'accès à l'éducation supérieure n'était plus réservé à la noblesse et la science aux applications militaires et étatiques ; la révolution industrielle nécessitait l'établissement de filières civiles de sciences appliquées, mais plus formalisées que les activités de sociétés savantes et les cours municipaux qui pré-existaient dans la région lilloise autour de professeurs, d'associations patronales et de personnalités industrielles telles que Frédéric Kuhlmann, Charles Delezenne et Claude-Auguste Lamy. Parmi les sociétés savantes de Lille, notons la « Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille» à partir de 1802, puis la « Société impériale des Sciences de Lille » en 1860, enfin la « Société industrielle du Nord de la France » à partir de 1873. Il existe plusieurs traces dès 1802 des requêtes ré-itérées des élites lilloises auprès du gouvernement pour la transformation du collège municipal en un lycée et la création d'une école professionnelle supérieure du Nord pour bacheliers. Le lycée impérial de Lille, incluant une classe de mathématiques spéciales, sera inauguré en 1852 et l'« École des arts industriels et des mines » en 1854.

    « La même année (1854) que la faculté des sciences, est créée l'École professionnelle, nommée ensuite École industrielle, puis École impériale des arts Industriels, puis Institut industriel, agronomique et commercial du Nord, connue plus tard sous le sigle d'IDN et actuellement d'École centrale de Lille. La ville, aidée par le gouvernement, appuyée par les villes du Nord et par les départements voisins, a créé cette école pour former des contremaîtres qui auront bientôt le titre d'ingénieurs industriels. »

    — Histoire de la faculté des sciences de Lille sur asa3.univ-lille1.fr.

  2. Arrêté préfectoral du 23 floréal an XI (13 mai 1803) stipulant que les professeurs sont payés par la municipalité de Lille. Les chaires municipales de Lille assurent des cours publics aux auditeurs lillois dès 1817 et contribuent à éveiller la curiosité et promouvoir l'apprentissage des nouveaux procédés dans le domaine de l'industrie, selon un objectif repris par Charles Dupin en 1819 à Paris lors de la création de la chaire d'enseignement de mécanique appliquée aux arts au conservatoire national des arts et métiers (l'ordonnance du 25 novembre 1819 définit trois cours publics et gratuits au conservatoire des arts et métiers : 1° de mécanique, 2° de chimie dans leurs applications aux arts industriels, 3° d'économie industrielle). Louis Trénard, Histoire de Lille : L'ère des révolutions (1715-1851), vol. 3, Giard, coll. « Publications de la faculté des lettres et sciences humaines de Lille »,‎ 1970, p. 348
  3. Archives municipales de Lille 1D2-14 et 1D2-15 citées par Grelon et Grosseti 1996, p. 42
  4. « Le cours de physique fut ouvert en octobre 1817. Il comptait deux cent auditeurs. » Victor Derode, Histoire de Lille et de la Flandre wallonne, t. III, Lille, Vanackere,‎ 1877 (notice BnF no FRBNF30326861), p. 28
  5. « En 1829, on créa des cours de dessin linéaire, de géométrie et de mécanique appliquée aux arts, et on parla déjà d'une École d'arts et métiers, semblable à celle de Châlons. » E. Cantineau, L'Institut industriel du Nord de la France, visite faite le 8 mars 1899 : Société de géographie de Lille, Extrait du Bulletin du mois d'août 1899, vol. Société de géographie de Lille, Lille,‎ 1899, 10 p. (notice BnF no FRBNF30192952)
  6. Archives municipales de Lille 1D2-16 citées par Grelon et Grosseti 1996, p. 42
  7. La chimie était déjà enseignée à Lille depuis le siècle précédent, dans le cadre de l'école de chirurgie et de l'école de pharmacie à l'hôpital militaire, rue de l'Hôpital-Militaire. Ainsi, en 1799, c'est André Laugier qui y professe la chimie. Antérieurement, les noms de chimistes, botanistes ou pharmaciens sont identifiés comme professeurs : Pierre Cointrel jusqu'en 1770, suivi par Jean-Baptiste Lestiboudois, Nicolas-Joseph Saladin, Pierre-Joseph Boucher, Louis Lambert, Louis-Joseph Decroix et Liborio Valentino
  8. « Dans son cours, Kuhlmann fait bénéficier ses élèves de ses travaux de recherche, travaux qu'il applique à sa propre industrie. Ainsi en 1842, il professe une méthode originale de fabrication de l'acide nitrique par oxydation de l'ammoniac, en faisant passer un courant d'air chargé d'ammoniac sur de la mousse de platine à haute température » dans Fred Aftalion, Histoire de la chimie, Paris, Masson,‎ 1988 (ISBN 2225814201 et 9782225814204), p. 41-42 et 90 cité dans Grelon et Grosseti 1996, p. 47
  9. a et b Un panorama historique des figures de l'industrialisation en France et à Lille est inclus dans le compte rendu de la Chambre de commerce de Lille. Réception de Leurs Majestés Impériales. Visite de S. M. l'empereur Napoléon III à la Bourse. Pose de la première pierre du monument à Napoléon Ier, par M. le sénateur Dumas, délégué de Sa Majesté l'empereur. 1853, Lille, Impr. de L. Danel,‎ 23 septembre 1853 (lire en ligne). Y est fait référence au décret de Bois-le-Duc du 12 mai 1810 « qui accorde un prix d'un million de francs à l'inventeur de la meilleure machine propre à filer le lin » (Philippe de Girard), encourageant la création d'usines de filature mécanique du lin, et les décrets des 25 mars 1811 et 15 janvier 1812, promouvant la fabrication de sucre de betterave (Louis-François-Xavier Crespel-Delisse).

    « En encouragent par des récompenses nationales la création en France de la filature mécanique du lin et de la fabrication du sucre de betterave, comme il l'avait fait pour la filature de coton et le tissage, Napoléon avait pressenti toute l'influence que les industries nouvelles pouvaient exercer (...) Napoléon Ier pouvait-il espérer qu'en moins d'un demi-siècle, la filature mécanique de lin compterait 60 établissements dans la seule ville de Lille ; qu'un seul département, faisant mouvoir 250 000 broches, occuperait à ce travail 12 000 ouvriers ? (...) Nos chemins de fer, nos canaux, nos ports, tous ces auxiliaires de l'activité humaine ont attiré simultanément votre attention. (...) Il n'est pas d'homme aux idées plus abstraites qu'Ampère, et certes on ne saurait, au premier aperçu, à quel titre il prendrait place dans ce Panthéon de l'industrie, et cependant ses travaux ont donné ouverture à la télégraphie électrique (et aux) applications industrielles de l'électricité. (...) Déjà ne voyez-vous pas la chaîne du métier à la Jacquard s'animer sous le courant électrique, sans le secours des cartons dus à l'invention de l'immortel artisan ? Demain, oui demain, ce ne sera plus la pensée seulement qui se transmettra instantanément à des distances infinies, c'est Liszt qui, de son cabinet, fera entendre les prodiges de ses notes sonores sur le théâtre de Londres ou de Saint-Pétersbourg. (...) glorification vivante des génies qui ont concouru à l'édification de notre prospérité agricole et manufacturière (...) Il y verra Leblanc affranchir le pays d'un lourd tribut payé à l'étranger (...) »

    — Frédéric Kuhlmann, 23 septembre 1853

    Parmi une quinzaine de savants et inventeurs français cités par Frédéric Kuhlmann, est mis en exergue Philippe de Girard, inventeur de la machine à filer le lin, réintroduite à Lille par Antoine Scrive-Labbe, Jacquard pour le tissage, Oberkampf, François Richard-Lenoir et Liévin Bauwens pour l'industrie du coton, et en chimie Berthollet, Leblanc, Achard, Vauquelin, Brongniart, Conté, Chaptal, Gay-Lussac, et aussi Arago, Ampère et Monge. Est annexée une liste de patrons lillois et leurs domaines d'activités industrielles en 1853, particulièrement dans les domaines de la construction de machines et mécanique, du tissage et filature mécanique du lin et du coton, la teinturerie, apprêts, rouissage, la fabrication de produits chimiques, noir animal et colorants, soude artificielle, savonnerie, l'agroalimentaire avec la raffinerie du sucre et la fabrication de chicorée. Le débat sur le protectionnisme et le libre échange est déjà en gestation dans les discours de 1853, prélude au Traité Cobden-Chevalier de libre échange franco-anglais applicable de 1860 à 1892 et qui accroît la concurrence, nécessitant des ingénieurs pour mettre en œuvre les meilleures pratiques industrielles.
  10. L'essor des formations aux sciences et techniques à applications non militaires s'incarne depuis la fin du XVIIIe siècle par la fondation en France de l'École nationale supérieure des mines de Paris (1783) et de l'École polytechnique (1794), laissant à part l'École nationale des ponts et chaussées qui assure depuis 1747 la formation du principal corps d'ingénieurs de l'État en France mais n'admet des élèves-ingénieurs civils (i.e. non fonctionnaires) que depuis 1851 (l'École nationale supérieure des mines de Paris admet a contrario quelques élèves externes depuis 1816). Suivent l'École polytechnique de Prague (1806), le Polytechnisches Institut à Vienne (1815), la Technische Hochschule Berlin en Prusse (1821), l'École polytechnique de Karlsruhe (Bade-Wurtemberg, 1825), la Technische Bildungsanstalt zu Dresden en Saxe (1828), l'École centrale des arts et manufactures de Paris (1829), l'École technique impériale de Moscou (1830), Gottfried Wilhelm Leibniz Universität Hannover en Saxe prussienne (1831), l'École des mines du Hainaut en Belgique (1836), l'École des arts et manufactures et des mines de Liège (1837), l'Escuela Central del llamado Real Instituto Industrial de Madrid (1845), l'École spéciale de Lausanne (1853). L'École polytechnique fédérale de Zurich et l'École supérieure des sciences appliquées de Mulhouse sont créés la même année que l'École des arts industriels et des mines de Lille (1854), suivis de l'École centrale lyonnaise pour l'Industrie et le Commerce (1857) et l'École polytechnique de Turin (1859).
  11. C'est en 1829 que fut fondée en France l'École centrale des arts et manufactures de Paris, la première école d'ingénieurs dont la vocation est l'industrie, par opposition aux ingénieurs fonctionnaires assurant les missions de service public et formant une technocratie d'État (Mines, Ponts et chaussées, Eaux et forêts, Génie militaire, Arsenaux).

    « On se plaît à faire dater les premières écoles d'ingénieurs du milieu du XVIIIe siècle, au moment de la création d'écoles d'ingénieurs d'État. Mais cette manière de voir laisse sous silence les capacités de construction de bateaux, qui représentaient une première forme très aboutie de l'art de l'ingénieur. Elle masque par ailleurs le fait que les premiers ingénieurs pour l'industrie ont été formés seulement à partir des années 1850. (...) La création de l'École centrale se fait par réaction vis-à-vis de la dérive de l'École polytechnique, avec l'ambition de former de vrais ingénieurs. L'École centrale ne se développera qu'à partir des années 1850, à l'initiative de Lavallée, du chimiste Jean-Baptiste Dumas, du physicien Eugène Péclet et du mathématicien Théodore Olivier »

    — Comité d'études sur les formations d'ingénieurs, « CEFI - Histoire des formations d'ingénieurs »

  12. Les fondateurs de l'École des mines du Hainaut (Faculté polytechnique de Mons (Histoire de la faculté polytechnique de Mons, Belgique sur http://www.fpms.ac.be/.) sont Jean-Baptiste Thorn, Alphonse Devillez (diplômé de l'École centrale de Paris en 1835) et Théophile Guibal (diplômé de l'École centrale de Paris en 1836). Le succès de la transposition du modèle Centralien à Mons depuis 1836 servit de référence aux édiles lillois en 1854 et lors de la réforme en 1872 de l’École des arts industriels et des mines créée en 1854 et transformée en un Institut industriel du Nord devenu aujourd'hui l’École centrale de Lille. Notons que 117 ingénieurs ont été diplômés à l'école des mines de Mons entre 1836 et 1860 - Source : Statuts de la Société des Anciens Élèves de l'École Spéciale de Commerce, d'Industrie et des Mines de Hainaut, Association des ingénieurs de l'École des mines de Mons, Imprimerie de Masquillier et Lamir,‎ 1860 (lire en ligne)
  13. Outre l'école des mines du Hainaut à Mons en 1836, la loi du 27 septembre 1835 et les décrets des 26 et 27 septembre 1836 sur l'enseignement supérieur permettent la création d'écoles spéciales annexées à l'université de Liège (école spéciale des mines et des arts et manufactures de Liège, qui a formé 1354 ingénieurs de 1838 à 1883 pour le service de l'État et de l'industrie) et à l'université de Gand (école spéciale du génie civil) en 1838, comprenant une école préparatoire de deux ans et une école spéciale de trois ans.
  14. Les élèves lillois pouvaient postuler à des écoles distantes, telles que l'École centrale des arts et manufactures à Paris et l'École des arts et métiers de Châlons pour lesquelles des bourses du conseil général du Nord suppléaient aux coûts de l'éloignement.
  15. Archives municipales de Lille AML 1D2 26 séance du 13 décembre 1837 citée par Grelon et Grosseti 1996, p. 50
  16. Archives municipales de Lille AML 1D2 27 séance du 11 décembre 1838 citée par Grelon et Grosseti 1996, p. 50
  17. Archives départementales du Nord AdN 1T1156/1 citée par Grelon et Grosseti 1996, p. 50
  18. À la suite de la décision du ministre Fortoul, trois écoles professionnelles ouvrent en 1854 : l'école professionnelle de l'Est à Mulhouse, l'école professionnelle du Midi à Toulon et l'école professionnelle du Nord à Lille, dont Victor Denniée est nommé directeur.
  19. César Fichet ouvre une école professionnelle privée à Paris en 1839 - dite école professionnelle d'architecture, arts et métiers, théorique et pratique - il promeut le travail manuel à l'école primaire, suivie d'un enseignement professionnel supérieur pour adultes à partir de quinze ans. Il est appelé en 1848 au Prytanée de Ménars, qu'il transforme en école industrielle, qu'il renomme école professionnelle du Centre. Il rencontre le ministre Fortoul en juillet 1853, qui le missionne pour créer des écoles professionnelles.
  20. a et b Pierre Pierrard, Lille et les Lillois, essai d'histoire collective contemporaine (de 1815 à nos jours), 1967, Bloud et Gay (lire en ligne), p. 25-153 :

    « Le 1er octobre 1854 s'ouvrit 2 rue du Lombard l'École professionnelle du Nord (École des arts industriels) pour la formation des chefs d'industrie. »

  21. « That November, César Fichet appeared before a commission of the municipal council of Lille to explain his plans, and in January 1854, the mayor of Lille, Auguste Richebé, managed (...) the second problem concerned the level of training offered by the École professionnelle. Fichet told the municipal council of Lille in 1853 that it would turn out 'young industrial chiefs'. Richebé told the same body be a 'nursery of trained foremen'. (...) In 1879, a manufacturer of Lille complained that 'instead of remaining foremen, most of these youg men rapidly became overseers, managers and employers' and the same accusation was levelled against the Institut industriel »

    — Robert Gildea, Education in provincial France, 1800-1914: a study of three departments, Clarendon Press,‎ 1983

  22. a et b C'est à l'occasion de l'installation de la faculté des sciences de Lille que Louis Pasteur prononce un discours où il indique

    « Dans les champs de l'observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés. »

    — Louis Pasteur, 7 décembre 1854

    Louis Pasteur, Jean-Jacques Guillemin, Auguste Filon et Valentin Cazeneuve, Installation solennelle de la faculté des lettres de Douai et de la faculté des sciences de Lille. Rentrée de l'École préparatoire de médecine et de pharmacie de Lille : Discours de J.-J. Guillemin, L. Pasteur, A. Filon, Dr V. Cazeneuve, Douai, impr. de A. d'Aubers, coll. « Université impériale. Académie de Douai »,‎ 7 décembre 1854 (notice BnF no FRBNF31065519, lire en ligne), p. 130
  23. a, b, c et d Adolphe Matrot est professeur à l'école impériale des arts industriels et des mines, puis directeur des études lors de sa transformation en l'Institut industriel du Nord (IDN).

    « L'origine de l'IDN remonte en fait à 1854. Depuis cette date, existait à Lille une École d'enseignement technique dite des « Arts industriels et des mines » que l'on appelait parfois aussi « école professionnelle du Nord ». Au début, cette École préparait aux carrières non seulement industrielles mais aussi agricoles et commerciales. Malheureusement les subventions accordées par la ville et le département n'étaient pas suffisantes pour dispenser un enseignement de haute tenue. La rapide diminution du nombre des élèves fut telle qu'il fallut supprimer des cours essentiels. C'est pourquoi, le 15 juin 1860, dans un rapport adressé au préfet, le directeur de l'école proposa de préparer spécialement les élèves aux industries régionales en modifiant profondément les programmes. Ce rapport était accompagné d'une pétition signée par 200 industriels. À la suite de cette démarche, l'école devint « École impériale des arts industriels et des mines », en 1864. »

    — Annales des mines, Biographie de Adolphe Matrot sur www.annales.org.

  24. Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille (1802) et Collège des Philalèthes (1785)
  25. « § II Des facultés et des écoles d'enseignement supérieur. Art. 2. Les facultés instituées par la présente organisation académique ont leur siège dans les villes ci-après : (…) La faculté des lettres de l'académie de Douai, à Douai ; la faculté des sciences de la même académie, à Lille ; (...) Art. 5. Dans les facultés des sciences et dans les écoles préparatoires à l'enseignement supérieur des sciences, les professeurs pourront être autorisés, par décision du ministre, à ouvrir des cours pour des applications spéciales. Dans ce cas, les facultés et les écoles préparatoires pourront, après examen, délivrer des certificats de capacité pour les sciences appliquées. Lorsque l'examen sera subi devant une École préparatoire, le jury sera présidé par un professeur de la faculté des sciences. »

    — Décret du 22 août 1854 sur l'organisation des Académies

  26. a, b et c Dans le Recueil de dépositions faites en 1863 et 1864 devant la Commission de l'enseignement professionnel (pages 763-764), la chambre de commerce de Lille évoque les difficultés des années 1854 et 1855 :

    « Une deuxième condition du succès serait de donner une sanction aux études, au moyen d'un diplôme assurant aux élèves, à leur sortie de l'École, l'entrée de certaines carrières publiques. Cette sanction a manqué aux écoles de sciences appliquées créées en 1854 et 1855, aussi ces institutions n'ont-elles pas donné les résultats qu'on en attendait. Le certificat de capacité de l'enseignement des sciences appliquées n'a été que très rarement demandé, par la raison qu'il exigeait un sacrifice d'argent et qu'il n'est nécessaire par aucune carrière. »

    Ceci conduit au changement de directeur de l'École en 1857 et à la délivrance du diplôme d'ingénieur industriel en 1862.
  27. Victor Delerue, Lille. Ses hommes célèbres, ses monuments remarquables, ses institutions utiles, Lille, L. Danel,‎ 1866 (lire en ligne) :

    « École impériale des arts industriels et des mines : (...) En 1853, l'Empereur visitant nos contrées promit à Lille une école professionnelle et, en effet, cette école fut ouverte en 1854. (...) Ce ne fut qu'en 1860, sous une direction plus habile, qu'elle révéla les ressources que l'industrie et le commerce pouvaient en tirer, aussi obtint-elle en 1862 le beau titre qu'elle porte aujourd'hui et qu'elle justifie si bien. Les élèves qui sortent de cette école sont particulièrement aptes à faire de bons ingénieurs civils, de bons chefs d'atelier, des mécaniciens, des constructeurs, etc. »

  28. « Pour être admis à l'École, il fallait subir un examen sur les matières du baccalauréat es sciences ou être pourvu du diplôme de ce baccalauréat (...) Malheureusement les subventions étaient insuffisantes (...) et ce ne fut que grâce à sa bonne direction que l'École impériale des mines et des arts industriels put se maintenir jusqu'en 1870 en atteignant pour un temps trop court un maximum de 90 élèves. Les événements de 1870-71 vinrent accélérer la décadence (...) le conseil général du département du Nord et la municipalité de la ville de Lille se concertèrent pour réorganiser un établissement absolument indispensable. Afin de ne laisser aucune interruption entre le fonctionnement de l'ancienne École et celui du nouvel institut, (...) l'institut fut donc provisoirement installé dans les anciens locaux de l'École des arts industriels et inauguré le 1er octobre 1872. »

    — Bourdon 1894, p. 21-23

  29. a et b Selon la terminologie ministérielle reprise dans les archives départementales du Nord, l'école est catégorisée « école professionnelle » (voir AdN série 2T 2735) puis « école spéciale » (voir AdN série 2T 2736).
  30. 1854-1860 : pendant les premières années de son existence, il est aussi fait référence à l'École des Arts industriels et des Mines de Lille sous la dénomination « École supérieure industrielle de Lille » ou « École professionnelle » (L'école d'ingénieurs de Lille sur http://asa3.univ-lille1.fr/spip/ASA_histoire/index_histoire_2.htm.). Le terme « École professionnelle de Lille - Directeur M.Bernot » (M.Bernot est directeur depuis 1857) est encore apparent en 1863 dans l'Annuaire de l'instruction publique (Imprimerie et Librairie classiques de Jules Delalain, 1863), témoignant des tergiversations entre la formation de contre-maîtres souhaitée par certains industriels et la formation des « directeurs d'industrie » souhaitée par d'autres industriels du Nord (« directeurs d'industrie », i.e. selon les termes utilisés par Jules Simon, l'École des Arts industriels et des mines étant citée dans les annales du Sénat et du corps législatif, séance du 30 mai 1865 page 76.). En fait, le recueil de dépositions faites en 1863 et 1864 devant la Commission de l'enseignement professionnel clarifie que la désignation « École des Arts industriels et des Mines » s'officialise de manière définitive en 1860 lorsque l'école change d'autorité de tutelle : dixit « fondée par M. le ministre de l'instruction publique, cédée à M. le ministre du commerce en 1861 ». En 1860, le directeur M. Bernot tranche et « adresse notre enseignement, non aux contre-maîtres qui l'avait dédaignée mais aux fils des industriels déjà en majorité » (cf. page 213, op. cit.), l'école s'éloigne des arts et métiers et se rapproche davantage du programme de l'École centrale.
  31. Le 30 mai 1865, Jules Simon indique au Sénat :

    « Il y a des écoles générales et des écoles spéciales, et je parle d'abord des écoles générales tout en vous avertissant que ces deux classes d'écoles rentrent quelques fois l'une dans l'autre. Je cite à la place d'honneur l'école Turgot, dont je vous ai déjà parlé, et dont M. Pompée a été le fondateur, une école récemment créée dans la rue Trudaine à Paris par la très honorable initiative de la chambre de commerce qu'on en saurait trop louer, l'école de la Martinière à Lyon, qui est admirée tous ceux qui l'ont visitée, l'École des arts industriels et des mines de Lille, l'école industrielle de Mulhouse, l'école professionnelle de Nantes, l'École centrale de Lyon, (...) Maintenant, messieurs, il est des établissements d'une importance beaucoup plus considérable et d'une utilité aussi plus élevée. Rappelons d'abord le Conservatoire des arts et métiers, qui est hors de pair et qu'on a nommé avec raison la Sorbonne de l'ouvrier. Citons aussi les classes d'adultes fondées par l'association polytechnique et l'association philotechnique (...) Quant aux écoles spéciales, il y a d'abord celles que tout le monde connaît, les Écoles d'arts et métiers de Châlons, Aix et Angers, l'école de tissage de Mulhouse (...) Jusqu'ici, je vous ai parlé des ouvriers et des contremaîtres pour lesquels la loi ne fait rien : il me reste à vous parler des directeurs d'industrie, auxquels elle réserve toutes ses faveurs (...) École polytechnique (...) nous avons depuis plusieurs années, à côté d'elle, une école (...) dont l'existence et les progrès sont précisément une preuve de la nécessité de l'enseignement pratique, c'est l'École centrale à laquelle se rattache glorieusement le nom de M. Dumas. Vous savez, en outre, que des élèves libres sont admis à suivre, concurremment avec les élèves sortant de l'école polytechnique, les cours de l'École impériale des ponts et chaussées, et ceux de l'École des mines. Nous avons encore notre école des beaux-arts. Je citerai aussi l'école supérieure du commerce. »

    — Jules Simon, Annales du Sénat et du Corps législatif : Séance du 30 mai 1865, vol. 5-6, Administration du Moniteur universel,‎ 1865 (lire en ligne), p. 76

  32. Archives municipales de Lille 1D2-46 du 4 juin 1861 et archives départementales du Nord AdN 1T159 citées par Grelon et Grosseti 1996, p. 52
  33. Dans ses statuts publiés le 13 novembre 1877 et reproduits dans son annuaire publié en 1892, l'« Association amicale des anciens élèves de l'Institut du Nord » indique dans son article 4 :

    « Sont admis à faire partie de la Société 1°) les anciens élèves de l'Institut ou de l'ancienne École des arts industriels et des mines, en ayant suivi entièrement les cours 2°) ceux qui n'ayant pas achevé leurs études, ont par un travail complémentaire acquis dans le monde une position honorable. »

    L'association a 82 membres lors de la création en 1877, elle a 346 membres en 1889 et 651 membres en 1899. Dans l'annuaire de l'« Association des ingénieurs de l'Institut Industriel du Nord de la France » publié en 1900, les statuts sont modifiés sous la forme de l'article 3 :

    « Pour être membre titulaire, il faut (...) avoir obtenu le diplôme d'ingénieur civil conféré par l'Institut industriel du Nord (...) Par dérogation (...) pourront également devenir membres titulaires tous les anciens élèves de l'Institut et de l'École des arts industriels et des mines de Lille, y ayant achevé leurs études. »

    L'association est reconnue d'utilité publique par décret du 7 juillet 1913. Entre 1854 et la fin du XXe siècle, près de dix mille ingénieurs ont été diplômés par l'école ; l'évolution des statuts de l'« Association des ingénieurs de l'École centrale de Lille - IDN » conduit à l'article 3 :

    « Est membre titulaire toute personne ayant obtenu le diplôme d'Ingénieur IDN ou d'Ingénieur de l'École centrale de Lille (...) Par dérogation, peuvent devenir membres titulaires les anciens élèves de l'École. »

  34. Le recueil de dépositions faites en 1863 et 1864 devant la Commission de l'enseignement professionnel présente l'École des arts industriels et des mines de Lille fondée en 1854. Le recueil indique par ailleurs que, dans les mêmes locaux, l'école primaire supérieure est fondée le 1er février 1838 par la ville de Lille (son ouverture étant préparée dès 1836 et 1837) et qu'en 1862, elle compte 180 élèves, tandis que les cours du soir des chauffeurs mécaniciens ont 15 à 20 auditeurs. Morin 1865, p. 723
  35. J. Dubois, « Histoire du Musée industriel, agricole et commercial de Lille », Revue du Nord, INIST-CNRS, Cote INIST : 4511, vol. 72, no 285,‎ 1990, p. 207-222 (ISSN 0035-2624)
  36. Reste rue du Lombard le musée industriel créé en 1853 par la Société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille et comprenant des collections et une bibliothèque. Les locaux rue du Lombard sont réaménagés entre 1885 et 1888 : toute la surface est utilisée par ce qui devient en 1893 le musée industriel, agricole, commercial et colonial de Lille. Les collections du musée industriel ont été déplacées au muséum d'histoire naturelle de Lille en 1990. Cf. J. Dubois, « Histoire du Musée industriel, agricole et commercial de Lille », Revue du Nord, INIST-CNRS, Cote INIST : 4511, vol. 72, no 285,‎ 1990, p. 207-222 (ISSN 0035-2624)
  37. L'effectif de l'École des arts industriels et des mines de Lille est notamment plus élevé que celui de l'École des mines de Paris à la même époque :

    « Il y avait donc à l'École des Mines : l'élève-ingénieur (deux ou trois par an), futur ingénieur de l'État, l'élève externe, futur élève breveté (vingt ou vingt-cinq par an), l'élève libre, et enfin l'élève étranger. (...) Avec qui les ingénieurs sortant de l'École des Mines étaient-ils en contact et en concurrence ? Avec des ingénieurs des Mines et des Ponts et Chaussées, avec des ingénieurs sortant de l'École centrale, ayant entre eux cohésion et union, avec des ingénieurs sortant en France de l'École de Saint-Étienne, des Écoles de Châlons et d'Angers, à l'étranger, des Écoles de Freiberg, de Mons, de Liège, etc. »

    — Annales des mines, « La fondation de l'Association amicale des anciens élèves de l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris, novembre-décembre 1863 et janvier 1864. », sur www.annales.org

    Adolphe Matrot (X 1860, Corps des Mines 1862) est membre fondateur de l'Association parisienne en 1864 avant d'aller enseigner à l'École des arts industriels et des mines de Lille et à l'Institut industriel du Nord.
  38. Notons que l'École des arts industriels et des mines délivre un diplôme d'ingénieur industriel, alors qu'après la réforme de l'enseignement en 1872, l'Institut industriel du Nord délivrera un diplôme d'ingénieur civil. Les élèves identifiés entre 1862 et 1871 ont à peine vingt ans à la sortie de l'école. Voir aussi Anciens élèves connus
  39. a et b

    « Yet in 1853-4, Fortoul founded three écoles professionnelles. This was the result of his meeting with César Fichet, director of a private industrial school at Menars, near Blois. Fichet had published a pamphet on enseignement professionnel in 1847. (...) In the words for Fichet's disciple Denniée "the Écoles professionnelles should be industrial lycées in which the teaching of Greek and Latin is replaced by the practice of the workshop". Fortoul met Fichet in July 1853, after reading his memoir (...) Three of the projected schools were founded, at Toulon for the south, Mulhouse for the east, and Lille for the north. (...) While local officials gave warnings about the position of the schools, (...) Denniée sent agonized appeals for money, Fortoul vacillated. In 1856, he acknowledged the failing of Fichet, but claimed that he was still very interested in this branch of education (...) Denniée, following Fichet, aimed at the 'rich industrial bourgeoisie'. At Lille, the school was saved after a reorganization in 1856-7. Denniée was dismissed, the debts paid off, and a capable local official put in charge. »

    —  (en) Robert David Anderson, Education in France, 1848-1870, Clarendon Press,‎ 1975 (lire en ligne)

  40. Le débat lillois sur les proportions entre formation théorique et formation expérimentale (autrement dit, débat entre les sciences appliquées et les arts professionnels) subit diverses influences depuis 1796 : au début de la première industrialisation importée d'Angleterre, l'apprentissage et la maîtrise des techniques ont reposé sur des bases empiriques d'adaptations incrémentales des chefs d'ateliers et contre-maîtres de l'industrie mécanique et textile, tandis que le Saint-simonisme français supposait un modèle de rigueur théorique et expérimentale appliqué à la pratique de l'art de l'ingénieur, inculqué par des professeurs de facultés des sciences, selon les concepts promus par Pasteur et Kuhlmann, notamment en chimie industrielle et agroalimentaire. Bénéficiant de l'héritage de l'École centrale de Lille de 1796 à 1803 puis des chaires municipales de physique expérimentale et de chimie appliquées aux arts industriels entre 1803 et 1854, les réformes successives des études à l'École des arts industriels et des mines entre 1854 et 1872 font précocement passer l'industrie du Nord de la France de l'influence anglaise de maîtrise des techniques via l'apprentissage pratique de terrain dirigé par des artisans-entrepreneurs libéraux, vers les influences polytechnicienne et allemande des sciences de l'ingénieur comme discipline scientifique à part entière dérivant d'une connaissance théorique (« la science comme source du développement industriel ») conduisant à l'essor de la profession d'ingénieur.
  41. L'école primaire supérieure de Lille compte 180 élèves de 12 à 15 ans en 1862. Elle est adjacente à l'École des arts industriels et des mines, rue du Lombard, qui recrute initialement des élèves de 15 ans révolus. Ultérieurement l'âge d'entrée à l'École des arts industriels et des mines est de 17 ans puis atteint 19 ans lorsqu'une classe préparatoire d'une année est instaurée avant d'entrer dans le cursus des élèves-ingénieurs lors de la réforme des études aboutissant à l'Institut industriel du Nord.
  42. Louis Trénard, Histoire de Lille : Du XIXe siècle au seuil du XXIe siècle, Lille, Giard,‎ 1970 (ISBN 2262015791 et 9782262015794, notice BnF no FRBNF34298757, lire en ligne), p. 116-117 :

    « À la demande du préfet, l'inspecteur primaire Bernot est chargé de relancer l'école avec l'aide de la ville et de l'État. Encouragé par quelques industriels lillois, Bernot entend créer une véritable école d'ingénieurs sur le modèle de l'École centrale de Paris. Le changement de dénomination de l'école, baptisée École des arts industriels, et le barrage du baccalauréat comme condition d'entrée, sont significatifs de ce nouvel état d'esprit. (...) Beaucoup de cours ne peuvent être assurés à l'école et les élèves sont obligés de les suivre à la faculté des sciences. Les effectifs stagnent et le désengagement brutal de l'État oblige la municipalité à compenser le manque à gagner. »

  43. Edmond Bernot, né en 1820 et mort le 9 octobre 1895, épouse Léontine Richebé (1826-1897) dont un ascendant est l'arrière-grand père-d'Auguste Isidore Richebé, négociant filtier et maire de Lille de 1852 à 1866. Edmond Bernot est nommé inspecteur de l'instruction primaire de 3e classe pour l'arrondissement de Lille en novembre 1850 (Bulletin administratif de l'instruction publique, 1850, page 383) et il est logé à la résidence d'Hazebrouck (Nord). Il est membre du conseil départemental d'instruction publique en 1855. Il devient directeur de l'École des arts industriels et des mines de Lille en 1857. Après 1872, il devient directeur général de l'enseignement primaire catholique.
  44. Un annuaire de l'Association amicale des anciens élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (École centrale de Lille) recense les anciens élèves depuis la promotion 1859. Cf. annuaire 1860-1892, annuaire 1860-1895 ; annuaire 1900 ; annuaire 1938-1939 ; l'annuaire 1951 fait référence à l'un des plus anciens membres de l'association des anciens élèves : Jules Rot, promotion 1859(notice BnF no FRBNF326959874)
  45. « En 1857, le sieur Bernot propose un projet d’école en trois ans : la première année donnera des enseignements généraux et les seconde et troisième années seront des années de spécialisation (avec malgré tout un tronc commun). En réalité, la formation ne durera que deux ans avec quatre domaines proposés : construction de machines, exploitation des mines, filature et tissage, chimie industrielle et agricole. Le mode d’organisation rappelle celui de l’École centrale, si les spécialités proposées ne sont pas toutes similaires : la construction de machines s’apparente à la spécialité de « mécanique » de l’école parisienne et dans les deux cas sont proposées des sections de chimie ; mais il est clair que l’exploitation des mines tout comme la filature et le tissage font exclusivement référence aux besoins industriels locaux. »

    — Grelon et Grosseti 1996, p. 51

  46. La loi sur l'instruction publique du 14 juin 1854 définit des dispositions spéciales aux établissements d'enseignement supérieur et le décret impérial du 22 août 1854 sur l'organisation des académies définit un grade de certificat pour les sciences appliquées, destiné à faciliter l'entrée dans la carrière industrielle aux non-bacheliers réussissant un examen par un jury contrôlant leurs connaissances scientifiques et leurs aptitudes à l'industrie.
  47. « La prospérité de l'Institut s'est consolidée d'année en année, malgré toutes les difficultés qu'il a eues à surmonter, malgré surtout la difficulté de son recrutement, car on ne remarque pas assez que contrairement à toutes les Écoles qui se fondent, l'Institut n'avait pas d'École préparatoire. L'École centrale, l'École polytechnique se recrutent dans les lycées dans les classes de mathématiques spéciales ; l'École des mines de Paris, l'École des ponts et chaussées, parmi les jeunes gens sortant de l'École polytechnique, l'École des mineurs de Saint-Étienne parmi les élèves des Écoles d'arts et métiers ou autres, les Écoles d'arts et métiers elles -mêmes sont pourvues d'écoles préparatoires. C'est ce qui n'existait pas à Lille. »

    — Rapports et délibérations du conseil général du Nord, 28 août 1879

  48. « Emile Alexandre Evariste Ernotte », polytechnicien et ingénieur civil des mines, est professeur de métallurgie et d'exploitation des mines à l'école à partir de 1868. Il contribue au rapport d'étude soumis au conseil général du Nord en 1872 en vue de la réforme des études conduisant à l'Institut industriel du Nord
  49. Mahistre, Cours de mécanique appliquée, Mallet Bachelier,‎ 1858 (lire en ligne) contient de longs développements sur la conception des machines à vapeurs, pour les usines de force motrice et engins de traction. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le développement du chemin de fer en France stimule l'innovation technologique.
    Guiraudet écrit Enseignement spécial et professionnel : Principes de mécanique expérimentale et appliquée, Masson,‎ 1868 (lire en ligne)
  50. Gilbert Lacombe, ingénieur des arts et manufactures (1867), professeur de chimie à l'École des arts industriels et des mines puis à l'Institut industriel du Nord, cf. fiche (notice BnF no FRBNF10402006d) et nécrologie dans Charles Franche, Annales des falsifications : Bulletin international de la répression des fraudes alimentaires & pharmaceutiques, vol. 7, Société des experts-chimistes de France,‎ 1914, p. 384
  51. « Boire (Émile) Châlons 1855 ; Notice nécrologique du Bulletin administratif N°2 février 1912 pp. 251-254 », sur www.patronsdefrance.fr,‎ février 1912 (consulté le 28 octobre 2012) : « Il entra à l'école professionnelle de Lille comme chef d'atelier et professeur. (...) il prend à Lille une situation importante et l'Institut industriel de cette ville l'appelle à professeur un de ses cours de construction. Notre industrie l'attire un jour et nous le voyons appelé aux environs de 1880 à la direction de la sucrerie de Bourdon. »
  52. a et b Charles Viollette, professeur adjoint du doyen Girardin à la faculté des sciences de Lille, et le chimiste-pharmacien Meurein assurent les cours de chimie à l'école tout en étant membres du conseil municipal de la ville de Lille (cf. Annuaire du Nord en 1866) ; en outre Jean Le Verrier, polytechnicien (X 1856) du Corps des Mines et fils de l'astronome Urbain Le Verrier, enseigne un cours d'exploitation des mines et la physique à l'école jusqu'en 1866 ; son successeur Adolphe Matrot, polytechnicien et ingénieur du corps des mines, est aussi membre du corps enseignant à l'école en 1866 et reprend le cours de Le Verrier. Les professeurs de la faculté des sciences Gabriel Alcippe Mahistre, Alexandre Paul Emile Guiraudet, Claude-Auguste Lamy et Émile Gripon enseignent aussi à des élèves de l'école, ainsi que Charles Granowski, professeur de dessin au lycée impérial. Matrot devient directeur des études, Meurein professeur de chimie industrielle, Viollette professeur de teintures et apprêts et de sucreries distilleries, lorsque l'école est renommée en Institut industriel du Nord en 1872.
  53. Auguste Wallaert, diplômé de l'École centrale des arts et manufactures en 1851

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Rouher 1864, p. 213
  2. Rouher 1864, p. 214
  3. Rouher 1864, p. 215
  1. Morin 1865, p. 724
  2. Morin 1865, p. 723
  1. Bourdon 1894, p. 5
  2. a et b Bourdon 1894, p. 6
  3. a et b Bourdon 1894, p. 7
  1. Bourdon 1894, p. 5
  1. Bourdon 1894, p. 21-23
  2. Bourdon 1894, p. 21
  • Rapports et délibérations du conseil général du Nord
  1. a, b et c Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1864 ; École impériale des arts industriels et des mines de Lille, Lille,‎ 1864 (lire en ligne)
  2. a et b Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1873 ; Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France, rapport du directeur, situation au 1er mars 1873, Lille,‎ 1873 (lire en ligne), p. 39-53
  3. a et b Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1858 - École professionnelle du Nord, Lille,‎ 1858 (lire en ligne), p. 144
  4. Rapports et délibérations du conseil général du Nord - 1859 - École professionnelle du Nord, Lille,‎ 1859 (lire en ligne), p. 198-199
  5. Rapports et délibérations du conseil général du Nord 1879/08(D) Séance du 28 août 1879. Création d'une école d'arts et métiers à Lille et classement de l'Institut comme école nationale de génie civil., Lille,‎ 28 août 1879 (lire en ligne), p. 211
  • Annuaire statistique du département du Nord
  1. Annuaire du département du Nord, an XI : L'almanach national de France an XI de la République présenté au premier consul, Lille,‎ 1804 (lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e, f, g et h M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord, Lille, L. Danel,‎ 1866 (lire en ligne), p. 126, 296 et 426. En 1866, l'École des arts industriels et des mines comprend 12 enseignants permanents, ainsi que des vacataires de la faculté des sciences de Lille et des industriels, entrepreneurs et chefs d'ateliers.
  3. M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord : École impériale des arts industriels et des mines, Lille, L.Danel,‎ 1864 (lire en ligne), p. 118-119
  4. M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord, Lille, L.Danel,‎ 1855 (lire en ligne), p. 120, 121, 129
  5. a et b M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord, Lille, L.Danel,‎ 1858 (lire en ligne), p. 121-122
  6. M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord : École impériale des arts industriels et des mines, Lille, L.Danel,‎ 1868 (lire en ligne), p. 126
  7. M. Devaud, Annuaire statistique du département du Nord : Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France, Lille, L.Danel,‎ 1873 (lire en ligne), p. 120-123
  • Autres références
  1. Edmond Leclair, L'École centrale de Lille, 1795-1803, R. Giard,‎ 1904 (notice BnF no FRBNF30765130) (ASIN B001C5XQVM)
  2. Gilbert Dalmasso, Présence de la « chymie » dans la France du Nord, de la deuxième moitié du XVIIIe siècle au premier tiers du XIXe siècle. Sa diffusion et son enseignement public et privé, son application aux Arts : Thèse de Doctorat, Lille, Université Lille III (lire en ligne)
  3. Noël-Gabriel-Luce Villar, Rapport et résolution sur le placement de l'école centrale pour le département du Nord, prononcés au conseil des Cinq cents dans la séance du 4 prairial an IV par le représentant du peuple Villars, Paris, impr. du Républicain français,‎ 1796, 4 p. (notice BnF no FRBNF31579790)
  4. Albert Mathiez et Georges Lefebvre, Annales historiques de la Révolution française, vol. 46, Firmin-Didot, coll. « Société des études robespierristes »,‎ 1974, p. 236
  5. Claudine Wallart, Florilège des archives départementales du Nord, Lille, Archives départementales du Nord,‎ 2000 (présentation en ligne), p. 128
  6. Philippe Marchand (dir.), Les Louanges de l'instruction au service de la propagande bonapartiste : exercices publics et discours des prix à l'École centrale de Lille (1796-1800) : Du Directoire au Consulat. T. 3 : Brumaire dans l'histoire du lien politique de l'État-nation., Rouen, Colloque organisé à Rouen les 23 et 24 mars 2000, Villeneuve d’Ascq-Rouen : Université de Lille 3-Université de Rouen, 2001,‎ 2001
  7. Armand-Gaston Camus, Voyage fait dans les départements nouvellement réunis et dans les départements du Bas-Rhin, du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme, à la fin de l'an X, Paris, Baudoin,‎ 1803 (notice BnF no FRBNF36280083)
  8. a et b Jean Girardin, Discours prononcé aux funérailles de M. Charles Delezenne, Lille, Impr. de A. Degan,‎ 22 août 1866 (notice BnF no FRBNF36498438, lire en ligne), p. 5-6,22
  9. Victor Derode, Histoire de Lille et de la Flandre wallonne, t. III, Lille, Vanackere,‎ 1877 (notice BnF no FRBNF30326861), p. 313.
  10. Victor Derode, Mémoire de la société des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille -1863 : L'instruction publique dans la Flandre wallonne et plus particulièrement à Lille, vol. 10, t. IIe série, Lille, L.Quarré,‎ 1864 (lire en ligne)
  11. Mémoires de la Société royale des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, Lille, Danel,‎ 1869 (lire en ligne), p. 611
  12. a et b Rosine Cleyet-Michaux et Claudine Wallart, Les pérégrinations des archives du Nord, Lille, Conseil général du Nord - Archives départementales du Nord,‎ 2004 (lire en ligne)
  13. ASA Université Lille Nord de France, « Biographie de Frédéric Kuhlmann », sur http://asa3.univ-lille1.fr/
  14. Hyppolyte Verly, Essai de biographie lilloise contemporaine 1800-1869, Lille, Leleu,‎ 1869 (lire en ligne)
  15. a et b Marie-Thérèse Pourprix, Des mathématiciens à la faculté des sciences de Lille : 1854-1971, Acteurs de la science, L'Harmattan,‎ 2009 (ISBN 2296086136 et 9782296086135, présentation en ligne)
  16. Louis Paul Urbain Le Verrier ; Jean Charles Léon Le Verrier sur www.annales.org.
  17. César Fichet, Mémoire sur l'apprentissage et sur l'éducation industrielle, Paris, impr. de Galban,‎ 1847, 36 p. (OCLC 494202153, notice BnF no FRBNF32104073)
  18. Victor Denniée, De l'Enseignement professionnel (1762-1852), Paris,‎ 1852, 32 p. (notice BnF no FRBNF30324977)
  19. Jean-Baptiste Dumas est inspecteur général de l'enseignement supérieur pour les sciences physiques et naturelles et vice-président du Conseil impérial de l'instruction publique
  20. Archives municipales de Lille, 1D2-39 20 janvier 1854, cité par Grelon et Grosseti 1996, p. 46
  21. a, b, c, d, e et f Annuaire de l'Association des anciens élèves de l'École des arts industriels et des mines et de l'Institut industriel du Nord de la France, promotions de 1860 à 1892, édition de 1892 (notice BnF no FRBNF326959874)
  22. P. Francq (professeur à l'École professionnelle du Nord), Cours élémentaire et pratique de droit commercial, divisé en 43 leçons, Paris, Larousse et Boyer,‎ 1863, 239 p. (notice BnF no FRBNF30460497)
  23. René Robinet, Archives départementales du Nord, répertoire numérique de la série T, enseignement 1800-1940, sous-série 2T ; fonds du rectorat de Douai-Lille,‎ 1991 (notice BnF no FRBNF36660584), Série 2T 2735 École professionnelle du Nord, organisation, personnel, budget 1852-1862 ; Série 2T 2736 École spéciale des arts industriels et des mines de Lille 1862-1871 ; Institut industriel agronomique et commercial du Nord de la France 1872 - voir aussi sous-série 1T ADN 1T159 Institut industriel du Nord
  24. École centrale de Lille - l'histoire de l'École sur http://www.ec-lille.fr/.
  25. Bibliographie de Victor Denniée, ingénieur civil, premier directeur de l'école (1854-1856) : Enseignement professionnel théorique et pratique fondé et dirigé par M. Victor Denniée, pour les jeunes gens qui se destinent au commerce, à l'industrie, aux Arts, à l'agriculture, aux chemins de fer, aux travaux publics, aux fonctions d'agent voyer, de conducteur des Ponts et Chaussées, etc : Préparation à l'École centrale des arts et manufactures, à l'École des beaux-Arts et aux Écoles de Châlons, d'Angers et d'Aix. Répétition des cours du Conservatoire des arts et métiers et de l'École centrale. Exposition. Paris. Carré des fêtes aux Champs-Elysées. 1 vol. (31 p.) ; tabl. ; In-8°, Paris, Bailly, Divry,‎ 1849 (OCLC 494756063, lire en ligne) Victor Denniée, De l'Enseignement professionnel (1762-1852) théorique et pratique, fondé et dirigé par M. Victor Denniée, ingénieur civil, boulevard Beaumarchais, Paris, Imp. de Bailly,‎ 1852, In-8 32 p. (notice BnF no FRBNF30324977) Victor Denniée, Académie de Douai. Ville de Lille. École impériale professionnelle du Nord. Discours prononcé à la distribution solennelle des prix : 1re année. 13 août 1855 ; 2e année. 14 août 1856, Lille, impr. L. Danel,‎ 1856, 8 p. ; in-8 (notice BnF no FRBNF41638526) Victor Denniée, Le Magasin industriel. Recueil des découvertes les plus récentes et les plus utiles, précédé de leçons théoriques et pratiques sur la mécanique industrielle, le dessin des machines et les principales applications de la science à l'industrie : N°1 In-4 15p et 3 pl, Paris, Lagny Imp Vialat Lib Maginy Chaillot et l'auteur 12 rue des Batailles,‎ 1858 (notice BnF no FRBNF30324979)
  26. Alain Gérard, Louis Pasteur et Lille 1854-1857, Lille, Institut Pasteur de Lille,‎ 1995
  27. Pierre Pierrard, Enfants et jeunes ouvriers en France, Editions de l'Atelier,‎ 1987 (ISBN 2708225413 et 9782708225411, lire en ligne)
  28. Jean Lambert-Dansette, Histoire de l'entreprise et des chefs d'entreprise en France, Paris, L'Harmattan,‎ 2000 (ISBN 2738498825 et 9782738498823), p. 70-72
  29. Eugène Dejonc, ancien chef d'atelier de l'École des arts et des mines, contre-maître des Maisons Cail, Bréguet, M. C. Codron, ingénieur, professeur à l'Institut industriel du Nord, lauréat de l'Académie des sciences et René Champly, ingénieur-mécanicien, La Mécanique pratique. Guide du mécanicien. Procédés de travail. Explication méthodique de tout ce qui se voit et se fait en mécanique (réimpr. 6e édition augmentée, par René Champly, ingénieur-mécanicien)
  30. Jean Girardin, Leçons de chimie élémentaire appliquée aux arts industriels, Masson,‎ 1861 (présentation en ligne)
  31. Les mathématiques à Lille de 1854 à 1970, L'école d'ingénieurs de Lille, par Marie Thérèse Pourprix - ASA-USTL sur http://asa3.univ-lille1.fr/spip/ASA_histoire/index_histoire_2.htm.
  32. Adolphe Matrot sur www.annales.org.
  33. Odette Hardy-Hémery, Trith-Saint-Léger du premier âge industriel à nos jours, Villeneuve d'Ascq, Presses Univ. Septentrion,‎ 2002 (ISBN 285939768X et 9782859397685, lire en ligne)
  34. Assemblée nationale (France), « Jules Sirot »
  35. Désiré Mallet (1862) sur http://sippaf.ish-lyon.cnrs.fr/.
  36. Étienne Batteur, Statistique des accidents survenus pendant une période de 8 années, 1884-1892, dans l'industrie de l'arrondissement de Lille (Nord)
  37. Congrès international des accidents du travail et des assurances sociales. Comité permanent, vol. 13,‎ 1902
  38. Cartes postales anciennes de Croix, La plus haute Cheminée de France sur http://www.communes.com/nord-pas-de-calais/nord/croix_59170.
  39. Goblet, Alfred (1845-1923) sur http://sippaf.ish-lyon.cnrs.fr/.
  40. Qui êtes-vous? : Annuaire des contemporains ; notices biographiques, C. Delagrave,‎ 1924 (lire en ligne)
  41. Andrée Corvol, Les sources de l'histoire de l'environnement, Paris, L'Harmattan, coll. « Direction des archives de France, Institut d'histoire moderne et contemporaine (CNRS) »,‎ 2003 (ISBN 2747537927 et 9782747537926, présentation en ligne)
  42. Hubert Bonin, Histoire de la Société générale : Tome 1, 1864-1890 La naissance d'une banque moderne, Librairie Droz,‎ 2006 (ISBN 2600010386 et 9782600010382), p. 364-365
  43. André Thépot et Jean Louis Beffa, Les ingénieurs des mines du XIXe siècle : histoire d'un corps technique d’État, 1810-1914 : Annexe F - L'Institut industriel du Nord, t. F, Eska,‎ 1998 (ISBN 2869114281 et 9782869114289, notice BnF no FRBNF37067544), p. 237-238 ; « Jean Charles Léon Le Verrier (X 1856 corps des mines) », sur www.annales.org « Adolphe Matrot (X 1860 corps des mines) », sur www.annales.org « Emile Alexandre Evariste Ernotte (X 1865 Ingénieur civil des mines) », sur www.annales.org
  44. Albert Cahen (notice BnF no FRBNF10599789k), cité comme professeur à l'École des arts industriels et des mines dans Marguerite Zimmer, Histoire de l'anesthésie: Méthodes et techniques au XIXe siècle, EDP Sciences,‎ 2008, 757 p. (ISBN 2868838960 et 9782868838964, lire en ligne), p. 504

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Eugène Rouher (dir.), Enquête sur l'enseignement professionnel, ou Recueil de dépositions faites en 1863 et 1864 devant la Commission de l'enseignement professionnel, sous la présidence de son Exc. M. Behic, ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics : Déposition de M.Bernot, t. I - Dépositions, Paris, Imprimerie impériale,‎ 1864 (notice BnF no FRBNF33904453, lire en ligne), p. 211-224 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Arthur Jules Morin (dir.), Enquête sur l'enseignement professionnel, ou Recueil de dépositions faites en 1863 et 1864 devant la Commission de l'enseignement professionnel, sous la présidence de son Exc. M. Behic, ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics : Lille - École des arts industriels et des mines, t. II - Rapports et documents divers, Paris, Imprimerie impériale,‎ 1865 (notice BnF no FRBNF33904453, lire en ligne), p. 723-724 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Henri Bourdon, Monographie historique de l'Institut industriel du Nord de la France, t. 1894/10/21 (A1,N1), Lille, Institut industriel du Nord de la France, coll. « L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN) »,‎ 21 octobre 1894 (notice BnF no FRBNF32766138, lire en ligne), p. 5-7 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Henri Bourdon, Monographie historique de l'Institut industriel du Nord de la France, t. 1894/10/28 (A1,N2), Lille, Institut industriel du Nord de la France, coll. « L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN) »,‎ 28 octobre 1894 (notice BnF no FRBNF32766138, lire en ligne), p. 5 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Henri Bourdon, Monographie historique de l'Institut industriel du Nord de la France, t. 1894/11/04 (A1,N3), Lille, Institut industriel du Nord de la France, coll. « L'Élève-ingénieur. Journal hebdomadaire des élèves de l'Institut industriel du Nord de la France (IDN) »,‎ 4 novembre 1894 (notice BnF no FRBNF32766138, lire en ligne), p. 21-23 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • André Grelon et Michel Grosseti (dir.), Programme « Villes et institutions scientifiques » - Programme interdisciplinaire de recherche sur les villes (PIR-VILLES - CNRS) : Lille : Kuhlmann, Pasteur ou la science comme source du développement industriel, CNRS,‎ 1996 (lire en ligne), p. 39-53 Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • « Histoire et prospective des Centraliens de Lille », L'Ingénieur, revue de l'Association des Centraliens de Lille, no 270,‎ novembre/décembre 2011, p. 20-23 (ISSN 03998304, lire en ligne)

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