École des Noms

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L'École des Noms (chinois : 名家 ; pinyin : Míngjiā), parfois appelée École des Formes et Noms (chinois : 形名家 ; pinyin : Xíngmíngjiā ; Wade : Hsing2-ming2-chia1)[1], désigne divers cercles de pensée philosophique chinois datant de la période des Royaumes combattants et dérivant du mohisme[2]

Ces groupes de penseurs sont connus pour leurs paradoxes, tels que « un cheval blanc n'est pas un cheval »[2] ou « un chien peut être considéré comme un mouton » et sont désignés sous le nom de bian zhe (litː dialecticiens), en référence à leur art de la controverse[2].

Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]

Lieux de naissance de philosophes chinois remarquables issus des cent écoles de pensée de la dynastie Zhou. Ceux des philosophes de l'école des Noms sont indiqués par des cercles bleus.

La philosophie de l'École des Noms est souvent considérée comme étant similaire à celle des sophistes. Joseph Needham note que leurs œuvres ont été perdues, à l'exception du Gongsun Longzi, rédigé par Gongsun Long, partiellement conservé[3], et des paradoxes du chapitre 33 du Zhuangzi[4]. Needham considère la disparition de la plus grande partie du Gongsun Longzi comme l'une des pires pertes au sein du corpus des livres chinois anciens, car ce qui reste est censé représenter le point culminant de l'écriture philosophique chinoise ancienne[1].

Parmi les rares écrit de cette école à avoir subsisté jusqu'à nos jours, on trouve "un bâton d'un pied, chaque jour en emporte la moitié, dans une myriade d'âges il ne sera pas épuisé", ressemble aux paradoxes de Zénon. Cependant, certains de leurs autres aphorismes semblent contradictoires ou peu clairs lorsqu'ils sont pris hors contexte, par exemple, "Les chiens ne sont pas des chiens de chasse"[5].

Bien que cette école soit issue du Mohisme, les derniers mohistes ont combattu les bian zhe en raison de leurs paradoxes[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Bien qu'ils ne forment pas une école au sens propre du terme, on peut leur rattacher divers penseurs de la période des Royaumes combattants dont Deng Xi, Yin Wen, Hui Shi et, bien sûr, Gongsun Long (325 - 250 av J.C.)[2].

A lire également[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Needham 1956 p. 185
  2. a b c et d (en) Chris Fraser, « School of Names », sur Stanford Encyclopedia of Philosophy, (consulté le 25 décembre 2014)
  3. Au moment de sa rédaction, le Longzi contenait 14 essais. Le texte qui nous est parvenu n'en contient plus que 6.
  4. Needham 1956, p. 697
  5. Miscellaneous Paradoxes
  6. Van Norden 2011, p. 111

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Reding, Jean-Paul, 1985, Les fondements philosophiques de la rhetorique chez les sophistes grecs et chez les sophistes chinois, Berne: Lang.
  • (en) Joseph Needham, Science and Civilisation in China, vol. 2 History of Scientific Thought, , 697 p. (ISBN 0-521-05800-7)
  • (en) Solomon, Bernard S., On the School of Names in Ancient China (Monumenta Serica Monograph Series LXIV), (ISBN 978-3-8050-0610-1)
  • (en) Fraser, Chris. "School of Names." Stanford Encyclopedia of Philosophy.
  • (en) Graham, A.C., Disputers of the Tao: Philosophical Argument in Ancient China (Open Court 1993). (ISBN 0-8126-9087-7)
  • (en) Hansen, Chad The School of Names: Linguistic Analysis in China // A Daoist Theory of Chinese Thought: A Philosophical Interpretation. Oxford University Press, USA. 2000. (ISBN 0195134192). P. 233—264.