École de maintien de la paix Alioune Blondin Beye de Bamako

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L'école de maintien de la paix Alioune Blondin Beye de Bamako (Mali) est un centre destiné à former les responsables civils et militaires africains aux opérations de soutien à la paix (OSP), du niveau des connaissances fondamentales comme du niveau tactique.

Elle fait partie de deux réseaux principaux. Le premier est celui de la CEDEAO au sein de laquelle trois centres dispensent des formations sur les OSP: le National War College du Nigéria (niveau stratégique), le Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre au Ghana (niveau opératif) et l'EMP de Bamako (niveau tactique). Le deuxième est celui de l'APSTA (African Peace Support Trainers Association).

Bien qu'étant le seul centre dédié aux OSP en zone francophone, l'enseignement est bilingue (français-anglais) afin de répondre au mieux aux réalités linguistiques du continent et des OSP, multinationales par essence. La totalité des stagiaires provient de l'ensemble des états africains, sur proposition de leur administration, ou sur volontariat après étude du dossier. Les cours sont ouverts aux hommes et aux femmes.

Historique[modifier | modifier le code]

Initiée dans le cadre de la coopération militaire française, l'école est née en 1999 d'un partenariat initial entre la Côte d'Ivoire et la France. Elle s'est d'abord installée à Zambakro, au centre du pays. Elle y a formé plus de 600 stagiaires, principalement comme officiers d'état-major de brigade ou de bataillon et comme observateurs militaires. Suite au conflit interne de ce pays, le partenariat a été interrompu et il s'est recréé immédiatement avec la République du Mali. Après seulement six mois d'interruption d'activité, l'EMP a pu reprendre son instruction au camp de Koulikoro, à 60 km au nord-est de Bamako. Elle a rejoint la capitale malienne en avril 2007, dans des installations modernes construites avec la participation de la communauté internationale (avoisinant les 8 millions d'euros, les participations ont été les suivantes: France 32 %, Mali 23 %, Pays-Bas 13 %, Allemagne 13 %, Canada 9 %, Suisse 4 %, Royaume-Uni 3 %, Danemark 2 %, États-Unis d'Amérique 1 %). Changeant de statut lors de son transfert, elle est maintenant une école de droit malien, rattachée au cabinet du ministre de la défense et des anciens combattants du Mali, à financement autonome multinational, sous contrôle d'un conseil d'administration (constitué de représentants des différents pays contributeurs) et dirigée par un général malien. Depuis son installation au Mali, elle a formé (jusqu'au mois de septembre 2013) près de 7300 officiers, policiers et civils africains lors de stages durant généralement de une à quatre semaines. Des partenariats avec, par exemple, les Nations-Unies ou l'OIF ont permis l'élargissement des cours à des domaines comme celui des Droits de l'Homme, Gender ou le Processus DDR.

En 2007, l'école a été baptisée à la mémoire de Maître Alioune Blondin Béye, juriste malien mort en service commandé pour les Nations Unies le 26 juin 1998.

Les évènements que le Mali a connu depuis mars 2012 (mutinerie militaire puis invasion du nord du pays) ont fortement perturbé le fonctionnement de l'EMP avec la fin de son financement par la majorité de ses bailleurs internationaux. Après l'opération militaire française SERVAL au début de 2013 dans le nord du Mali et le retour progressif de la démocratie, de nombreux pays ont manifesté leur souhait de renouveler leur soutien à cette institution unique en son genre et qui contribue à l'éducation des responsables africains. L'EMP envisage désormais la création d'un Centre d'Analyse et de Recherche sur l'Espace Sahélo-Saharien entre 2013 et 2018, dans le cadre d'un Plan Stratégique à 5 ans. Ce futur centre permettra une meilleure connaissance de la bande sahélienne et de ses caractéristiques avec des études initiées directement à la source. Il devrait s'ensuivre une diversification accrue de la qualité des stagiaires avec l'arrivée de chercheurs, thésards et d'étudiants africains provenant d'universités du continent.

Enfin, si l’école reste commandée par un officier général malien et si le conseil d’administration qui détermine son action et son fonctionnement est présidé par le Ministre de la Défense et des Anciens Combattants du Mali, les Ambassadeurs des pays contributeurs, membres de droit de ce conseil d’administration, se montrent particulièrement actifs dans la définition et la validation de la politique générale de l’école.

Liste des différents commandants de l'école[modifier | modifier le code]

Directeurs de l'école maliens[modifier | modifier le code]

  1. 2007- 2012 Général de brigade de Gendarmerie Souleymane Y. Sidibe
  2. 2012- Général de Division Mahamane Touré

Directeurs des études français[modifier | modifier le code]

  1. 1999-2001 Lieutenant-colonel Benoît Royal
  2. 2001-2002 Lieutenant-colonel Randal Zbienen
  3. 2002-2003 Chef de bataillon Loïc Humblot
  4. 2003-2005 Lieutenant-colonel Pascal Facon
  5. 2005-2007 Lieutenant-colonel Jean Perez
  6. 2007-2009 Lieutenant-colonel Philippe Bouillaud
  7. 2009-2011 Colonel Rémy Hocquemiller
  8. 2011-2013 Colonel André Panya Harivongs
  9. 2013- Colonel Philippe Kleb

(Depuis avril 2007, les directeurs des études assurent également la fonction d'adjoint au directeur de l'école)

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