École Mudra

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Page d'aide sur l'homonymie Pour le terme sanskrit qui désigne une position codifiée et symbolique des mains, voir Mudrā.

L'École Mudra est une école de danse ouverte à Bruxelles en Belgique entre 1970 et 1988 par Maurice Béjart, pour concrétiser sa philosophie personnelle du ballet moderne.

Historique[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Son nom provient d'un terme sanskrit Mudrā qui signifie « signe » et désigne le « geste rituel ». Ce choix du nom correspond ainsi, malgré la rigueur classique de son enseignement, à une direction éclectique, voire mystique qu'a souhaité son fondateur.

Située au 103, rue Bara à Anderlecht (Région de Bruxelles-Capitale), et dirigée entre autres par Micha van Hoecke, Allan Tung et Jan Nuyts, l’école est intimement liée à la compagnie de danse Ballet du XXe siècle installée dans les mêmes locaux. Cette troupe résidente fut créée en Belgique par Maurice Béjart dix ans auparavant, dans le cadre de son engagement par Maurice Huisman, le directeur du théâtre de La Monnaie.

Maurice Béjart transmet rapidement une dimension internationale à cette activité d'éducation. La formation d’abord prévue sur trois ans sera réduite progressivement à deux ans par manque de financement et de soutien politique et cal un peu avant le départ de maurice Béjart pour la Suisse. De nombreuses disciplines y sont alors enseignées en plus de la danse classique et contemporaine, telles que le chant, le rythme, le solfège, la scénographie, par des professeurs à la personnalité singulière dont les plus marquantes sont sans doute celles d’Alfons Goris, Louis-Jacques Rondeleux et Fernand Schirren.

Influence de Mudra dans le monde[modifier | modifier le code]

Mudra-Afrique est une école fondée en 1977 à Dakar, avec le soutien de Léopold Sédar Senghor par Béjart et la chorégraphe et danseuse franco-sénégalaise Germaine Acogny[1]. Elle en sera la directrice jusqu'à la fermeture de l'école en 1985[2].

Il sera également question de fonder d’autres écoles similaires en France (avec l’appui du ministre de la culture Jack Lang), en Iran, ou au Japon, mais ces projets resteront toujours plus ou moins à l’état d’ébauches[3],[4].

Fin de Mudra[modifier | modifier le code]

En 1987, en dépit du succès populaire des ballets de Maurice Béjart, l’aventure belge de Béjart est elle-même interrompue après 27 ans, lorsque Gerard Mortier, le nouvel administrateur de La Monnaie lui oppose sa vision personnelle. Le manque de soutien pousse Maurice Béjart à quitter la Belgique avec sa compagnie. Gerard Mortier choisit Mark Morris comme nouveau maître de ballet de l'institution[5],[2] dont il oriente par ailleurs la programmation nettement vers l'opéra et son renouveau formel.

À la suite de la diminution des soutiens culturels à ses projets, dont le départ de Maurice Béjart, Mudra doit donc aussi fermer ses portes. Par le biais d’une visite officielle à l’école de danse, puis par une nomination du chorégraphe français comme Grand Officier de l’Ordre de la Couronne en 1988, Baudouin 1er, le roi des Belges prend discrètement position dans ce conflit, et rend ainsi hommage à la réussite belge du créateur[2].

Renouveau de Mudra[modifier | modifier le code]

Malgré la perte de soutien et de financement politique en Belgique, l’industriel Philippe Braunschweig – fondateur du Prix de Lausanne – et la fondation Philipp Morris en Suisse permettent en 1992 à Maurice Béjart de rouvrir à Lausanne l'École-atelier Rudra. Cette institution est fondée autour d’une nouvelle troupe de spectacle : le Béjart Ballet Lausanne, toujours empreinte de la même philosophie artistique et éducative.

L'héritage P.A.R.T.S[modifier | modifier le code]

Quelques années après, en 1995, à l’initiative de Bernard Foccroulle, qui succède à Gerard Mortier comme directeur artistique de La Monnaie, la danseuse Anne Teresa De Keersmaeker, elle même issue de la Mudra, est nommée directrice de ballet de l'institution bruxelloise afin de remettre au premier plan la danse belge qui s'est largement développée depuis le début des années 1980. En parallèle, elle crée à son tour à Bruxelles — « en remplacement de Mudra[6] » — son école pluridisciplinaire de danse nommée « Performing Arts Research and Training Studios » (PARTS). De Keersmaeker engagera notamment son ancien professeur de rythme, Fernand Schirren, pédagogue réputé et fidèle compagnon de route de Béjart, qui a composé à plusieurs reprises la musique des Ballets[7].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Documentaire Mudra-Afrique sur le site de l'Unesco.
  2. a, b et c (en) Maurice Béjart: Influential choreographer who attracted huge audiences to ballet dans The Independent du 24 novembre 2007.
  3. Maurice Béjart, l'homme qui voulait amener le grand public à la danse par Rosita Boisseau dans Le Monde du 22 novembre 2007.
  4. Maurice Béjart : l'adieu à Bruxelles - Entretien avec Jacques De Decker en 1987. Sur le site www.bon-a-tirer.com, no 74 du 15 décembre 2007.
  5. (en) Mark Morris par Joan Ross Acocella et Mark Morris, Wesleyan University Press, 2004, (ISBN 9780819567314), p.209.
  6. (de) Anne Teresa de Keersmaeker : Die Obsession mit der Präzision sur www.kultiversum.de
  7. Fernand Schirren sur le site du Béjart Ballet Lausanne
  8. Dominique Genevois, Mudra, 103 rue Bara. L'École de Maurice Béjart, 1970-1988, Bruxelles, 2016 (EAN 978-2-930146-39-3)