42 (écoles)

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42
Image illustrative de l'article 42 (écoles)
Devise Born2code
Informations
Fondation
Fondateur Xavier Niel, président
Nicolas Sadirac, directeur général
Kwame Yamgnane, directeur général adjoint
Florian Bucher, directeur général adjoint
Type Établissement d’études supérieures d'informatique privé non reconnue par l'État français
Localisation
Coordonnées 48° 53′ 47″ nord, 2° 19′ 07″ est
Ville Paris (17e) / Fremont
Pays Drapeau de la France France / Drapeau des États-Unis États-Unis
Région Paris
Direction
Président Xavier Niel
Directeur Nicolas Sadirac (en)
Chiffres clés
Étudiants Quatre promotions d’environ 850 étudiants pour Paris[1]

Une promotion de plus de 700 étudiants à Fremont.

Divers
Particularités Autoformation gratuit
Admission sans condition de diplôme
Ouverte 24/7
Pas de professeurs
Diplôme délivré non reconnu par le système éducatif français mais reconnu comme équivalent bac+3 ou bac+5
Pas de cours
Pédagogie « peer-to-peer »
Association
Internationale
Site web 42.fr et www.42.us.orgVoir et modifier les données sur Wikidata

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
42

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(Voir situation sur carte : Paris)
42

42 est un groupement de deux établissements privés d’autoformation en informatique en France et aux États-Unis. Ils ont été créés et sont financés par Xavier Niel (fondateur d'Iliad-Free) avec plusieurs associés, dont Nicolas Sadirac (ancien directeur général d'Epitech)[2], Kwame Yamgnane et Florian Bucher (anciens cadres d'Epitech).

Annoncé le , l'établissement de Paris a ouvert ses portes le pour la dernière phase des admissions[3]. Il a accueilli les étudiants retenus pour la première rentrée en .

Le 17 mai 2016, Xavier Niel annonce l’ouverture de 42 US dans la Silicon Valley à Fremont en Californie[4].

Début 2017, 42 Paris arrive en tête des scores du jeu en ligne CodinGame[5].

Les établissements[modifier | modifier le code]

Logo de 42.

Les établissements font partie de l’association à but non lucratif dont Xavier Niel est le président, Nicolas Sadirac le directeur général.

Les frais de fonctionnement des dix premières années, estimés entre 20 et 50 millions d'euros, sont pris en charge personnellement par Xavier Niel[6].

La formation n'étant pas agréée par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, les étudiants ne peuvent prétendre à des bourses d’État.

Les établissements tirent leurs noms du roman H2G2 : Le Guide du voyageur galactique. Dans ce roman, la réponse que donne l'ordinateur à l'ultime question est 42[7],[8].

Les émules de l'école 42[modifier | modifier le code]

L'ENTIC Reims (École des nouvelles technologies de l’information et de la communication) prévoit d'ouvrir à la rentrée d'octobre 2017. Elle s'inspire du mode de fonctionnement de l'école 42[9].

L'école 101 prévoit d'ouvrir à l'automne 2017 à Lyon. Elle a été créée par la région sur le modèle et avec l'aide de l'école 42[10].

Le fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le mode de fonctionnement de 42 a été notamment inspiré de celui de l'EPITECH : sélection à l'aide de sessions de 'piscine' et enseignement selon le mode projet[11].

Admission et inscription[modifier | modifier le code]

Le candidat doit avoir entre 18 et 30 ans ou être en dernière année de lycée. Aucun diplôme n'est requis (pas même le bac). En 2015, une expérimentation a lieu avec Pôle Emploi afin de former au codage, pendant dix mois, un groupe d'une trentaine de chômeurs seniors[12].

La première sélection se fait sur la base d'une série de tests sur le site web de l’établissement destinés à évaluer les capacités des étudiants à apprendre l'informatique[13]. La seconde sélection s'appelle la « Piscine ». C'est un processus de sélection intensive de quatre semaines pendant lesquelles le postulant doit réaliser des travaux pratiques en langage C. Sous l’œil de l'équipe pédagogique qui scrute tous leurs faits et gestes façon Big Brother à l'aide du Big data[14],[15].

L'inscription à la formation est gratuite et concerne chaque année environ 850 étudiants sur Paris[1].

Particularités de la formation[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de cours magistraux ni de travaux pratiques encadrés par des professeurs. Les étudiants sont libres d'organiser leurs journées à la réalisation des projets proposés par l'équipe pédagogique. L’établissement est ouvert 24h/24 et 7j/7. Les valeurs mises en avant par l'équipe pédagogique de l'établissement sont la coopération entre étudiants, la motivation et la force psychologique. Les examens de sélection se passent pendant une période de quatre semaines – dénommée la Piscine – où la motivation des futurs étudiants est mise à rude épreuve. Y compris par l'application de travaux d'intérêt général parfois considérés par les étudiants comme une punition dégradante[16].

La formation dispensée, de type qualifiante, se veut inspirée des changements apportés par Internet avec une pédagogie qualifiée de « pair à pair ». Elle délivre un certificat non reconnu par l’État français mais désormais reconnu par le gouvernement comme un équivalent niveau bac +3[17] ou bac +5[18] en fonction de l'avancée dans le cursus (niveau 16 ou 21, 21 étant la fin de formation, et 16 un intermédiaire)[réf. nécessaire], mais mise sur des compétences poussées en programmation et la capacité à innover, à voir et penser différemment.

La formation dure entre 2 et 5 ans selon la rapidité de l'étudiant à finir les « projets », et couvre les différents métiers de l'informatique liés au développement. Il est également possible de rester deux années supplémentaires pour y réaliser un projet et apprendre à créer son entreprise.

Programme[modifier | modifier le code]

Les premiers projets sont essentiellement axés sur le développement en langage C en environnement plateforme UNIX. Dans la formation est proposé de nombreux projets graphiques : réalisation d’un moteur basique de FPS (jeu de tir à la première personne) ou encore un moteur de rendu 3D (rasterizer) par lancer de rayon (raytracer). En fonction de son niveau, l’étudiant peut s’inscrire à des piscines pédagogiques de deux semaines pour découvrir de nouveaux paradigmes de programmation : web en PHP, orientée objet en C++, fonctionnelle en OCaml et Unity. D’autres projets initient les étudiants à la sécurité informatique, au développement mobile ainsi qu’au réseau.

Les élèves peuvent contribuer à la pédagogie de la formation en proposant des sujets à l’équipe pédagogique.

Évolution de la pédagogie[modifier | modifier le code]

La première année, de 2013 à 2014, les étudiants réalisaient les mêmes projets dans un temps imparti. Ils allaient ensuite en stage durant la même période. Suivant le rythme classique d’une promotion par année.

La seconde année, de 2014 à 2015, a été mise en place une jauge indiquant le niveau de l’étudiant, ainsi qu’un système de point de correction, permettant de s’échanger un point contre une correction. La réalisation des projets n’est plus contrainte par le temps. La réalisation et le rendu d’un projet demandent des prérequis, dont un niveau minimum et/ou la réalisation du premier stage.

Il n’y a plus de distinction entre les promotions. C’est le niveau et l’année d’entrée dans la formation qui permettent de distinguer un étudiant.

La gratuité, le fait qu'aucun diplôme ne soit requis à l'entrée et une pédagogie qui rejette toute notion de transmission de savoir ont fait de cet établissement une école de la deuxième chance. Avec à la sortie, chez les futurs employeurs, un soupçon de réticence, fondée non sur les compétences qui sont reconnues, mais sur la crainte d'une inadaptation au monde des grandes entreprises[19],[20].

Le modèle économique[modifier | modifier le code]

L'investissement initial a été réalisé par Xavier Niel : 70 millions d'euros. 20 millions d'euros pour la création de l'établissement parisien de 42 et 50 millions d'euros pour couvrir les frais de fonctionnement de l'établissement parisien pour 10 ans[21]. L'objectif lors de la création de 42 est de permettre la création de 150 entreprises dont cinq géants d’Internet par an. Avec l'espoir que ces startups, versent leur taxe d'apprentissage à 42. Nicolas Sadirac fixe rendez-vous dans cinq ans : « Si nous ne sommes pas capables de faire naître cinq gros succès par an, c'est que nous aurons échoué. Il n'y aura alors plus de raisons de nous financer » [14].

Critiques[modifier | modifier le code]

La création de la formation 42 et de sa pédagogie ne sont pas exemptes de critiques de la part de certains formateurs et professionnels du secteur.

Le président de l'association MUNCI, par exemple, dans un chat de janvier 2015[22] explique : « Nous sommes évidemment très favorables de façon générale aux écoles de la seconde chance (...) Néanmoins, nous sommes très partagés sur l'école 42 (...) nous sommes très mitigés sur cette "pédagogie de la débrouillardise" sans formations et sans formateurs. De plus, nous contestons l'idée d'une pénurie globale de développeurs en France, sur laquelle communique régulièrement cette école, qui nous fait un peu penser à une "usine à développeurs". L'engouement médiatique autour de l'école 42 nous paraît totalement disproportionné. Certains vont un peu vite en besogne, et on a parfois l'impression que nos meilleurs ingénieurs n'ont qu'à bien se tenir face aux futurs "diplômés" de 42... Pour finir, on jugera l'arbre à ses fruits... ».

L'absence de transmission de savoir est une autre caractéristique de 42 : en effet il n'y a pas de professeur à 42. Tout le savoir est acquis puis partagé entre étudiants. Les tenants de la transmission traditionnelle du savoir remettent en cause ce modèle, soulignant que rien ne remplace le lien privilégié qui s'établit lors de la transmission du savoir entre un professeur et un étudiant[23].

Campus[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

Le bâtiment qui a été racheté à l'État français en 2011 pour 12,6 millions d'euros[24] est situé au 96 boulevard Bessières[25], dans le 17e arrondissement de Paris.

Le bâtiment, qui s’étend sur une surface de 4 242 mètres carrés[26], se répartit sur trois grandes salles de travail nommées “Clusters” qui contiennent chacune 300 Macintosh, de deux salles généralement dédié aux évènements et d’un amphithéâtre dédié aux conférences.

L’architecture fut réalisée par l’agence In&Edit Architecture[27].

Le 1er octobre 2016, ART42, le premier musée de Paris d’art urbain s’ouvre dans l’établissement. Il est visitable deux fois dans la semaine. Plus de 150 œuvres d’art sont exposées dans le bâtiment[28],[29],[30].

Le projet NOC42 – Not Only a Campus prévoit d’agrandir le campus avec deux nouveaux bâtiments, situés de l’autre côté du boulevard Bessières. Prévu pour 2019, ces bâtiments, accueilleront un dortoir, un espace événementiel, une salle de spectacle, d’une épicerie associative, un espace sportif avec des agrès, des espaces verts pour le jardinage. Ce projet a été mis en place pour rendre accessible la formation 42 sans condition de ressource, étant donné que le logement en Île-de-France et à Paris est le premier poste de dépense des étudiants.[31]

Fremont[modifier | modifier le code]

42 USA est situé au 6 600 Dumbarton Circle, à Fremont en Californie. Le bâtiment a été racheté à une université. Le campus fait à peu près 24 200 m².

Le campus a un dortoir gratuit de 300 places. L’architecture a également été réalisée par le studio d'architectures AR[32].

Le projet américain se monte à 100 millions de dollars[23].

Personnalités à 42 Paris[modifier | modifier le code]

Thierry Mandon, accompagné de Xavier Niel, visite 42 le 23 novembre 2015.

Personnalités ayant visité 42 :

Influence dans la culture[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 42, born to code, documentaire de Emmanuel Réau, 55 min, 2015[36]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Pourquoi l'école 42 reste l'extraterrestre du sup' », (consulté le 10 avril 2016)
  2. Camille Gévaudan, « "42", v’là les geeks ! », sur http://www.ecrans.fr/, .
  3. Elsa Fachinetti, « La "piscine" de l'école 42 ouvre ses portes », sur http://www.digischool.fr/, .
  4. « Xavier Niel exporte l'école 42 aux États-Unis », sur MacGeneration, (consulté le 18 mai 2016)
  5. « L’Ecole 42 de Xavier Niel classée meilleure école de code au monde », sur capital, (consulté le 23 janvier 2017)
  6. Jacques Cheminat et Serge Leblal, « Free ouvre l'école 42 pour former au numérique », sur http://www.lemondeinformatique.fr/, .
  7. « Xavier Niel lance l'école 42, une école 2.0 », Europe 1, (consulté le 18 août 2016)
  8. « L'école "marche ou crève" de Xavuer Niel », Le Mouv, (consulté le 18 août 2016)
  9. « Une nouvelle école pour apprendre les nouveaux métiers du web à Reims », L'Union, (consulté le 8 mai 2017)
  10. « Les inscriptions pour l'Ecole 101 sont ouvertes ! », News Auvergne, (consulté le 8 mai 2017)
  11. Kira Mitrofanoff, « Epitech déploie sa pédagogie en Europe », Challenges, (consulté le 8 mai 2017)
  12. Alexia Eychenne, « A l'Ecole 42, des seniors tentent un "bain de jouvence" pour retrouver du travail », L'Express, (consulté le 15 octobre 2016)
  13. J'ai testé les casse-têtes de 42, l'école d'informatique de Xavier Niel. Francetvinfo.fr, septembre 2013
  14. a et b Céline Authemayou, « Pourquoi l'école 42 reste l'extraterrestre du sup' », L'Étudiant_(magazine),
  15. Quentin Descamps, « Alt garderie pour bébés Niel », Libération (journal), (consulté le 15 octobre 2016)
  16. Nicolas, « “Pourquoi j’ai dû faire le ménage à l’école 42" », Les Echos, (consulté le 15 octobre 2016)
  17. « Diplôme de l'école d'informatique 42 (Bac +3) - Formation gratuite », sur Le portail des métiers de l’Internet – Ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique (consulté le 29 septembre 2016)
  18. « Diplôme de l'école d'informatique 42 (Bac +5) - Formation gratuite », sur Le portail des métiers de l’Internet – Ministère de l’économie, de l’industrie et du numérique (consulté le 29 septembre 2016)
  19. FLORIAN DEBES, « Qui va embaucher les 42 ? », Les Echos, (consulté le 15 octobre 2016).
  20. Léonor Lumineau, « Les premiers certifiés de l’école 42 décrochent des CDI dans des start-up », Le Monde, (consulté le 8 mai 2017).
  21. Chloé Viatori, « J’ai passé les tests de sélection de l’école « 42 » de Xavier Niel », L'Obs, (consulté le 15 octobre 2016)
  22. Régis Granarolo (Munci), « Les métiers du numérique », sur http://www.lesmetiers.net/orientation/p1_443251/les-metiers-du-numerique, .
  23. a et b Sarah Liénart, « Ecole 42 : l'école qui pourrait changer le monde », L'express,
  24. « Les 10 immeubles les plus chers vendus par l'État en 2011 », sur http://www.challenges.fr/, , p. 7
  25. « L'école 42 », sur http://www.parisetudiant.com/, .
  26. « L’équipe et les moyens », sur http://www.42.fr/ : « […] un bâtiment de 4.242 m2, le Heart of Code, situé dans Paris intra-muros et ouvert aux étudiants et étudiantes 7j/7, 24h/24 ».
  27. « IN&EDIT », sur inedit (consulté le 25 novembre 2016)
  28. « ART 42 - Urban Art Museum : Premier musée de street art en France », sur Artistik rezo, (consulté le 6 novembre 2016)
  29. « Art 42, le premier musée de street art, ouvre ses portes pour la Nuit Blanche », sur LCI, (consulté le 6 novembre 2016)
  30. « Art 42, premier musée parisien d'art urbain », sur Le Figaro, (consulté le 6 novembre 2016)
  31. « Projet NOC42 », sur noc.42.fr (consulté le 23 février 2017)
  32. « Studio d'architectures AR », sur AR
  33. « François Hollande rend une visite (vraiment) surprise à l'école 42 de Xavier Niel », sur Huffington Post, (consulté le 2 août 2015).
  34. « François Hollande s'offre une visite surprise à l'École 42 de Xavier Niel », sur Le Figaro, (consulté le 2 août 2015).
  35. Olivier Pérou, « François Fillon évite les étudiants "révolutionnaires" de l'école 42 », Le Point, (consulté le 8 mai 2017)
  36. http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/ecole-42-born-to-code,89213267.php

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]