Echinacea

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Echinacea (les échinacées, terme dérivé du grec echino, « épine », à cause du disque central « épineux » de la fleur) est un genre de plantes de la famille des Astéracées qui comprend 11 taxons (9 espèces et 2 sous-espèces) tous originaires d'Amérique du Nord. Trois espèces sont très connues pour leur réputation en herboristerie et leur usage ethnobotanique : Echinacea angustifolia, Echinacea purpurea et Echinacea pallida.

Description[modifier | modifier le code]

Le genre Echinacea regroupe des plantes d'environ 1 m de hauteur avec une fleur jaune, rose et quelquefois blanche. Le centre de la fleur est recouvert de pointes piquantes.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Certaines espèces d'Echinacea, notamment E. purpurea, E. angustifolia et E. pallida sont cultivées en tant que plantes ornementales dans les jardins. Les espèces appropriées sont utilisées dans la restauration des prairies. D'autres espèces encore sont utilisées pour la constitution de stocks de fourrage.

Usage médicinal[modifier | modifier le code]

Le rhizome de l’Echinacea était utilisé par les Indiens des plaines d'Amérique du Nord, peut-être plus que toute autre plante, dans l'élaboration de remèdes médicinaux. Dans les années trente, Echinacea devint populaire à la fois en Europe et aux États-Unis comme une médecine du peuple. Echinacea s'est vu attribuer la capacité de renforcer les défenses du système immunitaire de l'organisme et d'aider à la prévention des infections. Suivant l'espèce utilisée, des breuvages médicinaux peuvent être préparés à partir de la tige et de la fleur, ou bien de la racine.

Article détaillé : Alfred Vogel.

L'efficacité de ces remèdes est controversée. On soupçonne qu'ils soient attribuables à l'un ou des composés phénoliques, tels les acides chicorique et caftarique isolés chez l’E. purpurea ou l'echinacoside présent dans la partie haute des racines de E. angustifolia et E. pallida. Les phénols sont des métabolites secondaires présents chez tous les végétaux, ayant souvent des effets physiologiques sur leurs consommateurs. Lors de la préparation des remèdes, ces phénols peuvent servir de marqueurs pour évaluer les quantités d'Echinacea présentes dans le produit. D'autres éléments chimiques qui peuvent être importants sont les alkamides et les polysaccharides.

Une étude randomisée réalisée par Taylor et al. (2003), avec prise de produits à base d’Echinacea (réalisés à partir de la plante tout entière, i.e. tige et racine) après les seconds symptômes de rhume, ne montre aucun effet positif mesurable chez les enfants dans le traitement des symptômes persévérants du virus du rhume commun (rhinovirus)[1]. Une revue critique de la littérature sur le sujet a été réalisée par Barett en 2003[2]. Il conclut que les préparations à base d’Echinacea stimulent le système immunitaire, mais leur efficacité dans le traitement d'affections humaines n'a pas été suffisamment prouvée par des essais cliniques. Ils sont le mieux documentés dans le traitement des infections des voies respiratoires supérieures, où l’Echinacea a pu montrer un bénéfice médical modeste. Néanmoins des études plus approfondies sont nécessaires[3].

L'étude de Turner (2005) aboutit à la conclusion que les extraits de racines d’Echinacea n'ont aucun effet clinique significatif pour contrer les infections par les rhinovirus et soigner leurs symptômes (1 semaine après infection)[4].

Cependant, en 2004, Goel et al. pensent que les études précédentes ont utilisé des doses inférieures à celles recommandées pour avoir un effet. Ils montent alors une étude randomisée en double aveugle sur 128 patients (59 avec Echinacea, 69 avec placebo)[5]. Les résultats montrent une efficacité dans la réduction des symptômes en cas de prise précoce, tout en soulignant la nécessité d'études plus approfondies sur un échantillon plus important[5].

Une étude de 2007 met en avant la stimulation des défenses immunitaires quand lors de la prise d'Echinacea purpurea préventivement[6].

En 2011, une étude démontre l'effet supérieur de l'Echinacea purpurea face au lévamisole dans l'augmentation des défenses immunitaires chez le rat.[7]

En 2015, une étude conclut qu'il n'y a aucune association entre les produits issus de l'Echinacea et une diminution de la durée des rhumes[8].

La longue compilation d'études de la European Médecins Agency datée de novembre 2015, démontre que la prise d'Echinacea purpurea ne soigne que peu les infections respirations, rhumes ou grippe, mais que les patients traités préventivement à l'échinacée sont moins malades que ceux traités sous placebo [9]. En 2007, une longue étude démontre que l'échinacée est utile dans la prévention des rhumes[10].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) J.A. Taylor, W. Weber, L. Standish, H. Quinn, J. Goesling, M. McGann, C. Calabrese, « Efficacy and safety of echinacea in treating upper respiratory tract infections in children: a randomized controlled trial », JAMA, vol. 290, no 21,‎ , p. 2824-2830 (PMID 14657066, lire en ligne) modifier
  2. (en) B. Barrett, « Medicinal properties of Echinacea: a critical review », Phytomedicine, vol. 10, no 1,‎ , p. 66-86 (PMID 12622467, lire en ligne) modifier
  3. The most robust data come from trials testing E. purpurea extracts in the treatment for acute upper respiratory infection. Although suggestive of modest benefit, these trials are limited both in size and in methodological quality
  4. (en) An Evaluation of Echinacea angustifolia in Experimental Rhinovirus Infections The New England Journal of Medicine Volume 353:341-348 July 28, 2005 version en ligne
  5. a et b (en) V. Goel, R. Lovlin, R. Barton, M.R. Lyon, R. Bauer, T.D. Lee, T.K. Basu, « Efficacy of a standardized echinacea preparation (Echinilin) for the treatment of the common cold: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial », Journal of clinical pharmacy and therapeutics, vol. 29, no 1,‎ , p. 75-83 (PMID 14748902, lire en ligne) modifier
  6. (en) Sachin A. Shah, Stephen Sander, C. Michael White, Mike Rinaldi, Dr. Craig I. Coleman, « Evaluation of echinacea for the prévention and treatment of the momon cold: a meta-analysis », The Lancet, vol. 7, no 7,‎ , p. 473-480.
  7. (en) Sadigh-Eteghad S, Khayat-Nuri, Abadi N, Ghavami S, Golabi M, Shanebandi D, « 'Synergetic Effects of oral administration of levamisole and Echinacea purpurea on immune response in Wister rat », Res Cet Sci, vol. 91, no 1,‎ , p. 82-5.
  8. (en) Marlies Karsch-Völk, Bruce Barrett, Klaus Linde, « Echinacea for Preventing and Treating the Common Cold », JAMA, vol. 313, no 6,‎ , p. 618-619 (résumé).
  9. European Union herbal monographie on Echinacea purpuera (L.), Moench, herba recens, EMA/HMPC/48704/2014
  10. (en) Sachin A. Shah, Stephen Sander, C. Michael White, Mike Rinaldi, Dr. Craig I. Coleman, « Evaluation of echinacea for the prévention and treatment of the momon cold: a meta-analysis », The Lancet, vol. 7, no 7,‎ , p. 473-480.

Photos[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]