Échappement (horlogerie)

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En horlogerie, l'échappement est un mécanisme généralement placé entre la source d'énergie (ressort, poids, etc.) et l'organe réglant. L'échappement a pour but d'entretenir et de compter les oscillations du pendule d'une horloge ou du balancier d'une montre[1].

Dans une horloge à gravité, il a aussi pour but de contenir les effets d'accélération dus à la gravités qu'exercent les poids. Quand on a l'idée de donner aux horloges un nouveau moteur en se servant de la pesanteur des corps solides, on remarque aisément que ces corps ont le même inconvénient que l'eau, celui de s'accélérer dans la chute et de tomber plus vite à la fin qu'au commencement de leur descente. L'échappement entrainé par le balancier a comme but de retarder continuellement la descente du poids, à détruire l'accélération, et à ne lui laisser dans tous les moments de sa chute que la vitesse uniforme qu'il a dans le premier instant. Au lieu de l'accélération on obtient l'uniformité de mouvement qui est le principe de la régularité des horloges[2].


Il permet de transmettre les informations de temps d'un dispositif régulateur (balancier) au dispositif à réguler (les aiguilles d'une montre, par exemple), et à alimenter le dispositif régulateur en énergie.

Historique[modifier | modifier le code]

échappement à ancre
Animation d'un échappement à ancre, utilisé dans les horloges à pendule.
échappement à ancre suisse
Animation d'un échappement à ancre suisse, utilisé dans les montres.

L'échappement que l'on utilise depuis le plus longtemps afin de mesurer le temps est celui dit à roue de rencontre, ou encore échappement à verge, avec régulateur à foliot. Il fut utilisé sur la plus ancienne horloge mécanique connue du monde occidental, celle du prieuré de Dunstable, datée de 1283.

Le principe de fonctionnement est simple : devant une roue dentée à denture frontale (dont les dents sont orientées comme celles d'une scie à cloche, et de même forme), un arbre d'axe perpendiculaire (vertical) porte une règle orthogonale où coulissent des masses de réglage d'inertie (foliot) et deux palettes décalées appuyant à tour de rôle sur une dent de la roue. Quand la roue entraîne la palette supérieure, l'inférieure n'est pas engrenée et le foliot est entraîné en rotation dans un sens, quand la dent échappe, la palette inférieure est intercalée entre deux dents et permet une rotation qui, par un choc transmet une impulsion et entraîne une rotation du foliot dans l'autre sens. Le choc n'est pas suffisant pour arrêter le mouvement et après celui-ci la roue commence par être entraînée à l'envers, elle recule devant l'inertie du foliot.

Les différents organes ajoutés au dispositif (réglage du moment d'inertie du foliot par des masses mobiles, réglage du jeu en déplaçant le pivot inférieur du foliot), n'ont pas permis de dépasser une régularité meilleure qu'une heure par jour. Il faut attendre Christian Huygens pour qu'on remplace le volant d'inertie par un pendule. Les premiers mécanismes dissipent beaucoup d'énergie, et le pendule a une course importante et assez variable pour que le problème des variations de marche en résultant soit compensé : c'est encore Huygens qui résout (en 1694) le problème théorique de la trajectoire isochrone : le pendule doit décrire un arc de cycloïde pour que sa période ne dépende pas de l'amplitude. Huygens rajoute des joues à la suspension à ficelle de son régulateur pour approcher cette trajectoire idéale (la cycloïde est une développante de cycloïde, il aurait fallu idéalement des joues cycloïdales, à courbure infinie au voisinage du point de rebroussement, mais cette partie de la courbe n'a pas besoin d'une correction précise, car étant très courte elle ne représente qu'une faible part du temps d'oscillation).

La principale amélioration viendra d'Angleterre : George Graham invente le mécanisme à ancre, encore utilisé sur nombre d'horloges du dix-neuvième siècle, illustré ci-dessus. Le principe est de ne faire agir la force motrice que par impulsion lorsque le régulateur passe au voisinage de sa position d'équilibre : le reste de sa course, le balancier oscille presque librement et sa course en est ainsi beaucoup plus régulière. Ce nouveau mécanisme permet en outre de diminuer l'amplitude de la course, rendant inutile la correction cycloïdale. Après de nombreuses améliorations, le principal progrès vient encore d'Angleterre : Thomas Mudge sépare l'ancre du pendule pour créer l'ancre libre. Le mécanisme est très intéressant pour les oscillateurs à balanciers circulaires : l'ancre est portée par un levier fourchu, le balancier porte un ergot qui au repos est en équilibre au milieu de la fourche. Dans son mouvement d'oscillation, l'ergot engrène avec la fourche au moment où l'échappement agit : le balancier reçoit l'impulsion d'échappement, puis libère le balancier qui continue librement sa course sans subir le frottement passif de l'ancre, qui était alors la principale cause d'irrégularité de mouvement des mécanismes à moteur à ressort. Les dispositifs utilisant ce principe seront nombreux, et étonnamment ingénieux. Le problème à résoudre était de taille, car la navigation demandait des chronomètres précis, et l'habileté des créateurs était fortement aiguillonnée par de belles récompenses et un prestige considérable.

Différents types d'échappement[modifier | modifier le code]

Échappement à ancre suisse, échappement à détente, échappement à cylindre, échappement à verge ou à roue de rencontre, échappement de Graham. En 1558 pour l'astrolabe de la Cathédrale Notre-Dame de Saint-Omer, l'entrainement du mécanisme d'horloge était assuré par un poids —originellement une couleuvrine de 47,2 kg — suspendu à un câble enroulé sur un tambour. La régulation est assurée par un échappement constitué d'une roue de rencontre, un axe à palettes surmonté d'un foliot permettant un réglage grâce aux régules.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Échappements et moteurs pas à pas, Fédération des Écoles Techniques de Suisse
  2. Ferdinand Berthoud. Histoire de la mesure du temps par les horloges, Volume 1. Ferdinand Berthoud. La République, 1802 lire en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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