Èze

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Èze
Image illustrative de l'article Èze
Blason de Èze
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Beausoleil
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Stéphane Cherki
2014-2020
Code postal 06360
Code commune 06059
Démographie
Gentilé Ézasques
Population
municipale
2 435 hab. (2014)
Densité 257 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 43′ 43″ nord, 7° 21′ 42″ est
Altitude Min. 0 m – Max. 700 m
Superficie 9,47 km2
Localisation

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Èze

Èze (Esa en niçois) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est un village perché et ses habitants sont appelés les Ézasques.

Avec Callac (Côtes-d'Armor), Laval (Mayenne), Noyon (Oise), Sarras (Ardèche), Savas (Ardèche), Senones (Vosges), Serres (Hautes-Alpes) et Sées (Orne), Èze est une des rares communes françaises à porter un nom palindrome.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue générale de Èze depuis un avion en août 2015.

La commune s'étend sur un territoire escarpé, allant du bord de mer où un hameau forme Èze-sur-Mer (appellation reprenant le nom de la gare d'Èze-sur-Mer tandis que le panneau routier indique Èze-Bord-de-Mer), jusqu'au piton escarpé où de vieilles maisons pittoresques et médiévales forment Èze-Village.

Le quartier Saint-Laurent-d'Èze relie le bord de mer au village. À Saint-Laurent-d'Èze, après les feux volontaires et terribles des années 1980, beaucoup d'habitants locaux y firent construire leurs villas.

Le col d'Èze est situé à proximité de la commune.

La première mention écrite dont nous disposons date du IVe siècle sous la forme ab Avisione (dans la section maritime de l'Itinéraire d'Antonin). Les formes suivantes, du XIe siècle jusqu'au Moyen Âge, sont du type Esa, Eza, Isia, Isie, etc. La première mention de Ese date de 1241 mais ne durera pas : on retrouve ensuite de nouveau Isia, Isie, Ysia, Esia, etc. Le nom semble enfin se fixer sous la forme Esa après son passage à la Maison de Savoie en 1388, nom qui sera repris en provençal Ezo par Mistral et traduit en français Èze.

Èze remonte donc à Avisione avec aphérèse de l'initiale av sentie comme la préposition occitane ab, « chez », et chute du suffixe, ce qui a conduit à Isia, conservé par les formes du Moyen Âge. Le même phénomène s'est produit non loin de là à La Bollène-Vésubie qui s'appelait Abolena en 1146(du nom d'homme germanique Abbolenus )  : le A initial, pris pour la préposition est tombé puis l'article «la » a complété le nom, sans doute l'analogie avec le niçois boulina, « éboulement », y est-elle pour quelque chose. La vauclusienne Bollène s'appelait aussi Abolena en 640. Les exemples de ce type sont nombreux en toponymie. Reste à connaître la signification de cet Avisione. Il s'agit sans doute du nom de personne gaulois Aviso correspondant au romain Avitius. Ce dernier est à l'origine de quelques toponymes dont un Avèze (Puy-de-Dôme), une ancienne Avitia villa, qui a conservé son - av- initial. Très probablement, ce nom devait à l'origine s'appliquer à la petite anse que les premiers marins avaient dû apprécier comme lieu de mouillage puis qui est devenu un petit port que l'on a nommé d'après son fondateur. Il s'agit de l'endroit qu'on appelle aujourd’hui Èze-Bord-de-Mer[1].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Èze
La Trinité La Trinité La Turbie
La Trinité,
Nice,
Villefranche-sur-Mer
Èze La Turbie
Villefranche-sur-Mer Mer Méditerranée Cap-d'Ail

Histoire[modifier | modifier le code]

Comme le reste du littoral des Alpes-Maritimes, le territoire de la commune d'Èze est occupé depuis des temps anciens.

Le monument le plus remarquable est celui du Mont-Bastide qui surplombe Beaulieu-sur-Mer et la baie de Saint-Jean, sur un éperon rocheux bordant la grande corniche.

La tradition locale, fondée sur les élucubrations des érudits du XIXe siècle et du début du XXe siècle, en fit une fondation phénicienne, un palais mycénien ou un oppidum ligure remontant au premier âge du fer.

Les recherches récentes ont permis de mettre au jour un gros bourg agricole protégé par une solide enceinte. L'organisation urbaine est très serrée. De grandes habitations en pierre sèche supportant un étage s'organisent autour d'une grande rue qui traverse le village de part en part. Le rez-de-chaussée de chaque habitation abrite des structures de pressage destinées à la fabrication du vin ou de l'huile.

Les traces d'occupation les plus anciennes remontent au IIe siècle av. J.-C., mais la plus forte période d'activité se situe entre l'époque d'Auguste et l'époque des Flaviens[2].

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Bruno Riquerii, chevalier, originaire de Nice, viguier d'Hyères (1328), fut coseigneur d'Èze. Comme pour les Badat, la famille Riquerii, ancienne famille consulaire niçoise, aurait été anoblie au XIIIe siècle grâce à leur richesse et à la faveur des Génois que cette famille soutenait[3]. Familier du roi Robert, Bruno était le fils de Jean Riquier, coseigneur d'Èze, et de Béatrice Badat[4]. En 1333, avec son frère Marin, il possédait une part de la seigneurie d'Eze tandis que quelques années plus tard, la part de Marin semblait être passée dans les mains de Bruno[5]. Selon A. Venturini, il aurait eu pour successeur son fils, Honoré, coseigneur d'Èze. Le 24 juillet 1316, le roi Robert demanda au sénéchal de remettre, s'il y a lieu Boniface Riquier, dit Brunoz, et ses frères, fils de feu Jean Riquier, d'Èze, en possession des châteaux de Menton et de Peypin et de faire cesser le trouble qui leur était apporté par Balianus Ventus et consortes sui[6]. Le 27 mai 1348, le frère du sous-viguier d'Aix (1325) et du viguier de Grasse (1340-41), Jean, Louis Rebuffelli fut nommé châtelain d'Èze[7]. Honorat Riquerii, viguier d'Hyères (1376), succéda à Bruno et devint coseigneur d'Èze[8].

La période contemporaine[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XIXe siècle, Èze englobait La Trinité, qui en a été détachée en 1818.

Èze était desservie, de 1900 à 1929, par une ligne du Tramway de Nice et du Littoral.

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Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Èze Blason D’azur à l’os de jambe en pal sommé d’un phénix sur son immortalité et accosté de deux pampres fruités, chacun de deux pièces le tout d’argent.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 mars 2008 Noël Sapia    
mars 2008 en cours Stéphane Cherki[9] UMP puis UDI[10] Chef d'entreprise

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du milieu des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[11]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[12],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 2 435 habitants, en diminution de -13,74 % par rapport à 2009 (Alpes-Maritimes : 0,39 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
724 1 127 1 212 463 487 566 589 570 594
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
521 680 764 558 728 674 640 710 797
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
633 728 911 1 038 710 1 440 1 494 1 792 1 860
1982 1990 1999 2006 2011 2014 - - -
2 063 2 446 2 509 2 932 2 550 2 435 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[13] puis Insee à partir de 2006[14].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue depuis la citadelle.

Édifices civils[modifier | modifier le code]

Le village propose au sein de ses ruelles labyrinthiques, de nombreuses boutiques d'artisanat d'art. Le tourisme est la principale ressource de la commune.

Un château en ruines abrite maintenant un jardin exotique à la vue extraordinaire, et surplombe un cimetière où reposent quelques personnalités.

Le chemin de Nietzsche partant du bord de mer, serpente sur une pente raide jusqu'au village perché. On dit que Nietzsche, logeant à la fin de sa vie à Nice, malade, fréquenta ce chemin, et s'en inspira pour écrire la troisième partie d'Ainsi parlait Zarathoustra.

Article détaillé : chemin de Nietzsche.

À proximité se trouve l'oppidum du Castellar ou de Brasca, inscrit au titre des monuments historiques en 1996[15].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Èze, reconstruite au XVIIIe siècle, classée en 1984 au titre des monuments historiques[16].
  • Chapelle Sainte-Croix, ancienne chapelle des Pénitents Blancs, restaurée en 1953.
  • Chapelle Saint-Laurent, XIe siècle, ancien prieuré, situé à Saint-Laurent-d'Èze.
  • Chapelle moderne Saint-François, à Èze-sur-Mer.
  • Chapelle Saint-Joseph

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Clorine Malausséna
  • Francis Blanche : il possédait une maison à Èze et y est enterré.
  • Stéphane Cherki.
  • Bono et The Edge du groupe irlandais U2.
  • Marie-Gabrielle de Savoie, qui réside au château Balsan (Lou Seuil) jusqu'en 1990.
  • Antoinette de Monaco.
  • Clorine Malausséna, fille du chevalier François Malausséna, premier maire de Nice française, et veuve de César-Marie Figuiera, maire d’Èze, avoué qui compte Garibaldi parmi ses clients. Elle s'éteint le 22 avril 1922 à l'âge de 80 ans. Elle aurait pu être inhumée dans le caveau des Malaussena au cimetière du Château. Ce ne fut pas le cas. Deux jours plus tard, le lundi 24 avril à dix heures, elle retourne à Èze où elle repose encore aujourd'hui dans le caveau des Figuiera. Le cortège s'est formé sur la place César-Marie Figuiera où son cercueil en bois d'olivier est porté par six Ézasques. Pas de nom sur ce caveau, point de dates non plus. Son arrière-petite-fille, Clorine Cottier, est inhumée à ses côtés.
  • Fred Zeller, fondateur du musée du village.
  • Maurice Blanchot : il y vécut après la Seconde Guerre mondiale.
  • Georgette Piccon (1920-2004) : artiste peintre française, elle vécut à Èze de 1984 à 2003 et a réalisé de nombreuses œuvres représentant les paysages de la commune.
  • The Edge, guitariste chanteur du groupe U2 a épousé en secondes noces sa compagne de longue date Morleigh Steinberg, à Èze en 2002.

Héraldique, devise et logotype[modifier | modifier le code]

La devise de la cité est Isia Moriendo Renascor et son emblème est un phénix perché sur un os. Elle a pour signification: en mourant, je renais.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://vousvoyezletopo.blog.lemonde.fr/tag/eze/
  2. Pascal Arnaud et Michiel Gazenbeek, Habitat rural antique dans les Alpes-Maritimes : Actes de la table ronde Valbonne, Centre d'études Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge, 22 mars 1999, Antibes, 2001.
  3. Poly, La Provence, p. 311-312
  4. Venturini, Évolution, t. I, p. 136
  5. Venturini, Évolution, t. I, p. 171
  6. Perrat, Actes, p. 180
  7. AD du 13, série B3f32v
  8. Venturini, Évolution, t. I, p. 172
  9. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  10. Anne-Claire Hillion, « Législatives 4e - Stéphane Cherki: "C'était à J.-C. Guibal de se retirer" », Nice-Matin, ).
  11. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  12. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  13. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  14. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  15. « Oppidum du Castellar », notice no PA06000002, base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Eglise Notre-Dame de l'Assomption », notice no PA00080720, base Mérimée, ministère français de la Culture