Ère astrologique
Une ère astrologique correspond au temps nécessaire pour que le Soleil de l’équinoxe du printemps, observé depuis la Terre, traverse l’une des 12 constellations du zodiaque. Sa durée est traditionnellement évaluée à 2160 ans, soient 25920 ans pour un cycle complet de la précession des équinoxes.
Si les horoscopes continuent d’associer l’arrivée du printemps au signe du Bélier, comme le faisaient les Grecs et les Babyloniens, le soleil de l’équinoxe de mars se lève depuis l’époque romaine dans la constellation des Poissons – symbole paléochrétien – et se lèvera d’ici quelques siècles dans la constellation du Verseau.
Zodiaque
[modifier | modifier le code]
Vu depuis l’espace, le zodiaque est un cercle imaginaire de constellations entourant la trajectoire orbitale de la Terre et des autres planètes autour du soleil. Vu depuis la Terre, c’est la zone de la sphère céleste traversée par le soleil, la lune et les planètes. Au cours d’une année, le soleil se lève successivement dans les 12 constellations du zodiaque[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]La contemplation des astres est attestée dès le paléolithique supérieur dans l’art rupestre et pariétal[2], puis, avec la révolution néolithique, dans l’architecture mégalithique[3],[4],[5]. L’astronomie est utile pour l’élaboration des calendriers, la planification agricole, les voyages et la navigation. L’astrologie comme pratique divinatoire émergea au IIe millénaire avant J.-C. (Enuma Anu Enlil).
Le zodiaque apparut pour la première fois en Babylonie, dans une tablette cunéiforme datée du Ve siècle avant notre ère[6],[7]. Il se diffusa rapidement dans l’Empire perse, dans le monde hellénistique après les conquêtes d’Alexandre le Grand, en Arabie et jusqu’en Inde. Avec l’expansion du bouddhisme, le zodiaque atteignit la civilisation chinoise qui forgea un système alternatif.
Tout au long du Moyen Âge, l’astrologie dite « occidentale » se référa, tant dans le monde islamique que dans le monde chrétien, au Tetrabiblos écrit par Claude Ptolémée au IIe siècle à Alexandrie.
Cette discipline perdit de son prestige avec l’essor de la méthode scientifique. Elle est désormais considérée comme une « pseudoscience », dont les théories ne sont pas vérifiées (ou vérifiables) expérimentalement[8].
Précession des équinoxes
[modifier | modifier le code]Description du phénomène
[modifier | modifier le code]La précession des équinoxes désigne le cycle de changement de direction de l'axe de rotation de la Terre, qui vacille comme une toupie sous l'influence gravitationnelle du soleil et de la lune.

L’axe de notre planète est incliné par rapport à l’écliptique. L’équateur ne s’y aligne qu’aux équinoxes. À mesure que les siècles s’écoulent, le mouvement gyroscopique de la précession entraîne un déplacement progressif des points équinoxiaux sur l’écliptique, dans le sens inverse de l’orbite terrestre[10].

Histoire de la découverte
[modifier | modifier le code]Antiquité
[modifier | modifier le code]La découverte de la précession des équinoxes est généralement attribuée à Hipparque, astronome grec du IIe siècle avant notre ère, qui fixa la durée du cycle à 36 millénaires[11] (un degré par siècle). Ses écrits, qui ont tous disparu, furent cités par Claude Ptolémée trois siècles plus tard dans son Almageste. La précession était alors pensée dans le cadre du géocentrisme, c’est-à-dire comme un mouvement de la sphère céleste plutôt que de la Terre.
Selon le mythographe français Charles-François Dupuis (Origine de tous les Cultes, 1795), la précession fut observée dès la plus haute antiquité, notamment par les Égyptiens. Dans les années 1920, l’assyriologue allemand Paul Schnabel affirma que la précession était connue deux siècles avant Hipparque par l’astronome babylonien Kidinnu[12],[13]. Sa théorie fit l’objet d’une réfutation d’Otto Neugebauer[14].
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, René Adolphe Schwaller de Lubicz, égyptologue controversé, prétendit que l’identification du phénomène prédatait Hipparque de plusieurs millénaires[15]. Giorgio de Santillana et Hertha von Dechend publièrent en 1969 Le Moulin d'Hamlet, un ouvrage de mythologie comparée défendant la thèse d’une connaissance préhistorique de la précession[16].
Si ce lent glissement des étoiles fixes d’une génération à l’autre a pu être observé en des temps très reculés[17], l’astronomie archaïque n’était pas en mesure de l'expliquer par un mouvement gyroscopique de la Terre, et a fortiori d’en déterminer les causes physiques[18]. Cela ne les empêcha pas d’aboutir à des estimations parfois très précises quant à la durée du cycle[19].
Époque moderne
[modifier | modifier le code]Il fallut attendre Copernic – Des révolutions des sphères célestes (1543) –, pour que la précession des équinoxes fût comprise comme un mouvement de l'axe de rotation de notre planète. Isaac Newton l’étudia dans le cadre de sa loi universelle de la gravitation – Principia Mathematica (1687) – et quantifia le mouvement annuel de la précession des équinoxes à 50 secondes d’arc[20],[21], soient 72 ans pour un degré, et 25920 ans pour un cycle complet. Cette estimation fut reprise au XVIIIe siècle par Voltaire[22],[23], puis par d’Alembert dans un article de l’Encyclopédie[24].
Au XXIe siècle
[modifier | modifier le code]De nos jours, les données récoltées par les satellites artificiels, la puissance de calcul des superordinateurs et diverses innovations technologiques (interférométrie à très longue base ou réflecteurs lunaires) permettent d’obtenir des mesures extrêmement précises. La valeur reconnue par l’Union astronomique internationale est de 50.28796195 secondes d’arc annuelles[25], soient environ 25 772 ans pour compléter un cycle. Il faudrait ajouter que le rythme de la précession est inconstant : sur une période de 500 millions d’années centrée sur le présent, les quelque vingt mille cycles écoulés présenteraient une durée moyenne de 25 676 ans[26]. Par ailleurs, la précession des équinoxes se conjugue avec d’autres cycles (variations de l’excentricité orbitale et de l’inclinaison de l’axe, précession apsidale et nutation).
Âges astrologiques
[modifier | modifier le code]Malgré son inexactitude, la valeur donnée par Newton – 1 degré tous les 72 ans, soit un cycle complet de 25920 ans – est souvent reprise pour ses propriétés géométriques, inscrivant la précession dans une vision pythagoricienne de l’univers[27],[28],[29]. Chacun des 12 âges astrologiques durerait ainsi 2160 ans[30].
Les horoscopes, hérités de l’époque hellénistique, continuent d’associer l’avènement du printemps au signe du Bélier, l’équinoxe d’automne à la Balance, l’été au Cancer et l’hiver au Capricorne. Or, du temps de l’Empire romain, le soleil printanier commença la traversée des Poissons – symbole chrétien –, le soleil d’automne celle de la Vierge – mère du Christ –, le soleil estival celle des Gémeaux et le soleil hivernal celle du Sagittaire. L’astrologie sidérale des Hindous garde à l’esprit ce déplacement des étoiles fixes, connu sous le nom d’Ayanamsa.

Au XVIIIe siècle, Voltaire ironisait à propos des astrologues méconnaissant les effets de la précession : « Le grand malheur des astrologues, c’est que le ciel a changé depuis que les règles de l’art ont été données[31]. » Pendant la Révolution française, la lecture astronomique des mythes fut popularisée par Volney et Charles-François Dupuis.
Ères préhistoriques
[modifier | modifier le code]En partant de la révolution néolithique, à la fin de la dernière glaciation[32], tout en fixant la naissance de Jésus Christ comme point d’intersection entre l’ère du Bélier et l’ère des Poissons[33], on aboutirait à la chronologie suivante :
- 10800 avant J-C : âge du Lion[34].
- 8640 avant J-C : âge du Cancer.
- 6480 avant J-C : âge des Gémeaux.
Ère du Taureau
[modifier | modifier le code]
L’âge du Taureau commencerait autour de 4320 avant J-C. À Sumer, le roi Gilgamesh et son ami Enkidu triomphaient du taureau céleste[35]. Sous l’Ancien Empire, l’Égypte vénérait le taureau Apis et la vache Hathor[36].

Selon les zoroastriens, la plus ancienne créature était un bœuf nommé Gavaevodata[37]. Le taureau crétois, dompté par Héraclès[38], était l’animal emblématique de la civilisation minoenne, comme en témoignent la pratique de la taurocathapsie, les fresques du palais de Cnossos, ou l’histoire du minotaure vaincu par Thésée au cœur du labyrinthe[39].
La constellation du Taureau inclut l’astérisme des Pléiades, qui servirent de repères pour de nombreux calendriers à travers le monde, y compris après qu’elles eurent cessé d’annoncer le printemps. Les idoles bovines prospérèrent bien au-delà de cet âge astrologique – lequel se terminerait en 2160 avant J.-C. selon notre chronologie. Au début de l'ère chrétienne, les légionnaires répandirent à travers l’Empire romain un culte à mystères fondé sur la tauroctonie, le mithraïsme[40],[41].
Quadrature zodiacale
[modifier | modifier le code]
Cette configuration initiale du zodiaque – Taureau printanier, Lion estival, Scorpion automnal et Verseau hivernal – s’incarne dans le tétramorphe, une créature apparue dans l’iconographie de l’Empire néo-assyrien, sous une forme androcéphale (le visage humain du dieu Ea, Verseau des Mésopotamiens) avec des attributs de Lion et de Taureau ainsi que des ailes d’Aigle. Selon Dupuis, chaque « étoile royale » (celle de l’Aigle, Antares, faisant aujourd’hui partie de la constellation du Scorpion) indiquerait l’un des 4 points cardinaux de l'écliptique.
Le tétramorphe intervient dans la bible hébraïque (Ézéchiel) et dans le nouveau testament (Apocalypse[42]). La tradition chrétienne attribue l’aigle à Jean, le taureau à Luc, le lion à Marc et l’homme à Matthieu[43].

Ère du Bélier
[modifier | modifier le code]À l’âge du Taureau succéda celui du Bélier, sacrifié par Abraham à la place de son fils Isaac, puis par Moïse pendant la consécration de son frère Aaron. Moïse détruisit le veau d’or, symbole d’un retour à l’ancienne religion. Les Hébreux firent tomber les murailles de Jéricho en soufflant dans leurs Chofars, des trompettes fabriquées avec des cornes de bélier.

À Thèbes, capitale du Nouvel Empire égyptien, les sphinx béliers surveillaient le chemin entre le temple de Karnak et celui de Louxor.
En Inde, les rédacteurs du Rigveda commencèrent avec une invocation d’Agni, dieu solaire enfourchant son bélier. Dans le monde grec, Jason et les Argonautes partirent en quête de la toison d’or. L’homme-bouc Pan fut déifié.
Jusqu’à la destruction du temple de Jérusalem par les romains au Ier siècle, l’exode des juifs hors d’Égypte fut commémoré chaque printemps avec des sacrifices d’agneaux. À la fin de leur année lunaire, les musulmans continuent de sacrifier des moutons et des chèvres en hommage au patriarche Abraham. L’Agnus Dei est toujours célébré à Pâques par les Chrétiens, à l’imitation de la Pessa’h juive. « Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche[44]. »
La mort du « grand Pan », annoncée par Plutarque au IIe siècle, signala le crépuscule du monde païen.

Ère des Poissons
[modifier | modifier le code]Ichtus ἸΧΘΥΣ (Poisson) – acronyme grec de « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur » – servit de signe de ralliement aux premiers chrétiens. Le soleil équinoxial de septembre s’aligna sur la Vierge, la mère du Christ (immaculée conception). « Cette génération méchante et adultère demande un miracle, mais il ne lui sera donné d’autre miracle que celui du prophète Jonas. Car de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre[45]. »
Pour payer l’impôt du Temple, Pierre récupère une pièce de 4 drachmes dans la bouche d’un poisson[46]. Les apôtres sont décrits comme des « pêcheurs d’hommes[47] ».
« Il fit asseoir la foule sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il rendit grâces. Il rompit les pains, les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins[48]. »
Après sa résurrection, lors de sa troisième et dernière apparition, le Christ déguste du poisson grillé avec ses disciples[49]. Jésus naît au solstice d’hiver (fête de « Sol Invictus » dans l’Empire romain), est suivi par un cortège de douze apôtres et ressuscite au printemps[50],[51].
Mérovée, fondateur légendaire de la première dynastie des rois de France, serait né de l’union de sa mère avec un monstre marin[52]. Dans Perceval ou le Conte du Graal, roman de Chrétien de Troyes, le Graal pourrait prendre la forme d’un plat à poisson[53]. Perceval rencontre le gardien du Graal, le « roi pêcheur ». A Rome, le pape porte l’anneau du pêcheur.


Ère du Verseau
[modifier | modifier le code]Ératosthène distinguait la silhouette de Ganymède, l'amant et l'échanson de Zeus, dans la constellation du Verseau (ΥΔΡΟΧÓOΣ hydrokhóos). Vient aussi à l'esprit le mythe des écuries d'Augias nettoyées par Hercule. Chez les Mésopotamiens, le Verseau pourrait être associé au dieu Ea[54],[55].

Renaissance
[modifier | modifier le code]Un petit croquis de Léonard de Vinci (Codex Arundel) – de l’eau versée par une cruche en mouvement – illustrait les lois de la pesanteur plus d'un siècle avant leur formalisation mathématique[56]. À l'époque du procès de Galilée, Tommaso Campanella écrivait que le soleil de l'équinoxe du printemps se trouvait au bord de la constellation des Poissons[57],[58] (le glissement dans le signe du Verseau étant prévu pour les années 1770).
XVIIIe siècle
[modifier | modifier le code]Après nous le déluge, prédisait Jeanne-Antoinette Poisson, la marquise de Pompadour, maîtresse attitrée du roi à Versailles. Pendant la Révolution française, Volney estimait qu’il vivait à l’aube de ce nouvel âge[59],[60].

Ère industrielle
[modifier | modifier le code]Le concept d’âge astrologique fut abondamment décliné aux XIXe et XXe siècles, par plusieurs courants ésotériques (le babisme[61], la théosophie d'Helena Blavatsky, ou l’anthroposophie de Rudolf Steiner[62],[63], puis dans l’œuvre de Dane Rudhyar[64] ou d’Omraam Mikhaël Aïvanhov[65]).
À Paris, Auguste Vandekerkhove annonçait dans le journal féministe La Fronde que le « cycle d'Aquarius » commencerait au printemps 1890 : « Dans cette maison, la femme sera l’égale de l’homme. Les sciences occultes élaboreront cette égalité sexuelle, qui n’ira pas sans soubresauts anguleux et tempétueux. […] Thèbes eut son cycle, celui de Ram. Rome eut son cycle, celui des Poissons. Paris aura son cycle, celui du Verseau. »
En 1937, Paul Le Cour[66] prévoyait dans l’Ère du Verseau le retour du Christ et la conversion des juifs pour l’an 2160[67].
Le psychologue Carl Jung s’intéressa également à la symbolique chrétienne du Poisson[68],[69],[70] et à l’arrivée imminente du « quatrième mois de l'histoire du monde[71] » (Études sur la phénoménologie du Soi, 1951). « Nous entrons maintenant dans le Verseau, dont les livres sibyllins disent : Luciferi vires accendit Aquarius acres (le Verseau enflamme les pouvoirs de Lucifer)[72]. » Pour Jung, l’âge du Verseau verra l’humanité se confronter au problème de l’énantiodromie et de « l’existence réelle du Mal ».
New Age
[modifier | modifier le code]L’occultiste colombien Samaël Aun Weor proclama le début de l’ère du Verseau le 4 février 1962[73].
This is the dawning of the age of Aquarius (« Voilà l’aube de l’âge du Verseau »), chantait le public du festival de Woodstock, quelques jours après l’alunissage.
En 1980, la psychologue américaine Marilyn Ferguson publiait Les Enfants du Verseau, un best-seller qui contribua à l'infusion du concept dans la culture populaire. Très en vogue à la fin du XXe siècle – Jung avait proposé 1997 comme date d’expiration des Poissons[74] –, le New Age est progressivement devenu en français un terme péjoratif, synonyme de sectarisme et de charlatanisme.
Un avenir plurimillénaire
[modifier | modifier le code]Avec un rythme d'un degré tous les 72 ans, si l’on fait coïncider l’âge des Poissons et l’ère chrétienne, l’âge du Verseau devrait commencer en 2160 et s'achever en 4320. En se référant aux superficies des constellations, telles que définies par l’Union astronomique internationale (et non le zodiaque de 12 x 30 degrés), l’ère du Verseau serait programmée pour la fin du XXVIe siècle. Elle laissera ensuite la place au Capricorne, puis au Sagittaire… Il faudra que l'humanité patiente jusqu’au XXVIe millénaire pour que le signe des Poissons accueille de nouveau le Soleil du printemps.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Le zodiaque est une idéalisation mathématique du ciel : les 360 degrés du cercle de l’écliptique sont répartis en 12 x 30 degrés. En réalité, la taille des constellations varie (les Poissons s’étalent sur 49 degrés, tandis que l’envergure du Cancer n’est que de 21 degrés), le soleil ne glisse pas d’un degré quotidiennement (l’année solaire dure 365.24 jours) et le mois astrologique ne correspond pas au cycle lunaire.
- ↑ Powell, Jonathan. (2019). From Cave Art to Hubble: A History of Astronomical Record Keeping.
- ↑ « Noels-Grötsch Arlette. Mégalithes et Astronomie. In: Bulletin de la Classe des sciences, tome 8, n°7-12, 1997. pp. 237-240. »
- ↑ « Malville, J., Wendorf, F., Mazar, A. et al. Megaliths and Neolithic astronomy in southern Egypt. Nature 392, 488–491 (1998). »
- ↑ « Menon, S.M. (2019). From Megaliths to Temples: Astronomy in the Lithic Record of South India. In: Orchiston, W., Sule, A., Vahia, M. (eds) The Growth and Development of Astronomy and Astrophysics in India and the Asia-Pacific Region. Astrophysics and Space Science Proceedings, vol 54. Springer, Singapore. »
- ↑ Certaines des constellations le composant puisent leur origine plusieurs millénaires auparavant.
- ↑ Jusqu’alors, les astronomes mésopotamiens indiquaient les coordonnées du soleil, de la lune et des planètes en utilisant comme repères les étoiles fixes (par exemple « une coudée au-dessus », ou « un pouce en-dessous » de telle autre). Les signes du zodiaque permettent de localiser plus facilement les astres errants et d’inscrire leurs trajectoires dans un système géométrique.
- ↑ Wouter Hanegraaf, Esotericism and the Academy: Rejected Knowledge in Western Culture, 2012, Cambridge University Press, p.171.
- ↑ Vue depuis la Terre, la succession des étoiles polaires septentrionales se fait dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, et la succession des étoiles polaires australes dans le sens des aiguilles d’une montre.
- ↑ « Milankovitch (Orbital) Cycles and Their Role in Earth’s Climate, NASA Science Editorial Team »
- ↑ Dans le Timée, Platon donnait la même estimation pour sa « Grande Année » (ou « année parfaite ») au terme de laquelle le ciel retrouverait exactement la même configuration. On sait aujourd’hui avec la théorie du chaos que cette idée d’un éternel retour est illusoire.
- ↑ Dr. P. Schnabel, « Kidenas, Hipparch und die Entdeckung der Präzession », Zeitschrift für Assyriologie, vol. 3, avril 1926, p.1-60.
- ↑ Florian Cajori, « Babylonian discovery of the precession of the equinoxes », Science, New Series, Vol. 65, n°1677, 18 février 1927, p.184.
- ↑ « Neugebauer, O. (1950). "The Alleged Babylonian Discovery of the Precession of the Equinoxes". Journal of the American Oriental Society. 70 (1): 1–8. »
- ↑ L’écrivain Michael Rice a tenu un discours comparable : « Il n'est pas certain que les anciens aient eu connaissance de la mécanique de la précession avant sa définition par Hipparque au IIe siècle av. J.-C. — mais en tant qu'observateurs méticuleux du ciel nocturne, ils devaient être conscients de ses effets. » Preuve en serait l’effort de réorientation des temples au fil des siècles, afin qu’ils demeurassent alignés sur les mêmes étoiles. Comme Schwaller de Lubicz, Rice se déclare même convaincu que cette connaissance de la précession constitua le principal fondement de la théocratie pharaonique : « En un sens, l'Égypte en tant qu'État-nation et le pharaon en tant que dieu vivant furent les produits de la conscientisation par les Égyptiens des mouvements astronomiques découlant de la précession. » (Michael Rice, Egypt Legacy, 1997, p.128). Ces théories ne sont pas reconnues par les égyptologues, faute de sources écrites attestant de tels savoirs astronomiques du temps des pharaons.
- ↑ Cette hypothétique découverte préhistorique de la précession fut régulièrement brandie par des auteurs de « pseudohistoire » (par exemple John Anthony West, Graham Hancock ou Robert Beauval), y voyant la preuve d’une civilisation antédiluvienne oubliée.
- ↑ « Martin B. Sweatman & Alistair Coombs, Decoding European Palaeolithic Art: Extremely Ancient knowledge of Precession of the Equinoxes, Athens Journal of History - Volume 5, Issue 1 – Pages 1-30 »
- ↑ Certains savants de l’Antiquité (Théon d'Alexandrie) et du Moyen Âge (notamment Thābit ibn Qurra et Ibrahim ibn Sinan à Bagdad) développèrent des théories de la « trépidation », selon lesquelles la voûte céleste oscillerait. Le déplacement des étoiles fixes se renverserait périodiquement, ce qui, selon les modèles, annulerait ou ralentirait le cycle précessionnel. Voilà, par exemple, pourquoi les tables alphonsines attribuent une durée de 49 millénaires à la précession. La théorie de la trépidation a dominé l’astronomie latine jusqu’à la Renaissance.
- ↑ Le Surya Siddhanta, traité d’astronomie indien composé au début du Moyen Âge, stipulait que le soleil équinoxial se déplaçait de 54 degrés sur le zodiaque, avant de faire marche arrière – « trépidation » –, au cours d’une longue oscillation de 7200 ans, avec un mouvement annuel de 54 secondes d’arc (rythme qui donnerait, dans le cadre d’un modèle de précession continue, un cycle de 24 000 ans). Au IVe siècle, Yu XI, astronome au service de la dynastie Jin, quantifie le rythme de la précession à 1 degré tous les 50 ans, soient 18 000 ans pour un cycle complet (Anton Pannekoek, A History of Astronomy, 1961, p. 92). L’astronomie arabe reprit généralement les chiffres donnés par Ptolémée dans son Almageste (1 degré par siècle, soient 36 millénaires pour un cycle complet), tout en mentionnant d’autres estimations. Au Xe siècle, Al-Battani (Zij Al-Sabi) et Al-Soufi (Livre des étoiles fixes) écrivaient que le rythme de la précession correspondait à un degré tous les 66 ans – soient 23 760 ans pour un cycle complet. Au XIIIe siècle, l’astronome perse Nasir al-Din al-Tusi, au service des Mongols après la chute de Bagdad, publiait le Zij-i Ilkhani, un recueil compilé sous sa direction à l’observatoire de Maragha. Il attribuait à la précession un rythme annuel de 51 secondes d’arc, soient 25 411 ans pour un cycle complet, une estimation très proche de la réalité.
- ↑ « Isaac Newton, Philosophiæ naturalis principia mathematica, Prop. XXXIX. Prob. XIX. - Invenire Præcessionem Æquinoctiorum, p.283 »
- ↑ Les équations de Newton furent ensuite revues et améliorées par les physiciens, notamment par d’Alembert au siècle suivant.
- ↑ « Voltaire, Lettres philosophiques, Lettre XVII : Sur l’infini et sur la chronologie, 1734 »
- ↑ Voltaire, « Éléments de la philosophie de Newton », partie iii, chapitre x, 1737
- ↑ « Précession des équinoxes, L’Encyclopédie, Tome 13, 1751, p.269-270 »
- ↑ « N. Capitaine, P. T. Wallace & J. Chapront, « Expressions for IAU 2000 precession quantities », 2003 »
- ↑ « Laskar, Robutel, Joutel, Gastineau, Correia, Levrard,(2004), « A long-term numerical solution for the insolation quantities of the Earth », Astronomy & Astrophysics, 428: 261–285 »
- ↑ Dans l’espace euclidien en 2 dimensions, 2 points donnent le segment et 2 segments donnent l’angle. Le plus simple des polygones est le triangle (2+1 angles). Pour obtenir 25920 degrés, il faut 1 tétradécacontahexagone (2+144 angles), 2 heptacontatétragones (+72 angles), 3 pentacontagones (+48 angles), 4 triacontaoctogones (+36 angles), 6 icosihexagones (+24 angles), 8 icosagones (+18 angles), 9 octodécagones (+16 angles), 12 tétradécagones (+12 angles), 16 hendécagones (+9 angles), 18 décagones (+8 angles), 24 octogones (+6 angles), 36 hexagones (+4 angles), 48 pentagones (+3 angles), 72 quadrilatères (+2 angles), ou 144 triangles. La boucle est bouclée avec en point nodal le nombre 12 (7 solutions avant et 7 après). À noter que le nombre 7 forme une articulation du système décimal (1x2x3x4x5x6x7 = 7x8x9x10). Le nombre 25920 (6x6x6!) compte 70 facteurs.
- ↑ On relève dans différentes traditions religieuses une profusion de passages incluant le nombre 72 (un degré du cycle précessionnel). Plutarque mentionnait une vieille fable égyptienne selon laquelle Thot, dieu de la sagesse, aurait joué aux dés avec la Lune et gagné le 72e de chaque jour de l’année. 360 / 72 donnent les 5 jours épagomènes et 360 x 72 donnent 25920… Seth est aidé de 72 complices pour enfermer son frère Osiris dans un sarcophage. Aristote écrit qu’Alcmène, la mère d’Héraclès, a donné naissance à 72 enfants (Histoire des animaux). 72 élèves de Confucius (mort à 72 ans) sont parvenus à maîtriser ses enseignements. 72 disciples sont envoyés par Jésus en reconnaissance dans l’Évangile selon Luc. La règle de l'ordre du Temple comprenait 72 articles. On dénombre 72 noms de Dieu dans le Sefer Raziel, 72 degrés sur l’échelle de Jacob dans le Zohar, 72 démons dans la petite clef de Salomon, 72 traducteurs grecs de la Torah étant parvenus à 72 traductions identiques, 72 astres originels dans l’Évangile de Judas, 72 chapitres composant le Yasna (le principal texte liturgique du zoroastrisme), 72 sectes de l’Oumma condamnées à brûler en enfer, 72 vierges récompensant les martyrs musulmans au paradis, 72 microsaisons dans le calendrier japonais traditionnel, 72 stūpas dans le temple de Borobudur (le plus grand sanctuaire bouddhiste au monde) sur l’île de Java, etc. Ce nombre se retrouve aussi dans la géométrie du nombre d’or (dans le triangle d’or, le pentagramme ou le dodécaèdre étoilé de Kepler).
- ↑ Comme les Babyloniens, les Hébreux divisaient la journée en 25920 halakim (1080 par heure).
- ↑ Les six carrés d’un cube donnent 2160 degrés. Le nombre 216 (6x6x6), valeur présumée du mystérieux nombre de Platon, est également doté de propriétés géométriques intéressantes. En deux dimensions, on connaît le triangle rectangle pythagoricien 3:4:5 (3²+4²=5²) de surface 6. En trois dimensions, la somme des volumes de trois cubes aux arêtes valant 3, 4, 5 est égale au volume d’un cube aux arêtes valant 6 (3³+4³+5³=6³). De même pour la somme des volumes de trois sphères de diamètres valant 3, 4, 5, qui donne le volume d’une sphère de diamètre valant 6.
- ↑ Voltaire, « Astrologie », Dictionnaire philosophique, 1764.
- ↑ Certains auteurs font débuter leur chronologie zodiacale à une époque antédiluvienne. Dupuis affirmait que le zodiaque avait été inventé en Éthiopie il y a 16 millénaires, lorsque le soleil printanier traversait le signe de la Balance. Il avança ensuite en guise de preuves les marqueurs équinoxiaux qu’il pensait avoir identifiés sur le zodiaque de Dendérah.
- ↑ L’Agnus Dei mange du poisson après sa résurrection (Jean, 21).
- ↑ L’écrivain américain John Anthony West affirmait que le sphinx de Gizeh était à l’origine un lion (la tête aurait ensuite été remplacée par celle d’un pharaon du temps de l’Ancien Empire). Partisan de l’hypothèse de l'érosion du sphinx par l'eau, dans la lignée de Schwaller de Lubicz, il a reçu le soutien du géologue Robert Schoch durant les années 1990. J. A. West prétendait que la créature avait été le témoin d’un déluge préhistorique et situait sa construction à l’ère du lion (10 millénaires avant J-C), voire à la précédente ère du lion (36 millénaires avant J-C). Ses thèses ont été rejetées par les universitaires spécialistes du sujet. Selon l’écrivain britannique Graham Hancock, ami de West et chantre de l’hypothèse de l'impact cosmique du Dryas récent, l’ère du Lion fut une époque de terribles catastrophes (chutes de météorites provoquant la fonte de la calotte glaciaire et donc un déluge à l’échelle globale), ayant conduit à l’anéantissant d’une civilisation préhistorique, dont les survivants transmirent leurs connaissances aux chasseurs-cueilleurs. Ces théories sur une mystérieuse civilisation disparue, qui ont fait l’objet d’une série diffusée en 2022 sur Netflix (Ancient Apocalypse), sont considérées comme relevant de la « pseudohistoire » et ne sont pas acceptées par la communauté scientifique.
- ↑ « Arkadiusz Sołtysiak, 'The Bull of Heaven in Mesopotamian Sources', Culture and Cosmos, Vol. 5 n°2, Autumn/Winter 2001, pp.3-21. »
- ↑ « Charles-François Dupuis, Origine de tous les cultes, ou Religion universelle, 1795, tome II, p.105 »
- ↑ Un célèbre hymne de l’Avesta, « la lamentation de la vache », est attribué à Zoroastre,
- ↑ André Le Bœuffle, Les Noms latins d’astres et de constellations, éd. Paris : Les Belles Lettres, 1977, p. 154-159.
- ↑ Ératosthène, Le Ciel, mythes et histoires des constellations, Pascal Charvet (dir.), Paris : Nil Éditions, 1998, p. 83.
- ↑ David Ulansey propose de voir en Mithras la personification de la force responsable de la précession. Il pense que le mithraïsme fut une réaction religieuse à la découverte de la précession par Hipparque.
- ↑ « Ulansey, David (1991). Mithraism: The Cosmic Mysteries of Mithras »
- ↑ Apocalypse 4, 7-8
- ↑ Le tétramorphe figure sur les armoiries de la grande loge d’Angleterre.
- ↑ « Matthieu 25, 33 »
- ↑ « Matthieu 12, 39-40 »
- ↑ « Matthieu 17, 24-27 »
- ↑ « Marc 1, 17 »
- ↑ « Matthieu 14 »
- ↑ « Jean 21 »
- ↑ Dans son livre Origine de tous les cultes, ou Religion universelle, Dupuis écrit que les évangiles présentent toutes les caractéristiques d’une « fable solaire ».
- ↑ Selon Johannes Kepler, l'étoile de Bethléem annonçant la nativité serait en fait une conjonction advenue en l'an 7 avant notre ère, un alignement des planètes Jupiter et Saturne dans la constellation des Poissons.
- ↑ Cette histoire, qui présente des similitudes avec le mythe de la naissance d'Europe, fut rapportée dans la Chronique de Frédégaire au VIIe siècle.
- ↑ « Histoire du Saint Graal, Bibliothèque nationale de France »
- ↑ Le soleil du solstice d’hiver traversait le Verseau à l’époque de Gilgamesh. Le dieu prenait aussi les attributs de la chèvre aquatique, le Capricorne, constellation vers laquelle glissa ensuite le solstice d’hiver glissa vers.
- ↑ Verderame, L., The Primeval Zodiac: Its Social, Religious, and Mythological Background, Cosmology Across Cultures ASP Conference Series, Vol. 409, proceedings of the conference held 8-12 September, 2008, at Parque de las Ciencias, Granada, Spain. Edited by José Alberto Rubiño-Martín, Juan Antonio Belmonte, Francisco Prada, and Antxon Alberdi. San Francisco: Astronomical Society of the Pacific, 2009., p.151.
- ↑ « The New York Times, A Doodle Reveals da Vinci’s Early Deconstruction of Gravity, 17 février 2023 »
- ↑ « Astrologicorum Libri VI, Tommaso Campanella, 1629, p.22 »
- ↑ « A history of western astrology, S. Jim Tester, 1989, p.214 »
- ↑ Citant Dupuis, Volney pensait que le zodiaque remontait à 17 millénaires, lorsque le soleil du printemps traversait la Balance. Choisissant un rythme légèrement plus rapide que celui de Newton (un degré tous les 70,5 ans, soient 2115 ans pour un âge astrologique, et 25380 ans pour un cycle complet de la précession), Volney fixait le début de l’ère du bélier à l’an 2504 avant Jésus Christ. L’ère des Poissons commencerait ainsi en 389 avant notre ère (époque de la création de l’académie de Platon à Athènes) et l’âge du Verseau en 1727 (mort de Newton).
- ↑ « Volney, Les ruines, ou Méditation sur les révolutions des empires, 1791, p.369 »
- ↑ Dans la tradition babie, l’ère du Verseau commença en 1844, à la création du mouvement par Bāb.
- ↑ Steiner penchait de son côté pour un prolongement de l’ère des Poissons jusqu’en 3573.
- ↑ Christian Lazaridès, "Vivons-nous les commencements de l'Ere des Poissons" - Editions anthroposophiques romandes. 1989 pp. 143–155.
- ↑ D. Rudhyar, Préparations spirituelles pour un nouvel âge, Éditions du Rocher, 1986, (ISBN 978-2268004358).
- ↑ Omraam Mikhaël Aïvanhov, Le Verseau et l'avènement de l'Âge d'Or, Éditions Prosveta, Œuvres complètes Tome 25, 1988.
- ↑ Il fut attaqué par René Guénon qui réprouvait ses théories racistes sur l’Atlantide.
- ↑ Ce passage sur la réconciliation des juifs et des chrétiens fut escamoté dans la deuxième édition en 1940, au début du régime de Vichy.
- ↑ Boynton, Robert (2004), “In the Jung Archives,” The New York Times Book Review (January 11, 2004), p.8
- ↑ Heelas, Paul (1996). The New Age Movement: Religion, Culture and Society in the Age of Postmodernity. Cambridge: Blackwell, p.46-47
- ↑ Hammer, Olav (2001). Claiming Knowledge: Strategies of Epistemology from Theosophy to the New Age, p.69-70
- ↑ Carl Jung, Lettre à Walter Robert Corti, 12 septembre 1929, Letters, volume I, Princeton University Press, 1975, p. 69
- ↑ Carl Jung, Lettre à Adolf Keller, 25 février 1955, Letters, volume II, Princeton University Press, 1975, p. 229-230.
- ↑ Andrew Dawson, New Era, New Religions: Religious Transformation in Contemporary Brazil (Ashgate Publishing, 2007) p.56
- ↑ « Collected Works 9, II, p.94 »
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Astrologie
- Ésotérisme
- Hipparque (astronome)
- Histoire de l'humanité
- Précession des équinoxes
- Ayanamsa
- Origine de tous les Cultes
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Jacques Halbronn, Astronomie et chronologie : Isaac Newton et l’école précessionnelle française.
- Jacques Halbronn, Histoire des Religions et Phases astronomiques. (De l'Influence de l'Inde sur la pensée astrologique occidentale). Thèse de doctorat, Paris X. (extrait)