Ère astrologique

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Une ère astrologique est la période pendant laquelle le point vernal, qui correspond à la position du Soleil à l'équinoxe de printemps, traverse l'une des douze constellations du zodiaque. Du fait de la rotation de l'axe des pôles, le point vernal se déplace lentement, dans le sens inverse à la progression sur l'écliptique des constellations qui ont donné leur nom aux signes zodiacaux.

Nommé précession des équinoxes, ce phénomène a été découvert par l'astronome Hipparque au IIe siècle av. J.-C.. En Inde, il est nommé « ayanamsa ».

Une ère dure environ 2 200 ans, soit 22 siècles ou deux millénaires et un cinquième. Pour les astrologues, chacune correspond à une étape majeure de l'histoire humaine.

La précession des équinoxes provoque une rotation de l'axe des pôles et un déplacement consécutif du point vernal, selon un cycle d'environ 25 800 ans.
L'ayanamsa désigne l'écart croissant entre les zodiaques terrestre (« tropical ») et céleste (« sidéral »).
L'astronome Hipparque.

Astronomie[modifier | modifier le code]

Les cercles imaginaires de l'équateur céleste et de l'écliptique correspondent au mouvement apparent du Soleil autour de la Terre. Ils traversent les deux équinoxes. Le point vernal représente la position du Soleil à l'équinoxe de printemps[a] ; il effectue un tour complet du zodiaque en quelque 25 800 ans, soit environ 260 siècles. Mais l'axe des pôles décrivant une lente rotation, le point vernal se déplace peu à peu, à une vitese variable. Il décrit une progression inverse à celle que parcourent sur l'écliptique, dans une portion inégale, les douze constellations (figures que semblent former au ciel les étoiles) ayant donné leur nom aux signes zodiacaux (périodes de l'année terrestre où une constellation donnée apparaît au lever du soleil). Au fil des siècles, le point vernal passe ainsi du Taureau au Bélier, du Bélier aux Poissons, des Poissons au Verseau et ainsi de suite.

Nommé précession des équinoxes, ce phénomène a été découverte par l'astronome grec Hipparque au IIe siècle av. J.-C.. En Inde, il est appelé « ayanamsa ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Culte de Mithra[modifier | modifier le code]

À l'époque d'Hipparque naît en Grèce un culte à mystères[1], celui du dieu indo-iranien Mithra. Durant les siècles suivants, il se diffuse dans l'Empire romain. Culminant aux IIIe et IVe siècles, il concurrencie le christianisme. Il est interdit en 391.

Mithra égorgeant le taureau. Marino, temple de Mithra (IIe siècle av. J.-C.).

La tauroctonie - une représentation religieuse en relation avec l'univers - apparaît constamment dans l'art mithraïque. On y trouve un foisonnement de symboles liés aux constellations. Selon David Ulansey, professeur de philosophie et d'histoire des religions, Mithra est puissant au point de transformer l'ordre du monde et même de présider à la succession des ères astrologiques.

L'astrologie voit le jour en Mésopotamie entre 4000 et 2000 av. J.-C.. À cette époque, le point vernal se situe dans la constellation du Taureau, qui a donné son nom au signe zodiacal homonyme. Mais à cause de la précession des équinoxes, le point vernal rétrograde dans le Bélier vers l'an 2000 av. J.-C., ce qui marque la fin de l'ère du Taureau. Le sacrifice du taureau par le dieu Mithra traduirait une perte d'influence. Ce changement expliquerait que divers animaux et un objet (un chien, un serpent, un corbeau, un scorpion, un lion, une coupe et un taureau) figurent sur les images de la tauroctonie. Ces symboles seraient respectivement devenus les constellations du Petit Chien, de l'Hydre, du Corbeau, du Scorpion, du Lion, du Verseau et du Taureau.

Le siècle des Lumières - Anciens cultes[modifier | modifier le code]

Voltaire attaque vigoureusement l'astrologie. Il ironise :

« Le grand malheur des astrologues, c’est que le ciel a changé depuis que les règles de l’art ont été données. Le soleil, qui, à l’équinoxe, était dans le bélier du temps des Argonautes, se trouve aujourd’hui dans le taureau ; et les astrologues, au grand malheur de leur art, attribuent aujourd’hui à une maison du soleil ce qui appartient visiblement à une autre »[2].

Ce décalage des constellations, causé par la précession des équinoxes, est avancé comme un argument majeur contre une astrologie qui a mal vieilli. Cependant, sous la plume de Charles-François Dupuis, le phénomène est lié à la succession des grands cultes ayant divinisé des animaux. Sans omettre de critiquer les astrologues, Dupuis conclut, dans L'origine de tous les cultes, ou la religion universelle[3], que « le changement d’animal symbolique était une suite nécessaire de la précession des équinoxes et du changement de signe céleste »[4].

New Age[modifier | modifier le code]

La notion d'ère astrologique a été largement popularisée par le New Age. Entre autres, les écrits d'Alice Bailey[5] inspirent Dane Rudhyar[6] et ceux de Peter Deunov[7] nourrissent la réflexion d'Omraam Mikhaël Aïvanhov[8].

Ères astrologiques[modifier | modifier le code]

Une ère astrologique dure environ 2 200 ans, soit 22 siècles ou deux millénaires et un cinquième.

Le signe opposé d'une ère doit être pris en compte. Il est parcouru par l'opposé du point vernal, soit le premier jour de l'automne. Ainsi, Gémeaux, Taureau, Bélier et Poissons peuvent être respectivement associés à leur signe complémentaire : Sagittaire, Scorpion, Balance et Vierge. En ce qui concerne ce dernier signe par exemple, la virginité de Marie constitue, pour les catholiques, un dogme bien établi. Ce symbole de pureté correspond au signe de la Vierge, opposé à celui des Poissons.

Ères primitives[modifier | modifier le code]

La Balance. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512).

Les traces laissées par l'Homme ne permettent guère de remonter au-delà de la plus récente ère du Lion, qui s'étend de 11 300 à 8700 av. J.-C. et connaît le Déluge. Nommés « antédiluviens », les temps précédents restent largement inconnus. À leur égard, peut-on parler de civilisation ? Ils échappent à nos connaissances vu les interrogations qui entourent l'aube de l'Humanité voici quelque 3 millions d'années, au début du Paléolithique où apparaît la « pierre taillée ». Cette période aussi longue qu'obscure représente environ 116 cycles complets de précession des équinoxes et 1 400 ères astrologiques successives.

La moins ancienne des ères du Capricorne (signe zodiacal ouvrant l'hiver), de 22 300 à 20 100 av. J.-C. environ, coïncide avec le dernier maximum glaciaire, pic de froid de la dernière glaciation. Quant aux ères qui l'ont soit immédiatement suivie, soit précédée dans la nébuleuse de nos origines, le symbolisme zodiacal autorise des conjectures. Une ère du Sagittaire vit-elle naître les premières explorations lointaines, la chasse et la médecine[b] ? Du Scorpion, les pratiques funéraires liées à l'angoisse de la mort ? De la Balance, la notion de justice et la création artistique[c] ? De la Vierge, les premiers essais d'agriculture[d], le culte primitif d'une déesse-mère, le souci d'hygiène[e] ?

L'ère d'un signe zodiacal à représentation humaine (Gémeaux, Vierge ou Verseau) présida-t-elle à l'acquisition par l'Homme de la bipédie et de la station debout, étape majeure qui le différencia des hominidés ?

Ère du Lion[modifier | modifier le code]

Entre 11 300 et 8700 av. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Le Soleil régit le Lion. Château Rocca Borromeo di Angera (Province de Varèse). Salle de la Justice. Fresque illustrant l'Été.

Le Lion est un signe de feu et un signe fixe.

Gouverné par le Soleil, principe de vie et de chaleur, il traduit la conscience de soi et préside au commandement. En mauvaise part, la certitude de ses capacités provoque orgueil et despotisme.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère du Lion marque l'arrêt de la dernière glaciation, qui entraîne un réchauffement climatique. De ce fait, elle subit le Déluge. Elle coïncide avec le Mésolithique, dont la fin traduit le passage d'une société nomade de chasseurs-cueilleurs à une économie sédentaire d'agriculteurs-éleveurs. Au Proche-Orient, l'âge de la « pierre polie » ou Néolithique, qui succède au Mésolithique, débute vers 9000 av. J.-C.

Cette ère voit-elle émerger la royauté et l'aristocratie mais aussi naître l'esclavage ?

En Turquie, on date de cette époque le site de Göbekli Tepe, érigé vers 9600 av. J.-C. Les motifs décoratifs mis à jour montrent une prédominance d'animaux prédateurs à l'aspect menaçant, arborant griffes et crocs.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Au Moyen-Orien, le lion garde les temples.

Dans la tradition juive, il symbolise la tribu de Juda, ses rois et ceux d'Israël, issus de David. Le Messie doit naître de cette branche.

L'énigme posée par Samson aux Philistins (Livre des Juges 14:12-14) évoque un lion qui représente la force. Le roi des animaux se manifeste aussi dans la prophétie d'Ézéchiel dite des « quatre Vivants ».

L'ère du Lion voit-elle se généraliser les cultes primitifs du soleil et du feu ?

Ère du Cancer[modifier | modifier le code]

Entre 8700 et 6500 av. J.-C., selon la plupart des auteurs.

La Lune régit le Cancer. Château Rocca Borromeo di Angera (Province de Varèse). Salle de la Justice. Fresque illustrant l'Été.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Le Cancer est un signe d'eau et un signe cardinal.

Régi par la Lune qui conditionne les besoins primaires, il attache au foyer, à la famille et aux origines, assure l'alimentation, protège la navigation. En mauvaise part, son tempérament impressionnable entraîne indolence et caprice.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère du Cancer voit s'intensifier la sédentarisation. L'Homme construit des maisons, se regroupe dans des villages et domestique les animaux. L'agriculture se généralise[9]. Les sites de Çatal Höyük et d'Hacilar (en) en portent témoignage.

Cette période inaugure peut-être la navigation fluviale ou maritime.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

L'ère du Cancer voit-elle se généraliser les cultes primitifs de la lune, de la mer et des sources, des ancêtres ?

Ère des Gémeaux[modifier | modifier le code]

Entre 6500 et 4300 av. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Les Gémeaux. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512).

Les Gémeaux sont un signe d'air et un signe mutable.

Ils sont gouvernés par Mercure, planète des échanges. Leur nature humaine les rend aptes à la communication. En mauvaise part, leur faculté d'adaptation induit superficialité, dispersion et duplicité.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère des Gémeaux voit débuter l'âge du cuivre, vers 5000 av. J.-C. Elle apporte des progrès humains décisifs :

Plusieurs civilisations protohistoriques d'Asie émergent :

Cette période aurait vu sombrer l'Atlantide, vers 6000 av. J.-C.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Les Gémeaux représentent deux figures humaines identiques. L'ère des Gémeaux voit-elle naître le culte primitif d'une divinité double, d'où serait issu Janus ?

Ère du Taureau[modifier | modifier le code]

Entre 4300 et 2000 av. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Le Taureau. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512).

Le Taureau est un signe de terre et un signe fixe.

Il est régi par Vénus, qui détermine les affects et appétences. Associé à la matière, il incarne la solidité et la fécondité. En mauvaise part, son pragmatisme suscite entêtement et matérialisme. Encore aujourd'hui, l'expression « adorer le veau d'or » désigne l'avidité de biens.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère du Taureau marque la fin de la Préhistoire et le commencement de l'Histoire, dont les limites (aux alentours de 3000 av. J.-C.) demeurent imprécises car variables d'un continent, voire d'une culture à l'autre. Elle voit débuter l'âge du bronze[f], vers 2700 av. J.-C.

C'est une période relativement calme marquée par la structuration et la construction de mégalithes.

En Égypte, elle voit l'essor de l'agriculture, la répartition des terres, la distribution de l'eau et le contrôle de l'irrigation dans la vallée du Nil. La première dynastie égyptienne, nommée dynastie 0, apparaît à cette époque. Sur le site d'Oumm el-Qa'ab, des découvertes archéologiques récentes révéleraient l'existence de rois Coquillage, Éléphant ou Taureau Ier et II. La pyramide de Khéops et le Sphinx de Gizeh sont édifiés aux environs de 2500 av. J.-C.

En Mésopotamie, la période d'Uruk succède à celle d'Obeïd. À Sumer, l'Homme invente l'écriture, dont nous sont parvenues des traces pérennes sous forme de tablettes d'argile. Il construit des canalisations qui permettent d'exploiter les terres, élève des villes aux imposants bâtiments. Ses observations du ciel nocturne donnent naissance à l'astrologie. Dans l'actuel Pakistan s'édifie la cité de Mohenjo-daro, qui regroupe 40 000 personnes. Les habitants de Malte construisent le complexe de Mnajdra, l'un des plus anciens sites religieux mis à jour. Vers 2800 av. J.-C. commence, au sud de l'Angleterre, l'édification de Stonehenge.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

L'Adoration du veau d'or par Antonio Molinari.

Cette période voit apparaître le culte du taureau :

Alors que Moïse reçoit les tables de la loi sur le Mont Sinaï, les Hébreux façonnent et adorent un veau d'or. Ce culte traduit un retour sacrilège au paganisme égyptien.

À cette époque émerge aussi le culte d'une déesse-mère de la fécondité : Ishtar, Isis, Vénus[10].

Ère du Bélier[modifier | modifier le code]

Entre 2000 av. J.-C. et la naissance du Christ, selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Le Bélier. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512).

Le Bélier est un signe de feu et un signe cardinal.

Gouverné par Mars, principe d'énergie, il ouvre le zodiaque sous l'égide du dieu de la guerre. Symbolisant l'unité primordiale, il signe l'audace, la conquête, l'excellence. En mauvaise part, son besoin d'action irréfléchi provoque violence et témérité.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère du Bélier voir émerger l'âge du fer[g] vers 1100 av. J.-C. dans le monde méditerranéen. Elle marque une période sanglante.

Des envahisseurs indo-européens, les Hittites, déferlent de l'Asie vers le Proche-Orient, la Méditerranée et l'Occident. Des guerres opposent les cités grecques et entraînent la destruction de Troie. Nabuchodonosor II et Alexandre le Grand conquièrent des empires. Une nouvelle division sépare la Haute et la Basse-Égypte. Rome combat les Étrusques, les Samnites, la Gaule et Carthage.

En Égypte règnent des pharaons nommés « Ramsès »[11]. La racine indo-européenne « ram » veut dire « bélier »[11] ; elle s'est conservée telle quelle en anglais.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

L'ère du Bélier voit l'avènement du monothéisme par rejet des « faux cultes » polythéistes. En sacrifiant un bélier à la place de son fils Isaac, Abraham manifeste l'obéissance à un dieu unique[11]. Le nom primitif d'Abraham, « Abram », signifie « venu du bélier » ou « fils du bélier »[11]. À partir de Moïse, les Hébreux fêtent la Pâque en sacrifiant un agneau. L'abandon du veau d'or et l'apparition du chofar, un instrument de musique fabriqué avec une corne de bélier, traduisent la renonciation aux cultes tauriens, jugés trop charnels et associés au péché[11].

En Mésopotamie, on abandonne le culte d'Astarté, divinité associée à la planète Vénus et au Taureau. En Assyrie et en Crète, le culte du bélier remplace celui du taureau[11]. On honore le dieu solaire à tête de bélier Amon en Égypte[11] ; le dieu Agni[11]chevauchant un bélier en Inde ; le dieu Belenos, un serpent à tête de bélier, en Gaule[11]. En Grèce naît le mythe de la Toison d'Or.

En Inde apparaissent l'hindouisme et le bouddhisme.

Ère des Poissons[modifier | modifier le code]

Entre la naissance du Christ et 2150 apr. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Les Poissons. Gravure sur bois de Johannes Regiomontanus (1512).

Les Poissons sont un signe d'eau et un signe mutable.

Ils sont régis par Jupiter, garant de la cohésion sociale, et par Neptune, principe de mysticisme. Fermant le zodiaque, ils annoncent la fin des temps. Soucieux de charité, ils aspirent à l'amour universel et s'ouvrent sur l'infini. En mauvaise part, leur idéalisme et leur refus des limites entraînent confusion et dissolution.

Civilisation[modifier | modifier le code]

L'ère des Poissons est empreinte de foi collective, religieuse comme politique. Les Poissons sont un signe double. Placés l'un en haut et l'autre en bas, ils nagent en sens inverse mais un fil les relie. Cette association d'aspirations contradictoires traduit une multiplicité d'idéologies. Elle comporte aussi un risque de confusion, voire d'inversion des valeurs[h] liée au fondamentalisme.

Marquée par la révolution industrielle, la fin de l'ère des Poissons connaît une inquiétante pollution de l'environnement qui menace jusqu'à leur élément naturel, l'eau des fonds marins.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Pour la plupart des auteurs, l'ère des Poissons commence à l'avènement du Christianisme. Les Poissons sont un signe double. Cette dualité se traduit par l'instauration d'Églises schismatiques, orthodoxe puis protestante.

L'ère des Poissons voit aussi apparaître et se répandre l'Islam.

Quelle que soit la croyance, la prépondérance du dogme et le prosélytisme ouvrent la porte à l'intégrisme et débouchent sur l'intolérance.

Approches diverses[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]
Rudolf Steiner en 1907. Un natif des Poissons...

Selon Rudolf Steiner, créateur de l'anthroposophie, l'ère des Poissons a débuté en 1413 et s'achèvera en 3573 apr. J.-C.

Elle commence bien après la date suggérée par la majorité des astrologues, au milieu du point vernal et non à son début [i].

L'Humanité se trouve actuellement à la fin du premier tiers de l'Ère des Poissons, dans la cinquième époque post-atlantéenne[12]. Celle-ci comprend sept civilisations correspondant à autant d'ères zodiacales, elles-mêmes correspondant aux sept Églises de l'Apocalypse. D'une durée de 2160 ans, chaque civilisation conduit l'Humanité à des stades d'évolution successifs par la maturation d'un de ses éléments constitutifs.

Au milieu de l'ère des Poissons, en 2493 apr. J.-C., l'Humanité devrait acquérir « l'âme de conscience, l'âme qui se saisit elle-même, qui a conscience de ce qui vit en elle », c'est-à-dire qui recherche la vérité et le bien moral, développe une « égoïté christifiée » et se confronte au mal en soi et à l'extérieur[13].

L'ère des Poissons correspond à la cinquième église mentionnée dans l'Apocalypse, celle de Sardes[13].

Selon Max Heindel[modifier | modifier le code]

Pour Max Heindel, l'ère des Poissons a débuté en 498.

Selon Paul Le Cour[modifier | modifier le code]
Inscription antique.
Le mot grec IΧΘΥC ou IΧΘΥΣ (« ikhthus »), signifiant « poisson », est aussi l'acronyme de Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur.

Selon Paul Le Cour, l'ère des Poissons a commencé à la naissance du Christ[11]. Dans l'iconographie paléochrétienne, celle des catacombes notamment, Jésus est symbolisé par un poisson. En grec, ce mot s'écrit IΧΘΥΣ (« ikhthus »). Ces lettres forment l'acronyme « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur »[11].

L'ère des Poissons correspond à la période où, lors de l'équinoxe de mars, le point vernal se trouve dans le signe des Poissons[11]. Elle prendra fin en 2160 apr. J.-C.[11]

Elle se traduit par une soumission à des religions se fondant sur des dogmes[14].

Selon Carl Jung[modifier | modifier le code]

Dans le chapitre « Pensées tardives » de son autobiographie Erinnerungen, Träume, Gedanken, Carl Jung aborde l'ère des Poissons comme précédant celle du Verseau[15].

Ère du Verseau[modifier | modifier le code]

Entre 2150 et 4500 apr. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Astrologie[modifier | modifier le code]

Saturne régit le Verseau et le Capricorne. Château Rocca Borromeo di Angera (Province de Varèse). Salle de la Justice. Fresque illustrant l'Hiver.

Le Verseau est un signe d'air et un signe fixe.

Il est gouverné par Saturne, qui incite à l'introspection et à l'exigence, et par Uranus, qui apporte l'imprévu mais aussi les bouleversements et la révolution. Symbolisé par une figure humaine, il est foncièrement individualiste mais préconise la solidarité. Sa soif de liberté et son dédain des conventions induisent anarchie et utopie. Malgré son optimisme, le processus uranien s'avère souvent violent : les expériences d'apprenti-sorcier ne réservent pas que de bonnes surprises.

Civilisation[modifier | modifier le code]

Signe des temps, la fulgurante généralisation de l'informatique (avec ses bugs, sa technocratie et la déshumanisation née de son caractère artificiel) semble apporter les prémices du l'ère du Verseau où les progrès seront rapides, inattendus et irréversibles.

Le Verseau représente un jeune homme renversant l'eau d'une amphore, d'où son nom. Son ère pourrait nettoyer la pollution, environnementale et psychique, héritée de l'ère des Poissons. Peut-être inaugurera-t-elle aussi une phase de l'Humanité libérée de ses mauvais instincts, capable d'abolir l'exploitation des individus par leurs semblables issue de la lointaine ère du Lion, son opposée dans le cycle du zodiaque.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Le Verseau étant un signe cérébral et rationnel, son ère pourrait voir cesser la prépondérance des religions, tout du moins dans leurs manifestations collectives.

Approches diverses[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]

Rudolf Steiner affirme que l'ère du Verseau ne commencera qu'en 3573 apr. J.-C., quand le point vernal se trouvera à peu près au milieu de la constellation du même nom. Le coucher héliaque des étoiles à l'équinoxe - point de repère situé 15 degrés après le coucher du soleil - pourrait être utilisé au lieu du point vernal qui, lui, est fictif. Mais cela n'explique pas l'étendue inégale des constellations. Pour Steiner et d'autres auteurs, tout se passe comme si chaque constellation comportait 30 degrés. Or, si la plupart des astrologues s'accordent à diviser le zodiaque en douze signes portant le même nom que les constallations célestes, tous ne s'accordent pas sur les limites des signes. Cela entraîne des divergences notables sur la date du début des ères astrologiques. Le problème se complique encore du fait que la vitesse de précession du point vernal n'est pas constante dans le temps.

L'ère du Verseau correspond à la sixième église mentionnée dans l'Apocalypse, celle de Philadelphie[13].

ÈRES ASTROLOGIQUES SELON RUDOLF STEINER
Période Civilisation Ère Église Évolution spirituelle
De 7227 à 5067 av. J.-C. Indienne Cancer Éphèse Corps éthérique
De 5067 à 2907 av. J.-C. Perse Gémeaux Smyrne Corps astral
De 2907 à 747 av. J.-C. Chaldéo-égyptienne Taureau Pergame Âme de sensation
De 747 av. J.-C. à 1413 apr. J.-C. Gréco-latine Bélier Thyatire Âme d'entendement
De 1413 à 3573 apr. J.-C. Anglo-germanique Poissons Sardes Âme de conscience
De 3573 à 5733 apr. J.-C. Slave Verseau Philadelphie Moi spirituel
De 5733 à 7893 apr. J.-C. Américaine Capricorne Laodicée Esprit de vie
Selon Max Heindel[modifier | modifier le code]

D'après Max Heindel, l'ère du Verseau débutera en 2658 apr. J.-C.

Selon Paul Le Cour[modifier | modifier le code]

Pour Paul Le Cour et une majorité d'astrologues, l'ère du Verseau commencera quelque 2150 ou 2160 ans après l'ère des Poissons[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En latin, « ver » signifie « printemps ».
  2. Le centaure Chiron, associé au Sagittaire, possède des dons de guérisseur.
  3. L'astrologie reconnaît à la Balance un sens esthétique affirmé.
  4. L'étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge se nomme l'Épi.
  5. L'astrologie prête à la Vierge un souci d'hygiène et de bonne santé.
  6. Le bronze est un alliage comportant une proportion majoritaire de cuivre. L'astrologie associe ce métal à la planète Vénus, qui régit le signe du Taureau.
  7. L'astrologie associe le fer à la planète Mars, qui régit le signe du Bélier.
  8. Incarnée, entre autres, par l'Inquisition ou le Communisme qui ont conduit à commettre le Mal au nom du Bien.
  9. Une autre interprétation[Par qui ?] conduisant au même résultat s'appuie sur l'entrée du coucher héliaque des étoiles dans une constellation pour identifier la date d'entrée dans une nouvelle ère. Comme le coucher héliaque des étoiles se trouve à 15° du point vernal lors de l'équinoxe de printemps et comme une constellation correspond à 30° en moyenne, lorsque le point vernal est au milieu d'une constellation, les étoiles en coucher héliaque sont au début de cette constellation.

Références[modifier | modifier le code]

  1. W. Burkert, Les cultes à mystères dans l'Antiquité, Paris, 1992, p. 14.
  2. Astrologie. Dictionnaire philosophique.
  3. L'origine de tous les cultes, ou la religion universelle, en trois volumes de textes et un volume de planches in-4, ou douze volumes in-8 abondamment illustrés (1795). Réédité en 1822 et en 1835-1836.
  4. Dupuis, Charles-François (1798). Origine de tous les cultes, tome I, p. 143, version en 4 vol., cité dans Jacques Halbronn. Astronomie et chronologie : Isaac Newton et l’école précessionnelle française.
  5. A. Bailey, Le retour du Christ, Lucis Trust, (ISBN 978-2882890009).
  6. D. Rudhyar, Préparations spirituelles pour un nouvel âge, Éditions du Rocher, 1986, (ISBN 978-2268004358).
  7. P. Deunov, Le futur credo de l'humanité, Courrier du livre.
  8. Omraam Mikhaël Aïvanhov, Le Verseau et l'avènement de l'Äge d'Or, Éditions Prosveta, Œuvres complètes Tome 25, 1988.
  9. a b et c Astrological Ages Signs of the times.
  10. Laura Winckler, L'ère du Verseau, éd. des 3 Monts, 1999, p. 179.
  11. a b c d e f g h i j k l m et n Le Cour, "L'ère du Verseau", 1937.
  12. Rudolf Steiner, L'Apocalypse.
  13. a b et c Rudolf Steiner, Théosophie.
  14. Le Cour écrit, dans son chapitre La religion du Verseau : "Si la religion est actuellement attaquée, c'est parce qu'il n'est plus possible de la rendre acceptable aux hommes plus instruits, plus avertis, sans de profondes modifications de ses dogmes (...) Elle a perdu le sens des mystères qu'elle renferme". Cependant, Le Cour n'envisage pour l'ère nouvelle rien de valable qu'un christianisme régénéré par le retour du Christ.
  15. Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]