Ère astrologique

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En astrologie, une ère astrologique est la période pendant laquelle le point vernal traverse l'une des 12 constellations du zodiaque, du fait de la précession des équinoxes, phénomène découvert et étudié par l'astronome Hipparque au IIe siècle av. J.-C..

Le point vernal effectue un tour complet du zodiaque en environ 25 776 ans[1],[2]. Cela signifie que 30 degrés de l'écliptique sont parcourus en approximativement 2 160 années[3].
Le fait que les constellations occupent des portions plus ou moins grandes que 30 degrés sur l'écliptique est traité de différentes manières selon les auteurs.

Le mouvement de précession des équinoxes amène un déplacement du pôle et du point vernal selon un cycle de 25 800 ans environ.

Selon cette conception, chacune de ces ères correspond à une étape majeure de l'histoire.

Les ères astrologiques dans l'histoire[modifier | modifier le code]

La religion mithraïque[modifier | modifier le code]

Mithra et le taureau, fresque de la ville de Marino.

La précession des équinoxes aurait été découverte par Hipparque au IIe siècle av. J.-C.. C'est à cette époque que naît, en Grèce, un culte à mystères[4], le mithraïsme. Il se diffusa pendant les siècles suivants dans tout l'Empire romain, pour atteindre son apogée durant les IIIe et IVe  siècles, époque pendant laquelle il devint un concurrent important du christianisme, jusqu'à son interdiction en 391.

La tauroctonie est une scène omniprésente dans l'art mithraïque. On y retrouve un foisonnement de symboles liés aux constellations. Selon David Ulansey, Mithra était perçu comme un dieu si puissant qu'il était capable de transformer l'ordre même de l'Univers (entendre, en langage moderne, faire en sorte que les ères astrologiques se succèdent). Le taureau serait le symbole de la constellation du Taureau. Au début de l'astrologie, en Mésopotamie, entre le 4000 et le 2000 av. J.-C., le point vernal était au niveau du Taureau. À cause de la précession des équinoxes, ce point se déplaça, à reculons, dans le Bélier vers l'an 2000 av. J.-C., marquant la fin de l'ère astrologique du Taureau. Le sacrifice du taureau par Mithra symboliserait ce changement, causé, selon les croyants, par l'omniprésence de leur dieu. Cela expliquerait aussi les animaux qui figurent sur les images de la tauroctonie : le chien, le serpent, le corbeau, le scorpion, le lion, la coupe et le taureau seraient, respectivement, les constellations du Petit Chien, de l'Hydre, du Corbeau, du Scorpion, du Lion, du Verseau et du Taureau.

Les Lumières et le projet d'explication des cultes[modifier | modifier le code]

On trouve chez Voltaire de vigoureuses attaques contre l'astrologie. Il ironise :

« Le grand malheur des astrologues, c’est que le ciel a changé depuis que les règles de l’art ont été données. Le soleil, qui, à l’équinoxe, était dans le bélier du temps des Argonautes, se trouve aujourd’hui dans le taureau; et les astrologues, au grand malheur de leur art, attribuent aujourd’hui à une maison du soleil ce qui appartient visiblement à une autre. »[5]

Ce discours sur le décalage des constellations, dû à la précession des équinoxes, est vu comme un argument majeur contre une astrologie qui a bien mal vieilli. Cependant, sous la plume de Charles-François Dupuis, le phénomène redevient un principe explicatif de la succession des grands cultes. Dupuis, sans omettre de critiquer les astrologues, conclut dans l'ouvrage L'origine de tous les cultes, ou la religion universelle[6] que « le changement d’animal symbolique était une suite nécessaire de la précession des équinoxes et du changement de signe céleste »[7].

Le New Age[modifier | modifier le code]

L'idée des ères astrologiques a été largement popularisée depuis dans les théories du New Age, suite aux écrits d'Alice Bailey, de Peter Deunov et de Omraam Mikhaël Aïvanhov entre autres.

Les ères[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il est question d'une ère astrologique, le signe opposé à celui de l'ère est également significatif, puisqu'il est parcouru par le point opposé au point vernal, qui correspond au premier jour de l'automne et non du printemps. Ainsi, les symbolismes des Gémeaux, Taureau, Bélier et Poissons peuvent être associés aux symbolismes du Sagittaire, du Scorpion, de la Balance et de la Vierge, respectivement.

Ère du Cancer[modifier | modifier le code]

Entre 8700 et 6500 av. J.-C. selon la plupart des auteurs.

Le signe du Cancer est associé au foyer, à la famille, à l'alimentation et à l'agriculture. Selon les astrologues, c'est l'intensification de la sédentarisation, le développement de l'agriculture, la domestication des animaux[8].

Ère des Gémeaux[modifier | modifier le code]

Entre 6500 et 4300 av. J.-C., selon la plupart des auteurs.

Le signe des Gémeaux est celui des échanges verbaux et commerciaux. Les astrologues associent cette ère à l'intensification des relations humaines : cette ère au symbolisme humain est vue comme une étape fondatrice de la civilisation. Cette période coïncide avec l'apparition des langues Proto-indo-européennes[8]. Tout comme les Gémeaux, cette époque est associée à une prédilection pour les motifs abstraits, notamment dans les poteries[8].

Villes et cultures

Çatal Höyük, Hacilar (en), Yarmouk, Hassuna, Samarra, Halaf, Obeïd

Ère du Taureau[modifier | modifier le code]

Antonio Molinari, l'Adoration du veau d'or

4300 à 2000, av. J.-C., approximativement (selon la plupart des auteurs).

Structure et stabilité.

La première dynastie égyptienne, nommée dynastie 0, apparaît. Selon certains égyptologues, suite aux dernières découvertes sur le site d'Oumm el-Qa'ab, il s'agirait des rois Coquillage, Éléphant ou Taureau Ier et II.

Le culte du bœuf Apis. L'adoration du Veau d'or par les Hébreux pendant que Moïse se trouve sur le mont Sinaï, symbolise le retour sacrilège à l'ancienne religion de l'Egypte alors que le bélier est associé au culte de Yahvé (sacrifice d'Isaac, utilisation du chofar).

Ère du Bélier[modifier | modifier le code]

2000 av. J.-C. à la naissance du Christ (selon la plupart des auteurs).

Premier signe, cardinal. Associé avec la compétition, l'excellence, la guerre, l'unicité.

Monothéisme. Lutte contre les faux cultes et les polythéismes. L'abandon du culte du veau d'or est un rejet des anciens cultes, plus sensuels, associés au péché. Rejet d'Astarté, divinité associée à Vénus, et au Taureau.

Guerres de conquète : Alexandre, l'empire Romain.

Abraham : le sacrifice du fils, de l'agneau. L'obéissance au Dieu unique.

Ère des Poissons[modifier | modifier le code]

Acrostiche Ichtus

Selon Paul Le Cour[modifier | modifier le code]

Pour Paul Le Cour, l'Ère des Poissons a commencé à la naissance de Jésus-Christ et prendra fin en 2160[9]. Elle correspondrait à la période pendant laquelle le point vernal se trouverait au moment de l'équinoxe de printemps dans le signe des Poissons (un douzième du cercle zodiacal).

Selon Rudolf Steiner[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner, fondateur du courant spirituel de l'anthroposophie, l'Ère des Poissons a débuté en 1413 ap. J.-C. et s'achèvera en 3573 ap. J.-C.

Cette datation est postérieure à celle suggérée par la majorité des astrologues, l'ère débutant selon lui lors de l'entrée du point vernal au milieu d'une constellation et non à son début[10].

En 2493, soit au milieu de l'Ère des Poissons, l'humanité doit acquérir « l'âme de conscience, l'âme qui se saisit elle-même, qui a conscience de ce qui vit en elle », l'âme qui recherche la vérité et le bien moral, développer une « égoïté christifiée » et se confronter au mal en soi et à l'extérieur[11]. Steiner explique également que cette ère correspond à la cinquième église mentionnée dans l'Apocalypse, celle de Sardes[11].

Selon Carl Jung[modifier | modifier le code]

Carl Jung étudie s'intéresse à l'astrologie ; dans le chapitre « Pensées tardives » de son autobiographie Erinnerungen, Träume, Gedanken, il aborde la question de l'Ère des Poissons comme précédant l'Ère du Verseau[12].

Ère chrétienne[modifier | modifier le code]

Jésus, l'agneau de Dieu, ou le Bon-Pasteur, est symbolisé par le poisson (Ichtus) abréviation grecque de « Jésus-Christ, fils de Dieu sauveur » dans l'iconographie paléochrétienne, notamment dans les catacombes.

Chez les Juifs[modifier | modifier le code]

La destruction du second Temple et la fin des sacrifices et du sacerdoce a marqué une étape cruciale dans la constitution du judaïsme tel qu'on le connait aujourd'hui, avec une pratique du culte public non sacrificiel mais centrée sur le Livre (culte synagogal), en addition du culte familial.

Ère du Verseau[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ère du Verseau.

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon Paul Le Cour et une majorité d'astrologues, l'Ère des Poissons aurait débuté avec l'avènement du christianisme et, environ 2150/2160 ans plus tard, commencerait l'Ère du Verseau.

D'après Max Heindel, l'Ère des Poissons aurait débuté en 498 et celle du Verseau commencerait en 2658.

Rudolf Steiner par contre récuse cette façon de voir et affirme que l'Ère du Verseau ne commencera qu'en 3573 quand le point vernal sera à peu près au milieu de la constellation du Verseau. L'utilisation du coucher héliaque des étoiles à l'équinoxe, c'est-à-dire un point situé 15 degrés après le coucher du Soleil pourrait être utilisé comme repère au lieu du point vernal, qui est un point fictif, mais cela ne résout pas le problème de l'étendue inégale des constellations. Tout se passe, pour Steiner et les autres auteurs, exactement comme si les constellations étaient d'étendue égale, c'est-à-dire de 30 degrés. Si la plupart des astrologues s'accordent à diviser le zodiaque des constellations en 12 régions portant le même nom que les signes du zodiaque, tous ne s'accordent pas sur les frontières exactes de chacun des signes stellaires, ce qui entraîne des divergences notables sur la date du début des différentes ères astrologiques. Le problème se complique encore du fait que la vitesse de précession du point vernal n'est pas constante dans le temps.

Selon Steiner[modifier | modifier le code]

Selon Rudolf Steiner[13], l'humanité se situe dans la cinquième époque post-atlantéenne. Cette époque serait divisée en sept civilisations correspondant à sept ères zodiacales, lesquelles correspondraient respectivement aux 7 Églises de l'Apocalypse (dernier livre de la Bible).

Chaque civilisation, d'une durée de 2160 ans, aurait pour but d'amener l'humanité à un nouveau stade d'évolution par la maturation chaque fois d'un élément de sa constitution.

Tableau
Période Civilisation Ère Église Développement du
7227 à 5067 av. J.-C. Inde ancienne Cancer Éphèse Corps éthérique
5067 à 2907 av. J.-C. Ancienne Perse Gémeaux Smyrne Corps astral
2907 à 747 av. J.-C. Chaldéo-égyptienne Taureau Pergame Âme de sensation
747 av. J.-C. à 1413 ap. J.-C. Gréco-latine Bélier Thyatire Âme d'entendement
1413 à 3573 ap. J.-C. Anglo-germanique Poissons Sardes Âme de conscience
3573 à 5733 ap. J.-C. Slave Verseau Philadelphie Moi spirituel
5733 à 7893 ap. J.-C. Américaine Capricorne Laodicée Esprit de vie

L'humanité se trouverait actuellement à la fin du premier tiers de l'Ère des Poissons.

Les sous-ères[modifier | modifier le code]

Utilisant la théorie mathématique des fractales, certains penseurs subdivisent les ères astrologiques en douze sous-ères présentant une homologie de structure à des échelles arbitrairement petites ou grandes. Ils expliquent ainsi la phase de transition actuelle (sous-ère Verseau de l'ère des Poissons, ou, si l'on fait commencer l'ère du Verseau vers 1789 ou vers 1962, sous-ère Poissons de l'Ere du Verseau).


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La valeur actuelle du décalage est 50.290966" par an, soit environ 1° tous les 71,6 années donc:. 71,6 années / degrés x 360 degrés = 25 776 années.
  2. Cette durée est approximative : selon les différents auteurs on trouve 25 800, 25 868, 25 920, etc.
  3. Ou 2150, ou 2156.
  4. W. Burkert, Les cultes à mystères dans l'Antiquité, Paris, 1992, p. 14
  5. Astrologie. Dictionnaire philosophique.
  6. L'origine de tous les cultes, ou la religion universelle, en trois volumes de textes et un volume de planches in-4, ou douze volumes in-8 abondamment illustrés (1795). Réédité en 1822 et en 1835-1836
  7. Dupuis, Charles-François (1798). Origine de tous les cultes, tome I, p. 143, version en 4 vol., cité dans Jacques Halbronn. Astronomie et chronologie : Isaac Newton et l’école précessionnelle française
  8. a, b et c Astrological Ages. Signs of the times
  9. Paul Le Cour, L'Ère du Verseau,
  10. Une autre interprétation[Par qui ?] conduisant au même résultat s'appuie sur l'entrée du coucher héliaque des étoiles dans une constellation pour identifier la date d'entrée dans une nouvelle ère. Comme le coucher héliaque des étoiles se trouve à 15° du point vernal lors de l'équinoxe de printemps et comme une constellation correspond à 30° en moyenne, lorsque le point vernal est au milieu d'une constellation, les étoiles en coucher héliaque sont au début de cette constellation
  11. a et b Rudolf Steiner, Théosophie
  12. Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré
  13. L' Apocalypse, Rudolf Steiner.