(I Can't Get No) Satisfaction

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(I Can't Get No) Satisfaction
Single de The Rolling Stones
extrait de l'album Out of Our Heads (version américaine)
Face A (I Can't Get No) Satisfaction
Face B The Under Assistant West Coast Promotion Man Drapeau : États-Unis
The Spider and the Fly Drapeau : Royaume-Uni
Sortie Drapeau : États-Unis Drapeau : Canada
Drapeau : Royaume-Uni
Enregistré et
Chess Studios à Chicago et RCA Studios à Los Angeles
Durée 3:43
Genre Rock 'n' roll
Auteur-compositeur Jagger,Richards
Producteur Andrew Loog Oldham
Label Decca F12104
Classement 1er

Singles de The Rolling Stones

Pistes de Out of Our Heads (version américaine)

Satisfaction est une chanson des Rolling Stones, enregistrée entre les 10 et 13 mai 1965. Le single est d'abord sorti aux États-Unis le puis, deux mois et demi après, au Royaume-Uni, les fans l'ayant entendue entretemps sans possibilité d'acheter le disque grâce aux radios pirates. Elle figure dans l'album américain Out of Our Heads sorti en juillet 1965, mais pas sur l'édition anglaise de l'album qui sort en septembre. C'est l'une des chansons les plus connues du groupe, qui la joue systématiquement sur scène, mais aussi un titre pop emblématique des années 1960, une sorte d'hymne de l'adolescence, un manifeste pour cette nouvelle classe sociale constituée par les teenagers issus du baby-boom qui se révèle dans l'après-guerre[1].

Historique[modifier | modifier le code]

The Rolling Stones en 1965

Genèse[modifier | modifier le code]

Alors que Keith Richards dormait à l'hôtel Hilton de Londres, une idée de riff lui est venue. Se réveillant au cours de la nuit, il alluma un magnétophone pour saisir son inspiration en deux minutes à la guitare sèche, puis se rendormit en laissant la bande magnétique tourner et enregistrer ses longs ronflements[2],[3]. La chanson sonnait à l'origine comme une chanson folk. Keith Richards ne voulait pas en faire un single[4]. Il trouvait que le riff ressemblait trop à celui de Dancing in the Street de Martha & the Vandellas[4].

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Le morceau est enregistré une première fois le 10 mai 1965 aux Chess Studios à Chicago puis deux jours plus tard aux RCA Studios à Los Angeles. Keith Richards ne voulait pas non plus mettre d'effet de fuzz sur le riff (il aurait préféré une section de cuivres). Keith pensait créer une version ultérieure, le son fuzz de sa guitare devait simplement donner une indication pour une section de cuivres[4]. D'autre part, au lieu du rythme martelé qui caractérise l'enregistrement final, il était en faveur d'un tempo rhythm and blues plus enlevé, à la façon de l'interprétation qu'en donnera peu après Otis Redding[5].

Ce sont finalement le manager des Stones, Andrew Loog Oldham et l'ingénieur du son David Hassinger qui poussent le groupe à sortir cette chanson en single, avec l'effet saturé nommé fuzz pour la guitare de Keith Richards[6].

Parution et réception[modifier | modifier le code]

Les Rolling Stones au Georgia Southern College de Statesboro, Georgie, en Mai 1965

Le , le single est certifié or par la RIAA aux États-Unis pour s'être vendu à au moins 500 000 exemplaires[7].

Jamais Keith n'aurait imaginé que cette chanson qu'il pensait avoir piquée à Martha and the Vandellas[8], deviendrait une des plus connues de l'histoire du rock.

En 2003, la chanson a été classée 2e plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone[9].

Elle a également été classée 83e meilleure chanson britannique de tous les temps par XFM en 2010[10].

Classements[modifier | modifier le code]

Classements hebdomadaires[modifier | modifier le code]

Classement (1965) Meilleure
position
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[11] 1
Drapeau de l'Australie Australie (Kent Music Report)[12] 1
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[13] 1
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop 50 Singles)[14] 6
Drapeau du Canada Canada (CHUM)[15] 1
Drapeau du Canada Canada (Play Sheet)[16] 3
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard Hot 100)[17] 1
Drapeau des États-Unis États-Unis (Cash Box)[18] 1
Drapeau des États-Unis États-Unis (Hot Rhythm & Blues Singles)[17] 19
Drapeau des États-Unis États-Unis (Record World)[19] 1
Drapeau de la Finlande Finlande (Suomen virallinen lista)[20] 2
Drapeau de la France France (SNEP)[21] 1
Drapeau de l'Irlande Irlande (IRMA)[22] 1
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[23] 12
Drapeau de la Norvège Norvège (VG-lista)[24] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Nederlandse Top 40)[25] 1
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[26] 1
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Singles Chart)[27] 1
Classement (1970) Meilleure
position
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Nederlandse Top 40)[25] 19
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[26] 16
Classement (1976) Meilleure
position
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[26] 25
Classement (1990) Meilleure
position
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Nederlandse Top 40)[25] 18
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[26] 13

Classements annuels[modifier | modifier le code]

Classement (1965) Position
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud (Springbok Radio)[28] 17
Drapeau de l'Autriche Autriche (Ö3 Austria Top 40)[29] 4
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop 50)[30] 31
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard Hot 100)[31] 3
Drapeau des États-Unis États-Unis (Cash Box)[32] 5
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[23] 40
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Nederlandse Top 40)[33] 10

Version stéréo[modifier | modifier le code]

Comme la plupart des enregistrements des Stones d'avant 1966, Satisfaction a d'abord été pressé en mono uniquement. Au milieu des années 1980, une version remixée en stéréo est apparue sur les éditions allemandes et japonaises des Hot Rocks 1964-1971. La guitare sèche qui était précédemment difficilement audible est clairement à gauche; le piano et le tambourin de Jack Nitzsche sont aussi plus perceptibles. Ce même mixage se retrouve sur quelques promo de radio aux États-Unis, mais jamais une commercialisation mondiale n'a eu lieu. Les versions ultérieures des Hot Rocks ont été rééditées avec la version mono; les versions antérieures sont alors devenues des objets « collectors » recherchés. En 2002, une version mondiale des Hot Rocks présente cette fois une version quasi stéréo avec la guitare, la basse, la batterie et les vocaux au centre tandis que la guitare sèche et le piano ont un effet d'écho à gauche et à droite[34].

Analyse[modifier | modifier le code]

Étude des paroles[modifier | modifier le code]

Excepté le titre I Can't Get No Satisfaction, Mick Jagger a écrit la totalité des paroles qui ont aussi participé à la popularité du morceau : le texte dénonce l'aliénation par la publicité et les frustrations de tous ordres qu'engendre la vie dans une société de consommation. Certaines paroles ont provoqué l'émoi à l'époque en raison de leur référence au sexe. Dans le dernier couplet, Mick Jagger évoque sa déception lorsqu'il essaye de « se faire une fille », quand celle-ci lui dit de revenir la semaine prochaine parce qu'elle est « dans une mauvaise phase », ce qui peut être compris comme la période des règles chez une fille.

Et aussi parce que dès le second couplet il affirme « But he can't be a man 'cause he doesn't smoke / The same cigarettes as me » à propos d'une publicité à la télévision, ce qui n'a pas manqué de laisser croire à certains qu'il faisait allusion à la marijuana (la presse montera en épingle en 1967 les déboires des musiciens à ce sujet, mais The Times comme nombre de personnalités prirent leur défense).

Structure musicale[modifier | modifier le code]

La chanson est construite autour d'un riff de guitare électrique devenu légendaire, basé sur les notes si, do#, ré, dont la sonorité saturée est donnée par une pédale fuzz ; c'était la première fois qu'un tel son « trafiqué » était mis en avant de façon aussi ostensible dans le rock, (dans le sillage d'un Link Wray pionnier de la distorsion[35]), ce qui participera à l'énorme succès de cette chanson. Un an plus tôt les Kinks avaient fait un pas dans cette direction avec le riff à la sonorité volontairement « sale » de leur chanson You Really Got Me, mais cet effet avait été obtenu de manière plus artisanale, le guitariste Dave Davies ayant lacéré la membrane du haut-parleur de son amplificateur.

Reprises notables[modifier | modifier le code]

Cette chanson eut un tel retentissement qu'elle a été reprise par un très grand nombre d'artistes[36], parmi lesquels :

On compte aussi notamment une version salsa étonnante par Frankie Ruiz, une reprise par le groupe turc Dolapdere Big Gang, une interprétation live méconnaissable par Björk et PJ Harvey

On retrouve cette chanson dans les films Apocalypse Now et Le Contrat.

On la retrouve également dans l'épisode 8 de la quatrième saison de la série américaine Mad Men.

  • Laurent Voulzy en cite un extrait dans son tube Rockollection en 1977.
  • Le groupe Genesis a incorporé Satisfaction à la chanson-medley Turn It On Again.
  • Manu Chao fait référence à la chanson dans la sienne, Mama call, sur l'album Clandestino en 1998.
  • En 2007, Gérard Jaffrès reprend la chanson pour en faire I can't get no, Nono
  • Sur l'album Diamond Dogs, David Bowie fait un clin d’œil aux Rolling Stones en reprenant le schéma d'un riff saturé similaire (qu'il joue lui-même dans Rebel Rebel), sur un rythme identique, avec un texte bien fondu dans le climax qui semble aller vers la transe avec une exaltation croissante.

Fiche de production[modifier | modifier le code]

The Rolling Stones[modifier | modifier le code]

Musiciens additionnels[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « “Satisfaction” des Rolling Stones a 50 ans », Vanity Fair, 5 juin 2015.
  2. (en) Mick St Michael, Keith Richards: In His Own Words, Omnibus Press, , 96 p. (ISBN 0-7119-3634-X), p. 24
  3. Dictionnaire Rolling Stones
  4. a, b et c http://www.songfacts.com/detail.php?id=449
  5. François Bon, Rolling Stones, une biographie, LGF, , 1112 p. (ISBN 978-2-2530-7258-4), p. 519
  6. Wyman, Bill (2002). Rolling With the Stones. DK Publishing. p. 187. (ISBN 0-7894-9998-3).
  7. (en) « RIAA – Gold & Platinum Searchable Database – Satisfaction », sur RIAA.com (consulté le 14 décembre 2013)
  8. http://www.iorr.org/talk/read.php?1,1016678,1016893
  9. (en) « The 500 Greatest Songs of All Time », sur Rollingstone.com, (consulté le 14 décembre 2013)
  10. (en) « XFM's Best British Songs of All Time », sur Bestbritishsongs.xfm.co.uk (consulté le 6 septembre 2013)
  11. (de) Charts.de – The Rolling Stones - (I Can't Get No) Satisfaction. GfK Entertainment. PhonoNet GmbH. Consulté le 6 septembre 2013.
  12. (en) « Australia n°1 Hits – 60's », sur Worldcharts.co.uk (consulté le 6 septembre 2013)
  13. (de) Austrian-charts.com – The Rolling Stones – (I Can't Get No) Satisfaction. Ö3 Austria Top 40. Hung Medien. Consulté le 6 septembre 2013.
  14. (nl) Ultratop.be – The Rolling Stones – (I Can't Get No) Satisfaction. Ultratop 50. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch. Consulté le 6 septembre 2013.
  15. (en) « CHART NUMBER 435 – Monday, July 12, 1965 », sur 1050chum.com, (consulté le 6 décembre 2013)
  16. (en) « Top Singles – Volume 3, No. 21, July 19 1965 », sur Collectionscanada.gc.ca, Library and Archives Canada (consulté le 6 septembre 2013)
  17. a et b (en) « Out of Our Heads – Awards », sur AllMusic, Rovi Corporation (consulté le 6 septembre 2013)
  18. (en) « CASH BOX Top 100 Singles – Week ending JULY 10, 1965 », sur Cashboxmagazine.com, (consulté le 14 décembre 2013)
  19. (en) « RECORD WORLD 1965 », sur Geocities.com, Record World, (consulté le 14 décembre 2013)
  20. (en) kai81, « Forum – General – Finnish singles chart archive », sur Finnishcharts.com, Hung Medien (consulté le 14 décembre 2013)
  21. « Toutes les Chansons N° 1 des Années 60 », sur InfoDisc.fr, Dominic DURAND / InfoDisc, (consulté le 6 septembre 2013)
  22. (en) « The Irish Charts – All there is to know », IRMA (consulté le 6 septembre 2013)
  23. a et b (it) « I singoli più venduti del 1965 », sur HitParadeItalia.it, Creative Commons (consulté le 6 septembre 2013)
    40. (I can't get no) Satisfaction - The Rolling Stones [#12, 1965/66]
  24. (en) Norwegiancharts.com – The Rolling Stones – (I Can't Get No) Satisfaction. VG-lista. Hung Medien. Consulté le 6 septembre 2013.
  25. a, b et c (nl) Nederlandse Top 40 – The Rolling Stones - (I Can't Get No) Satisfaction search results. Nederlandse Top 40. Stichting Nederlandse Top 40. Consulté le 6 septembre 2013.
  26. a, b, c et d (nl) Dutchcharts.nl – The Rolling Stones – (I Can't Get No) Satisfaction. Single Top 100. Hung Medien. Consulté le 6 septembre 2013.
  27. (en) Archive Chart. UK Singles Chart. The Official Charts Company. Consulté le 6 septembre 2013.
  28. (en) « Top 20 Hit Singles of 1965 », sur Rock.co.za, John Samson (consulté le 14 décembre 2013)
  29. (de) « Jahreshitparade 1965 », sur Austriancharts.at, Hung Medien (consulté le 14 décembre 2013)
  30. (nl) « Jaaroverzichten 1965 », sur Ultratop.be/nl, ULTRATOP & Hung Medien / hitparade.ch. (consulté le 14 décembre 2013)
  31. (en) « Billboard Top 100 – 1965 », sur Longboredsurfer.com, The Longbored Surfer (consulté le 14 décembre 2013)
  32. (en) « The CASH BOX Year-End Charts: 1965 », sur Cashboxmagazine.com, (consulté le 14 décembre 2013)
  33. (nl) « Veronica's Top 100 van het jaar 1965 » [PDF], sur Top40.nl (consulté le 14 décembre 2013)
  34. "The Rolling Stones in Stereo", Lukpac.org, 27 août 2002, consulté le 27 février 2011.
  35. http://www.laweekly.com/music/satisfaction-at-50-revisiting-the-riff-that-rocked-the-world-5644653
  36. (en) « Recording: (I Can't Get No) Satisfaction », sur Secondhandsongs.com (consulté le 6 septembre 2013)
  37. « Tritons - I can't get no satisfaction », sur Bide-et-musique.com (consulté le 6 septembre 2013)

Voir aussi[modifier | modifier le code]