Frédéric Martel

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Frédéric Martel
Frédéric Martel, 2014 (cropped).jpg
Frédéric Martel en 2014.
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Frédéric Martel, né le [1] à Châteaurenard (Bouches-du-Rhône), est un écrivain, sociologue et journaliste français.

Il est connu notamment pour ses ouvrages Le Rose et le noir : les homosexuels en France depuis 1968 (Seuil, 1996), De la culture en Amérique (Gallimard, 2006)[2], Mainstream : enquête sur la guerre globale de la culture et des médias (Flammarion, 2010)[3] et Sodoma : Enquête au cœur du Vatican (Robert Laffont, 2019).

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédéric Martel est fils d'agriculteurs[4].

Formation[modifier | modifier le code]

Titulaire de quatre diplômes d'études approfondies en sciences sociales, philosophie, droit public et science politique[5], Frédéric Martel est docteur en sociologie de l'EHESS[6], sous la direction de Pierre Rosanvallon, au Centre d'études sociologiques et politiques Raymond Aron.

Carrière[modifier | modifier le code]

Martel est successivement chef du bureau du livre à l’ambassade de France en Roumanie (1990-1992), chargé de mission au département des affaires internationales du ministère de la Culture (1992-1993), collaborateur de l’ancien Premier ministre Michel Rocard (1993-1994)[7], puis rédacteur en chef de la revue intellectuelle de la CFDT (1995-1997, auprès de Nicole Notat)[7]. Il est ensuite conseiller au cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Martine Aubry (1997-2000), chercheur à l'EHESS et conseiller du président de l’EHESS, Jacques Revel (2000-2001), et plus récemment attaché culturel à l'ambassade de France aux États-Unis (2001-2005)[2].

Il a publié plusieurs enquêtes sur Nicolas Sarkozy et révélé un scandale lié à la fondation de Carla Bruni pour Marianne et pour L'Express[8]. Cette enquête a suscité de nombreux articles[9] et a été reprise à la « Une » du Monde[10] après que le directeur exécutif d'une des principales agences de l'ONU en eut démissionné[10]. Le blogueur du « Plus » Christophe Caron le décrit alors comme l'un « des journalistes de gauche les plus virulents, notamment envers Carla Bruni[11]. » Cette enquête a également été confirmée depuis, en 2015, par les archives et les révélations de la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton[12].

Il a collaboré à différents journaux et revues (Le Magazine littéraire, Marianne, L’Express, Dissent, The Nation, Haaretz, Esprit, etc.). Il a été visiting scholar à l'université Harvard et à celle de New York ; il a enseigné à l'institut d'études politiques de Paris et au MBA d'HEC.

Chercheur associé à l'Institut national de l'audiovisuel (INA) en 2009-2010, il y a fondé, en octobre 2010, le site inaglobal.fr, web-revue des industries créatives et des médias[13]. Il est enfin le fondateur, en octobre 2007, du portail des livres et des idées, nonfiction.fr, site qu'il a dirigé jusqu'en décembre 2015. Producteur/animateur à France Culture de l'émission Soft Power, magazine des industries créatives numériques, anciennement Masse Critique, le magazine des industries créatives, en direct tous les dimanches de 19h à 20h30 (depuis 2006) - une émission sur les industries créatives et culturelles, ainsi que sur les internets[14].

En qualité de chercheur, Frédéric Martel a été directeur de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS, Paris) en 2012-2014, chargé d'une mission au ministère de la Culture en 2013[15], et chercheur associé au CERI (Centre de Recherches Internationales, Sciences-Po Paris), en 2016-2018[16]. Il est actuellement senior researcher fellow à l'université des arts de Zurich (ZHdK)[17].

Publié en huit langues le 21 février 2019 aux éditions Robert Laffont, son ouvrage sociologique Sodoma : enquête au cœur du Vatican, basé sur les témoignages de 41 cardinaux, 52 évêques, 45 nonces apostoliques[18], suggère qu'une grande majorité des prêtres et évêques au Vatican, y compris ceux qui tiennent les discours les plus homophobes et traditionnels sur le plan des mœurs, sont homosexuels, pratiquants ou non[19],[20].

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Engagé en politique dès l'université (il a été le représentant de la faculté d'Avignon à la coordination étudiante de Paris lors de la mobilisation contre le Projet de loi Devaquet en novembre-décembre 1986), il fut membre des Clubs Forum aux côtés de Manuel Valls, qui présidait ce club, et Benoît Hamon[21], puis membre de l'Unef-ID (proche du PS) et du Mouvement des jeunes socialistes (jusqu'en 1994). Lui-même se revendique comme appartenant à la deuxième gauche (il a travaillé avec Michel Rocard)[22].

En 2007, il signe un appel avec 150 intellectuels pour soutenir Ségolène Royal contre Nicolas Sarkozy, dans Le Nouvel Observateur, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance »[23]. De 2015 à 2017, il est membre du conseil scientifique de Wikimédia France.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Frédéric Martel est ouvertement gay[18].

Le 9 septembre 2016, l'ancien ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, est condamné[24] pour injure à 5 000 euros de dommages-intérêts en raison des propos qu'il a tenus à l'encontre de Frédéric Martel dans son livre La Récréation[25].

Distinction[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Martel (préf. Jean-Louis Harouel), Philosophie du droit et philosophie politique d'Adolphe Thiers, Paris, LGJD,
    Publication d'un mémoire de DEA en droit public, soutenu à Université Paris II en 1993
  • Frédéric Martel, Le Rose et le Noir : les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Éditions du Seuil, , 3e éd. (1re éd. 1996) (ISBN 978-2-7578-1055-2)
    Édité en poche Points-Seuil en 2000, réédité en 2008 ; traduit en anglais par Jane Marie Todd chez Stanford University Press, sous le titre The Pink and the Black, 2000
  • Frédéric Martel, La Longue Marche des gays, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Culture et société » (no 417),
  • Frédéric Martel, Theater : sur le déclin du théâtre en Amérique et comment il peut résister en France, Paris, La Découverte,
  • Frédéric Martel, De la culture en Amérique, Paris, Gallimard, [27]
    Prix France-Amériques 2007 ; ouvrage traduit au Japon et en Pologne
  • Frédéric Martel, Mainstream : enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Paris, Flammarion,
    Ouvrage rééd. en poche, Champs-Flammarion, et traduit en une dizaine de langues dans une vingtaine de pays, dont Allemagne, Italie, Espagne, Pologne, Corée du Sud, Chine, Japon, Brésil, etc.
  • Frédéric Martel, J'aime pas le sarkozysme culturel, Paris, Flammarion,
  • Frédéric Martel, Global Gay, Paris, Flammarion,
    Ouvrage adapté par France Télévisions et qui est traduit en espagnol, italien, portugais (Brésil) et japonais.
  • Frédéric Martel, Smart : enquête sur les internets, Paris, Stock,
    Ouvrage édité en poche (Champs Flammarion) et traduit dans une dizaine de langues (anglais, espagnol, italien, portugais/Brésil, chinois, coréen, taïwanais...).
  • Sodoma : enquête au cœur du Vatican, Robert Laffont, , 638 p. (ISBN 978-2221220825)[19],[20],[28],[29]
    Ouvrage traduit dans une vingtaine de langues (anglais, espagnol, italien, portugais, néerlandais etc.) [1]

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

  • 2002 : Bleu, Blanc, Rose Un film d'Yves Jeuland, adapté du livre de Frédéric Martel, Le Rose et le Noir, diffusion sur France 3.
  • 2008 : De la culture en Amérique Un film de Frédéric Laffont et Frédéric Martel, diffusion sur Arte.
  • 2014 : Global Gay Un film de Frédéric Martel et Rémi Lainé, diffusion sur France 5 en juin 2014.
    Ce film a obtenu le grand prix de l'Organisation mondiale contre la torture, lors du festival du film et forum international sur les droits humains, FIFDH, à Genève, en mars 2014.

Autres activités[modifier | modifier le code]

  • Cofondateur (avec Martin Hirsch) de l'Agence nouvelle des solidarités actives et ancien président[30].
  • Corédacteur du rapport de Michel Rocard sur le numérique en avril 2007, rapport remis à Ségolène Royal durant la campagne présidentielle de 2007[31].
  • Corédacteur du rapport de Bernard Kouchner sur le service civique en mars 2007, rapport remis à Ségolène Royal durant la campagne présidentielle de 2007[31].
  • Membre-fondateur de l'Association des amis de François Furet.
  • Membre du Centre d'analyse et de prévisions du ministère des Affaires étrangères (2008-2010).
  • Fondateur du site inaglobal.fr, la revue des industries créatives et des médias de l'INA[32], il en est jusqu'en décembre 2010 le rédacteur en chef, coordinateur éditorial[32],[33].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Frédéric Martel », sur France Inter (consulté le 7 février 2016).
  2. a et b (en) « American Culture’s French Connection », nytimes.com, 26 décembre 2006.
  3. (en) « America's Winning The Soft Power War: "Mainstream" », newsweek.com, .
  4. Sylvie Santini, « Frédéric Martel, serial polémiste », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  5. Who's Who, éditions 2014.
  6. Thèse soutenue le 27 juin 2006, EHESS, no 2464217 : De la culture en Amérique : politique publique, philanthropie privée et intérêt général dans le système culturel américain
  7. a et b Voir sur whoswho.fr.
  8. « Affaire Carla Bruni : suite et non fin... », Frédéric Martel, marianne.net, 14 janvier 2012.
  9. Nombreux articles cités dans cette chronologie de l'affaire : « Affaire Carla Bruni-Sarkozy, la chronologie » (article repris du blog de Frédéric Martel, blogs.lexpress.fr, 25 janvier 2012).
  10. a et b « L'étrange conseiller de Carla Bruni », Ariane Chemin, lemonde.fr, 27 janvier 2012.
  11. « Mais qu'est ce qui fait courir Frédéric Martel, premier opposant à Carla Bruni ? », Christophe Carron, nouvelobs.com, 5 mars 2012
  12. AFP, 31 octobre 2015.
  13. Voir sur marianne.net.
  14. Le Monde, 23 février 2016.
  15. En 2013, Martel a été chargé d'une « mission d'expertise » par le ministère de la Culture et de la Communication : voir Bulletin quotidien, 13 septembre 2013 (p. 26), Satellimag, 30 septembre 2013 (p. 19) et Numérama.
  16. « CERI » (consulté le 2 septembre 2016).
  17. Sources d'ensemble ; voir les profils suivants : Le Temps et Slate.
  18. a et b « Que révèle l'enquête de 4 ans sur l'homosexualité au cœur du Vatican ? », sur RTL.fr (consulté le 5 mars 2019)
  19. a et b « Sodoma explore la place de l’homosexualité au cœur du Vatican », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 15 février 2019).
  20. a et b « Église et homosexualité : les lourds secrets du Vatican » [audio], sur France Culture (consulté le 15 février 2019).
  21. Les Inrocks.
  22. « Frédéric Martel, qui êtes-vous ? », slate.fr, 12 octobre 2010.
  23. « Avant qu'il ne soit trop tard », tempsreel.nouvelobs.com, 13 mars 2007.
  24. TGI de Paris, XVIIe chambre.
  25. « Frédéric Mitterrand condamné pour injure à l'encontre de Frédéric Martel » (consulté le 15 septembre 2016).
  26. http://www.culture.gouv.fr/Nous-connaitre/Organisation/Conseil-de-l-Ordre-des-Arts-et-des-Lettres/Arretes-de-Nominations-dans-l-ordre-des-Arts-et-des-Lettres/Nominations-ou-promotions-dans-l-ordre-des-Arts-et-des-Lettres-juillet-2010 Bulletin officiel des Décorations, Médailles et Récompenses.]
  27. New York Times ; Le Monde ; Le Monde ; Express
  28. « "Sodoma", le livre sur l'homosexualité au Vatican qui fait scandale », sur FIGARO, (consulté le 15 février 2019)
  29. « «Sodoma» documente l’homosexualité de la hiérarchie catholique », sur Le Devoir (consulté le 21 février 2019)
  30. [PDF] [1] Ansa, Revue succincte d'activité 2006
  31. a et b « Aimer le rap US et Modiano, c’est possible… », sur le site swissinfo, 26 juillet 2010
  32. a et b Enguerrand Renault, « Frédéric Martel écarté d'Inaglobal.fr », Le Figaro, 17 décembre 2010 Lire en ligne
  33. Emmanuel Berreta, « Inaglobal.fr, ce site qui s'adresse aux fondus du multimédia », Le Point, 11 octobre 2010. Lire en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]

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