Environnement au Royaume-Uni

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L'environnement au Royaume-Uni est l'environnement (ensemble des éléments - biotiques ou abiotiques - qui entourent un individu ou une espèce et dont certains contribuent directement à subvenir à ses besoins) du pays Royaume-Uni. Le territoire constitué de plusieurs îles présente des milieux propices à la biodiversité. Par ailleurs, le pays a largement contribué à la connaissance du vivant (Charles Darwin, Jane Goodall...), et y contribue encore (revue Nature...).

Le Royaume-Uni, à la base d'un grand empire colonial et pionnier de la Révolution industrielle dés le XVIIIe siècle, a eu un impact majeur sur l'environnement, non seulement sur son territoire (déforestation, pollutions, urbanisation...) , mais aussi à l'échelle planétaire. La capitale, Londres, a été historiquement polluée (smog).

Si le pays s'est engagé dans une protection croissante de l'environnement, le nouveau gouvernement suite au Brexit de 2016 affiche une position climato-sceptique[1], alors même que le territoire est concerné par différents risques liés au climat : submersion marine, inondations, sécheresses, tempêtes...

La biodiversité au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Milieux[modifier | modifier le code]

Prairies verdoyantes typiques du Parc national du Lake District.
Carte des parcs nationaux existants et projetés

Socle géographique et climat[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Royaume-Uni.

Le Royaume-Uni est entouré par la mer du Nord à l'est et l'océan Atlantique à l'ouest. On estime à environ 1 100 le nombre total d'îles qui constituent le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord.

L'altitude varie de -4 à 1 344 m.

Le plus long fleuve du Royaume-Unis est la Severn (354 km) qui prend sa source au pays de Galles puis traverse l'Angleterre occidentale. Les plus longs fleuves coulant entièrement dans chacune des nations le constituants sont :

  • Angleterre : La Tamise (346 km) ;
  • Écosse: La Tay (188 km) ;
  • Irlande du Nord: La Rivière Bann (122 km) ;
  • Pays de Galles: La Towy (103 km).

Le plus grand lac du Royaume-Uni est le Lough Neagh (392 km2), en Irlande du Nord.

Le climat du Royaume-Uni est tempéré. Le climat au sud du pays est plus doux qu'au nord, et l'ouest plus humide que l'est. Le pays subit l'influence du Gulf Stream, qui crée une douceur climatique peu courante sous ces latitudes.

Les précipitations annuelle varie de 553 mm à Cambridge jusqu'à 3 000 mm dans les Highlands.

Une étude publiée en décembre 2018 par le Met Office Hadley Centre établit que le réchauffement climatique rendait les vagues de chaleur 30 fois plus probable au Royaume-Uni[2].

Occupation du sol[modifier | modifier le code]

Les forêts occupaient 12 % du territoire en 2005.

Faune et Flore[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Faune du Royaume-Uni et Flore du Royaume-Uni.

Des études ont montré une réduction du nombre de représentants de 72 % des espèces de papillons britanniques dans les dix dernières années[Lesquelles ?].

La population de frênes anglais, estimée à 90 millions, est menacée dans les années 2010 par un champignon importé du continent. En 2012, plus de 100 000 frênes avaient déjà été abattus et brûlés pour tenter d'enrayer la dissémination du champignon[3].

La population de rossignols a chuté de 90 % au Royaume-Uni depuis les années 1960[4].

Les populations de hérissons ont chuté de 36,5 millions d’individus dans les années 1950 à 1,55 million en 1995. Le déclin s'est accentué depuis lors : selon plusieurs études britanniques, en moins de vingt ans, les populations ont encore diminué de 30 % dans les zones urbaines et jusqu’à 75 % dans les campagnes[5].

Espaces protégés[modifier | modifier le code]

En Angleterre et au pays de Galles, la désignation de parc national peut inclure des communautés humaines et des usages du sol importants et qui sont souvent partie intégrante du paysage. Il y a actuellement 13 parcs nationaux en Angleterre et au pays de Galles

Impacts sur les milieux naturels[modifier | modifier le code]

Impacts historiques sur l'environnement[modifier | modifier le code]

L'occupation humaine est très ancienne sur le territoire. Le paysage a été profondément façonné par l'Homme, en une nature cultivée et structurée par un réseau de villes.

Les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale ont eu un impact sur l'environnement, ainsi que les sous-marins coulés dans les fonds marins.

Activités humaines[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Bus à impériale à Londres.
Article détaillé : Transport au Royaume-Uni.
Transports maritimes et aériens[modifier | modifier le code]

La géographie insulaire du pays a entrainé et entraine encore un trafic maritime et aérien majeur.

Londres est une plate-forme de correspondance aérienne mondiale. En 2017, plus de 170 millions de passagers ont transité dans un des 6 aéroports de Londres[6] (London Heathrow, Gatwick, Stansted, Luton, London City, London Southend). L'aéroport d'Heathrow est le deuxième plus important au monde en nombre de passagers internationaux.

Transports terrestres[modifier | modifier le code]

Le réseau de chemins de fer est développé dans tout le pays. Le tunnel sous la Manche relie le réseau ferroviaire britannique au continent depuis 1994.

Transports en commun et vélos[modifier | modifier le code]

Londres a été la première ville au monde à développer un métro, dés 1860. Plusieurs villes en sont dotées.

Certaines sont également équipées de tramway.

Les bus londoniens, à étage, sont par ailleurs célèbres. Chaque jour de la semaine, ces bus transportent 6 millions de passagers sur plus de 700 itinéraires différents. Le nombre de voyages a atteint 1,8 milliard en 2005/2006[7].

Vélos Santander à Londres.

Le vélo-partage contribue également à accroitre la mobilité urbaine des Londoniens : en 2016, les vélos Santander construits par PBSC Solutions Urbaines au Canada étaient au nombre de 13 600 répartis sur 570 stations.

Industries[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Agriculture au Royaume-Uni.
Occupation du sol[modifier | modifier le code]

L'agriculture et l'élevage britannique utilisent au total environ 17 500 000 hectares, dont 6 200 000 sont cultivés. La moitié de cette superficie cultivée est allouée à la culture céréalière, qui elle-même est cultivée en moitié par du blé. Les principales cultures du Royaume-Uni sont le blé, l'avoine et l'orge, les pommes de terre, les légumineuses comme les haricots ou les pois, les cultures fourragères comme les choux, les vesces, le colza, le chou frisé et le foin pour l'alimentation animale.

Élevage[modifier | modifier le code]

Le cheptel britannique se compose d'environ 32 millions d'ovins, 10 millions de bovins, 9,6 millions de volailles et 4,7 millions de porcs. À cela il faut ajouter une production annuelle d'environ 22 millions de dindes (ou de dindon) ce qui fait de cet élevage un élevage important sur le territoire.[8],[9].

Le Royaume-Uni compte 1,9 million de vaches laitières.

Le cheptel britannique a subi d'importantes épidémies.

Agriculture biologique[modifier | modifier le code]

L'agriculture biologique se développe dés les années 2000.

Activités tertiaires[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est développé : tourisme intérieur, tourisme extérieur et accueil. Le secteur des bateaux de croisière est développé. Or ces appareils émettent une pollution importante de particules fines et de dioxyde d’azote.

Pression sur les ressources[modifier | modifier le code]

Gestion de la ressource en eau[modifier | modifier le code]

Pression sur les ressources non renouvelables[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni a connu une consommation majeure de charbon, dans sa phase d'industrialisation. La consommation de pétrole a été, et est encore, également très importante.

Pollutions[modifier | modifier le code]

Les émissions de gaz à effet de serre (GES)[modifier | modifier le code]

En 2012, les émissions totales étaient de 581 MtCO2e, soit 7,7 tonnes par habitant. Les émissions de CO2 ont diminué de 17 % entre 1990 et 2012, alors qu'elles ont baissé de 21 % en Allemagne[10].

La pollution de l'air[modifier | modifier le code]

La colonne Nelson durant le grand smog de Londres de 1952.

Dès le XIIIe siècle, le smog est identifié à Londres[11] où on utilisait le charbon pour le chauffage domestique, mais c'est au milieu du XVIIIe siècle que les choses s'aggravent avec la révolution industrielle[12].

Le grand smog de Londres est un smog particulièrement dense, qui recouvrit Londres durant 4 jours en décembre 1952, ayant provoqué la mort de plusieurs milliers de personnes. Cet évènement est reconnu comme étant l'un des épisodes de pollution les plus significatifs de l'histoire en termes d'impact sur la recherche environnementale, sur la règlementation mise en place par le gouvernement, ainsi que sur la sensibilisation du public à la relation entre la santé et la qualité de l'air[13].

La pollution de l'eau[modifier | modifier le code]

Les pollutions ont commencé dans les années 1940 avec l’emploi des insecticides, fongicides, organochlorés, ainsi qu’avec le DDT. En Angleterre, l’utilisation des organochlorés comme antiparasitaires pour les moutons ne fut interdite qu’au milieu des années 1960. Ce n'est qu'en 2006 que toutes les substances toxiques furent interdites[14].

Les produits chimiques déversés dans les rivières de Grande-Bretagne ont décimé les loutres à partir des années 1950. Elles sont de retour petit à petit à parti des années 1980 et dans la plupart des régions, à l’exception de Londres et des villes industrielles du Nord, dans les années 2010[14].

Une pollution diffuse de faible niveau caractérise toujours presque chaque rivière dans les années 2010[14]. En 2019, une étude de Greenpeace s’inquiète de la pollution des rivières par le microplastique, évoquant un« problème d’une complexité énorme »[15].

La gestion des déchets[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni est un des pays d'Europe en surcapacité en termes d'incinération des déchets[16].

Impacts de l'urbanisation[modifier | modifier le code]

Vue sur Londres en 2016 : parcs et gratte-ciels

On estime à 16 000 km2 les surfaces artificialisées du pays.

L'agglomération de Londres a connu une artificialisation majeure et précoce dans l'Histoire. La ville devient la plus peuplée au monde en 1861 avec 2,8 million d'habitants, et compte environ 6,7 millions d'habitants dès 1900. Cette métropole mondiale est composée à la fois de quartiers denses de gratte-ciels, et de constructions et grands parcs historiques.

L'exposition aux risques[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni est exposé à de multiples aléas naturels : inondations, tempêtes, incendies, glissements de terrain...

Politique environnementale au Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Dés le XIXe siècle, les scientifiques anglais contribuent largement à l'amélioration de la connaissance du vivant, à commencer par Charles Darwin (son ouvrage De l'origine des espèces parut en 1859). Arthur George Tansley créé le terme écosystème en 1935[17] ainsi que l'écotope en 1939[18]. Il fut un des fondateurs de la Société britannique d'écologie (British Ecological Society). En 1960, Jane Goodall réalise des observations d'utilisation d'outils par les chimpanzés qui révolutionnent le monde de l'éthologie. Ses travaux ont profondément transformé les rapports homme-animal et participé au mouvement écologiste[19].

Traités internationaux[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni a signé le protocole de Kyoto.

Dans le cadre de la COP 21, le Royaume-Uni s'est engagé à travers le Climate Change Act à un programme ambitieux, au-delà de l'engagement de l'Union européenne : réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 57 % d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, et 80 % d'ici 2050.

Mais suite au Brexit, le nouveau gouvernement supprime le ministère du Changement climatique et nomme Andrea Leadsome, climatosceptique, secrétaire à l'Environnement[1].

Politiques nationale et locales[modifier | modifier le code]

Politiques nationales[modifier | modifier le code]

  • Le Climate Change Programme (en) a été lancé en novembre 2000 par le gouvernement britannique ; il s'agissait de la réponse aux engagements pris à la Conférence des Nations unies sur l'Environnement et le Développement en 1992.
  • En 2018, une nouvelle forêt anglaise est en projet entre Liverpool et Hull, avec 50 millions d’arbres à planter sur 25 000 hectares et 190 km de distance[20].
  • En 2019, le Royaume-Uni déclare l'urgence pour le climat et la biodiversité.

Politiques et actions locales[modifier | modifier le code]

Écoquartier BedZED.
  • Londres, pour soutenir sa politique d'éradication de la voiture, investit très lourdement dans le transport individuel cycliste. C'est ainsi qu'en 2006, Londres a investi 38 millions d'euros dans les voies cyclables et les parkings à vélo. Un péage urbain a également été installé.
  • BedZed est un des premiers écoquartier européen.

Rob Hopkins est initiateur en 2005 du mouvement international des villes en transition.

  • Les incroyables comestibles est une action de plantation d'essences végétales comestibles dans les espaces résiduels qui s'est développée au Royaume-Uni dans ce cadre. Elle a été lancée en 2005 par un groupe de citoyens à Todmorden.

Évaluation environnementale globale[modifier | modifier le code]

En 2015, l'organisation Global Footprint Network (GFN) indique que le Royaume-Uni est un des pays ayant le plus grand déficit écologique. La biocapacité par personne s'élève à environ 1,37 hag (hectare global par habitant), l'empreinte écologique à 4,15 hag. C'est notamment le bilan carbone qui est près de vingt fois supérieur à la capacité forestière[21].

Le jour du dépassement (date de l’année, calculée par l'ONG américaine Global Footprint Network, à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an) du pays[Note 1] est le 17 mai[22].

En revanche, l'index global d'adaptation est le 4e meilleur au monde, la vulnérabilité du territoire au changement climatique étant faible, et le niveau de préparation élevé[23].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le jour du dépassement calculé par pays est le jour où le dépassement mondial se produirait si toute la population mondiale consommait comme la population du pays en question.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Marc Sautelet, « Le gouvernement anglais supprime le ministère du Changement climatique », Reporterre,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2016)
  2. « Canicule : la clim à fond, le climat fou - Libération », sur www.liberation.fr,
  3. Grégoire Allix, « Un minuscule champignon menace les forêts anglaises », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 16 février 2019).
  4. https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/la-nature-berlinoise-devenue-le-refuge-des-rossignols_133925
  5. Audrey Garric, « La France va-t-elle sauver ses hérissons ? », sur Eco(lo) (consulté le 26 juin 2019)
  6. (en) « Airport data 2017 | UK Civil Aviation Authority », sur www.caa.co.uk (consulté le 8 avril 2018).
  7. (en) [PDF]« London Buses Performance: Financial Year 2005/06 », Transport for London.
  8. http://news.bbc.co.uk/2/hi/6333073.stm
  9. https://www.statista.com/statistics/298511/annual-turkey-meat-production-in-the-united-kingdom-uk/
  10. Émissions de gaz à effet de serre au Royaume-Uni (en) The Guardian, 18 février 2014
  11. UK air pollution
  12. Le développement durable. Maintenant ou jamais, Gilles-Laurent Rayssac, Dominique Bourg, Ed. Gallimard, coll. Découverte, 2007 (ISBN 978-2070337217)
  13. (en) « A Retrospective Assessment of Mortality from the London Smog Episode of 1952: The Role of Influenza and Pollution (Évaluation rétrospective de la mortalité liée à l'épisode du smog de Londres de 1952 : rôle de la grippe et de la pollution) », Environ Health Perspect, vol. 112, no 1,‎ , p. 6-8 (DOI 10.1289/ehp.6539, lire en ligne)
  14. a b et c Adam Nicolson, « Le grand retour des loutres dans les rivières anglaises », National Geographic,‎ (lire en ligne, consulté le 16 février 2019).
  15. « Greenpeace alerte sur la pollution plastique des rivières britanniques », (consulté le 6 juillet 2019)
  16. Jeanne Cavelier, « Les surcapacités d'incinération menace le recyclage en Europe », sur novethic.fr, (consulté le 10 novembre 2015).
  17. A. G. Tansley. The Use and Abuse of Vegetational Concepts and Terms. Ecology, Vol. 16, No. 3 (Jul., 1935), pp. 284-307
  18. Tansley, AG (1939) The British islands and their vegetation. Volume 1 of 2. Cambridge University Press, United. Kingdom. 484 pg.
  19. Emmanuelle Grundmann, « Et la femme inventa le grand singe », Terre sauvage, no 326,‎ .
  20. « Une nouvelle forêt anglaise de 50 millions d’arbres », Ouest France,‎ (lire en ligne, consulté le 16 février 2019).
  21. Nicolas Enault, « CARTES. Cinq planisphères pour comprendre pourquoi l'humanité vit au-delà des capacités de la Terre », francetvinfo.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2015).
  22. Frédéric Mouchon, « Jour du dépassement : quelles solutions pour la planète ? », Le Parisien,‎ (lire en ligne, consulté le 11 mai 2019).
  23. (en) Notre Dame Global Adaptation Index, « ND-GAIN Index Country Rankings », sur index.gain.org, (consulté le 26 décembre 2015).