Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

From Wikipédia
Jump to: navigation, search
Page d'aide sur l'homonymie Cette cathédrale n’est pas la seule cathédrale Notre-Dame.
Cathédrale Notre-Dame
de Strasbourg
Image illustrative de l'article Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg
Présentation
Culte Catholique romain
Type Cathédrale
Rattachement Archidiocèse de Strasbourg
Début de la construction 1176
Fin des travaux 1439
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, cathédrale)[1]
 Patrimoine mondial (1988)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace
Département Bas-Rhin
Commune Strasbourg
Coordonnées 48° 34′ 54″ N 7° 45′ 02″ E / 48.5817, 7.750565 ()48° 34′ 54″ Nord 7° 45′ 02″ Est / 48.5817, 7.750565 ()  

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg (allemand : Liebfrauenmünster zu Straßburg) est une cathédrale catholique romaine construite à Strasbourg, représentative de l'architecture gothique. Avec ses 142,11 mètres, après avoir été l'édifice le plus haut du monde de 1647 à 1874, elle est actuellement la deuxième plus haute cathédrale de France après celle de Rouen, achevée en 1876, et culminant à 151 mètres. Avec plus de 4 millions de visiteurs par an, elle est la deuxième cathédrale la plus visitée de France après Notre-Dame de Paris[2]. Elle est reconnaissable par son unique clocher surmonté d'une flèche.

« Prodige du gigantesque et du délicat » selon Victor Hugo[3], la splendeur de la cathédrale est visible de très loin dans la plaine alsacienne et peut être aperçue d'aussi loin que les Vosges ou que de la Forêt-Noire. Elle se situe dans un quartier entouré par la rivière l’Ill, sur la place de la cathédrale, au cœur du centre ancien de Strasbourg.

Histoire de la cathédrale[edit | edit source]

Les pieux des fondations de la cathédrale datant de l’an 1015, et retrouvés en 1905, dans le sous-sol de la crypte.
Gravure dans Pierers Universal-Lexikon, 1891.

Les édifices antérieurs[edit | edit source]

Le site de la cathédrale est utilisé par plusieurs édifices religieux successifs, à partir de l'occupation romaine. Un sanctuaire romain dédié au dieu Mars occupe alors l'emplacement jusqu'à une date inconnue. On sait qu'une cathédrale est élevée par l'évêque Arbogast, à la fin du VIIe siècle, sur la base d'un temple dédié à la Sainte Vierge, mais aucun vestige n'a été conservé jusqu'à aujourd'hui.

La première cathédrale est remplacée durant le VIIIe siècle par un édifice plus important, terminé sous le règne de Charlemagne. Selon certaines sources[4], le testament de l'évêque Remigius[5], daté de 778, atteste de sa volonté d'être inhumé dans la crypte. Mais il est plus probable qu'il soit enterré en réalité à l'Église Saint-Trophime d'Eschau[6]. C'est certainement dans l'édifice que sont prononcés les serments de Strasbourg. Les fouilles menées récemment révèlent que cette cathédrale carolingienne possédait trois nefs et trois absides. Un poème décrit cette cathédrale, ornée d'or et de pierreries par l'évêque Ratald[7]. La cathédrale est la proie des flammes à de multiples reprises, en 873, 1002 et 1007.

En 1015, l'évêque de Strasbourg Werner de Habsbourg, et l'empereur Henri II posent ensemble la première pierre d'une nouvelle cathédrale sur les ruines de l'édifice carolingien. Werner construit une cathédrale de style ottonien, mais celle-ci brûle en 1176, car les nefs sont, à l'époque, couvertes d'une charpente en bois.

Les fondations de l’an 1015[edit | edit source]

Sur l’insistance de l’évêque Wernher qui voulait que la cathédrale soit construite à l’endroit précis où les premiers chrétiens avaient prié, elle a effectivement été édifiée sur des pieux enfoncés dans la nappe phréatique et remblayés, car le terrain glaiseux et mouvant était peu propice à la construction.

Commencées en 1015, ces fondations uniques au monde ne furent achevées qu'en 1439, année de la mort de l'évêque, treize ans après le début des travaux. Il s’agit d’un socle de limon et d’argile renforcé par des pieux en bois. C’est une technique antique qui permet de créer une sorte de semelle stable sur laquelle élever la maçonnerie des fondations

Lors des travaux de régularisation du Rhin par l’ingénieur badois Tula au XIXe siècle, le niveau de la nappe phréatique baissa. Les pieux se mirent à pourrir et la tour Nord commença à s'affaisser. En 1906, il fallut la soulever pour injecter du béton sous ses fondations.

Lors des sondages effectués à partir de 1905 par l’architecte Johann Knauth et les services de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame, on a retrouvé les fondations de 1015, elles-mêmes réutilisées à partir de 1277, lorsque l’évêque Conrad de Lichtenberg entame la construction de l’actuel massif occidental.

Construction de la cathédrale actuelle (1176-1439)[edit | edit source]

Après le sinistre, Henri de Hasenbourg, nouvel évêque de Strasbourg de 1180 à 1190, décide la construction d'une quatrième cathédrale, devant être plus belle que celle de Bâle, qui vient d'être achevée. Le chantier de la nouvelle cathédrale commence sur les fondations de la construction précédente et ne s'achève que plusieurs siècles plus tard, en 1439. La construction débute par le chœur et le transept Nord, dans un style roman.

Vers 1220, un architecte français ayant participé à de grands chantiers gothiques en Île-de-France comme Chartres et Reims arrive à Strasbourg avec ses artisans et initie le changement de style de l'édifice avec notamment le réhaussement de l'ancienne nef romane en un ensemble gothique et de l'élargissement des voûtes et des ouvertures dans les murs. Ce chantier dure une quarantaine d'année et les noms des architectes successifs sont inconnus.

En fin d'année 1276, l'évêque Conrad de Lichtenberg, ordonne la construction du massif occidental. Le nom du maître d'œuvre n'est pas connu non plus.

Le premier maître d'œuvre attesté du chantier de la cathédrale est Erwin von Steinbach. Sa fonction de responsable du chantier de la cathédrale a été officialisée le 16 octobre 1284 à la chancellerie de la ville. Il dresse la nouvelle façade gothique et la rosace au-dessus du portail d'entrée. Le maître s'est appuyé sur un plan conservé aujourd'hui à l'œuvre Notre-Dame de Strasbourg dont Erwin von Steinbach serait l'auteur.

Afin de trouver de l'argent pour terminer la nef, le diocèse recourt aux indulgences en 1253. Témoignage de la double influence française et allemande, l'utilisation pour les vitraux des couleurs rouge et bleu (typique d'une équipe française) et la présence marquée de vert (style allemand).

Les maîtres d'œuvre[edit | edit source]

Du fait de la longue durée de la construction, de nombreux maîtres d'œuvre se sont succédé. Seuls sont connus ceux qui ont œuvré à partir de la fin du treizième siècle. Les différents maîtres d'œuvre sont :

  • Rodolphe le vieux (achèvement de la nef) ;
  • Erwin von Steinbach (1244-1318) (façade : portails et grande rose) ;
  • Gerlach (chapelle sainte Catherine et façade : deuxième et troisième niveaux des tours) ;
  • Michel de Fribourg (façade : galerie des apôtres au-dessus de la rose) ;
  • Klaus de Lohr (façade : beffroi au-dessus de la galerie des apôtres entre les tours) ;
  • Ulrich d'Ensingen (tour octogonale), maître d'œuvre de la tour de la cathédrale d'Ulm ;
  • Johannes Hültz (flèche) ;
  • Jodoque Dotzinger (fonts baptismaux) ;
  • Hans Hammer (chaire) ;
  • Jacques de Landshut (sacristie saint Laurent) ;
  • Bernard de Heidelberg (chapelle saint Laurent et renouvellement des voûtes de la chapelle sainte Catherine) ;
  • Joseph Massol (sacristie du Grand Chapitre) ;
  • Jean-Laurent Götz (murs à l'extérieur le long des bas-côtés et façade : maison des gardiens sur la plate-forme) ;
  • Gustave Klotz (chœur : dorures et mosaïques, et croisée : tour néo-romane) ;

La cathédrale depuis le XVe siècle[edit | edit source]

L'Humanisme et la Réforme gagnent Strasbourg au XVIe siècle et vont largement marquer la ville. Strasbourg est une des premières villes qui appelèrent au changement. Les thèses de Luther sont affichées dès 1518 aux portes de la cathédrale et les écrits luthériens se propagèrent rapidement grâce aux imprimeurs. La ville adopte la Réforme. La cathédrale est soumise au culte protestant à partir de 1521 (sauf pendant la décennie 1548-1558). Il s'ensuit une guerre entre les évêques protestants et catholiques, qui précède la guerre de Trente Ans. À cette occasion, coupée du Saint-Empire romain germanique, la ville de Strasbourg s'offre à Louis XIV, en 1679. Deux ans plus tard, la cathédrale est rendue au culte catholique. L'introduction de la Réforme met fin à la production artistique qui se trouva privée d'un de ses principaux mécènes habituels : l'Église catholique. Une quarantaine d'autels ont ainsi disparu de la cathédrale durant cette période. Au siècle suivant, peu de temps après l'investissement de Strasbourg par les troupes de Louis XIV, en septembre 1681, la ville restitue la cathédrale Notre-Dame aux catholiques[8], ainsi que quarante autres églises.

Le jubé est détruit en 1682 lors de la réintroduction du culte catholique qui suit le rattachement de Strasbourg au Royaume de France. Il datait du XIIIe siècle.

Le puits à margelle de la cathédrale appelé Kindelsbrunnen ou Taufbrunnen en alsacien, ce qui signifie « le puits aux enfants », ne fut fermé avec une dalle qu'en 1766, car il gênait les processions. Il est à l'origine de nombreuses légendes.[Lesquelles ?]

Les arcades ou galeries latérales destinées à cacher les boutiques des marchands ont été construites de 1772 à 1779 par l'architecte Jean-Laurent Goetz. Elles sont l'une des dernières manifestations du style gothique en France.

En 1792, à la suite de la Révolution française, 235 statues sont détruites par les iconoclastes. Certaines cloches sont descendues et fondues pour en faire des canons. Jean Hermann (1738-1800), alors directeur du Jardin botanique, sauve de la destruction une partie des statues de la cathédrale de Strasbourg en les enterrant dans le Jardin botanique (situé à la place occupée actuellement par l'École des Arts Décoratifs). La cathédrale devient le temple du Culte de la Raison et de l'Être suprême.

Jean Hermann nous décrit ainsi, dans ses Mémoires, les dégâts révolutionnaires :

« Au grand portail, on démonta quinze grandes statues sur piédestaux; on abattit un grand nombre de figures représentant soixante et dix faits historiques de la Bible, taillées dans des cannelures en bosse ou bas-reliefs. On détruisit encore le grand bas-relief placé au-dessus de la porte et représentant un grand nombre de faits historiques ; vingt-quatre statues placées entre des colonnes de très petit module, très artistement travaillées ; de même douze statues appelées les musiciens. Aux deux portails latéraux, on démonta vingt-quatre statues sur piédestaux ; toutes les figures en bosse placées dans les cannelures des cintres des deux portails ; les deux bas-reliefs au-dessus des deux portails ; les trois grandes statues équestres représentant les rois Clovis et Dagobert et l'empereur Rodolphe d'Habsbourg ; treize statues au-dessus de la rosace avec des figures en bas-relief, travaillées en bosse… Quatre pommes de pin, servant d'ornement aux tourelles, furent abattues ; les ignorants vandales les prenaient pour des fleurs de lis. Au portail connu sous le nom de Saint-Laurent furent abattues dix statues sur des piédestaux ; sous un baldaquin, saint Laurent couché sur un gril, au-dessus du portail ; trois autres statues dans l'intérieur du baldaquin. À la façade vis-à-vis du château royal, ci-devant palais épiscopal : quinze statues sur piédestaux ; deux bas-reliefs en bosse au-dessus des deux portes. À la prétendue croix, au sommet de la flèche, on a abattu les ornements arabesques et les extrémités regardées à tort comme des fleurs de lis. Dans la chapelle de la Croix ou de Sainte-Catherine, cinq statues… »

Le 12 juillet 1793, on installe le télégraphe optique à bras conçu par Claude Chappe sur la plate-forme de la toiture de la cathédrale. Il sera enlevé en 1852.

En 1793, les révolutionnaires, par la bouche d'un aventurier originaire de Lyon, séminariste défroqué, jacobin et membre de la Convention nationale nommé Antoine Téterel, exigent qu’on démolisse la flèche de la cathédrale de Strasbourg jusqu'à la hauteur de la plate-forme. La flèche, du fait de sa hauteur exceptionnelle de 142 mètres (la plus haute de toute la chrétienté) ferait injure au sentiment d'égalité. Antoine Téterel animé par un excès de zèle révolutionnaire, fait par ailleurs démolir de nombreuses statues de la façade. La flèche ne doit son salut qu’à un ferronnier plein de bon sens, le citoyen Jean-Michel Sultzer, ami d'Euloge Schneider, vicaire général et accusateur public du tribunal révolutionnaire de Strasbourg. Il propose de coiffer la flèche de la cathédrale d’un immense bonnet phrygien, symbole des jacobins. Il insiste sur l’intérêt qu’il y avait à se servir de cet immense symbole pour manifester au-delà du Rhin les vertus de la liberté et de la Révolution française. Il hisse sur la flèche cet énorme bonnet phrygien en tôle rouge qui y demeura jusqu’en 1802 et que les strasbourgeois appelèrent en dialecte alsacien, le « kàffeewärmer » (la chaufferette à café). Ce bonnet phrygien est réclamé après la Terreur par le bibliothécaire de la ville de Strasbourg, Jean-Jacques Oberlin, et conservé parmi les curiosités historiques de la cité. Au numéro 24 place de la cathédrale, sur le pignon saillant de la maison face à la cathédrale, il y a le buste de Jean-Michel Sultzer regardant la flèche qu'il vient de sauver. Il est placé au-dessus d'une enseigne en fer forgé représentant la cathédrale dont la flèche est coiffée d'un bonnet phrygien rouge.

Sculpture de Louis XIV à cheval par Jean Vallastre (1823) sur la façade principale.

Le 4 octobre 1801, la cathédrale est rendue aux catholiques et à partir de 1813 débutent les grands travaux de restauration. Les façades et la statuaire sont restituées par les sculpteurs Jean Vallastre (1765-1833), Étienne Malade et Philippe Grass (1801-1876). En 1823, sous la Restauration on plaça une statue équestre de Louis XIV sculptée par Jean Vallastre dans la niche vide du quatrième contrefort de la façade. En 1835 on installa un paratonnerre sur l'édifice (dès 1780, Barbier de Tinant, commissaire des guerres, avait proposé dans un mémoire à l'Académie des sciences l'établissement d'un paratonnerre sur la flèche de la cathédrale ; et Benjamin Franklin, rapporteur lui-même du projet avait conclu favorablement) et l'on abaissa le parvis d'environ un mètre pour mettre en valeur la façade principale.

En 1836, l'intérieur de la cathédrale est badigeonné à la chaux. En 1848 l'on supprime les petites boutiques sur le côté nord, en ne laissant subsister et après de vives polémiques, que les arcades qui leur servaient de façade mais on ne vida point le côté sud, où les tailleurs de pierre continuèrent de s'abriter.

La toiture de la cathédrale est atteinte lors des bombardements de la ville de Strasbourg, pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, les projectiles mirent le feu aux toitures de la nef et du chœur (les charpentes de bois recouvertes de cuivre avaient été reconstruites à la suite de l'incendie de 1759). Le feu s'étendit sur 60 mètres de longueur et 15 mètres de largeur, dévorant 600 stères de bois et 12 tonnes de cuivre, mais il n'entama pas les voûtes. L'incendie maîtrisé, les obus continuèrent à pleuvoir pendant tout un mois. La flèche elle-même fut endommagée : elle reçut en tout treize projectiles. Clochetons et balustrades, escaliers et gargouilles, couronnements des niches, statues et piliers : il y eut des dégâts partout, dans toutes les parties et à toutes les hauteurs, sur tous les côtés, particulièrement au nord, les tirs provenant des batteries allemandes situées à Schiltigheim. C'est le jour même de la capitulation, le 27 septembre 1870, que la cathédrale reçut son dernier projectile : il pénétra, à une heure et demie de l'après-midi, dans l'intérieur de l'église par la septième fenêtre du côté nord de la nef. Quelques heures plus tard, le drapeau blanc était hissé sur une des quatre tourelles, celle du nord-est.

L'architecte Gustave Klotz (1810-1880) restitue, à la suite des dégâts causés par les bombardements de la guerre de 1870, une tour de croisée néo-romane pendant la période d'annexion à l'Empire allemand. Les travaux débutent en 1878 et prennent fin en 1879. Gustave Klotz restitue également les portes de façade en bronze de la cathédrale, privée de ses ornements depuis la Révolution française.

L'architecte Johann Knauth (1864-1924) est l'auteur en 1904 du vestibule néo-gothique, avec ses voûtes ajourées, sur le flanc gauche de la cathédrale (côté Nord). Il renferme au niveau des voûtes des symboles maçonniques et de curieux personnages sculptés. Johann Knauth sauve également la flèche de la cathédrale menacée d'écroulement par suite d'un enfoncement de l'édifice et de la baisse de la nappe phréatique. Les travaux complexes de consolidation durent de 1906 à 1926. Johann Knauth commence la reprise des fondations de la tour portant la flèche en sous-œuvre et injecte 2 000 litres de béton. L'opération s'achève une vingtaine d'années plus tard avec la participation de l'architecte Robert Danis (1926).

Pendant l'annexion de l'Alsace-Lorraine au Troisième Reich, le culte catholique est provisoirement interdit dans la cathédrale par un décret de Hitler[9]. Son secrétaire particulier Bormann aurait confié[10] que le Führer comptait « transformer la cathédrale de Strasbourg en monument national puisqu'elle était revendiquée à la fois par les catholiques et les protestants ». La cérémonie en l'honneur de la victoire, mêlée à un semblant de religion et organisée par la Wehrmacht au début de , corrobore ces projets. En 1944, un bombardement américain endommage la tour de croisée (la tour de l'architecte Gustave Klotz) et le bas-côté Nord.

Dans la ville de Strasbourg enfin libérée, le 23 novembre 1944, Maurice Lebrun, spahi du 1er RMSM de la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque, déploie le drapeau français au sommet de la cathédrale, faisant suite au serment de Koufra (28 février 1941) où le futur Maréchal Leclerc fait le serment avec ses soldats de ne pas déposer les armes avant d'avoir vu le drapeau français flotter sur la cathédrale de Strasbourg.

La tour de croisée (la tour de Gustave Klotz) se voit recouverte d'une charpente provisoire et d'un carton bitumé en 1945. Elle sera restaurée et rénovée de 1988 à 1992. En 1945, également a lieu la remise des vitraux par les Américains qui les ont retrouvés dans une mine de sel à Heilbronn en Allemagne. Ils avaient été volés par l'occupant.

En 2009, l'on déposa deux ensembles de vitraux très abîmés du bas-côté sud (XIIIe et XIVe siècles) pour être restaurés dans des ateliers de maîtres-verriers à Aiserey et à Troyes. Ils ont été remis en place en 2010. En 2011 ont débuté les travaux de restauration de la chapelle Sainte-Catherine sous la direction de l'architecte Christiane Schmucklé-Mollard.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Dimensions[edit | edit source]

La nef
  • Longueur : 111 m
  • Largeur : 51,5 m
  • Hauteur : 142,11 m
  • Hauteur du sol à la plate-forme : 66 m (330 marches)
  • Hauteur du sol au sommet du clocher : 100 m (500 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la flèche : 132 m (646 marches)
  • Hauteur du sol au sommet de la pointe : 142,11 m
    • Hauteur du clocher : 34 m (170 marches)
    • Hauteur de la flèche : 32 m (146 marches)
    • Hauteur de la pointe : 10 m
  • Hauteur maximale de la nef : 31 m
    • Longueur de la nef : 62,50 m
    • Largeur de la nef : 16,60 m
    • Largeur nef + bas-côtés : 44,50 m
  • Hauteur des bas-côtés : 15 m
  • Largeur des bas-côtés : 9,70 m
  • Hauteur du narthex : 38 m

La tour semble plus grande que la flèche car la base de cette dernière est entourée - et donc cachée - par les quatre colonnes débutant au sommet de la tour, situées aux angles de celle-ci. Les colonnes dépassant la tour peuvent ainsi donner une impression de continuité.

Pour se donner une idée de la hauteur de l'édifice, les tours de la cathédrale Notre-Dame de Paris atteignent 69 m et la flèche, située au centre du toit de la nef, atteint les 96 m.

On peut aussi comparer la hauteur de la cathédrale à celle de la pyramide de Kheops qui, à son achèvement, culminait à plus de 146 m de hauteur (137 m aujourd'hui) : le sommet de la flèche est inférieur de 5 m au sommet actuel de la pyramide et le sommet de la pointe supérieur de 5 m.

Si l'on ne compte pas les quelques marches extérieures séparant le parvis du premier escalier (celui de 330 marches, le seul ouvert au grand public actuellement), on peut dire que les 500 marches du sol au sommet du clocher mesurent 20 cm (les 330 comme les 170 marches). Les 146 marches de la flèche mesurent environ 22 cm. Quelques marches extérieures séparent le parvis du premier escalier de la cathédrale. Une autre petite plate-forme entoure la base de la pointe.

Plates-formes[edit | edit source]

Vue du parvis de la cathédrale depuis la première plate-forme

* La plate-forme principale (66 mètres)

Sur la première plate-forme se trouve un refuge abritant notamment un mécanisme d'horloge et quelques pièces de la cathédrale exposées. Depuis la plate-forme, si l'on est patient, on peut distinguer l'Aubette, le Musée d'art moderne, le Barrage Vauban, le Palais des Rohan, l'Église Saint-Paul, la place Broglie, la Place de la République, le Parc de l'Orangerie, le Parc de la Citadelle, la gare de Strasbourg et les bâtiments du Conseil de l'Europe (le Palais de l'Europe, la Cour européenne des droits de l'homme et le Siège du Parlement, reconnaissable à son hémicycle). Par beau temps, il est possible de voir au-delà de la ville; pour les bâtiments, il est plus facile de les repérer le soir grâce aux illuminations.

  • La plate-forme de la grande tour (100 mètres)

La deuxième plate-forme marque la fin de la tour et le début de la flèche. Sa forme carrée est encadrée par quatre piliers.

  • La plate-forme de la flèche (132 mètres)

Cette très petite plate-forme carrée (douze personnes s'y sentiraient serrées) marque la fin de la flèche et le début de la pointe.

  • La plate-forme de la pointe (136 mètres)

Environ plus haute de quatre mètres que la plate-forme précédente, cette minuscule plate-forme hexagonale (huit personnes s'y sentiraient serrées) donne une impression de couronne entourant la pointe (la flèche est en fait constituée de couronnes carrées se chevauchant).

Actuellement, il n'est possible de visiter que la plate-forme à 66 mètres.

Architecture[edit | edit source]

La façade sud de la cathédrale.

Frontispice[edit | edit source]

Le frontispice
La rosace

Le frontispice de la cathédrale est richement orné. Les tympans de ses trois portails, surmontés d'un double gable, sont consacrés à la vie du Christ. Puis, au-dessus, la rosace, œuvre d'Erwin von Steinbach en constitue le point central. La particularité de cette rosace, unique en son genre, est d'être composée d'épis de blé, et non de saints, comme c'est la coutume. Ils sont le symbole de la puissance commerciale de la ville.

La façade se caractérise par son grand nombre de sculptures. La plus belle manifestation de cet ensemble architectural est la galerie des apôtres, située au-dessus de la rosace.

Le portail principal[edit | edit source]

Le tympan du portail principal, à l'Ouest, est entouré de statues de prophètes et de martyrs, et a pour thème la Passion du Christ. Des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament sont représentées sur les voussures.

Au milieu du tympan, une statue de la Vierge à l'Enfant rappelle la dédicace de la cathédrale à Notre-Dame. Une autre statue de la Vierge est située au-dessus du tympan. Elle est surmontée d'une statue du Christ, Roi et Juge, dont le trône est entouré de lions musiciens.

Le portail de gauche[edit | edit source]

Le tympan du portail de gauche

Le portail Nord est décoré de statues représentant les vertus, terrassant les vices. Le tympan a pour sujet l'enfance du Christ et les voussures sont décorées d'anges et de personnages.

Le portail de droite[edit | edit source]

Le tentateur et les vierges folles.
Le tympan du portail de droite

Le portail Sud présente le thème classique des Vierges Sages - elles tiennent une lampe et les tables de la Loi ouvertes, à côté du mari idéal - et des Vierges Folles - elles tiennent les lampes retournées, serrent fermées les tables de la loi et sont à côté du tentateur qui tient la pomme de la tentation et a dans son dos des reptiles. Le tympan, quant à lui, représente le Jugement Dernier.

Sur les socles des statues, on peut observer d'un côté les signes du zodiaque, et de l'autre les principaux travaux des champs — notamment le passage au fouloir.

Les portails latéraux[edit | edit source]

L’Église sur le portail sud. XIIIe siècle
Le portail Saint-Laurent au nord.
Le portail latéral sud.
La Synagogue sur le portail sud. XIIIe siècle
Le Jugement de Salomon par Jean Vallastre (1828)

Deux autres portails sont sur les côtés de l’édifice, au niveau des transepts.

Du côté Nord, le portail Saint-Laurent, de style gothique tardif, œuvre de l’architecte Jacques de Landshut en 1495, est orné d’un groupe de statues du martyre du saint, mort sur un gril et de différentes statues représentant l'Adoration des mages remontées de part et d'autre du portail. Ce portail est plus récent que la construction principale, datant de l’époque française. Il a été restauré au XIXe siècle par le sculpteur statuaire Jean Vallastre qui est à l'origine du groupe statuaire figurant le martyre de Saint Laurent.

Du côté Sud, le portail le plus ancien, de conception romane, est décoré de plusieurs statues.

Le groupe central du portail Sud, appelé aussi portail du Jugement dernier ou du Jour du jugement met en scène différents passages bibliques et comporte quatre figures principales : Salomon roi d'Israël surmonté du Christ en gloire entourés de deux statues plus anciennes (1225-1235). Celle de gauche représente l’Église, droite, couronnée et qui tient un étendard en forme de la croix et le calice. Elle est complémentaire de la statue de droite qui représente la Synagogue, avec les yeux bandés. Elle baisse le visage et sa lance est brisée, en signes de défaite, et son bras pendant laisse tomber les Tables de la Loi. Le sculpteur semble s’être inspiré du texte biblique : « Les lances seront brisées et l’épée tombera de la main. On en forgera des socs » (Isaïe 2,4). Ses yeux sont bandés parce qu'elle est aveugle aux vérités de la Nouvelle Loi[11]. Le destin de la Synagogue n'est nullement d’être condamnée à jamais, mais elle sera sauvée à la fin des temps quand elle rejoindra Dieu par des noces mystiques : « Je te fiancerai à moi pour toujours » (Osée : 2,22).

Les deux sculptures symbolisent les deux voies de l’existence humaine : la Foi et la Loi. La voie profane et conquérante et la voie intérieure et mystique, faisant écho aux doubles portes du portail. D’aucuns ont voulu y voir un symbolisme de la réalisation du Grand œuvre alchimique : la Voie Courte dite du Pauvre ou Voie Sèche et la Voie Longue, dite Voie Riche ou Voie Humide ou encore les deux phases principales du Grand œuvre alchimique « il siègera comme fondeur… il les affinera comme or et argent » (Malachie : 3,3) : l’œuvre au rouge et l'œuvre au noir. Ce dédoublement des voies s’observe à travers toutes les figures du portail également dédoublé par deux entrées : deux tympans, deux mères, deux enfants. En fait le dédoublement symbolique des figures contraires n’est qu’apparent. Le juste appelé à être soumis au Jour du jugement est au-delà des oppositions et des contraires. Il réalise en lui une unité ignorant le morcellement du temps à travers son appartenance à l’Éternité, une et totale.

Au centre, la statue sculptée par Jean Vallastre en 1828 représente le roi Salomon, surmontant deux petites statues rappelant son fameux jugement préfigurant le Jour du jugement. Cette sculpture du roi Salomon remplace la figure gothique détruite pendant la Révolution française. Au-dessus du roi Salomon, règne la figure du Christ en gloire de l’Apocalypse ou du Jugement dernier, tenant dans sa main gauche le globe terrestre et surmonté d’un dais figurant la future Jérusalem céleste, le seul « Juste » étant le Seigneur (Ecclésiastique : 18,2) qui apparaît au somment du portail en tant que juge. Le portail représente la Parousie de Yahweh par l’Apocalypse et la gloire de Yahweh est sculptée sous la forme symbolique d’un dais (la Jérusalem céleste) qui sera le refuge du Juste (Isaïe : 4,5-6). « Le Juste est le fondement du monde » (Proverbes : 10,25). Les deux tympans romans, représentent les deux phases finales de la vie de Marie : la Dormition et le Couronnement de la Sainte Vierge.

Sabina von Steinbach sculptant « La Synagogue »
Erwin von Steinbach par Philippe Grass

Selon certains spécialistes[Lesquels ?], des sculpteurs partis de Sens auraient gagné Chartres, puis la Bourgogne avant de rejoindre Strasbourg, alors que d'autres études concluent plutôt à la simultanéité de ces chantiers. On a également souligné l'expressivité dramatique des deux sculptures représentant l’Église et la Synagogue, véritables chef-d'œuvre qui relèveraient à la fois des grands courants français et germaniques. Ces deux statues ont été déposées au musée au début du XXe siècle pour les protéger de la pollution et des intempéries et ont été remplacées de part et d'autre du portail par des copies. Le 20 mars 2007 la copie de la statue de la Synagogue avait été vandalisée, une partie de sa lance brisée et sa main arrachée. Elle a été depuis restaurée.

Par ailleurs, deux statues ont été ajoutées au XIXe siècle : à droite, la figure d’un des architectes de la cathédrale maître Erwin von Steinbach et à gauche, une statue de jeune femme dotée des attributs classiques du sculpteur sur pierre. La légende raconte que cette jeune femme serait Sabina, l’une des filles d’Erwin von Steinbach, jeune sœur de Jean, et tailleuse de pierre. Malheureusement, aucun document officiel ne permet d’attester cette histoire.

On nomme ce portail le portail du Jugement, non seulement en souvenir de Salomon, mais aussi parce que c’est à cet endroit que l’évêque de Strasbourg tenait son tribunal. En hiver avait également lieu à cet endroit et durant tout le Moyen Âge une foire, prémisse de l’actuel marché de Noël.

Le beffroi[edit | edit source]

Le beffroi qui abrite 10 cloches sur 16 est situé au-dessus de la galerie des apôtres. Il ne figurait pas sur le plan original. Il a été conçu et réalisé par les maîtres d'œuvre Michel de Fribourg et Claus de Lohr entre 1365 et 1383.

Seule, la face Ouest du beffroi est décorée ; le thème de l'iconographie est le Jugement Dernier. Entre les gâbles des ouvertures, le Christ est représenté assis, une épée pointant vers sa bouche. En dessous de lui deux personnages (peut-être les prophètes Ézéchiel et Isaïe). Encadrant les ouvertures, quatre statues avec une tête d'homme, d'aigle, de taureau et de lion (Les Zoomorphes) représentent selon les uns, les évangélistes, selon d'autres, les Vivants décrits par Ézéchiel et Isaïe dans l'Ancien Testament et par Saint Jean dans L'Apocalypse.

Dans les gâbles, la Vierge Marie et Saint Jean intercèdent pour les ressuscités que l'on voit sortir des cercueils le long des gâbles. À la droite du Christ, les élus, à sa gauche, les réprouvés. Deux anges portent les symboles de la Passion ; la croix, la couronne d'épines, la lance et les trois clous. Quatre anges réveillent les morts en soufflant dans des trompettes. Au sommet du gâble, à la gauche du Christ, un démon emporte en enfer un réprouvé, à sa droite, un personnage emmène un élu au Paradis.

L’intérieur[edit | edit source]

Vitrail sur la bénédiction de la vierge.

L'intérieur de la cathédrale, typiquement gothique, possède un décor riche et varié. L'intérieur est sombre par rapport à la majorité des cathédrales françaises, telles que Reims ou Chartres. Contrairement à une idée communément répandue, la nef de la cathédrale compte avec ses 63 mètres de longueur parmi les plus longues nefs de France, mais les dimensions très réduites du chœur conduisent à un manque de proportionnalité de l'ensemble[12].

La nef[edit | edit source]

La nef s'élève sur trois étages et contient une riche collection de vitraux. Dans le collatéral Nord, ils représentent les différents Empereurs du Saint-Empire et sont datés du XIIIe siècle. Dans celui côté Sud, les vitraux du XIVe siècle permettent d'admirer des scènes de la vie de la Sainte Vierge et du Christ. Les vitraux du triforium représentent les ancêtres du Christ suivant la généalogie que donne Luc dans son évangile. Au sud, le deuxième personnage de la première fenêtre de la quatrième travée est Juda. La grande rosace est quant à elle purement ornementale !

À remarquer : « l'homme le plus fort de la cathédrale ». Il s'agit d'une petite statue, placée à la base d'un des piliers de la nef (rangée de gauche en entrant par la porte principale), représentant un homme en train de supporter le pilier. Cet homme soutient donc la cathédrale, ce qui en fait le plus costaud.

Le bras Nord du transept[edit | edit source]

Le bras Nord du transept, tout comme le bras Sud, est divisé en quatre travées carrées par un pilier central. Le pilier central du bras Nord est cylindrique. Les voûtes d'ogives, les plus anciennes de la cathédrale, sont très bombées, faisant ressembler chacune des quatre travées à des coupoles. La hauteur atteint vingt-six mètres.

les fonts baptismaux
La sculpture du Mont des Oliviers

On peut voir dans la partie gauche du côté est l'ancienne niche romane, assez majestueuse, de l'autel Saint-Laurent. Ses chapiteaux sont décorés d'animaux fantastiques. Cette niche abrite aujourd'hui les fonts baptismaux, exécutés en 1453 par le maître d'œuvre de la cathédrale de l'époque, Jodoque Dotzinger. Ils sont sculptés d'une manière très fouillée et constituent un chef-d'œuvre de l'art flamboyant. Pour une raison inconnue, ils ne sont pas octogonaux comme partout ailleurs, mais heptagonaux.

En face, du côté ouest, c'est-à-dire contre le mur de l'abside de l'actuelle chapelle Saint-Laurent, se trouve une monumentale sculpture du mont des Oliviers. Celle-ci est commandée en 1498 par Nicolas Roeder pour le cimetière de l'église Saint-Thomas, avant d'être transférée dans la cathédrale en 1667. L’ancienne chapelle Saint-Laurent (1495-1505) est due à Jacques de Landshut qui donne sur le portail nord.

À l'est se trouve la chapelle Saint Jean Baptiste où se trouve le gisant de Conrad de Lichtenberg[13], évêque de Strasbourg de 1273 à 1299.

Le bras Sud du transept[edit | edit source]

Le pilier des Anges
L'homme de la balustrade

Deux éléments particulièrement remarquables sont situés dans le bras Sud du transept. Le pilier des Anges, construit vers 1230, est le pilier central de la salle et porte douze sculptures de toute beauté : la première rangée représente les quatre évangélistes, surmontés d'anges jouant de la trompe. Le groupe supérieur comprend le Christ, assis, entouré d'anges portant les instruments de la Passion.

Dans cette même salle, il faut remarquer la statue d'un homme, accoudé à une balustrade. La légende raconte qu'il s'agit d'un architecte concurrent de celui ayant construit le pilier des Anges, prouesse architecturale de l'époque. Il aurait prétendu que jamais un seul pilier ne pourrait soutenir une si grande voûte et attendrait pour voir le tout s'effondrer.

La crypte[edit | edit source]

La crypte romane du XIe siècle.
Chapiteau roman du XIe siècle représentant des bêtes difformes.

La crypte permet de découvrir la partie la plus ancienne de la cathédrale, bâtie au XIe siècle dans un très beau style roman. Réalisée quelques années avant celle de l’abbatiale Notre-Dame de Jumièges (1040-1066), elle présente déjà un plan très ambitieux et original, par l'ampleur et la forme données aux chapelles rayonnantes. À la mort de Robert, en 1037, les parties orientales sont probablement achevées. Cette crypte offrait un ample déambulatoire de 4,6 mètres de large et, de plus, le confessio de type crypte-halle n'existait pas encore et n'a été créé que plus tard, sans communication avec le déambulatoire.

La crypte est composée de trois nefs, séparées par des piliers cruciformes et des colonnes alternés (les deux premières travées orientales seules présentent cette alternance). Là également, la voûte est en berceau et les colonnes sont couronnées par des chapiteaux assez archaïques : deux chapiteaux présentent, aux quatre angles de la corbeille, des bêtes difformes (lions ou démons), les deux autres sont composés de tiges enlacées formant des boucles et spirales symétriques. Elle se termine à l'est par un mur en hémicycle, qui comporte le petit sanctuaire : quatre niches et deux ouvertures murées aujourd'hui.

Sous une Frise composée de feuilles de vigne stylisées et de grappes de raisin, l'appareillage des murs est couvert d'une taille décorative - arêtes de poisson et losanges - qui apporte la preuve que cette partie orientale remonte bien au XIe siècle, car elle se retrouve dans les plus anciennes églises d'Alsace, à Altenstadt et Surbourg. Puis au XIIe siècle, on construit deux files de colonnes dont les formes décoratives sont d'une extrême sobriété, avec des chapiteaux cubiques qui mènent la crypte jusqu'à la nef.

La voûte d'arêtes se termine à l'ouest par un pontil à l'italienne. Les deux escaliers latéraux sont modernes. Entre eux se trouve le caveau - moderne - des évêques de Strasbourg. Déjà après l'incendie de 1150, les parois orientales du transept avaient été refaites.

Le chœur[edit | edit source]

Le chœur en 2012.

Le chœur roman, dans lequel se trouve l'autel, est surélevé, car situé au-dessus de la crypte. Il est orné de fresques, datant du XIXe siècle. Tout comme la voûte du trône du château de Neuschwanstein[14], celui du chœur rappelle l'art byzantin. Il est orné en son centre d'un vitrail moderne, représentant la Sainte Vierge, à qui est dédiée la cathédrale. On retrouve dans ce vitrail, don du Conseil de l'Europe, les douze étoiles du drapeau européen sur fond bleu, couleur de la Sainte Vierge. Dans le croisillon Nord, un très bel ensemble sculpté et polychromé, datant du début du XVIe siècle et méritant une sérieuse restauration, représente le mont des Oliviers.

Le chœur est meublé de quinze stalles en chêne, datant de 1692. Œuvres des menuisiers Claude Bourdy et Claude Bergerat, ainsi que du sculpteur Peter Petri, elles sont classées monument historique depuis le 13 février 2004, à titre d'objet.

Depuis le dernier trimestre 2004, le chœur est réaménagé sur décision de Mgr Joseph Doré, archevêque, afin de le rendre conforme aux aspirations liturgiques du concile Vatican II. Les rambardes de pierre du grand escalier sont supprimées, afin de permettre une meilleure communion visuelle entre le clergé et les fidèles. Pour améliorer la visibilité, une déclivité en pente douce, de trois pour cent, est réalisée depuis le fond du chœur en partant de l'autel du XVIIIe siècle, jusqu'au haut des marches. Un nouveau mobilier liturgique, en marbre de Carcassonne, est installé, dont la cathèdre et un nouvel autel majeur. Le nouveau chœur est solennellement inauguré le 21 novembre 2004 par Mgr Doré, entouré du cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris et du cardinal Karl Lehmann, évêque de Mayence, en présence du premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

La chaire[edit | edit source]

La chaire est un exemple de gothique flamboyant poussé à l’extrême. Une cinquantaine de statues la décorent, abordant de nombreux thèmes tels que les évangélistes, un cortège de 8 figures d'apôtres, la Crucifixion de Jésus-Christ entouré de sa mère Marie et de l'apôtre Jean ou encore sainte Barbe, saint Laurent et les anges portant les instruments de la Passion. La petite sculpture d'un chien est à remarquer sur la rampe des escaliers, qui rappellerait selon une légende, l'habitude du prêcheur Jean Geiler de Kaysersberg de venir accompagné de son chien. La réalité est que la sculpture est un clin d'œil au prédicateur dominicain (domini canis = le chien du Seigneur) venu de Bâle puis de Wurzbourg, Jean Geiler de Kaysersberg, institué prédicateur de la cathédrale de Strasbourg en 1478 et qui se distingua par une truculence quasi-rabelaisienne. Le petit chien triste est également l'emblème de Saint Alexis car il était le seul à avoir reconnu son maître. Cette chaire a été réalisée entre 1485 et 1487 pour Jean Geiler de Kaysersberg par le sculpteur et maître d'œuvre Hans Hammer et porte la date de 1485. Il signe son œuvre par un « H » qui se retrouve sur la rampe et sur la clef sous la corbeille. Des statuettes du XVIIIe siècle remplacent certaines qui ont été subtilisées. Le grand doyen de la cathédrale exigea à la même époque, la destruction de la frise jugée indécente qui courait à la base de la rampe. La chaire était recouverte jusqu'au début du XXe siècle par un grand rabat-voix qui fut déposé.

En période d'équinoxe, lorsque le soleil brille, un rayon vert illumine le Christ qui y est sculpté. Au solstice d'hiver, un rayon blanc produit sur ce Christ un effet identique. Ces rayons ont été commentés et étudiés par Maurice Rosart[15], ingénieur géomètre en retraite, qui pense que le phénomène a été voulu, le dessin du vitrail se focalisant selon lui sur le pied gauche du personnage représenté, alors que l'astronome André Heck rapporte, lui, dans une de ses publications « une haute probabilité qu'il s'agisse d'un hasard[16] » sur la base d'une étude de Louis Tschaen[17] qui évoque un phénomène ayant « beaucoup de chances d'avoir un caractère purement accidentel » et un « concours de circonstances » à « l'effet particulièrement heureux[18] ».

Une tradition plus ancienne rapporte que le rayon vert symbolise le fait que Jésus est le messie annoncé par Isaïe et issu de la tribu de Juda : Isaïe, chapitre 11, versets 1 à 2 : « Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines. Et sur lui reposera l'esprit du Seigneur ». La couleur verte représente le rameau qui jaillit de la souche de Jessé (le pied de Juda). De la tribu de Juda sont issus les rois d'Israël, David et Jessé, ainsi que Jésus. La couleur verte est associée au monde végétal. C'est la couleur du cœur et de l'amour universel. Elle domine à l'équinoxe du printemps. La couleur blanche est l'antithèse du noir et la synthèse de toutes les couleurs. Elle symbolise la pureté, l'innocence, la perfection et le divin. Elle est la lumière au cœur de l'hiver.

Le verre qui teinte le rayon vert est une pièce d'un vitrail réalisé en 1876 par le peintre sur verre Pierre Petit-Gérard, le vitrail représentant Juda fils de Jacob au triforium méridional. Le rayon lui-même n'a été observé que plus récemment[19]. Louis Tschaen suppose que le phénomène « tel qu'il existe de nos jours » remonte à une réfection ayant eu lieu entre 1950 et 1971[20]. Depuis septembre 2009, la paroisse de la cathédrale organise les visites et la présentation du rayon vert au public. Pour la circonstance l'entrée de la cathédrale est laissée libre et ouverte à tous.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Les orgues[edit | edit source]

Grand orgue[edit | edit source]
Le grand orgue en nid d'hirondelle

Le grand orgue de la cathédrale[21], bien que très orné, est de taille modeste. Contrairement à la majorité des orgues en tribune, au fond des cathédrales[22], il se situe dans la nef, en nid d'hirondelle, accroché à un mur intérieur, tout comme dans les cathédrales de Chartres et de Metz.

En 1716, André Silbermann, alors au sommet de son art[réf. nécessaire], place l'un de ses plus beaux instruments dans la cathédrale, possédant trois claviers, trente-neuf registres et environ 2 200 tuyaux. Après quelques modifications au cours du XIXe siècle et à la suite des dommages de guerre subis par la cathédrale en 1870, l'orgue est reconstruit par l'Allemand Heinrich Koulen, en 1897. Cette restauration est qualifiée de « massacre » par les experts de l'époque[réf. nécessaire]. L'orgue Silbermann est totalement perdu à cette occasion et la réputation de Koulen totalement ruinée[réf. nécessaire]. En 1935, le facteur Strasbourgeois Edmond Alexandre Roethinger reconstruit l'orgue dans un style plus français[réf. nécessaire].

Cet orgue reste jusqu'en 1981, date où il est reconstruit par Alfred Kern, à partir de travaux de Michel Chapuis. Il s'agit de son dernier travail et également d'un de ses plus grands chefs-d'œuvre. L'orgue actuel compte trois claviers pour quarante-sept jeux et est reconnu comme un très bon instrument. Le pendentif du buffet de 1385 est remployé, ainsi que près de 250 tuyaux de l'orgue Silbermann de 1716 et le buffet de Frédéric Krebs, datant de 1491.

Au bas de l'orgue, Samson est accompagné d'un lion. Non loin, un personnage articulé, curiosité de l'orgue Silbermann, les Rohraff, étaient manipulés par l'organiste, afin de maintenir la foule éveillée lors des longs sermons, et notamment en injuriant le prêcheur[réf. nécessaire]. On raconte que le prestigieux prêcheur de la cathédrale, Jean Geiler de Kaysersberg — dont les os reposèrent un temps sous la chaire — en perdit son sang-froid, jaloux de l'attention que recevaient les grossiers pantins[réf. nécessaire].

L'orgue de profil

La composition actuelle de l'orgue est la suivante :

I Positif de dos C–g3
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Flûtes 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Larigot 11/3
Cymbales III 2/3
Fourniture III 1/3
Trompette 8′
Cromorne 8′
Clairon 4′
Tremblant
II Grand Orgue C–g3
Bourdon 16′
Montre 8′
Bourdon 8′
Prestant 4′
Nazard 22/3
Doublette 2′
Tierce 13/5
Cornet V 8′
Cymbales III 1/2
Grande Fourniture II 2′
Petite Fourniture IV 11/3
1re Trompette 8′
2ème Trompette 8′
Clairon 4′
Voix Humaine 8′
Tremblant
III Récit C–g3
Bourdon 8′
Salicional 8′
Prestant 4′
Doublette 2′
Sifflet 1′
Cornet III 22/3
Cymbales III 1′
Trompette 8′
Voix Humaine 8′
Hautbois 4′
Tremblant
Pédale C–f1
Montre 16′
Soubasse 16′
Quinte 102/3
Flûte 8′
Flûte 4′
Contre-basson 32′
Bombarde 16′
Trompette 8′
Clairon 4′

L'instrument possède les accessoires suivants : Tirasse Grand Orgue, Tirasse Positif de Dos, Tirasse Récit, Accouplement Récit/Grand Orgue et Positif/Grand Orgue. Il est muni d'une traction mécanique suspendue. Diapason La 440 Hz, tempérament égal.

Orgue de chœur[edit | edit source]

L'orgue de chœur[23] date quant à lui de 1878 et est l'œuvre de Joseph Merklin, facteur d'orgue à Paris, alors concurrent de Cavaillé-Coll. Il s'agit d'un instrument à trois claviers[24], construit pour suppléer le grand orgue Silbermann, alors mourant. Il est logé dans un buffet de la maison Klem, à deux façades.

Orgue de la crypte[edit | edit source]

L'orgue de la crypte[25], œuvre de Gaston Kern, est inauguré le 5 avril 1998. Le buffet, en chêne, présente trois plates-faces en arc en plein-cintre, afin de s'accorder avec le style roman de la crypte. Il n'y a pas de claire-voies et le sommet des tuyaux de Montre est apparent, présentant à chaque fois un dessin pyramidal.

Les organistes[edit | edit source]

Actuellement, les orgues de la cathédrale sont tenues par les organistes co-titulaires suivants :

  • Grand-Orgue : Pascal Reber, Damien Simon et Marc Baumann
  • Orgue de chœur : Dominique Debès (également maître de chapelle de la cathédrale), Thomas Kientz, qui tient également la tribune de Saint-Guillaume et Guillaume Nussbaum, qui tient aussi la tribune du Temple-Neuf[26].

L'horloge astronomique[edit | edit source]

Article détaillé : Horloge astronomique de Strasbourg.

Construite durant le XVIe siècle, l'horloge astronomique, chef-d'œuvre de la Renaissance, est considérée à l'époque comme faisant partie des sept merveilles de l'Allemagne. La légende prétend que le Magistrat[27], inquiet que le constructeur puisse construire ailleurs un ouvrage semblable, lui aurait crevé les yeux[28]. Des automates s'activent tous les jours à 12 heures 30. Tous les quarts d'heures, il y a 4 âges de vie : le premier quart d'heure, c'est l'enfant qui fait le tour de l'horloge ; le deuxième quart d'heure, c'est l'homme jeune qui fait le tour ; le troisième quart d'heure, c'est l'homme mûr qui fait son tour et, au dernier quart d'heure, c'est le vieillard qui annonce sa mort et l'arrivée de l'enfant.

Les tours de façade[edit | edit source]

Le plan original de la façade, dessiné par Erwin von Steinbach, comportait deux étages seulement et deux tours. C'est à sa mort, en 1318, que les plans furent changés.

À l'origine, les deux tours avaient la même taille (66 m) et dépassaient la façade comprise entre elles, comme celles de la cathédrale Notre-Dame de Parisimage[29] (à ce moment, la façade de la cathédrale de Strasbourg avait une silhouette identique à celle de Paris et était même plus petite de trois mètres), avant que l'espace compris entre ces tours ne soit comblé par la mise en place du beffroi (image[29]). Ce n'est qu'après ce comblement que l'on construisit le clocher sur la tour nord (34 m + 66 m = 100 m), et la flèche sur ce dernier (42 m + 34 m + 66 m = 142 mimage[29]).

Le projet de la seconde tour à flèche revint plusieurs fois. Vers 1490, l'architecte de l'Œuvre Notre-Dame, Hans Hammer, dessine le plan d'une deuxième flèche. Ce projet sera abandonné. Diverses thèses sont avancées pour expliquer l'absence d'une seconde flèche à la Cathédrale de Strasbourg. Le manque de moyens financiers est souvent évoqué. L'explication la plus plausible réside dans le fait que le style gothique, mais aussi les hautes tours et flèches étaient passés de mode au XVe siècle. La thèse affirmant que le sol n'aurait pas résisté à un tel poids est également avancée sans qu'il existe de preuves que cette hypothèse aurait mené à l'abandon des divers projets. La rénovation culturelle fit place au style Renaissance. L'architecture gothique sera redécouverte à la fin du XVIIIe siècle et célébrée au XIXe siècle par les artistes romantiques. Des projets d'une deuxième flèche, conçus par les architectes allemands Karl Schinkel (première moitié du XIXe siècle) et Karl Winkler (1880), sont restés sans suite.

La flèche[edit | edit source]

La flèche de la tour Nord

Terminée en 1439, la flèche de la tour nord culmine à 142,11 mètres au-dessus du sol, et c'est la plus haute flèche construite au Moyen Âge qui ait subsisté jusqu'à nos jours. La cathédrale de Strasbourg est une des seules grandes cathédrales de France dont la tour est dotée d'une flèche, typique de l'architecture germanique.

Cinq autres édifices ont dépassé momentanément la hauteur de la cathédrale de Strasbourg (outre, bien sûr, la pyramide de Khéops, qui était à l'origine plus haute) :

Pour préserver la flèche de la foudre, Théodose Le Barbier de Tinan étudie et préconise en 1780 l'établissement d'un paratonnerre sur la flèche de la cathédrale[30] ; Benjamin Franklin appuie cette étude dans son rapport à l'Académie des sciences sur le sujet[31], mais ce paratonnerre ne sera installé qu'en 1835.

Grâce à sa flèche, la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est resté l'édifice le plus haut du monde jusqu’en 1874, date de l'achèvement de la flèche de l'église Saint-Nicolas de Hambourg, mesurant 147 mètres. Depuis le XIXe siècle, les flèches des cathédrales allemandes d'Ulm et de Cologne la dépassent, avec les hauteurs respectives de 161,53 mètres et 157,38 mètres. La flèche de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, terminée en 1876, atteignit les 151 mètres.

L'un des plus hauts édifices en maçonnerie d'Europe est la Mole Antonelliana de Turin en Italie aussi appelé le môle d'Antonelli. C'est une structure en maçonnerie en forme de dôme de 167,50 mètres de haut, érigée à Turin, dont la construction commença en 1863 et destinée à l'origine à être une synagogue. Actuellement la Mole Antonelliana est un musée.

L'édifice maçonné le plus haut du monde est le Washington Monument et situé à Washington, capitale des États-Unis. Débuté en 1848 et terminé en 1888, il mesure un peu plus de 169 mètres de hauteur.

La tour octogonale est conçue par le maître d'œuvre Ulrich d'Ensingen, qui conçut également celle de la cathédrale d'Ulm, si bien que ces deux édifices se ressemblent énormément. Jean Hültz de Cologne prend la direction du chantier en 1419. Il change complètement le projet de la flèche et, au lieu de construire la flèche assez simple prévue par Ulrich d'Ensingen, il construit une flèche très complexe, où chacune des huit arêtes porte une succession de six petits escaliers à vis hexagonaux, suivis par quatre autres escaliers, enfin par la corbeille et la croix.

Rappelons qu'en 1262, la ville de Strasbourg se révolte contre son prince-évêque et s'érige en république. La direction des travaux passe donc de l'évêque à la municipalité. C'est elle qui ordonne la construction du massif occidental. Et ainsi, contrairement à d'autres flèches ou tours d'églises qui manifestent la puissance de l'Église locale, la flèche de Strasbourg a toujours manifesté la puissance de la république de Strasbourg.

Entre 1794 et 1802 la flèche de la cathédrale, alors temple de la raison, fut ornée d'un bonnet phrygien qui symbolisait la liberté[32]. Ce bonnet phrygien de tôle fut ensuite démonté et conservé à la bibliothèque de la ville. Il fut détruit dans l'incendie de cette dernière en 1870.

Les cloches de la cathédrale[edit | edit source]

Installation de nouvelles cloches par la maison Vogelé de Kœnigshoffen en 1978.
« Sonnerie pour la France », de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg dans l’ordonnancement du chanoine Jean Ringue. 9 juillet 2000

Un des trésors de la cathédrale est inaccessible au public. Il s’agit de la somptueuse sonnerie de cloches, la troisième de France, considérée par de nombreux experts campanologues comme l’une des plus parfaites en Europe.

État de la sonnerie avant la Révolution française[edit | edit source]

Avant 1793, la cathédrale possédait treize cloches, dont huit dans le beffroi de façade et cinq dans l'octogone de la tour. La plus grande cloche, la Totenglocke ou cloche des morts fut coulée en 1316, refondue en 1407 puis une dernière fois en 1427 par maître Hans Gremp, fondeur à Strasbourg. Sonnant en la bémol 2, pesant près de 180 quintaux germaniques (soit environ 8 800 kilogrammes) et d’un diamètre de 2,20 m, cette cloche sonnait originellement le glas pour les citoyens de la ville ainsi que le sermon dominical. Lors de la Réforme, le premier usage fut aboli et la cloche servira dès lors de cloche festive. On notera que le bourdon perdra temporairement son rang de plus grosse cloche de la cathédrale, lorsqu'en 1519, les chanoines font couler une énorme cloche, dédiée à la Vierge Marie. Pesant 21 tonnes, la cloche sera installée en septembre 1521 mais se fêlera dès le mois de décembre. Le bourdon de 1427 est aujourd'hui toujours en place, ce qui lui valut d'être classé monument historique depuis le 30 décembre 1982, à titre d’objet.

Le beffroi contenait également la Mordglocke ou cloche de la mort, la Mittagsglocke ou cloche de midi, la Betglocke ou cloche de la prière, la Feierabendglocke ou cloche de retraite, la Rathsglocke ou cloche du Conseil, ainsi que deux petites cloches pour les messes basses. L'octogone de la tour abritait quatre cloches d'horloge, ainsi que la Torglocke ou cloches des portes. À l'exclusion du grand bourdon, toutes les cloches du beffroi seront réquisitionnées et détruites en 1793.

La nouvelle sonnerie[edit | edit source]

Entre 1975 et 1977, sept nouvelles cloches sont coulées à Heidelberg sur les indications du chanoine Jean Ringue, l’expert campanologue du diocèse de Strasbourg, dans des profils ultra lourds correspondant au profil du grand bourdon[33].

Accordées parfaitement, tant entre elles qu’avec le grand bourdon, les nouvelles cloches sonnent en si bémol 2, ré bémol 3, mi bémol 3, fa 3, la bémol 3, si bémol 3 et do 4. En 1987, une nouvelle cloche, coulée à Karlsruhe, est installée au beffroi, sonnant en sol bémol 3. En 1993, une petite cloche la bémol 4, également coulée à Karlsruhe, est montée dans la tour de croisée, dite tour de Gustave Klotz, bientôt rejointe par une cloche mi bémol 4, coulée à Karlsruhe en 2004. La cloche mi bémol 3 s’est fêlée au printemps 2006 et a été refondue à Strasbourg par le fondeur André Voegele de Strasbourg-Kœnigshoffen la même année et pèse 1 550 kg.

Le beffroi abrite encore une autre cloche de volée, la Torglocke, aujourd’hui appelée Zehnerglock (cloche de dix heures) et qui se trouvait à l'origine dans l'octogone de la flèche. Coulée en 1786 par Matthieu Edel, pesant 2 450 kilogrammes pour un diamètre de 1,58 m, elle sonnait matin et soir l’ouverture et la fermeture des portes de la ville et le couvre-feu. De nos jours, cette tradition est perpétuée quotidiennement à vingt-deux heures. Elle ne doit en aucun cas être confondue avec l’usage du Grüselhorn, corne (instrument de musique) sonnée tous les soirs du haut de la cathédrale jusqu’en 1790, pour inviter les Juifs à quitter la cité, dans laquelle il leur était interdit de demeurer après la fermeture des portes[34]. La cloche sonne en Si2 et ne sonne avec d'autres cloches de la cathédrale que pour la messe du soir du mercredi des cendres, le 2 novembre (commémoration des fidèles défunts) et lors des grands deuils. Pour des raisons d'harmonie, elle n'est jamais intégrée au plénum des dix autres cloches.

À côté de cet extraordinaire ensemble de cloches de volée, la cathédrale a conservé quatre cloches à usage d’horloge placées dans l'octogone de la tour, coulées en 1595, 1692 et 1787 et visibles depuis le parvis de la cathédrale.

La Fabrique de la cathédrale[edit | edit source]

Mgr Jean-Pierre Grallet,
archevêque de Strasbourg.
Le chanoine Michel Wackenheim, archiprêtre de la Cathédrale.

Les fabriques d’église sont régies par le décret du 30 décembre 1809, complété et modifié à diverses reprises et, en dernier lieu, par le décret du 18 mars 1992[35].

Elles sont des établissement public du culte, c'est-à-dire des établissements publics, dotés de la personnalité juridique de droit public, chargés de veiller à l’entretien des édifices cultuels et d’administrer les biens et revenus affectés à l’exercice du culte, en réglant les dépenses et en assurant les moyens d’y pourvoir[35].

La fabrique est gérée par un Conseil de fabrique dont la composition est publique, celui de la cathédrale de Strasbourg étant le suivant (octobre 2012) :

Les ressources de la fabrique sont le produit des quêtes, celui des lumignons, la location des salles du Munsterhof et la taxe sur l'accès à l'horloge astronomique à midi.

Les dépenses de la fabrique sont notamment les salaires de l'intendant, des gardiens, etc., le chauffage en hiver, l'éclairage, le dispositif de sécurité sous alarme, l'entretien des cloches, des orgues et de l'horloge astronomique.

Apparence de la cathédrale[edit | edit source]

Illuminations de la cathédrale[edit | edit source]

La cathédrale de Strasbourg est connue et souvent représentée illuminée par une lumière jaune qui, sur le grès foncé des murs, rend une couleur dorée ou d'or orangé.

De juillet à août, chaque soir, des représentations de son et lumière illuminent la façade ouest de la cathédrale, mettant des détails de l'architecture en valeur – à ne pas confondre avec les jeux de son et lumière de la Petite France, sur les Ponts couverts et le Barrage Vauban.

Les murs[edit | edit source]

Les murs, faits de grès des Vosges, sont roses ou bruns. Mais la pollution est aussi une cause de sa couleur actuelle. Le grès (appelé en allemand Sandstein, qui signifie pierre de sable) n'est pas lavable de façon non destructive.

Le mur intérieur de la façade du parvis est peu éclairé, malgré sa rosace - la seule de la cathédrale - de taille non négligeable.

Les statues[edit | edit source]

Le tentateur et les Vierges folles (sculpture du portail principal).

Les statues qui ornent actuellement la cathédrale sont quasiment toutes des copies. La plupart des originales sont préservées dans le musée de l'Œuvre Notre-Dame, qui se trouve sur le parvis. D'autres sont conservées à l'intérieur du barrage Vauban, derrière des grilles.

Les statues les plus célèbres sont les Vierges Folles — tentées par le diable prenant forme de beau jeune homme : on voit derrière lui sa vraie apparence (il est dévoré par des crapauds et des serpents) — et le Jugement Dernier. À noter également l'Église et la Synagogue (voir chapitre Les portails latéraux).

Particularités[edit | edit source]

Les arcs-boutants
  • Les arcs-boutants sont en nombre limité (il n'y en a qu'à l'avant) et sont tous isolés par des murs, du moins par rapport et contrairement à celles de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
  • Le parvis est assez étroit par rapport aux habituels parvis des grandes cathédrales de France.
  • La cathédrale est relativement courte[12] par rapport à d'autres grandes cathédrales de France.*

Légendes associées[edit | edit source]

La légende du lac[edit | edit source]

Une légende raconte que l’édifice repose sur d’immenses pilotis de chêne qui s’enfonceraient dans les eaux d’un lac souterrain sur lequel rôderait une barque sans passeur, mais dont on entendrait néanmoins le bruit des rames. L’entrée du souterrain se situerait, toujours selon la légende, dans la cave d’une maison juste en face de la cathédrale. Elle aurait été murée il y a plusieurs siècles.

Vent[edit | edit source]

Une autre légende explique l'origine du vent soufflant autour de la cathédrale. Autrefois, le Diable survolait la terre, en chevauchant le vent. Il aperçut ainsi son portrait sculpté sur la cathédrale, sous l'apparence du Tentateur, courtisant les Vierges folles (Matthieu 25, 1-13). Il est représenté sous les traits d'un jeune homme séduisant dont le dos s'ouvre : on en voit sortir des crapauds et des serpents, mais aucune des jeunes filles naïves auxquelles il s'adresse ne le remarque. Très flatté et curieux, il entra dans la cathédrale pour voir si d'autres sculptures le représentaient à l'intérieur.

Retenu prisonnier dans le lieu saint, le Diable ne put en ressortir. Le vent l'attend toujours sur le parvis et hurle aujourd'hui encore d'impatience sur la place de la cathédrale. Le Diable, furieux, fait le courant d'air, au fond de l'église, à la hauteur du pilier des Anges.

La cathédrale de Strasbourg comme symbole[edit | edit source]

Pavoisement du chœur de la cathédrale lors dé cérémonies commémoratives du Serment de Koufra.

Le Serment de Koufra du colonel Leclerc et de ses hommes en décembre 1940 était « de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Strasbourg étant considérée comme une ville allemande par les pangermanistes, sa libération ne pouvait se faire que lorsque les nazis auraient été suffisamment affaiblis pour que toute la France fût libérée. Le 23 novembre 1944, Maurice Lebrun, spahi du 1er régiment de spahis de la 2e division blindée du général Leclerc, alla donc hisser le drapeau français au sommet de la cathédrale sitôt que la libération de Strasbourg en fut au point où l'avant-garde française put accéder à la cathédrale[37].

En décembre 2000, un groupe terroriste, soupçonné d'appartenir au GSPC, a tenté d'organiser un attentat contre la cathédrale[38]. Ce groupe avait prévu de fabriquer une bombe avec du TATP et de la déposer sur le parvis au milieu du Marché de Noël qui se déroulait alors. Cet attentat fut déjoué par l'arrestation de ce groupe à Francfort à quelques jours du Nouvel An.

Une simple curiosité[edit | edit source]

L'image de la cathédrale de Strasbourg a été utilisée aussi comme symbole pour des objets d'usage quotidien. Vers la fin du XIXe siècle, un papetier de Strasbourg nommé I.Rikier se fit produire une plume avec comme symbole la façade de la cathédrale. D'après les recherches[réf. nécessaire], cette plume aurait été fabriquée par la maison Heintze & Blanckertz de Berlin ou Soennecken de Bonn.

Annexes[edit | edit source]

Bibliographie[edit | edit source]

  • (fr) Joseph Schweigheüser, Description nouvelle de la cathédrale de Strasbourg et de sa fameuse tour, Simon Kürsner, Strasbourg, 1780, [lire en ligne]
  • (fr) Description de la cathédrale de Strasbourg, Strasbourg, Paris et Londres, 1817, [lire en ligne]
  • (fr) Notice sur la cathédrale de Strasbourg, C.F.Schmidt et J.C.Grucker, Strasbourg, 1853 (3e édition revue et augmentée), [lire en ligne]
  • (fr) Frédéric Piton, La cathédrale de Strasbourg (extrait de Strasbourg illustré), Salomon, Strasbourg, 1863, [lire en ligne]
  • (fr) Dictionnaire des églises de France, Belgique, Luxembourg, Suisse (Tome V-A), Robert Laffont, Paris (France), 1969; p. 163, 166.
  • (fr) François Collombet, Les Plus Belles Cathédrales de France, Sélection du Readers Digest, Paris (France), (ISBN 2-7098-0888-9), 1997; p. 158-163.
  • (fr) Gérard Denizeau, Histoire visuelle des Monuments de France, Larousse, Paris (France), (ISBN 2-03-505201-7), 2003; p. 109.
  • (fr) Joseph Doré, dir., Strasbourg. La grâce d'une cathédrale, La Nuée Bleue, Strasbourg, 2007, 512 p. (ISBN 978-2-7165-0716-5)
  • (fr) Yves Gallet, La nef de la cathédrale de Strasbourg, sa date et sa place dans l'architecture gothique rayonnante, dans : Bulletin de la Société des Amis de la cathédrale de Strasbourg, vol. XXV : Bulletin du centenaire, 2002, p. 49-82.
  • (en) Bruno Godart, « Influence of Foundation Settlement on the Behaviour of Strasbourg Cathedral », France, dans Structural Engineering International, novembre 2001, n. 4 v.11.
  • (de) Erwin Heinle, Türme aller Zeiten - aller Kulturen, (3e édition), Deutsche Verlags-Anstalt, Stuttgart (Allemagne), (ISBN 3-421-02931-8), 1997; p. 146.
  • (de) Pascal Krafft, Beiträge zur Geschichte der Strassburger Glocken, Teil 1 : Das Münstergeläute, dans : Jahrbuch für Glockenkunde, vol. 23-24, 2011-2012, p. 213-228.
  • (fr) Laurent Miguet, « La Chimie au secours de la cathédrale de Strasbourg », dans Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment, 12 septembre 2003, no 5207 .
  • (fr) Eugène Lefèvre-Pontalis, « Cathédrale de Strasbourg », Congrès archéologique de France, LXXXIIIe session tenue à Metz, Strasbourg et Colmar en 1920, Paris, A. Picard / Société générale d'Imprimerie, vol. 83,‎ 1921, p. 113-166 (ISSN 00698881, lire en ligne)
  • (de) Reinhard Liess, Goethe vor dem Strassburger Münster, Seemann, Leipzig (Allemagne) 1985
  • (de) Reinhard Liess und Andrea Köpke, Zur ehemaligen Erwin-Inschrift von 1277 an der Westfassade des Straßburger Münsters, dans: Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins tome 137, 1989, p. 105-173 (Allemagne)
  • (de) Reinhard Liess, Die Fassade des Straßburger Münsters im Licht. Eine vergessene Wirklichkeit mittelalterlicher Bau- und Bildhauerkunst, in: Festschrift Lorenz Dittmann, hrsg. von Hans-Caspar Graf v. Bodmer u. a., Peter Lang Verlag, Frankfurt am Main (Allemagne) 1994, p. 223-255. (ISBN 3-631-46269-7).
  • (de) Reinhard Liess, Zur Entwurfseinheit der Portale der Strassburger Westfassade. Skulptur und Architektur, dans : Bulletin de la cathédrale de Strasbourg no  XXIV, Strasbourg (France) 2000, p. 23-120
  • (fr) Marie-José Nohlen, « Les Comptes de l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg », dans Les Dossiers d'archéologie, novembre 1980, no 47.
  • (fr) P. Pardoux, « La Cathédrale de Strasbourg », dans : Travaux, septembre 1987, no 624.
  • (fr) Roland Recht, Les Bâtisseurs des cathédrales gothiques, Éditions Les musées de la ville de Strasbourg, Strasbourg (France), ISBN 2-901833-01-2, 1989.
  • (fr) Maurice Rosart, « Une cathédrale se dévoile », Éditions du Rhin/La Nuée Bleue/DNA, à Strasbourg, février 2004, ISBN 2-7165-0622-1.
  • (fr) Maurice Rosart, articles publiés dans la revue Arts et industries. no  206,209,214,222.
  • (fr) Louis Tschaen, différents articles publiés dans la revue Arts et industries : no  211, 215, 217, 227, 230, 250, 263 et dans Bulletin de la cathédrale de Strasbourg : N° XVII, XVIII.
  • (fr) Louis Tschaen, Rétrospective de la lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg (1984-2009), in : Revue XYZ. no 124-3e trimestre 2010, p. 49-56.
  • (fr) B. Van den Bossche Strasbourg. La cathédrale, Éditions Zodiaque, (ISBN 2-7369-0232-7), 1997.

Notes et références[edit | edit source]

  1. « Notice no PA00085015 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. « Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg », sur Journal des spectacles,‎ 2012
  3. Le Rhin, Lettre trentième, 1839.
  4. « Art gothique en Alsace - La cathédrale de Strasbourg », Encyclopédie BSeditions (consulté le 30 octobre 2012)
  5. L'évêque est aussi appelé Rémy ou Rémi.
  6. Philippe-André Grandidier, Histoire de l'église et des évêques princes de Strasbourg, Levrault, Strasbourg 1777 [1] ; pages 308 et 312.
  7. Il est aussi appelé Rathold.
  8. Renseignements historiques sur la restitution de la cathédrale au culte catholique.
  9. Une lettre écrite par le Gauleiter Wagner à Lammers le 31 juillet 1940 fait ressortir que la fermeture de la cathédrale émane d'une directive de Hitler.
  10. Lothar Kettenacker, « La politique de nazification en Alsace », Deuxième partie, Saisons d'Alsace n. 68, Imprimerie Strasbourgeoise, 1979, 153 p.
  11. s:Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle/Église personnifiée.
  12. a et b La longueur de la cathédrale est de 111 m ; or ; celle d'Amiens, 145 ; Reims, 138 ; Rouen, 137 ; Paris et Chartres, 130 ; Soissons, 116.
  13. « Encyclopédie BSeditions − Strasbourg au Moyen Âge : l'art gothique »
  14. Voûte du trône de Neuschwanstein
  15. Robert Walter, Histoire anecdotique de la cathédrale de Strasbourg, ERCE, 1992
  16. The Multinational History of Strasbourg Astronomical Observatory, STRASBOURG GREEN RAYS, Ed. A. Heck, Springer 2005
  17. L'étude de Louis Tschaen en ligne, autopubliée : La lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg, résultats de l'analyse astronomique et essai d'interprétation du phénomène [2]
  18. « Si effectivement le phénomène de la lumière verte équinoxiale n'était dû qu'à un concours de circonstances, le hasard aurait vraiment bien fait les choses et serait à l'origine d'un effet particulièrement heureux et merveilleux » p. 7 La lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg, Louis Tschaen, Bulletin de la Cathédrale de Strasbourg, XVII, 1986
  19. Pour André Heck, ancien directeur de l'Observatoire astronomique de Strasbourg, le "rayon vert" n'a pas de signification particulière : le rayon lui-même n'est apparu que récemment, sans doute accidentellement à la suite d'une réparation. Voir aussi A. Heck, « Strasbourg green rays » dans The Multinational History of Strasbourg Astronomical Observatory, 2005, p. 256 [3]
  20. « Conclusion: c'est donc entre 1950 et 1971 que le verre d'origine en question a été enlevé et remplacé par un verre transparent. En conséquence, ce n'est que de cette période que peut dater le phénomène lumineux équinoxial tel qu'il existe de nos jours. » L. Tschaen, « Rétrospective de la lumière verte équinoxiale de la cathédrale de Strasbourg (1984-2009) », Revue XYZ, 124, 2010, p. 54
  21. Détails sur l'orgue gothique de la nef.
  22. La très grande majorité des orgues se situent en tribune, de l'autre côté de la façade du parvis.
  23. Détails historiques et photographie de l'orgue du chœur.
  24. Après les modifications de Jean-Georges Koenig en 1976 et de Daniel Kern en 1989.
  25. Détails historiques et photographie de l'orgue de la crypte.
  26. « Deux nouveaux organistes pour l’orgue de chœur », sur le site cathedrale-strasbourg.fr.
  27. Sous l'Ancien Régime, la ville de Strasbourg est gouvernée par trois conseils et un ammestre. L'ensemble est appelé le Magistrat, avec une majuscule, pour le différencier d'un magistrat.
  28. Détails sur la légende du constructeur de l'horloge astronomique.
  29. a, b et c Image retouchée
  30. Mémoire sur la manière d'armer d'un conducteur la cathédrale de Strasbourg, par M. Barbier de Tinan, Strasbourg, 1780, in-8°.
  31. voir le procès verbal de la séance de l'Académie des sciences avec le rapport de Benjamin Franklin sur l'étude de Barbier de Tinan.
  32. « La cathédrale ornée d'un bonnet phrygien »
  33. Olivier Tarozzi, « Biographie du Chanoine Jean Ringue (1922-2009) », sur « Strasbourg… mon amour », Claude Truong-Ngoc,‎ avril 2009 (consulté le 3 mai 2009)
  34. Nicole-Lise Bernheim, La cloche de 10 heures, radiographie d’une rumeur, Strasbourg, La Nuée Bleue/DNA,‎ janvier 2002, 162 p. (ISBN 2-7165-0546-2)
  35. a et b Site de l’Archevêché de Strasbourg
  36. interview du Père Michel Wackenheim sur KTO TV Émission du 23 mai 2011.
  37. Maurice Lebrun, tout là-haut
  38. "En Europe : la cathédrale de Strasbourg prise pour cible" dans BRUGUIERE (Jean-Louis), Ce que je n'ai pas pu dire. Entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Paris, 2009, éditions Robert Laffont, p.359

Articles connexes[edit | edit source]

Liens externes[edit | edit source]

Sur les autres projets Wikimedia :

Précédé par Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg Suivi par
Sainte-Marie de Stralsund, Stralsund, Allemagne
Plus haute structure du monde toutes catégories confondues (gratte-ciel, ...)
1647 - 1874
Église Saint-Nicolas de Hambourg, Hambourg, Allemagne