Zygomycota

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Zygomycota

Description de cette image, également commentée ci-après

Le sporocyste de Phycomyces sporangium supporté par son sporocystophore

Classification selon MycoBank
Règne Fungi

Division

Zygomycota
Moreau, 1954

Ordres de rang inférieur

La division des Zygomycota est un rang taxinomique de champignons du règne des Fungi.

En 2007, le groupe de travail qui a formalisé la classification phylogénétique des Fungi[1] n'a pas retenu les Zygomycota comme une division. Cette classification fait consensus[2]. Les relations phylogénétiques entre les différentes lignées à la base de l’arbre des Fungi nécessitent d‘être étudiées avec une résolution plus claire et il sera alors peut-être à nouveau approprié d’utiliser la division des Zygomycota.

Les Zygomycètes stricto sensu (Zygomycetes) constituaient, avec les Trichomycètes (Trichomycetes), les deux classes des Zygomycètes lato sensu (Zygomycota), l’une des cinq divisions des Mycètes autrefois reconnues. Ils doivent leur nom à leur mode de reproduction sexuée, qui se fait par cystogamie avec formation de zygospores (du grec ancien zugos = couple).

Description[modifier | modifier le code]

Très discrets et de taille le plus souvent microscopique, ce sont des champignons à spores dépourvues de flagelles, dans lesquels les cellules ne sont pas séparées par des cloisons, leurs hyphes étant cœnocytiques ou siphonnés, avec de nombreux noyaux dans un même siphon. Ces champignons sont également caractérisés par une abondante reproduction asexuée et une croissance rapide qui leur permettent de coloniser rapidement leur milieu.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Les Glomales, précédemment placées dans les Zygomycota, sont aujourd’hui réparties en quatre ordres et classées dans la division des Glomeromycota[1]. Les autres organismes autrefois inclus dans la division des Zygomycota ont été en 2007 répartis dans quatre sous-divisions non classées dans une division[1]. Benny publie en 2012 une synthèse sur les Zygomycota en reconnaissant neuf ordres [2] :

Plus anciennement, on distinguait trois grands ordres dans la classe (paraphylétique) des zygomycètes stricto sensu (Zygomycetes)[3],[4]  :

  • les Mucorales : parfois parasites de l’homme (agents de zygomycoses), ce sont le plus souvent des moisissures, dans bien des cas précieux auxiliaires de l’industrie chimique ou pharmaceutique. Quelques genres : Mucor (nombreuses espèces dont le « poil de chat » des fromages), Absidia, Rhizopus ;
  • les Endogonales : abondants dans les sols, ils vivent en symbiose (partenaires endomycorhiziens) avec de nombreuses plantes supérieures, jouant un rôle important dans l’équilibre biologique de certains biotopes ;
  • les Entomophthorales : parasites de plantes et d’animaux, parfois utilisés dans la lutte biologique contre des insectes nuisibles.

La classe des trichomycètes (Trichomycetes) regroupait les ordres suivants[5],[6] :


Les quatre sous-divisions incertae sedis sont[2]  :

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Les analyses actuelles montrent les Zygomycota comme étant polyphylétiques[2].

  • Les Amoebidiales et Eccrinales ont pris place au sein des Mésomycétozoaires, proches de la divergence entre Champignons et Animaux mais plus près de ces derniers[7],[8].
  • Les autres Trichomycètes, aujourd'hui dénommés Kickxellomycotina, restent sans doute proches des Endogonales et Entomophthorales [9].
  • Les Mucoromycotina sont peut-être plus proches parents des Gloméromycètes et des « Champignons supérieurs » que des autres Zygomycètes[9].

Statut nomenclatural[modifier | modifier le code]

Le terme de zygomycètes a été introduit en 1954 comme « Phylum des zygomycètes » par Moreau, Les Champignons 2, p. 2035 (1954) [sans diagnose latine, type non désigné].

Son orthographe fut corrigée en « Zygomycota Moreau » par Whittaker, Science 163, p. 155 (1969) [Sans diagnose latine] ; et par Cavalier-Smith, BioSystems 14, p. 463 (1981) [sans description].

  • Phylum actuel : Zygomycota Moreau, Les Champignons 2, p. 2035 (1954).

Le terme de trichomycètes a été introduit, à un rang non spécifié entre ascomycètes (Ascomycetes) et laboulbéniomycètes (Laboulbeniomycetes), en 1948 par Duboscq, Léger & Tuzet, Arch. Zool. Exp. Gén. 86, p. 29-144 (1948) [sans diagnose latine, type non désigné], puis par Manier (1955) au rang d’embranchement (ou phylum).

  • Le taxon a été validement publié au niveau de classe Trichomycetes par Alexopoulos, Introductory Mycology, p. 37 (1962).

NB. Le phylum Trichomycota R.T. Moore, a également été proposé in Hawksworth (ed.), The Identification and Characterization of Pest Organisms, p. 250 (1994).

Pathologie[modifier | modifier le code]

En pathologie humaine, les zygomycètes sont à l'origine des mucormycoses (ou zygomycoses), principalement dues aux Mucorales.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) David S. Hibbett, Manfred Binder, Joseph F. Bischoff, Meredith Blackwell, Paul F. Cannon, Ove E. Erikson, Sabine Huhndorf, Timothy James, Paul M. Kirk, Robert Lücking, H. Thorsten Lumbsch, François Lutzoni, P. Brandon Matheny, David J. Mc Laughlin, Marta Powell, Scott Redhead, Conrad L. Schoch, Josep W. Spataphora, Joost A. Stalpers, Rytas Vilgalys, Catherine Aime, André Aptroot, Robert Bauer, Dominik Begerow, Gerald L. Benny, Lisa A. Castelbury, Pedro W. Crous, Yu-Cheng Dai, Walter Gams, David M. Geiser, Gareth W. Griffith, Cecile Gueidan, David L. Hawksworth, Geir Hestmark, Kentaro Hosaka, Richard A. Humber, Kevin D. Hyde, Joseph E. ironsise, Urmas Köljalg, Cletus P. Kurtzman, Karl-Henrik Larsson, Robert Lichtwardt, Joyce Longcore, Jolanta Miadlikowsk, Andrew Miller, Jean-Marc Moncalvo, Sharon Mozley Standridge, Franz Oberwinkler, Erast parmasto, Valérie Reeb, Jack D. Rogers, Claude Roux, Leif Ryvarden, José Paulo Sampaio, Arthur Schüßler, Junta Sujiyama, R. Greg THorn, Leif Tibell, Wendy A. Untereiner, Christopher Walker, Zheng Wang, Alex Weir,, Michael Weiss, Merlin M. White, Katarina Winka, Yi-Jian Yao et Ning Zhang, « A higher-level phylogenetic classification of the Fungi », Mycological Research, no 111,‎ 2 mars 2007, p. 509-547 ([%5Bhttp://ddr.nal.usda.gov/bitstream/10113/13226/1/IND44044516.pdf Article%5D lire en ligne])
  2. a, b, c et d (en) Gerald L. Benny, « Current systematics of Zygomycota with a brief review of their biology », dans J.K. Mishra, J.P. Tewari et S.K. Deshmukh (éditeurs), Systematics and evolution of Fungi, Science Publishers,‎ 2012, 412 p. (ISBN 978-1-57808-723-5, lire en ligne), p. 55-106
  3. Les Sciences encyclopédie Alpha fascicule 5 chapitre Zygomycètes, page 138 à 140, directrice de rubrique Jacqueline Nicot 1974 édition Grange Batelière Paris
  4. (en) B. Kendrick, The whole fungus. The sexual-asexual synthesis, vol. 2,‎ 1979
  5. Encyclopædia Universalis article phycomycètes, auteur de la rubrique Jacqueline Nicot 2012 édition 2012
  6. Leger, Tuzet et Duboscq, Contribution à la connaissance des eccrinides : les trichomycètes.,‎ 1948
  7. La classification des champignons,‎ 2006 (lire en ligne)
  8. « Eccrinales (Trichomycetes) are not fungi, but a clade of protists at the early divergence of animals and fungi », Mol Phylogenet Evol,‎ 2005
  9. a et b Description of the phylum Kickxellomycota (em. BENNY 2007)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.C. David ; A Preliminary Catalogue of the Names of Fungi above the Rank of Order, CABI Bioscience UK Centre (Egham).
  • Lichtwardt R.W. ; Manier J.-F. (1978), Mycotaxon 7(3) :
    • Validation of the names Harpellales and Asellariales, p. 441-442.
    • Asellariales, p. 442.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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