Père Fouettard (Zwarte Piet)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le personnage du folklore des Pays-Bas et de Belgique. Pour le personnage du folklore d'Alsace et de Lorraine, voir Père Fouettard.
Père Fouettard ou Zwarte Piet
St Nicolas chez de vilains enfants, 1885. Ils sont emportés par le père Fouettard dans un sac.
Saint-Nicolas et père Fouettard armé d'un martinet en 1917

Le Père Fouettard (ou Zwarte Piet pour les néerlandophones) est l'aide de Saint Nicolas dans le folklore des Pays-Bas et de Belgique.

Sommaire

[modifier] Caractéristiques du père Fouettard

Il accompagne le Saint le 6 décembre ou la veille au soir pour la fête de la Saint-Nicolas. Il est identifié par le fait qu'il est de peau noire, qu'il est habillé de vêtements colorés de page du XVIe siècle ou XVIIe siècle et porte parfois de gros anneaux dans les oreilles. Aux Pays-Bas, la tradition veut qu'il fasse son entrée par bateau au port, tout comme Saint-Nicolas et son cheval blanc. En Belgique francophone, il accompagne le saint et son âne. Enfin, il livre du charbon ou des betteraves à sucre dans certaines régions de Belgique et de France. À Tournai et à Mouscron, il est surnommé Nicodème.

[modifier] Évolution

À l'origine, le père Fouettard est associé à Saint-Nicolas comme étant le méchant qui distribue des punitions aux enfants désobéissants alors que son compagnon offre des douceurs aux enfants sages. Il emportait avec lui un martinet pour les fouetter et un sac de friandises. Certains enfants le craignaient doublement car une légende veut qu'il enlève les enfants qui ne sont pas sages en les enfermant dans le sac avant de les emmener en Espagne. Il était également nommé par Saint Nicolas pour surveiller les enfants durant toute l'année.

Progressivement, son rôle s'est adoucit. Certaines traditions récentes le présentent comme un assistant de Saint-Nicolas dans sa distribution de jouets. Alors que le saint est toujours majestueux, père Fouettard se comporte comme un acrobate ou un clown faisant des farces.

[modifier] Origines

Le père Fouettard serait en fait le boucher de l'histoire. Il aurait égorgé et caché dans un tonneau des enfants qui avaient trouvé refuge chez lui. Ces enfants auraient été ressuscités dans la suite par Saint-Nicolas. Pour lui faire regretter son méfait, ce dernier l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants. Une autre légende stipule que le Père Fouettard serait un Maure amené par les Espagnols. Cela expliquerait la couleur de son visage.

La légende du dieu Odin (également orthographié Wodan) est sûrement la première inspiration pour le personnage du père Fouettard. Chevauchant le cheval blanc Sleipnir, il volait dans les airs et était le chef de la chasse fantastique. Il était toujours accompagné par deux corbeaux noirs, Hugin et Munin. Tout comme le père Fouettard, ces deux serviteurs pouvait rapporter à Odin ce qu'ils entendaient à la cheminée sur les comportements des mortels[1],[2],[3]. Au cours de la Christianisation, le pape Grégoire Ier a fait valoir que les conversions étaient plus faciles si les gens étaient autorisés à conserver les formes extérieures de leurs traditions tout en affirmant que les traditions étaient en l'honneur du Dieu chrétien. La tradition de Saint Nicolas est l'une d'elles, en convertissant Odin à un homologue chrétien[4].

[modifier] Histoire

St Nikolaas en zijn knecht. (Jan Schenkman, 1850)
Saint-Nicolas et Krampus visitent une famille durant l'hiver 1896
Sintenpiet.jpg

Le père Fouettard est probablement apparu au début du XIXe siècle dans le folklore des Pays-Bas. À l'origine, Saint-Nicolas était seul ou accompagné par le diable. Dans l'Europe de l'époque, il n'existait que peu de différences entre le diable et un Maure. Il ne pouvait y avoir qu'un seul et unique Zwarte Piet (traduction textuelle : Pierre le Noir).

Jan Schenkman écrit en 1845 St. Nikolaas en zijn knecht (St Nicolas et son serviteur). père Fouettard y est décrit comme un page et est dépeint comme un homme portant des vêtements sombres associées aux morisques. Dans la version de 1850 du livre de Schenkman, son aspect se rapproche beaucoup plus de son apparence actuelle. Le serviteur devient d'origine africaine, mais n'a pas encore de nom. Dans les éditions ultérieures, il porte le costume de page. Le livre est encore imprimé jusqu'en 1950 et peut être vu comme le fondement de la célébration actuelle, même s'il reprend beaucoup d'anciennes idées et les coutumes[5],[6].

Dans le livre Het Feest van Sinterklaas de 1891, le serviteur est nommé Piet. Jusqu'en 1920, plusieurs livres lui donnent d'autres noms et son aspect aussi variait considérablement.

Selon une légende, Saint-Nicolas viendrait de l'Espagne Maure. Suivant ce raisonnement, son serviteur viendrait également de cette région. Une autre explication serait les enlèvements perpétrés par des pirates d'Algérie et de Turquie le long des rivages à la recherche de chrétiens pour les vendre comme esclaves. Beaucoup d'enfants ont été effectivement enlevés sur les villes côtières et les îles[7].

Son origine peut également se situer dans le passé colonial de l'Europe de la seconde moitié du XXe siècle. Dans la perception européenne de l'époque, les européens considéraient les africains comme des assistants.

[modifier] Dans d'autres pays

Saint Nicolas est accompagné de différents personnages selon les régions ou les pays :

[modifier] Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

[modifier] Références

  1. (nl) Booy Frits, « Lezing met dia's over 'op zoek naar zwarte piet' » sur www.sint.nl, 2003. Consulté le 5 décembre 2011
  2. (nl) Almekinders Jaap, « Wodan en de oorsprong van het Sinterklaasfeest » sur de-cirkel-van-nebra.clubs.nl, 2005. Consulté le 5 décembre 2011
  3. (en) Christina Carlijn, « St. Nicolas and the tradition of celebrating his birthday » sur energyriver.com, 2006. Consulté le 5 décembre 2011
  4. (nl) Sinterklaas is Wodan sur www.boudicca.de. Consulté le 5 décembre 2011
  5. (nl) Jan Schenkman sur www.dbnl.org. Consulté le 5 décembre 2011
  6. Jan Schenkman, « St Nicholas en zijn knecht », 1950
  7. Joos Vermeulen, « Sultans, slaven en renegaten », Éditions Acco, 2001
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