Zoothérapie
La zoothérapie est une thérapie qui utilise la proximité d'un animal domestique ou de compagnie, auprès d'un humain souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux pour réduire le stress ou les conséquences d'un traitement médical ou des problèmes post-opératoires.
Lorsqu'elle utilise le cheval, on parle d'hippothérapie, d'équithérapie ou de thérapie avec le cheval selon l'approche proposée. Elle peut également utiliser d'autres animaux comme le chien, le lapin, le chat, le dauphin (delphinothérapie)...
Pendant l'adolescence, l'animal peut être un support émotif pour des jeunes en situation difficile.
La zoothérapie peut être un point de départ ou un complément à des thérapies plus traditionnelles. Elle n'est pas restreinte au domaine médical, puisqu'elle s'étend à des questions sociales concernant les rapports avec autrui, l'éducation ou la délinquance. Elle a pu aussi être utilisée dans le cadre de problèmes d'attention et de concentration, de dépréciation de soi, de dépression, de solitude et d'isolement. Les participants n'ont besoin d'aucune compétence particulière. Le contact avec l'animal est censé avoir un effet calmant sur eux.
Cette thérapie fait l'objet de critiques dénonçant le manque de méthodologie et l'absence d'études menées scientifiquement pour prouver objectivement son efficacité comparée à l'effet placebo ou à une plus grande socialisation. L'engouement des médias repose sur des études qui n'ont pas été soumises à la critique scientifique. Via la zoothérapie, l'industrie encourage les achats d'animaux de compagnie, voire le trafic illicite d'animaux sauvages, les livrant à des enfants ou des personnes en difficulté qui n'ont pas forcément la capacité d'assurer un bien-être et des conditions de vie appropriées au maintien en captivité de créatures vivantes. Au XXIe siècle les robots conçus à cette même fin représentent une piste de substitut, sans risque de maltraitance ou d'abandon.
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Historique[modifier]
Au IXe siècle des animaux assistent les handicapés à Gheel en Belgique. En 1792, William Tuke fonde le York Retreat dans le Yorkshire en Angleterre, à cette époque les malades mentaux sont traités très durement, ils sont enchaînés, enfermés, battus. En leur proposant de s’occuper d’animaux il va s’apercevoir qu’ils peuvent se concentrer et se responsabiliser. Après la Première Guerre mondiale, le Pawling Army Air Force convalescent Hospital de New York utilise des chiens comme aide à la thérapie pour aider des soldats traumatisés. Toutefois, ce sont les infirmières qui ont implanté la pratique en milieu thérapeutique. Florence Nightingale, fondatrice des techniques infirmières modernes, fut l’une des pionnières dans l’emploi d'animaux pour améliorer la qualité de vie des patients. Durant la guerre de Crimée (1854-1856), elle gardait une tortue à l’hôpital parce qu’elle savait, pour avoir observé le comportement des animaux depuis sa tendre enfance, que ceux-ci avaient le pouvoir de réconforter les gens et de diminuer leur anxiété.
C’est un psychiatre américain, Boris Levinson qui va véritablement découvrir les possibilités du chien dans la thérapie en 1953. Cela va se faire par hasard grâce à son chien Jingles. Levinson reçoit un matin un coup de fil émanant de parents désespérés car leur enfant autiste doit être interné dans un institut spécialisé. Il accepte de les recevoir et oublie que son chien est resté dans son cabinet (d’ordinaire celui-ci lui est interdit). Dès que le couple entre, Jingles se dirige vers l’enfant, le renifle, le lèche et alors là c’est un miracle, l’enfant complètement replié sur lui-même refusant toute communication avec le monde extérieur va se mettre à parler avec le chien, il demandera même à revenir pour le revoir. C’est ainsi qu’est né la Pet Facilitated Psychotherapy (« Psychothérapie facilitée par l’animal »). D’autres thérapeutes comme Friedmann, Katcher, Lynch, Thomas vont mettre en évidence les effets de l’animal sur la santé : le simple fait de caresser fait baisser la tension artérielle et permet de diminuer la mortalité chez les cardiaques. Le Dr Serpell de Cambridge a démontré que l’animal familier permet de vivre plus vieux et en meilleur santé avec chez les personnes âgées une diminution des fractures du col du fémur. Voelker va prouver que l’animal suscite des réactions psycho-affectives positives et motive les personnes handicapées physiques, par exemple en le soignant. Il résulte une amélioration des capacités psychomotrices et un soutien psychologique. Des expériences d’introduction de chiens dans les prisons aux États-Unis ont eu comme résultat des détenus plus calmes, avec moins de dépression et d’agressivité.
Dans le monde[modifier]
Suisse[modifier]
En Suisse depuis 1989 Pascal Bianchi a dirigé plusieurs études sur les bienfaits, les troubles liés à la maladie d'Alzheimer et la répercussion favorable de l'animal pour les patients en soins palliatifs. Les résultats tendent à démontrer les effets physiologiques que provoque les petits animaux sont tout aussi important que ce que nous pouvons constater avec le chien. La formation en Suisse se déroule sur 4 ans avec des phases pratique et théorique.
Québec[modifier]
Dès les années 90, il y a du mouvement au Québec en zoothérapie. Quelques acteurs font figurent de pionniers: l'Institut Canadien de zoothérapie (Montréal), l'Institut de zoothérapie du Québec (Québec, 1993), le Symposium de zoothérapie de l'hôpital Louis-Hyppolite-Lafontaine, Zoothérapie Québec, le module de thérapie assistée par l'animal de l'Hôpital Rivière-des-Prairies (TAPA) ainsi que celui de l'hôpital Douglas. Le Québec voit aussi naître (et se dissoudre) le Groupe d’intervention et de recherche sur la relation humain-animal (GIRRHA). L'année 2001 est l'année de fondation de l'Association québécoise de zoothérapie, une association ayant pour objet de regrouper et soutenir les principaux acteurs de la zoothérapie au Québec dans l'exercice de leur métier. Dissoute en 2010, ses dernières années furent marquées par le démarrage de la Corporation des zoothérapeutes du Québec (2006), une association ayant à peu près les mêmes visées. Toujours dans les années 2000, la Fédération d’équitation thérapeutique du Québec sera aussi créée. De plus, plusieurs programmes de formation privés se développent: Programme de formation en équitation thérapeutique à l’ITA de La Pocatière (programme autofinancé), École internationale de zoothérapie (Montréal), Zoothérapie Québec (Montréal), Institut de zoothérapie du Québec (Québec), Amis-maux (Québec), Programme de formation professionnel en zoothérapie, Centre professionnel de zoothérapie, Centre Humanimal. Les curriculum de formation sont multiples et le nombre d'heures dispensées, variable! Le Québec connaît aussi alors l'essor de la pratique privée en zoothérapie ainsi qu'un intérêt grandissant du public. Ce n'est toutefois qu'en 2006 que le premier programme ayant une reconnaissance ministérielle (Ministère de l'éducation, du sport et du loisir) verra le jour au Québec. Il s'agit de l'Attestation d'études collégiales: Stratégies d’intervention en zoothérapie, offerte conjointement par le Cégep et l'ITA de La Pocatière. En 2010, l'AEC déménage son action vers la région de St-Hyacinthe. Les nouvelles cohortes s'y déroulent depuis. L'année 2013 démarre avec une autre première innovante: une nouvelle AEC en zoothérapie bâtie sur mesure à la réalité d'une seule discipline: l'éducation spécialisée. Toujours offerte par le Cégep de La Pocatière, cette formation permet le maillage étroit entre la technique d'éducation spécialisée et l'intervention assistée/facilitée par l'animal[1].
La première formation est créée en 2001 par Arielle Berghman[2],[3]. Son concept d'enseignement de la zoothérapie en trois volets : psychologie humaine-animale-zoothérapie, est reprise depuis dans la plupart des écoles de formation.
France[modifier]
Préférence pour le concept d'Activités Associant l'Animal et de médiation animale[modifier]
En France, l'usage de la notion de zoothérapie est restée longtemps extrêmement controversée. Le débat vif engagé sur la notion de "thérapie" entre soignant et non soignant a conduit les professionnels à lui préférer les notions de médiation animale ou d'activités associant l'animal[4]. Se servir du concept de A.A.A. permet de différencier avec plus de précisions les objectifs de la rencontre entre l'homme et l'animal[5] : Les AAA sont associées à une intentionnalité : celle d’associer l’animal à un projet professionnel et/ou une compétence spécifique qu’il soit éducatif (AAA-E), social (AAA-S), thérapeutique (AAA-T) ou de recherche (AAA-R)[6].
Ce débat a conduit à un paradoxe : la zoothérapie pratiquée au Canada correspond en France aux Activités Associant l'Animal à visée thérapeutique. Mais en France, la zoothérapie correspond souvent à des Activités Associant l'Animal dont l'objectif serait thérapeutique (comparaison des définitions de la FITRAM, AFIRAC et celles de Zoothérapie sur passeportsante.net).
Formations[modifier]
Il convient de préciser qu'en France, la zoothérapie ou de médiation animale ne sont que des spécialisations d'une profession initiale. En effet, il n'existe à ce jour aucune profession reconnue par l’État de "zoothérapeute" ou autre[7]. C'est en raison de cette absence de reconnaissance officielle que l'emploi du mot de zoothérapeute a été écarté. Il maintient une ambiguïté quant à la formation initiale de l'intervenant. Cette problématique est à replacer dans celle du titre de psychothérapeute[8].
Organismes fédéraux[modifier]
En France, l'association française d'information et de recherche sur l'animal de compagnie (AFIRAC) a été créée en 1976 avec pour objectif d'étudier le phénomène social que constitue la cohabitation entre l'animal familier et l'homme et de répondre aux questions suscitées par cette vie en commun. Elle a été présidée par le docteur vétérinaire Ange Condoret, le Professeur Hubert Montagner chercheur à l'Inserm, et depuis 2001 le docteur Didier Vernay, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand.
La Fédération internationale de thérapie et de relation d’aide par la médiation[9] réunit des professionnels et des associations de la santé en vue de proposer une assistance par la médiation notamment animale aux personnes en mal être au sens large. La Fédération vise à garantir la qualité de ce type de thérapie au niveau européen et a été reconnu en tant qu'ONGI au sein du Conseil de l'Europe en 2007. Elle est à ce jour le seul organisme à avoir obtenu une reconnaissance supra étatique.
Animaux les plus couramment utilisés[modifier]
Le cheval[modifier]
Trois pratiques à distinguer et qui induisent des formations différentes :
- Équithérapie : Soin psychique médiatisé par le cheval et dispensé à une personne dans ses dimensions psychique et corporelle (définition de la Société Française d’Équithérapie). À l’origine, terme générique désignant les différentes formes d’équitation à visée thérapeutique.
- Équitation adaptée : Référence au sport adapté. Désigne l’ensemble des activités équestres (disciplines : saut, voltige, dressage, attelage, , etc.) pratiquées par des personnes handicapées physiques et / ou mentales (définition de l'association Résilienfance)[10].
- Thérapie avec le cheval (TAC) : Thérapie corporelle qui propose des possibilités de régression dans une dynamique évolutive de réaménagement des fonctions psychiques et physiologiques. Le remaniement des modalités psychiques s’appuie sur des expériences que la TAC induit largement. Elle introduit petit à petit l’imaginaire et le symbolique aboutissant à une communication passant par la réalité. Elle vise au remaniement des modalités relationnelles, de la communication à soi, à autrui, au monde extérieur
(Définition de la Fédération Nationale des Thérapies Avec le Cheval)[11]. Dans ce cadre, l’objectif n’est pas la monte. Il est accordé une importance aux rencontres à pied avec un cheval en liberté dans un manège ou lors du pansage (en box ou à l’attache).
- L’hippothérapie constitue une forme de physiothérapie qui tire profit des mouvements du cheval au pas[12],[13].
Le cheval ressent ce que l'homme éprouve et, de ce fait, ne se comportera pas de la même façon avec un handicapé qu'avec une personne expérimentée. Par exemple, un handicapé physique et mental qui perd l'équilibre sur le cheval, ce dernier s'arrêtera de lui-même et attendra que la personne se soit remise en selle avec de repartir au petit pas.
Le chien[modifier]
Le chien n'est pas le thérapeute, il est simplement un médiateur afin de participer aux mieux-être des personnes.
- Les hôpitaux : la chaleur de sa fourrure, sa présence affectueuse, son contact physique vont aider le thérapeute à améliorer l’état physique des malades en améliorant leur état moral.
- Les maisons de retraite : il va rassurer par sa spontanéité et sa sincérité, il sécurise, il permet de communiquer avec les autres, il permet de renouer avec la vie et d’avoir un but, il redonne confiance en soi, il comble le vide.
- Les écoles : pédagogique, l’enseignant peut grâce au chien introduire l’apprentissage des pays selon l’origine des races, l’orthographe, les méthodes pour éduquer, les rapports sociaux corrects, etc. Toutefois, dans les ZEP notamment, le travail se portera sur le développement des compétences socles (voir travaux du professeur Hubert Montagner[réf. nécessaire]).
- Les enfants des quartiers défavorisés : Le chien peut être utilisé comme un moyen d’apprendre le respect de l’autre, il développe l’empathie. Il peut participer à la réintégration sociale en établissant une relation symbiotique, il permet d’aller à la rencontre de l’autre. Remarquons que ce travail peut être appliqué à d'autres populations[14].
- Le polyhandicap : Un travail sur l'éveil et la psychomotricité peut être envisagé[12].
- L'accompagnement à la parentalité : "l’animal peut aider, peut favoriser ce lien et instaurer un climat de confiance entre les différents acteurs. Le professionnel va apporter le cadre, ce fameux cadre contenant et bienveillant! Car n’oublions pas que malgré toutes ses qualités, notre médiateur n’est pas une “baguette magique" Extrait du site www.médiation-animale.org[15].
- Les établissements pénitentiaires : Patricia Arnoux est précurseure dans le domaine, en étant présente à la maison d'arrêt de Strasbourg depuis 2008. Avec ses chiens Sunny et Evi, mais aussi d'autres animaux (chat, rongeurs, oiseaux), son action consiste à apaiser les tensions entre détenus, avec les surveillants, et à préparer les détenus à leur réinsertion[16].
- Les hôptaux psychiatriques : ArielleBerghman introduit en 2002 son approche d'intervention thérapeutique particulière avec des chiens et des chevaux à L'Institut P.Pinel de Montréal[2].
Autres animaux[modifier]
- Le grand dauphin (delphinothérapie)
- Les tourterelles, cochons d'Inde, lapins ou furets utilisés dans :
- En établissement pénitentiaire, les animaux sont nourris et soignés par les détenus dans des « ateliers de médiation » spécialement aménagés dans les locaux de la prison[17].
Critique de la zoothérapie[modifier]
Les thèses de la zoothérapie, un terme générique qui désigne les bienfaits des animaux sur les humains[18], s’appuient sur une grande variété de disciplines et de perspectives scientifiques (génétiques, biologiques, psychologie développementale, théorie psychanalytique, éthologie, etc.)[19]. La recherche dans ce domaine est prolifique. En 1997 déjà, le Dr Allen, un épidémiologiste américain, avait recensé plus de 1 000 études en anglais seulement[20].
Problèmes méthodologiques[modifier]
Les problèmes méthodologiques associés à cette recherche sont par contre importants et persistants dans la durée[21],[19],[22],[23],[24],[25],[26],[27],[28],[29]. En 1984, dans un article de synthèse, les scientifiques américains A.M. Beck et A.H. Katcher ont relevé les failles méthodologiques couramment identifiées dans ce domaine de recherche[28] et, bien qu'ils aient complètement démenti les thèses de la zoothérapie, la recherche continue dans ce domaine, avec les mêmes lacunes rapportées il y a vingt-sept ans[21],[22],[23].
Absence d’études quantitatives[modifier]
Si plusieurs études de recherches sont publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture, selon les règles de l’art, à quelques rares exceptions près, les études en question, y compris celles du psychiatre Boris Levinson, le père de la zoothérapie moderne, sont majoritairement des études de cas. Or, bien que ce type d'études soit important pour ouvrir des voies de recherches et identifier des phénomènes nouveaux, elles sont, sur l’échelle des critères de validité scientifique, à ranger sur l’échelon le plus bas. En d’autres termes, ce type d’étude ne démontre absolument rien[30].
Pour valider une hypothèse correctement, il faut avoir recours à des recherches quantitatives autorisant le recours aux statistiques, comme des études épidémiologiques de grande envergure ou des essais cliniques avec répartition aléatoire. C’est grâce à une combinaison d’études de différents types, qualitatives et quantitatives, que les chercheurs réussissent à se prononcer sur un sujet avec un degré de certitude qui dépend directement de la qualité de ces études, et aussi de leur nombre. C’est idéalement à ce stade-ci, lorsque les résultats des recherches sont relativement fiables, c’est-à-dire reproductibles, que la recherche sur les applications est effectuée[31],[32].
Or, en zoothérapie, les études comme celles qui viennent d'être décrites sont pour ainsi dire absentes. Aucune des 1000 études évoquées ci-dessus par le Dr Allen ne compare la magnitude des effets des cas cités avec un groupe témoin sans animaux ou avec le public en général[20]. Selon les scientifiques américains Krugger et Serpell, « bien qu’impressionnante par leur variété et leur étendue, aucune de ces théories n’a été testée adéquatement par des études quantitatives, et la plupart de celles qui l’ont été ont donné des résultats équivoques ou contradictoires[19] ». Un constat corroboré en 2010 par les scientifiques Anna Chur-Hansen, Cindy Stern et Helen Winefield[21].
Doutes sur l'efficacité réelle[modifier]
L’efficacité de la zoothérapie serait due selon certains adeptes aux animaux en soi qui posséderaient des propriétés uniques dont la nature n’est cependant pas précisée[19]. Or, cette allégation est infondée. Il est prouvé — sans équivoques — que des robots conçus à cette fin font aussi bien l’affaire avec les problèmes en moins (cette technologie qui se développe à une vitesse éclair principalement au Japon va bientôt rendre obsolète l'usage des animaux à cette fin)[33].
En 1998, puis en 2007, les scientifiques Marino Lori et Lilienfield Scott, les plus grands spécialistes au monde des dauphins[34], ont dénoncé dans les médias grand public, la piètre qualité de la recherche sur les bienfaits thérapeutiques des dauphins sur les enfants autistiques[22]. Selon Lori et Scott, « cette thérapie n’offre aucune amélioration palpable dans l’état des enfants atteints d’un déficit mental. […] fréquemment associée à des blessures et à des infections, cette thérapie est aussi dangereuse pour les enfants que pour les dauphins qui font l’objet d’une chasse effrénée, aussi méconnue que cruelle[35],[22] ». Les rares études fiables comme celles qui sont répertoriées par Tracy Humphries sont unanimes : nager avec les dauphins n’a aucun effet durable sur la condition psychologique des autistes ni sur qui que ce soit d'ailleurs[36],[37],[38].
Les études servant à étoffer les bienfaits allégués des autres espèces comme le cheval ne sont, quant à elles, guère plus édifiantes[39],[40].
Les animaux n’ont aucun pouvoir magique. Certaines personnes âgées en maison de retraite, par exemple, ressentent un réconfort indéniable lors de la visite des chiens thérapeutes, mais ce regain de vie est surtout dû à l’enthousiasme suscité par la visite des accompagnateurs et tout le brouhaha qui l’accompagne ; certains accompagnateurs, les plus populaires, sont très habiles à faire de cet évènement une véritable fête. En d’autres mots, la visite de la famille, d’amis ou de bénévoles, les activités sociales organisées par le centre de retraite sont aussi efficaces, sinon plus, car rien n’est plus intéressant pour des êtres humains relativement normaux que le contact avec leurs semblables[28].
L’effet placebo[modifier]
Cette forme de néopathie s’estompe rapidement, une fois passé l’intérêt du nouveau. Les animaux ont un effet placebo indéniable chez environ 30 % des gens, comme tous les autres placebos, à une différence près : contrairement à la prière et au cachet de sucre, les animaux sont des êtres vivants qui ne répondent pas toujours aux caprices et aux attentes de leurs maître. Un fait qui expliquerait en partie le nombre phénoménal d’abandons. Selon un sondage réalisé en 2008 par la firme Léger Marketing, les Québécois, par exemple, ont fait détruire en 2007, 575 000 chiens et chats, soit 25 % d’un cheptel de 2,3 millions[41]. Ces chiffres n’incluent ni les animaux exotiques, qui sont aussi nombreux que les autres catégories d’animaux de compagnie, ni les animaux qui sont détruits au tout venant dans les cliniques vétérinaires et ni ceux qui meurent de leur belle mort. En comparaison, au Québec, chez les humains, on dénombrait en 1998, 55 000 décès toutes causes confondues dans l’ensemble de la population québécoise, soit 0,78 % de la population par année, c’est-à-dire 32 fois moins que le nombre d’« enfants » abandonnés dans les fourrières pour être détruits. « Des chiffres, selon l’Association des médecins vétérinaires du Québec, qui ont de quoi laisser perplexe (sic)[21],[42],[23],[43],[44],[45],[46] ».
Doute sur la neutralité[modifier]
« Les études de David Lee sur l’importance de la zoothérapie dans les prisons n'ont jamais été publiés dans une revue scientifique. Ces études qui ont eu une influence majeure sur l’opinion publique », rapportent Beck et Katcher, cités ci-dessus, « ont été montées en épingle par les médias à partir de films documentaires, de communiqués personnels ou de documents internes, fournis par les chercheurs eux-mêmes et qui n‘ont donc jamais été soumis à la critique scientifique »[28]. Sur son site Internet, la FACCO cite des « études » présentées dans des conférences internationales organisées par des associations fédérées appartenant à cette industrie. Il n’est pas spécifié, par contre, si ces études ont été publiées dans des revues scientifiques en bonne et due forme[47].
Effets de la zoothérapie sur les animaux et la nature[modifier]
Les soutiens financiers de l’industrie de la zoothérapie sont notamment accordés aux études sur les bienfaits de la zoothérapie sur le bien-être animal[48]. Il est en effet important pour une question d'image que les animaux soient bien traités. Or, les conditions de vie des animaux de compagnie s’apparentent bien plus à un esclavage qu’au paradis familial que les médias nous renvoient en boucle fermée[49],[50],[51]. Leurs propriétaires ne leur accordent souvent qu’une attention minimale et les laissent seuls durant de longues périodes dans un espace trop réduit. Les soins sont souvent inadaptés et conduisent à l'abandon ou à une mort prématurée de l'animal. La situation est encore pire pour les animaux sauvages capturés adultes, tels les oiseaux et les reptiles, et privés soudain d'une liberté nécessaire à leur bien-être. Un grand nombre meurt dans d’horribles conditions durant leur transport, faute de soins et de nourriture appropriée, de stress ou à la suite de mauvais traitements. Arrivés chez le consommateur, ils ne s’habitueront probablement jamais à être emprisonnés dans une cage, à la merci du bon vouloir d’un maître qui ignore souvent tout de ses besoins réels. Sans parler des retombées écologiques multiples et d’envergure planétaire[52],[53],[54],[55],[56],[50],[57],[58],[59],[60],[61],[62] quand cet engouement encourage le braconnage d'espèces menacées ou la diffusion d'espèces invasives.
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Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Équithérapie
- Delphinothérapie
- Médecine non conventionnelle
- Bien-être animal
- Animal hoarding
- Agnotologie
Liens externes[modifier]
- Zoothérapie sur passeportsante.net
- Revue Québec sceptique: Remise en question de la zoothérapie
- Revue Québec sceptique: Le point sur la recherche en zoothérapie
- Revue Québec sceptique Le mythe de l'animal-roi
- La Presse Derrière le drame du Berger blanc
- SmashWords: Le prix du bonheur. Le mythe de l'animal-roi.