Zombie (mort-vivant)

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Zombie

Description de cette image, également commentée ci-après

Groupes de zombies selon la vision moderne.

Créature

Autres noms Zombi, Nzumbe, Zonbi
Groupe Créature légendaire
Sous-groupe Mort-vivant
Caractéristiques Corps d'être humain privé de conscience ;
agressif (souvent cannibale) et contagieux ;
mort-vivant putréfié
Habitat The death.png Cimetière
Proches Humain

Origines

Origine Folklore
Région Afrique, Antilles et Europe
Première mention XIXe siècle
Statut Monstre

Œuvres principales

Le terme zombie (ou zombi ; créole haïtien : zonbi ; kimbundu : nzumbe) désigne communément une personne ayant perdu toute forme de conscience et d'humanité, adoptant un comportement violent envers les êtres humains et dont le mal est terriblement contagieux.

Le terme zombie trouve ses origines dans la culture haïtienne et sert également à qualifier les victimes de sortilèges vaudous permettant de ramener les morts à la vie ou de détruire la conscience d'un individu afin de la rendre corvéable à merci. Le mot zombie signifie en créole « esprit » ou « revenant ». Il désigne également des dieux esprits de tribus africaines. Depuis le XIXe siècle, les zombies ont ainsi revêtu de nombreuses formes et trouvé un écho signifiant en particulier dans les folklores européens et américains.

Concept[modifier | modifier le code]

Le terme « zombi(e) » renvoie à deux types de créatures fantastiques assez différentes. Dans la culture vaudou, le zombie est un mort réanimé et sous le contrôle total d'un sorcier. Cependant, parallèlement à ce type de créature, la culture populaire occidentale qualifie de zombies tous les morts-vivants partiellement décomposés, dépourvus de langage, de raison et souvent de conscience, qui survivent en se nourrissant de la chair humaine des vivants. Dans certaines histoires les zombies sont créés à partir d'une drogue ou d'un virus.

Ces monstres actuellement récurrents dans les histoires d'horreur ont été popularisés par le film La Nuit des morts-vivants en 1968. À l'heure actuelle, le terme de zombie s'est généralisé pour désigner toute créature animée et en état de décomposition, arborant un teint grisâtre ou bleuâtre ainsi que de larges plaies et cicatrices sur toute la surface de son corps. Par là, ils s'opposent notamment aux vampires, qui ont d'ordinaire l'apparence d'humains normaux et ne ressemblent pas du tout à des cadavres (nonobstant la pâleur de leur teint), ainsi qu'aux fantômes, dont l'existence se manifeste sur le plan purement spirituel, et qui sont difficiles à percevoir pour les vivants. Quant aux squelettes, il ne s'agit jamais que de zombies dont la décomposition est achevée.

Une nuance importante doit cependant être faite entre deux conceptions de ce type de zombie. La première, qui est aussi la plus ancienne, désigne des cadavres de revenants, souvent ressuscités par l'intermédiaire de sciences occultes et manipulés par un sorcier. La seconde, plus récente, désigne en fait des personnes à l'origine bien vivantes mais qui ont été contaminées par une maladie ou un élément chimique, lesquels leur donnent l'apparence de morts-vivants pourrissant debout, dépourvus d'intelligence et recherchant continuellement la chair des vivants. Leur état est mieux explicable médicalement, mais ils sont souvent davantage incontrôlables[1], et surtout, bien plus nombreux : en général, les fictions mettent en scène une poignée de héros face à des hordes innombrables de zombies.

Par extension, le terme peut également désigner quelqu'un ayant l'air absent, amorphe.

Afrique et vaudou[modifier | modifier le code]

Afrique de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Lors des déportations, les esclaves originaires d'Afrique ont amené avec eux leurs croyances. Bien que le vaudou tel que pratiqué en Afrique soit limité originellement à l'Ouest du continent, le vaudou pratiqué par les esclaves exilés est un syncrétisme de différentes religions et croyances.

On retrouve de nombreux noms à consonance proche dans les croyances africaines, selon les ethnies et les pays, pour désigner divers esprits, démons ou revenants : Mvumbi et Nsumbi (région du Congo), Ndzumbi (Mitsogo du Gabon), Nvumbi (Angola), Nzambi et Zumbi (Kongos), bibi ou bi zan zan (Ewes et Mina)[2].

Afrique du Sud[modifier | modifier le code]

Dans les croyances d'Afrique du Sud, la notion de zombie au XXe siècle recouvre l'idée d'esprit prisonnier d'une sorcière qui le force à travailler [3].

En Haïti (et dans les Antilles)[modifier | modifier le code]

Un zombi, au crépuscule, dans un champ de canne à sucre en Haïti.

Le concept de zombie a pris une grande importance dans la culture haïtienne[4]. Il est non seulement lié aux racines africaines, mais également à l'esclavage et à l'oppression dans l'ile [4].

La première mention connue du terme « zombi » dans les Antilles est faite dans l’œuvre de Pierre-Corneille Blessebois, en 1697, Le Grand Zombi du Pérou, ou La comtesse de Cocagne. Dans ce roman autobiographique, faisant référence à sa période à Basse-Terre, en Guadeloupe, la figure du zombie est essentiellement un être désincarné[5].

Recherches scientifiques[modifier | modifier le code]

En 1937 l’écrivain et folkloriste américain Zora Neale Hurston s'est rendu en Haïti pour enquêter sur le cas de de Felicia Felix-Mentor, décédée et enterrée en 1907 mais dont on racontait qu'elle errait encore trente ans plus tard sous la forme d'un zombie. L'écrivain conclut son enquête en affirmant que les cas de zombies ne sont que des personnes sous psychotropes privées de leur volonté et non des morts-vivants[6].

Dans le vaudou haïtien, le zombie est une personne victime d'un bokor (prêtre vaudou), plongé dans un état cataleptique et privé de son âme par administration d'une puissante drogue[7]. La victime, qui passe pour morte, est ensuite enterrée ; au bout d'un certain temps (moins de 24 heures sous peine de mourir d'anoxie), le sorcier revient déterrer le corps de sa victime « à ressusciter » tout en récitant diverses formules magiques. Extrait de sa tombe, on lui administre aussitôt, puis encore le lendemain, une pâte ou un liquide à base d'atropine ou de datura[8], antidote qui élimine les effets du poison et le fait sortir de sa léthargie[9]. Puis on lui donne une drogue hypnotique qui rend la victime amnésique et la réduit en esclavage, cet état étant facilité par les lésions cérébrales hypoxiques dues à la consommation de l'oxygène dans le cercueil[10].

La drogue serait à base de tétrodotoxine, un poison puissant que l'on retrouve dans le tétraodon (poisson-ballon), et serait administrée par contact avec la peau sous forme de poudre (placée notamment dans les chaussures) ou de liquide. En Haïti, on parle de « recevoir un coup poudre ». Elle donnerait à la victime toute l'apparence d'un mort par un arrêt complet apparent des fonctions vitales (état de catalepsie), tandis que le sujet resterait conscient et continuerait d'entendre ce qui se passe autour de lui. Selon les sources[11], le poison aurait un effet limité dans le temps ou pourrait être annulé avec un antidote. Cette pratique, courante en Haïti et au Bénin, est interdite, mais elle perdure néanmoins, le vaudou étant une tradition ancestrale dans la culture de ces peuples.

Clairvius Narcisse est une victime de la « zombification » qui a pu témoigner. Jusqu'au XIXe siècle planait la peur, dans les populations d'Europe centrale, d'un retour des morts ; c'est pourquoi lors de la veillée des morts, il était courant d'assommer le mort supposé si celui-ci se levait du lit de mort. Étant donné que les méthodes pour constater la mort étaient très incertaines, cette pratique était très fréquente.[réf. nécessaire]

Fin des années 90, près de 1 000 nouveaux cas de zombification étaient recensés chaque année[12].

Les « revenants » dans l'imaginaire occidental[modifier | modifier le code]

Le Dit des trois morts et des trois vifs, enluminure du XVe siècle : des morts-vivants putrescents mais agressifs.

La conception la plus courante du zombie dans les œuvres de fiction contemporaine, à savoir le cadavre partiellement décomposé qui se nourrit de chair humaine, ne dérive pas du folklore vaudou, mais d'une vision des morts-vivants qui hante depuis longtemps l'imaginaire occidental et s'est manifestée avec une force particulière à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, soit bien avant l'apparition du cinéma.

La croyance aux revenants s'est développée parmi les hommes dès que ces derniers ont pris conscience de la mort et ont commencé à concevoir une existence après le trépas.[réf. nécessaire] Contrairement à une idée couramment reçue, la distinction entre les morts-vivants purement matériels et les morts-vivants spirituels (les fantômes) était beaucoup moins nette qu'elle ne l'est aujourd'hui parmi les peuples de l'Antiquité et du Moyen Âge. Dans l'imaginaire des Occidentaux d'autrefois, les spectres ne ressemblaient pas forcément à des hommes vivants, mais pouvaient au contraire avoir l'allure de cadavres. D'après l'écrivain Lucien de Samosate, qui vécut au IIe siècle après Jésus-Christ, les Grecs et les Romains se représentaient parfois les revenants hantant les cimetières comme des squelettes ranimés couverts de robes noires[13]. Plus proche de nous[Quand ?], un conte traditionnel breton recueilli par Anatole Le Braz relate l'histoire d'un fossoyeur brisant par mégarde la poitrine d'un mort en creusant une tombe. La nuit tombée, le cadavre du défunt lui rend visite dans sa maison, afin de lui reprocher amèrement son acte, et, dans le but de l'impressionner davantage, il lui montre sa poitrine. Celle-ci n'est plus qu'une bouillie verdâtre où émergent des fragments de côtes cassées[14]. Le revenant semble donc en pleine pourriture, il est manifestement davantage matériel que spirituel. À travers ces croyances folkloriques de la vieille Europe, on voit donc déjà apparaître l'image du zombie telle que la développeront les films d'horreur à partir de La Nuit des morts-vivants.

Hans Baldung Grien, Le Chevalier, la jeune fille et la Mort : une scène d'horreur proche de celles des films modernes.

Au XIVe siècle, à l'occasion de la forte mortalité engendrée par la grande épidémie de peste de 1348, cette figure populaire du revenant fut récupérée par la peinture dans le cadre des danses macabres et des nombreuses illustrations du Dit des trois morts et des trois vifs (légende racontant la rencontre inopinée de trois jeunes seigneurs avec trois morts-vivants plus ou moins putréfiés)[15]. À l'origine, il s'agissait d'inciter les gens, par le spectacle de la pourriture et de l'horreur du cadavre, à se détourner des biens terrestres et à embrasser un idéal moral plus ou moins inspiré du renoncement ascétique des moines. Cependant, à partir du XVe siècle, ces peintures et ces dessins macabres se détournèrent de plus en plus de leur but initial et ils se mirent surtout à illustrer des histoires de revenants, sans véritable intention moralisatrice ou religieuse[16].

Aux alentours de 1497, Albrecht Dürer exécuta une gravure intitulée Incabus ou Femme attaquée par la Mort. Cette dernière représente un cadavre animé barbu, commençant à se décomposer, qui agresse une femme épouvantée et tente de soulever sa robe[17]. Dürer grava aussi une représentation du Dit des trois morts et des trois vifs où les trois revenants sont des cadavres putrescents qui, au lieu de donner une simple leçon de morale aux trois jeunes seigneurs, les renversent violemment de leurs chevaux et tentent de les tuer[18]. L'un des plus importants disciples de Dürer, Hans Baldung Grien, s'engagea dans la même veine morbide et il n'hésita pas à surenchérir dans les saynètes macabres. Dans l'un de ses tableaux intitulé Le Chevalier, la jeune fille et la Mort, actuellement conservé au musée du Louvre, il montre un chevalier essayant de soustraire une infortunée jeune fille aux griffes d'un horrible cadavre presque entièrement pourri, dont la chair des membres tombe en lambeaux tandis que son ventre ouvert laisse échapper des entrailles noirâtres. Malheureusement, en dépit de ses efforts, le revenant lui arrache sa bien-aimée en mordant sa robe avec hargne, comme s'il voulait la dévorer. On se trouve donc en présence d'une scène d'épouvante exactement comparable à celles des films de zombies contemporains, d'autant plus qu'on ne peut savoir si le cadavre ranimé est la Mort ou seulement un mort : en effet, il ne possède pas les attributs ordinaires de la Camarde, à savoir la faux, la lance ou le sablier. Dans le même registre, Hans Baldung Grien exécuta aussi une toile intitulée La Mort et la femme. Une femme est aperçue nue et potelée agressée par un effroyable cadavre en pleine pourriture et au visage réduit à une tête de mort, lequel la mord au menton et s'apprête visiblement à la manger. Là encore, il est clair que Baldung Grien a donné à son œuvre deux significations : le revenant peut être la Faucheuse, mais ce peut être aussi un mort-vivant ordinaire qui attaque simplement une victime innocente.[réf. nécessaire]

Dans l'art macabre de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance, on pourrait signaler d'autres peintures dans le même style. Le Triomphe de la Mort de Brueghel l'ancien, par exemple, représente l'invasion du monde par une armée de revenants surgis de leurs tombes et conduits par la Camarde elle-même. La plupart d'entre eux sont des squelettes ranimés, mais on peut aussi apercevoir dans leurs rangs des cadavres à moitié pourris, encore recouverts de chair ou de peau parcheminée. Sous la direction de leur terrible reine, ils massacrent tous les vivants qu'ils trouvent devant eux. Cette œuvre ne possède pas de vraie dimension religieuse : Dieu en est absent, tout comme la perspective chrétienne de la résurrection de la chair[19]. On a l'impression que l'artiste s'est juste livré à une rêverie sur le destin de la terre si cette dernière devait affronter la brusque réanimation des défunts dormant dans les cimetières. Par là, Brueghel a véritablement annoncé le thème majeur de multiples films de zombies réalisés depuis 1968 : la conquête de la terre par des revenants qui déciment les vivants.[réf. nécessaire]

Comme il peut être constaté, l'imagination populaire occidentale contient depuis très longtemps des créatures analogues aux zombies des films d'horreur modernes. Ces derniers ont abondamment puisé dans ce fonds folklorique, bien plus que dans les croyances liées au vaudou.[réf. nécessaire] Il convient toutefois de noter que les historiens de l'art n'emploient pas le terme de zombie pour désigner les morts-vivants putréfiés mis en scène par l'art macabre de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. En effet, cette notion leur paraît anachronique et ils préfèrent parler de « transis »[20]. Néanmoins, de par leur évidente parenté avec les monstres représentés par George A. Romero et ses successeurs, on peut déjà les considérer comme les ancêtres des zombies des films d'horreur réalisés à partir de la fin des années 1960.

Dans la culture populaire et la fiction[modifier | modifier le code]

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C'est lors de l'occupation d'Haïti par les États-Unis de 1915 à 1934 que le personnage du zombie a été introduit dans le patrimoine culturel américain.

Dans l'imagination populaire et les œuvres fantastiques (notamment les romans, les productions cinématographiques et les jeux vidéo), le zombie est considéré comme une créature fantastique morte-vivante « levée » par des magiciens dotés d'un savoir dans les arcanes de la nécromancie. En effet, la croyance haïtienne concède aux sorciers un vrai pouvoir de ressusciter les morts pour les rendre esclaves. Selon cette même croyance, le zombie est censé se reconnaître par les caractéristiques suivantes :

  • il ne parle pas, mais émet des gémissements,
  • il se nourrit de chair humaine,
  • ses capacités cognitives sont altérées,
  • il a les yeux blancs ou rouges,
  • son organisme commence à se décomposer lentement, ce qui provoque une peau blafarde ou pourrie, une odeur atroce, des os et muscles plus fragiles,
  • des blessures mortelles et des plaies ouvertes sont visibles sur son corps, il boite fréquemment d'une jambe.

Cependant, le thème du mort animé par la magie est de moins en moins fréquent : le climat de psychose d'une guerre biologique et la volonté de réalisme des spectateurs, lecteurs et joueurs ont généralisé le concept de l'humain bien vivant mais infecté par un virus (souvent par la morsure d'un autre zombie) attaquant son cerveau, lui faisant perdre toute humanité et le poussant à se nourrir de chair humaine.

Depuis 2010, l'Université de Baltimore (en) propose un cours sur les zombies dans le cadre d'une formation sur la culture pop[21],[22].

Constantes et différences entre auteurs[modifier | modifier le code]

L'apparition du zombiisme, sa potentielle transmission, les caractéristiques des zombies et leur destruction diffèrent largement selon les auteurs. Techniquement, un zombie correspond à un mort revenu à la vie. Lorsque l'origine virale est utilisée, il s'agit techniquement de contaminés, non de zombies.

Ainsi, bien que la pandémie virale soit fréquemment utilisée, il n'existe aucune règle concernant l'apparition du phénomène. En général, les auteurs, comme Romero ou Kirkman, n'expliquent pas son apparition. Un polluant (Dance of the Dead), une arme chimique (Resident Evil, Flight of the Living Dead), une malédiction ou un tour de sorcellerie (Dead Snow), un phénomène astrophysique (Un horizon de cendres) ou un virus (28 jours plus tard, Zombieland) sont les origines les plus fréquentes.

Selon l'origine et l'auteur, plusieurs caractéristiques vont différer :

  • Le retour à la vie des morts décédés bien avant l'apparition du phénomène est assez rare, et n'est pas possible dans de nombreux scénarios. Dans Un horizon de cendres en revanche, Serge Gainsbourg ou encore un légionnaire romain reviennent à la vie.
  • L'aspect (couleur, décomposition), les capacités physiques (sens, force, vitesse) et le mental (souvenirs, réflexes, utilisation d'armes ou d'outils, communication) des zombies varient du tout au tout, y compris au sein d'une même franchise. Chez Romero seul par exemple, les zombies sont lents dans les films originaux, rapides dans les remakes, Big Daddy utilise des outils et communique avec les autres zombies dans Le Territoire des morts, tandis que Bub (Le Jour des morts-vivants) réalise le salut militaire et diverses opérations de domestication.
  • Devenir un zombie, qui peut être réalisé par contamination (cas de virus), soit, plus fréquemment, de manière inéluctable après la mort, que l'on ait été mordu ou non. Chez Romero ou Kirkman, si la morsure ne transforme pas en zombie, elle entraîne en revanche toujours la mort, qui elle permet la réincarnation en zombie.
  • La vitesse de zombification, ou de mort suite à morsure, va de quelques secondes (28 jours plus tard) à plusieurs jours. Selon les besoins du scénario, la mort et/ou la transformation varient au sein d'une même œuvre.
  • Certains zombies dévorent leur victimes, là où d'autres se contentent des entrailles ou du cerveau. Certains zombies se dévorent entre eux, mais c'est assez rare. Chez Marvel Zombies de Kirkman, le zombie d'Iron Man explique que les autres zombies ont un gout répugnant, ce qui empêche les zombies de s'attaquer les uns les autres.
  • La manière de tuer un zombie diffère largement là aussi, mais la plupart des auteurs se retrouvent autour de la destruction du cerveau (balle dans la tête, pour le plus fréquent). La décapitation est bien souvent dangereuse, car si le corps devient inoffensif, la tête reste active et continue à mordre. Le feu, le manque de nourriture, parfois même l'eau bénite sont autant de méthodes parfois utilisées. Les zombies de Russo en revanche ne peuvent être combattus que par arme nucléaire.
  • Chez Max Brooks (World War Z), on apprend que le froid intense (fortes gelées ou froid persistant des zones polaires ou péri-polaires) aurait un effet inhibant voir mortel sur les zombies.

Littérature[modifier | modifier le code]

La créature de Frankenstein est probablement le mort-vivant le plus connu de la littérature, et dont l'origine se rapproche le plus du zombie vaudou. Cependant, il demeure trop intelligent et autonome pour remplir les critères du zombie, sans compter que son corps n'est pas constitué d'un seul cadavre précis. En 1922, l'écrivain américain H. P. Lovecraft, dans son œuvre Herbert West, réanimateur, décrit des corps morts mus par des procédés scientifiques qui deviennent des créatures violentes, taciturnes et incontrôlables. Ces caractéristiques ne sont pas sans évoquer les zombies de Romero qui apparaîtront quelques décennies plus tard. L'auteur avouera dans ses lettres avoir souhaité faire de ce récit une parodie du Frankenstein de Mary Shelley et décrit des scènes violentes et macabres à dessein.

Un des premiers romans traitant de l'invasion des mort-vivants est Je suis une legende (1954) de Richard Matheson, où le héros Robert Neville dernier homme sur terre s'est donné pour mission de « tuer » des créatures présentant toutes les caractéristiques des vampires et de chercher en même temps, autant que faire se peut, un remède à la pandémie qui a provoqué ce phénomène. La nouvelle de 1959 Vous les zombies de Robert A. Heinlein peut aussi être considérée comme une des premières allusions aux zombies même si la nouvelle parle essentiellement de voyage dans le temps plutôt que d'horreur avec des zombies. L'auteur J. K. Rowling a utilisé le concept des zombies dans le livre Harry Potter et le Prince de sang-mêlé et leur a donné le nom d'« inferi », ceux-ci sont décrits à la page 73 du roman comme étant des cadavres contrôlés par un mage noir. L'auteur Max Brooks est connu comme le maître de littérature contemporaine de zombie. Il a écrit deux livres sur les zombies. Son premier livre, The Zombie Survival Guide: Complete Protection from the Living Dead est un guide de survie à une épidémie de zombies[23]. Son deuxième livre, World War Z, est une histoire fictive de pandémie de zombies[24].

Il a été publié récemment le livre intitulé Un blog trop mortel, dans lequel des sortes de zombies nommés « Infectés » assaillent les survivants d'une ville. L'auteur S. D. Perry (en) a réadapté en livre les différents jeux vidéo Resident Evil.

Bande dessinée et manga[modifier | modifier le code]

Robert Kirkman, un américain fan de Romero, a lancé en 2003 une série de comics intitulée The Walking Dead, illustrée par Tony Moore et publiée par Image Comics. La série narre les péripéties d'un groupe de personnes essayant de survivre dans un monde peuplé de zombies. Les comics ont été adaptés en série télé sur la chaine câblée américaine AMC en octobre 2010. La série est supervisée par Frank Darabont qui en réalise le pilote. En 2003 également, Jerry Frissen et Guy Davis (comics) (en) ont lancé Les zombies qui ont mangé le monde, qui se différencie par son ton de comédie burlesque. Dans leur univers, les zombis ne sont pas méchants mais les vivants doivent cohabiter avec eux. Également, la série américaine Remains de Steve Niles et Kieron Dwyer, commercialisé en France en 2005 dont le premier tome a un titre évocateur : Roulette, zombies et canon scié. Zombie Higwhay, de Jason Pell et Roberto Viacava est aussi sorti en France chez Wetta.

Pierre-Yves Gabrion publie également chez Casterman la série Scott Zombi. Le collectif français Undead publie un blog BD collectif regroupant des planches sur les zombis, le ZombiBlog. Un autre titre à découvrir, Cryozone, place de façon très originale la thématique d'une poignée de survivants qui luttent contre une horde de morts-vivants, tous coincés dans la froide carlingue d'un vaisseau spatial, perdu aux confins de l'univers. Le manga Highschool of the Dead centre également son histoire sur une invasion de zombies à laquelle doivent survivre un groupe de lycéens. Depuis 2010, Olivier Peru scénarise une série Zombies avec Sophian Cholet et Lucio Leoni au dessin, aux éditions Soleil Productions. Par ailleurs, peuvent être cités les Marvel Zombies, des aventures siégeant dans le monde de Marvel, où l'une des réalités alternatives (comprenant tous les héros de Marvel) est assaillies par des zombies, le mal se répandant aux personnages dotés de super pouvoirs, ces derniers deviennent des super-zombies qui finissent par décimer le monde avant de s'en prendre à la Terre 616.

Certains mangas se mettent à traiter le sujet des zombies, notamment Highschool of the Dead de Daisuke Satô où des lycéens font face à une épidémie de zombies et tentent de survivre tant bien que mal dans ces hordes. Les zombies présents dans ce manga sont dotés d'une force surhumaine malgré une vitesse lente et une intelligence plus que limitée. Une autre BD mélange le monde des zombis à celui du Rockabilly dans un style humoristique Rockabilly Zombie Superstar : dans le sud des États-Unis, zombis et humains cohabitent jusqu'à ce que Billy Rockerson, fan d'Elvis, se fasse mordre. Ce mélange entre zombi et Rockabilly est devenue commun avec l'arrivée du psychobilly (Rockabilly plus trash, punk, et mêlant l'« horror » au son des fifties).

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Groupe d'acteurs jouant le rôle de zombis dans un film.
Article détaillé : Film de zombies.

De nombreux films d'horreur ont pour thème les zombies, comme L'Emprise des ténèbres (The Serpent and the Rainbow, 1987) de Wes Craven. Mais c'est George A. Romero qui a le plus marqué son empreinte sur ce thème, à travers sa saga des zombies. Les zombies constituent dans ses films un « corps social uni » en opposition aux humains qui « basculent dans le cynisme et dans une brutalité destinée à les préserver »[25]. La désignation "à la Romero" [26] est parfois restée pour parler des zombis « classiques », lents, dépourvus d'intelligence et en fort état de délabrement.

I walked with a zombi est un film réalisé en 1943 par Jacques Tourneur et dont l'ambiance angoissante fonctionne comme la magie vaudou. De nombreux films d'horreur ayant pour thème les zombies ont mis de côté l'aspect vaudou.

Une certaine « nouvelle génération » de zombies fait son apparition dans les films, ils ne sont plus mous et amorphes mais, au contraire, dotés d'une vélocité et d'une force physique redoutables (28 jours plus tard de Danny Boyle en 2002, ou, L'Armée des morts de Zack Snyder en 2004), voire d'une certaine forme primitive d'intelligence, comme dans Le Territoire des morts (2005), qui marque le retour du réalisateur Romero.

Début du 21e siècle, le petit écran accueille aussi une nouvelle génération de séries TV basées sur le phénomène zombie : The Walking Dead, Death Valley, In The Flesh

Jeux vidéo[modifier | modifier le code]

On retrouve les zombies dans deux grands types de jeux vidéo : Survival horror et fantastique. Des séries comme Resident Evil[27], The House of the Dead[28] et récemment Left 4 Dead[29], Red Dead Redemption: Undead Nightmare ou encore les jeux Call of Duty : World at War, Call of Duty: Black Ops et Call of Duty: Black Ops II ont réutilisé le thème du zombie, l'installant ainsi dans le paysage vidéo-ludique. Les jeux vidéo mettent en scène des zombies le plus souvent sous forme d'ennemis (Zombies ate my neighbors, Resident Evil) à combattre mais aussi de héros à diriger. Dead Rising, qui peut également être cité, dont la situation initiale (un groupe de survivants enfermés dans un centre commercial) est très probablement inspirée du film Zombie (Dawn of the Dead, 1978) de George A. Romero. Stubbs the Zombie in Rebel Without a Pulse est un jeu vidéo où l'on incarne un zombie dans une ville américaine retro-futuriste qui ressemble au futur qu'on imaginait dans les années 1950. Dans le jeu Half-Life, les zombies sont des êtres humains contrôlés par une espèce parasite appelée « Crabe de tête » de taille conséquente et facilement visible, et non pas par un organisme invisible comme il est question dans la majorité des jeux vidéo.

Les maraudeurs sont des mort-vivants avides d'or et de reliques sacrées.

Le jeu web Hordes, développé par Motion-Twin et sorti en 2008, surfe sur cette vague et propose au joueur d'incarner un citoyen d'une ville luttant pour sa survie contre les assauts de zombies.

Le jeu Minecraft met en scène des ennemis tirés de l'imaginaire collectif, tels les zombies qui sont ici des ennemis de faible niveau, lents, vulnérables au feu et combattant uniquement au corps-à-corps, mais également des cochons-zombies beaucoup plus à craindre, car disposant d'épées en or, ignifuges et pouvant, par leur nombre, créer un effet de saturation. Cependant, ils sont neutres jusqu'à ce qu'on attaque l'un d'entre eux.

Jeu de plateau Zombies!!!

S'inspirant des ces derniers ainsi que de Dead Rising, Dead Island place en 2011 le joueur sur une île paradisiaque infestée de morts-vivants. La console Wii de Nintendo n'est pas en reste non plus avec un titre de rail shooter : le très cinématographique The House of the Dead: Overkill[réf. nécessaire]. ZombiU accompagne la sortie de la Wii U de Nintendo. Dans les jeux Mass Effect (série), les zombies sont des êtres humains ayant été changé en monstres agressifs et décérébrés, attaquant le joueur au corps-à-corps, ils sont produits en masse parmi les innombrables victimes des Moissonneurs, et servent plus de chair à canon que de soldats. Le processus de zombification est rapide : l'injection de nanites remplace très vite les organes vitaux de la victime par des éléments synthétiques.

Certains jeux fantastiques mettent en scène des zombies médiévaux ; on peut notamment citer Heroes of Might and Magic volet de jeux dans un univers fantastique.

Participants à une zombie walk durant le festival de Cannes 2013.

Une application gratuite a été ajoutée sur Facebook (parmi d'autres, comme Zombie lane et Zombie Online), qui permet aux utilisateurs d'apparaître sous forme de Zombie, de mordre d'autres personnes, et de se constituer une armée de plus en plus puissante. L'objectif est de monter dans la pyramide sociale des Zombies.

Malgré cette apparence souvent très prédatrice et maléfique des Zombies, certains jeux tirent leur épingle du jeu en mettant en scène des zombies complètement stupides et burlesques (Plants vs. Zombies ou Lollipop Chainsaw) et même certains jeux proposent carrément de « cultiver » ses zombies comme le jeu sur téléphone et tablettes d'Apple Zombie Farm[30].

Jeux de rôle et de plateau[modifier | modifier le code]

Les zombies et autres mort-vivants sont énormément utilisés dans le domaine du jeu de rôle, faisant office d'ennemis peu puissants. Des jeux tels que Dungeons & Dragons ainsi que Warhammer Fantasy Roleplay voient les zombies comme des êtres sans âmes ni libre arbitre, contrôlés par des nécromanciens. Il existe beaucoup de variantes, telles que des zombies frénétiques, goules et autres morts vivants dotés d'une intelligence propre avec des buts précis.

Il existe des jeux de rôles basés uniquement sur les zombies, comme Zombies, Zombi, Z Corps, Enter the Zombie, Imputrescibles ou Blood and Brains et All flesh must be eaten.

Les jeux de société ne sont pas en reste de zombies. En 2006[31], les éditions Asmodée (Zombies) et Nekocorp (Les Morts aux trousses) ont sorti en France des jeux de plateau entièrement tournés autour du personnage du zombie. Sur le plan international, l'éditeur américain, Twilight Creations Inc. propose toute une suite de jeux de plateau où il faut s'échapper d'une ville envahie de zombies (Zombies!!!).

Musique[modifier | modifier le code]

  • Michael Jackson a connu un succès mondial avec le clip de son titre Thriller. Dans ce film de presque 14 minutes, réalisé par John Landis, Michael Jackson se retrouve aux prises avec des mort-vivants, devient lui-même un des leurs pour finalement se mettre à exécuter une chorégraphie ensemble.
  • Le groupe irlandais The Cranberries s'est fait connaitre avec sa chanson Zombie en 1994. Chanson contestataire sur le conflit nord-irlandais, le mot « zombie » est psalmodié par la chanteuse lors du refrain.

Zombie walk[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zombie walk.

Les zombie walks, apparus en 2005, sont des manifestations publiques, généralement en milieu urbain, au cours desquelles les participants sont grimés en zombies. Les zombies walks sont la plupart du temps organisées dans un but purement récréatif, mais peuvent également être prétexte à soutenir, sur un mode humoristique, des revendications diverses.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Théorie reprise par The House of the Dead, Resident Evil, etc.
  2. Hans-W. Ackerman, « The Ways and Nature of the Zombi », The Journal of American Folklore, vol. 104, no 414,‎ Otoño 1991, p. 466-494
  3. The Bang-Bang Club, Movie Tie-In: Snapshots from a Hidden War
  4. a et b Mimi Sheler, Consuming the Caribbean: From Arawaks to Zombies, International Library of Sociology,‎ 2003 (ISBN 9780415257602)
  5. Kieran M. Murphy, « White Zombie », Contemporary French and Francophone Studies, vol. 15, no 1,‎ Enero 2011, p. 47-55
  6. Tell My Horse: Voodoo and Life in Haiti and Jamaica, HarperCollins,‎ 2008 (ISBN 9780061695131)
  7. Pierre Pluchon, Vaudou, sorciers, empoisonneurs : de Saint-Domingue à Haïti [lire en ligne], pp. 79-80,  éd. Karthala, 1987, 320 p. (ISBN 2865371859)
  8. Antidote massé sur les parties de la peau où elle est la plus fine (sous les poignets, au niveau du sternum).
  9. Jean-Marie Pelt, Carnets de voyage d'un botaniste, Fayard,‎ 2013, p. 121
  10. Gasner Joint, Libération du vaudou dans la dynamique d'inculturation en Haïti [lire en ligne],  éd. Pontificia Università Gregoriana, 1999, 450 p. (ISBN 8876528245).
  11. J. Pradel, J.Y. Casgha, Haïti. La République des morts vivants, 1989.
  12. (en) Roland Littlewood, Chavannes Douyon, « Clinical findings in three cases of zombification », The Lancet, vol. 350,‎ 11 octobre 1997, p. 1094
  13. Lucien, Philopseudès, p. 32-33, in Lucien, Histoires vraies et autres œuvres, Paris, le Livre de poche, 2003.
  14. Contes et légendes de la France, Paris, Omnibus, 1997, p. 18-21.
  15. Jean Delumeau, Le Péché et la Peur, Paris, Fayard, 1983, p. 84-85. Delumeau fait dériver le thème iconographie de la danse macabre d'une croyance populaire du Moyen Âge, qui affirmait que les revenants se rassemblaient parfois la nuit pour danser.
  16. Jean Delumeau, Le Péché et la Peur, Paris, Fayard, 1983, p. 124-125.
  17. Marcel Brion, Dürer, Paris, éditions Aimery Somogy, 1960, p. 127.
  18. Jean Delumeau, Le Péché et la Peur, Paris, Fayard, 1983, p. 82.
  19. Jean Delumeau, Le Péché et la Peur, Paris, Fayard, 1983, p. 116 et 124.
  20. Dans Le Péché et la Peur, Jean Delumeau emploie uniquement ce terme pour désigner les cadavres animés mis en scène par les artistes du Moyen Âge et de la Renaissance.
  21. (en)New Course Explores Use of Zombies in Pop Culture, Université de Baltimore
  22. (en)Zombies take over University of Baltimore curriculum, BBC, 7 septembre 2010
  23. The Zombie Survival Guide: Complete Protection from the Living Dead
  24. World War Z.
  25. Entretien avec George A. Romero, 28 juillet 2005.
  26. analyse du film Les Revenants
  27. « Resident Evil- PC », sur Jeuxvideo.com (consulté le 24 juin 2012) : « Un mot à propos du bestiaire, déjà plutôt varié dans ce premier opus (zombies, cerbères, corbeaux, anaconda géant, araignées mutantes...) »
  28. « The House of the Dead », sur Jeuxvideo.com (consulté le 24 juin 2012) : « ...abattre tous les zombies qui se trouvent sur votre passage »
  29. « Left 4 Dead- PC », sur Jeuxvideo.com (consulté le 24 juin 2012)
  30. « Zombie Farm », sur Jeuxvideo.com (consulté le 24 juin 2012).
  31. « Zombies », sur trictrac.fr (consulté le 22 mai 2013)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]