Zibhebhu kaMaphitha

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Zibhebhu après la bataille d'oNdini, en juillet 1884.

Zibhebhu kaMaphitha (littéralement : Zibhebhu, fils de Maphitha), aussi appelé UZibhebhu, Usibepu ou simplement Zibhebhu, né en 1841 et mort en 1904, est un chef zoulou qui fut l’un des grands adversaires de Cetshwayo puis de son fils Dinuzulu pendant les guerres civiles zouloues de 1883 à 1888.

Biographie[modifier | modifier le code]

La période antérieure aux guerres civiles[modifier | modifier le code]

Zibhebhu était le fils de Maphita, chef du clan zoulou des Mandlakazi (grande force en zoulou[1]) lui-même fils de Sojiyisa. Très jeune, il accompagne son père dans ses campagnes militaires et il est au côté de Cetshwayo à la bataille de Ndondakusuka qui oppose ce dernier à son frère Mbuyazi, le 2 décembre 1856[2]. En 1872 ou 1873, au décès de Maphita, il lui succède à la tête des Mandlakazi. En 1879, il participe activement à la guerre anglo-zouloue, à laquelle il était pourtant opposé[3] et s'illustre lors des batailles d'Isandhlwana (au cours de laquelle il est blessé à la main), de Kambula et d'Ulundi.

Les guerres civiles[modifier | modifier le code]

À l'issue du conflit, les Britanniques qui voulaient détruire définitivement la maison royale zouloue déposent Cetshwayo, l'exilent et démembrent le royaume en treize chefferies indépendantes, confiées pour la plupart à des hommes qui avaient rallié leur camp avant ou pendant les hostilités. Cependant et quoiqu'il soit demeuré fidèle jusqu'au bout à Cetshwayo, au point que ce dernier lui avait confié la garde de son jeune fils Dinuzulu, de plusieurs de ses femmes et d'une partie de son bétail, Zibhebhu fut l'un des bénéficiaires de cette partition. Son autorité sur les terres des Mandlakazi est ainsi confirmée, parce que nonobstant sa loyauté au roi pendant la guerre, il avait toujours revendiqué la plus grande autonomie au sein du royaume zoulou[4]. Il fut l’un des « treize roitelets » auxquels furent attribuées des terres à l’issue du conflit et se disputa la succession royale avec l’un des fils de Cetshwayo, Dinuzulu. Les Britanniques, pour mettre un terme aux divisions entre chefs zoulous, décidèrent de restaurer Cetshwayo au pouvoir. Toutefois, ils ne touchèrent pas aux terres de Zibhebhu.

Zibhebhu et Dinuzulu s’acoquinèrent tous deux avec des mercenaires boers pour se faire aider dans leurs prétentions au trône. Le 21 juillet 1883, à la tête d'une armée de 3 000 hommes appuyée par une dizaine de cavaliers boers, Zibhebhu fit un raid brutal sur le kraal de Cetshwayo, à Ulundi, qu’il détruisit totalement après avoir anéanti son armée (bataille d'oNdini). Les hommes de Zibhebhu arboraient tous un signe distinctif commun : un bandeau en peau de léopard autour de leur tête. Cetshwayo, bien que blessé, parvint à s’échapper et se réfugia dans la forêt de Nkandla. Après des appels répétés du « commissaire-résident » (en) (gouverneur britannique en place), Sir Melmoth Osborn, le roi s'installa à Eshowe, où il mourut quelques mois plus tard, peut-être empoisonné.

On laissa Dinuzulu se battre pour la succession et, avec les hommes dévoués à sa cause ainsi que l’appui d'un contingent boer commandé par Lukas Meyer, et qui comprenait parmi ses membres le futur général et homme politique Louis Botha, il remporta le 5 juillet 1884 la victoire contre Zibhebhu et son armée à Mkuze, lors de la bataille de Ghost Mountain (également connue sous le nom de bataille de Tshaneni).

Zibhebhu et Eckersley, un négociant blanc, réussirent à s’enfuir en grimpant sur les monts Lebombo. En septembre 1884, sous la conduite de Zibhebhu, les Mandlakazi survivants (soit environ 6 000 personnes), intégrèrent la réserve spécialement destinée aux Zoulous n'ayant pas prêté allégeance à la maison royale zouloue[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ian Knight, Great Zulu battles, 1838-1906 page 167
  2. John Laband, The rise and fall of the Zulu Nation page 169
  3. (en) Ian Knight et Ian Castle, Zulu War 1879, twilight of a warrior nation, p. 16.
  4. (en) Saul David, Zulu page 72
  5. (en) Jeff Guy, The Destruction of the Zulu Kingdom, University of Natal Press, 1994.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Saul David, Zulu, the Heroism and Tragedy of the Zulu War of 1879, Penguin Books, 2005, (ISBN 978-0-141-01569-9)
  • (en) Ian Knight, Great Zulu battles, 1838-1906, Castle Books, 1988 (ISBN 0785815694)
  • (en) Ian Knight et Ian Castle, Zulu War, 1879, twilight of a warrior nation, Osprey campaign, 2001 (ISBN 1-855-32165-3)
  • (en) John Laband, The Atlas of the Later Zulu Wars, 1883-1888, University of Natal Press, 2001 (ISBN 0-86980-998-9)
  • (en) John Laband, The rise and fall of the Zulu nation, Arms and Armour, Londres, 1997, (ISBN 1-85409-421-1)