Sérendipité

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Dans les pays anglo-saxons, les Serendipity shops sont des boutiques où l'on trouve des idées inattendues de cadeaux.

La sérendipité est originellement[1] le fait de réaliser une découverte scientifique ou une invention technique de façon inattendue, accidentelle, à la suite d'un concours de circonstances fortuit et très souvent dans le cadre d'une recherche concernant un autre sujet.

Parmi les nombreux exemples de découvertes et inventions liées au hasard, citons comme exemple de découverte par sérendipité : la lithographie, le four à micro-ondes, la pénicilline, le Post-it, le téflon, le Velcro.

  • Au sens large (depuis les années 2000), la sérendipité est le fait de « trouver autre chose que ce que l'on cherchait », des idées originales et inattendues, des trouvailles, notamment des découvertes géographiques et des innovations culinaires. Exemple : le Coca-Cola, la tarte Tatin, les bêtises de Cambrai.
  • Dans le cadre d'une recherche d'information sur Internet, la sérendipité est le fait de trouver, grâce aux liens hypertextes, des informations inattendues mais intéressantes, bien qu'elles soient hors du sujet initial.
  • Dans le cadre de la vie personnelle, la sérendipité est une attitude d’esprit, un style de vie, combinant ouverture à l'expérience, curiosité, sagacité, résilience et « happenstance ».
  • Dans un cadre littéraire, logique et sémiotique, la sérendipité est une manière de raisonner assez proche de l'abduction.

Sommaire

Histoire du mot[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

C'est un néologisme, créé par calque de l'anglais « serendipity » donc un anglicisme. Il est attesté en français dès 1954 dans le Vocabulaire de la psychologie d'Henri Piéron. On peut le rapprocher de la « fortuité » (caractère de ce qui est fortuit, lié au hasard), comme le propose l'Office québécois de la langue française.

Origine[modifier | modifier le code]

Le terme « serendipity » est inventé par Horace Walpole (1717–1797) dans une lettre du 28 janvier 1754 à son ami Horace Mann, diplomate du roi George II à Florence, évoquant une énigme en matière d’armoiries vénitiennes qu'il venait de résoudre en feuilletant un vieux livre sur les armoiries dans lequel il avait découvert un emblème des Médicis inséré dans le blason de la famille vénitienne des Capello, indice de la reconnaissance d’une alliance entre les deux familles et remerciant Mann de l'avoir aidé accidentellement pour lui avoir peu de temps auparavant fait un cadeau du portrait de la courtisane Bianca Cappello qui avait épousé François Ier de Médicis[2]. Walpole désigne ainsi des « découvertes inattendues, faites par accidents et sagacité », et par « sagacité accidentelle ». Walpole, par association d'idée, s'était inspiré du titre d'un conte d'origine persane qu'il avait lu enfant dans la version de Louis de Mailly Voyages et aventures des trois princes de Serendip[3], (le Sri Lanka d'alors) dans lequel les héros, tels des chasseurs, utilisent des indices pour décrire un animal qu'ils n'avaient pas vu. Extrait[4] :

« … cette découverte est presque de l'espèce que j'appelle serendipity, un mot très expressif que je vais m'efforcer, faute d'avoir mieux à vous narrer, de vous expliquer : vous le comprendrez mieux par l'origine que par la définition. J'ai lu autrefois un conte de fées saugrenu, intitulé Les Trois Princes de Serendip : tandis que leurs altesses voyageaient, elles faisaient toute sorte de découvertes, par accident et sagacité, de choses qu'elles ne cherchaient pas du tout : par exemple, l'un des princes découvre qu'une mule borgne de l'œil droit vient de parcourir cette route, parce que l'herbe n'a été broutée que sur le côté gauche, où elle est moins belle qu'à droite — maintenant saisissez-vous le sens de serendipity ? L'un des exemples les plus remarquables de cette sagacité accidentelle […]. »

Le mot forgé par Walpole sommeille pendant un siècle[5]. Puis suivent des échanges érudits dans les journaux anglais, où la définition a évolué. Celle de Edward Solly (1880), ancien chimiste et bibliophile[6] fut retenue par l'Oxford English Dictionary : "The inquirer was at fault, and it was not till some weeks later, when by the aid of Serendipity, as Horace Walpole called it—that is, looking for one thing and finding another—that the explanation was accidentally found."

Au cours des années quarante, la notion gagne l'université Harvard, glissant de la sphère littéraire à celle des scientifiques. Un de ceux-ci transforme radicalement le sens initial du terme. Walter Bradford Cannon, physiologiste, intitule en 1945 un chapitre de son livre The Way of an Investigator « Gains from Serendipity » et donne de la sérendipité la définition suivante : «  La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés. »[7]
En 1957, c'est un publicitaire, Alex Osborn qui récupère le mot dans le chapitre consacré à la chance « The element of luck in creative quests » de son livre Applied Imagination. La sérendipité est pour lui un facteur fortuit, un stimulus accidentel qui déclenche l'inspiration créative.

Exemples de découvertes, inventions et innovations faites par sérendipité[modifier | modifier le code]

1936. Moisissures de penicillium qu'Alexander Fleming a la mauvaise surprise de trouver à son retour de vacances. Il s'aperçoit que la culture de staphylocoques sur laquelle il travaillait s'est dissoute au voisinage d'une moisissure qui l'avait incidemment contaminée. Il entreprend des expériences et découvre que la substance bactéricide produite par la moisissure est extrêmement efficace pour détruire de nombreux germes de maladies. Il lui donne le nom de pénicilline. Il faudra une deuxième sérendipité pour que Pfizer parvienne à la fabriquer à l'échelle industrielle en 1943.

La sérendipité est à l'origine d'un nombre considérable de découvertes scientifiques et d'inventions techniques.

- La découverte du procédé lithographique :

Aloys Senefelder ayant un jour, faute d'encre et de papier, utilisé une pierre pour y écrire une liste en se servant du mélange de cire, de suif, de noir de fumée et d'eau dont il se servait pour ses plaques de métal, il eut plus tard l'idée de plonger la pierre dans un bain fait d'une mesure d'eau-forte pour dix mesures d'eau. Au bout de cinq minutes, les parties écrites étaient restées intactes et faisaient maintenant saillie de l'épaisseur d'une carte à jouer. Les ayant encrées de façon satisfaisante au bout d'un certain nombre d'essais et d'erreurs, il réalisa un tirage dont la qualité le persuada de continuer à développer ce procédé. La lithographie était née.

- La découverte de la pénicilline :

Alexander Fleming découvre par accident, si l'on peut dire, la moisissure qui a contaminé sa culture de staphylocoques. C'est parce qu'il y prête attention qu'il finit par découvrir les propriétés de la substance bactéricide produite par la moisissure. La même chose était déjà arrivée à des quantités de bactériologistes qui s'était contentés de jeter les cultures[8]. Mais il faudra une deuxième sérendipité, celle de Mary Hunt, « Moldy Mary » (Mary la Moisie), chercheuse chez Pfizer, qui trouve par hasard et après que l'armée de l'air américaine a fait effectuer des recherches dans le monde entier, la bonne moisissure dans un supermarché de Peoria sur un cantaloup avarié trouvé dans une poubelle[9].

- Le Post-it :

Fruit de deux sérendipités, la découverte accidentelle — en mélangeant des composants pour voir — d'un adhésif qui ne collait que dans un sens — et qui n'était pas le bon — et celle, cinq ans plus tard, de la découverte fortuite d'une utilisation pour cet adhésif (dont 3M ne savait pas quoi faire).

- Le Viagra :

Le but premier de Pfizer était le traitement de l'hypertension artérielle pulmonaire. Lors des études cliniques de phase I, deux chercheurs — le Dr Nicholas Terrett et Peter Ellis — constatent que l'effet sur l'angine de poitrine n'était pas celui attendu. En revanche, un des effets secondaires observés inattendu était que le sildénafil provoquait des érections, voire du priapisme. Pfizer décida alors de repositionner le sildénafil sur l'indication de l'impuissance sexuelle et des troubles de l'érection, alors dépourvus de médicament. Premier médicament efficace de tous les temps dans le traitement de l'impuissance, réalisation d'un rêve ancestral de virilité permanente, le Viagra a réalisé un milliard de dollars de chiffre d'affaires la première année, faisant de lui une grande innovation. Ses deux concurrents, le Cialis et le Levitra, sont issus, eux, d'un processus normal de recherche et développement.

- La découverte de l'Amérique par les Européens : toujours donnée comme un grand cas de sérendipité, la découverte de l'Amérique n'en est pas un. Elle n'a pas été découverte par hasard, mais par erreur.

Définitions[modifier | modifier le code]

Trois définitions de base[modifier | modifier le code]

Trois personnalités, un écrivain, un chercheur en médecine et un sociologue ont fait de la sérendipité ce qu'elle est.

Horace Walpole (1754)[modifier | modifier le code]

Pour Horace Walpole, homme de lettres anglais, la sérendipité est une espèce particulière de découverte faite par accident et sagacité, de choses que l'on ne cherchait pas du tout.
Le fait de découvrir quelque chose par accident et sagacité alors que l'on est à la recherche de quelque chose d'autre (accident and sagacity while in pursuit of something else).

Walter Bradford Cannon (1945)[modifier | modifier le code]

«  La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés. » [7]

Robert King Merton (1950)[modifier | modifier le code]

Pour le sociologue américain Robert King Merton, la sérendipité est l'observation surprenante suivie d'une induction correcte[10].
• Merton (1945) : La découverte par chance ou sagacité de résultats pertinents que l'on ne cherchait pas. Elle se rapporte au fait assez courant d'observer une donnée inattendue, aberrante et capitale (strategic) qui donne l'occasion de développer une nouvelle théorie ou d'étendre une théorie existante.
• Merton (1949) (qui répète trois fois sa définition précédente dans son livre : Social Theory et Social Structure) : le processus par lequel une découverte inattendue et aberrante éveille la curiosité d'un chercheur et le conduit à un raccourci imprévu qui mène à une nouvelle hypothèse.

La rencontre heureuse[modifier | modifier le code]

Serendipity 3, le salon de thé, New York

Dans le langage courant américain : une rencontre ou une découverte heureuse imprévue, ou bien le lieu où l'on fait de telles rencontres ou de telles découvertes ou de telles trouvailles.
C'est une sérendipité quotidienne, populaire, personnelle, usuelle.
Exemples : les Serendipity shops ; Hammacher Schlemmer (en), le temple new yorkais de la sérendipité, Serendipity 3 (en), le célèbre salon de thé de New York[11], le film Serendipity (Un Amour à New York[12]), etc.

Traductions[modifier | modifier le code]

Le mot anglais « serendipity » est— d'après le cabinet de traduction Today Translations[13] — un des vingt mots mondiaux les plus difficiles à traduire, à côté de « spam », « kitsch », etc., aussi les traducteurs imaginent-ils des périphrases qui sont toutes plus ou moins des contresens : « heureuse coïncidence », « bonheur fortuit », etc. à l'exception peut-être de celle du livre d'Arthur Koestler, Le Cri d'Archimède [14]: « une découverte par mésaventure » ; de celle du livre de Michael Hammer & James Champy Le Reengineering (Dunod, 2005) : « la pensée par induction » et de celle de Philippe Quéau : « Imprévu créateur » — ce qui fait que l'on peut lire des chapitres entiers consacrés à la sérendipité sans le savoir.
L'historien de l'architecture André Corboz avait proposé en 1985 une traduction du terme par « cinghalisme » faisant ainsi le lien avec l'ancien nom de Ceylan, Serendip en anglais[15].

Fortuité[modifier | modifier le code]

L'Office québécois de la Langue Française conseille depuis 1973 « fortuité », définie comme le « Fait de trouver quelque chose alors même qu'on recherche autre chose ».

Heureuse coïncidence[modifier | modifier le code]

En 2000, dans le livre de Robinson et Stern, L'Entreprise créative, Éditions d'Organisation.

Zadigacité[modifier | modifier le code]

Jean-Louis Swiners a proposé en 2008 « zadigacité » mot-valise qui rappelle le conte de Voltaire, fait référence à Zadig, et connote la sagacité, la perspicacité, l'efficacité, etc. assorti de l’adjectif « zadigace ». et qu’il définit ainsi : « Capacité à reconnaître intuitivement et immédiatement — et à exploiter rapidement et créativement — les conséquences potentielles heureuses et les opportunités offertes d'un concours malheureux de circonstances (erreur, incompétence, maladresse, négligence, etc.) »[16].

Fortuitude[modifier | modifier le code]

Le consultant Henri Kaufman a proposé en 2011 un nouveau mot pour désigner cette notion : la « fortuitude[17] ».

Adjectifs correspondants[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas en français d'adjectif, tel serendipitous en anglais, qui corresponde au substantif.
L'anglais dispose de l'adjectif serendipitous, très courant. On pourrait ainsi avoir, en français, « sérendipiteux » (ex. : une découverte sérendipiteuse), « sérendipitant » (proposé par Jean-Michel Briet[18]) ou « sérendipien » (proposé par Sylvie Catellin du CNRS ; ex. : une découverte sérendipienne)[19].
D'usage plus courant — même s'il ne recouvre pas totalement le sens du substantif — est l'adjectif fortuit, du latin fors, le hasard, dont dérive aussi le substantif fortune.

Antonyme[modifier | modifier le code]

La zemblanité est un terme inventé par William Boyd, dans le roman Armadillo (1999), pour désigner le contraire de la sérendipité[20]. Comme la sérendipité tire son nom de l'île de Serendip, c'est-à-dire le Sri Lanka, la zemblanité tire son nom de la Nouvelle Zemble, une île comme Serendip mais qu'on peut considérer comme son exact opposé à de nombreux points de vue, notamment climatiques et culturels[21].

Au chapitre douze de ce roman, Boyd rappelle que la sérendipité qu'il s'agit d'un « mot fabriqué par Horace Walpole qui l'inventa sur la base d'un conte populaire dont les héros ne cessaient de découvrir des choses qu'ils ne cherchaient pas ». Le mot provient « de Serendip, un nom antique de Ceylan, aujourd'hui le Sri Lanka ». La sérendipité est « le don de faire par hasard des découvertes heureuses ». Boyd poursuit ainsi : « Quel est donc l'opposé de Serendip, une terre du sud, une terre d'épices et de chaleur, de verdure luxuriante et de colibris, baignée par la mer, arrosée de soleil ? Pensez à un autre monde, loin au nord, stérile, pris dans les glaces, un monde de silex et de pierre. Appelez-le Zembla. Ergo : zemblanité, le contraire de sérendipité, le don de faire à dessein des découvertes malheureuses, malchanceuses. Sérendipité et zemblanité : les deux pôles de l'axe autour duquel nous tournons. »

Selon Marie-Anne Paveau, la création du concept de zemblanité par William Boyd est due « la magie de la sérendipité »[22]. William Safire se plaît à noter que des explosifs non-nucléaires étaient testés sur l'île de la Nouvelle Zemble, ajoutant que la zemblanité est la « découverte inexorable de ce que nous ne voulons pas savoir »[21].

La notion de zemblanité est notamment opposée à celle de sérendipité en matière de sciences de l'information. Olivier le Deuff, oppose, en matière de recherche documentaire, la la sérendipité, qu'il assimile à l'attention, à la zemblanité, qu'il considère comme un manque d'attention ou une mauvaise intention, estimant que la seconde est « peut-être plus fréquente que la sérendipité si nous songeons aux négligences observées » et connaît « un essor avec des conséquences parfois dramatiques », eu égard au développement des possibilités de « mauvaises rencontres, notamment virtuelles »[23]. Eva Sandri illustre cette idée avec l'exemple de l'utilisation de moteurs de recherches, en considérant la sérendipité comme une « démarche logique mais paradoxale », qu'elle oppose à la zemblanité de « la navigation aléatoire [qui] s’apparente davantage à l’égarement, à la subversion et au bricolage »[24].

Les grandes catégories de sérendipité[modifier | modifier le code]

Si l'on analyse la liste des découvertes et inventions liées au hasard, on constate que le processus de sérendipité n'est pas le même selon les cas. Il existe plusieurs classifications de deux à cinq suivant les auteurs.

Royston Roberts (1989)[modifier | modifier le code]

Archimède prenant son bain. Dans la réalité, il y a trop d'eau dans le baquet et celle-ci va déborder sur le sol lorsque Archimède va s'asseoir. Sérendipité directe. Pseudo-sérendipité.
1941. Les crochets de bardane qui ont conduit de Mestral à inventer — par un processus de sérendipité indirecte — le Velcro

Pour Royston Roberts professeur de chimie organique à l'Université du Texas, qui a analysé plus d'une centaine de découvertes faites par accident : la structure de l'ADN, l'aspirine, le principe d'Archimède, le chlorure de vinyle, les édulcorants intenses, le nylon, la pénicilline, le LSD, le polyéthylène, le Post-it, les rayons X, le Teflon, le Velcro, la vulcanisation, etc.[25], il y a deux sortes de sérendipité, totalement différentes : la pseudo-sérendipité et la vraie sérendipité. Cette distinction sera reprise par Dean Keith Simonton et par Mark de Rond.

La pseudo-sérendipité[modifier | modifier le code]

  • La pseudo-sérendipité (pseudoserendipity), celle de la découverte accidentelle d'une façon de réaliser une fin que l'on cherchait.

Un bon exemple en est la découverte après cinq d'effort et par maladresse du procédé de la vulcanisation par Goodyear[26]. Il cherchait, comme le disait le Captain Cap [27]« à ôter au caoutchouc (naturel) cette élasticité qui le rend impropre à tant d'usage ». Un beau jour, il fait tomber malencontreusement un morceau de latex enduit de soufre sur un poële, jette dans un premier temps par la fenêtre le magma obtenu, se ravise le lendemain après avoir réalisé qu'il a trouvé ce qu'il cherchait, le brevette dans les quatre ans. La sérendipité s'était offerte à lui en l'état. Il lui suffisait d'exploiter.

Un autre exemple, Archimède dans son bain. Il cherche une solution au problème qu'il s'est fait fort de résoudre. La baignoire est trop pleine, presque à ras bord. Quand il entre dedans et commence à s'asseoir, elle déborde. Et plus il s'asseoit, plus elle déborde, le volume d'eau déplacé étant égal à celui de la partie de son corps immergé. La solution s'offre à lui en l'état [28].

La vraie sérendipité[modifier | modifier le code]

  • La vraie sérendipité, celle de la découverte accidentelle de quelque chose que l'on ne cherchait pas particulièrement, sinon pas du tout.

Un bon exemple en est la découverte des crochets de bardane qui, en s'accrochant malencontreusement aux poils de son chien lors de ses promenades, ont conduit George de Mestral à inventer le Velcro. Mestral ne cherchait rien. Il promenait son chien. Et s'il cherchait quelque chose, c'était de le débarrasser des fruits de bardane qui s'accrochaient à ses poils ou de trouver le moyen qu'il ne s'en accroche pas d'autres lors de la prochaine promenade. Il regarde les fruits au microscope. Cela lui donne l'idée d'une fermeture textile en nylon. C'est une découverte qui déclenche accidentellement un long processus d'invention et d'innovation (l'idée est de 1941, le brevet de 1955).
Deux autres bons exemples sont celui du Teflon et celui du Post-it. La vraie sérendipité, celle où l'on trouve quelque chose alors que l'on ne cherchait rien, celle où l'on trouve par hasard l'idée de ce que l'on ne cherche pas.

Dean Keith Simonton (1999)[modifier | modifier le code]

Pour le psychologue américain Dean Keith Simonton[29], il y a 5 sortes de sérendipité[30] dépendant du degré de chance et du degré d'intentionnalité (le chercheur ou l'explorateur cherchait-il ou ne cherchait-il rien de spécial).
Ce sont celles de Gutenberg, Goodyear, James Clerk Maxwell, Christophe Colomb et Galilée.

  1. Gutenberg. Il cherchait depuis au moins 1448 à résoudre un problème et n'en trouvait pas la solution. Comment imprimer sur du vélin ou du papier les caractères mobiles qu'il avait inventés par ailleurs ? Un jour, vers 1450, durant les vendanges, la vue d'un pressoir à vin lui donne l'idée de la presse à imprimer. Il avait trouvé ce qu'il cherchait lorsque les circonstances l'eurent placé au bon endroit au bon moment. L'invention était inévitable. S'il ne l'avait pas faite, elle aurait été faite par un autre[31].
  2. Charles Goodyear. Il cherchait depuis cinq ans un moyen de stabiliser le latex. Par maladresse, il fait tomber un mélange de latex et de soufre sur un poêle[31].
  3. Christophe Colomb. Il cherchait un chemin pour aller en Chine et au Japon, un chemin plus court que celui de Marco Polo, un raccourci. Il se trompa de 10 000 km — « lumineuse erreur » et découvrit par hasard — mais toutes les îles ont été découvertes par hasard — l'île de San Salvador, antichambre des Caraïbes, elles-mêmes antichambre du continent américain[32].
  4. James Clerk Maxwell. Un chercheur travaille sur un problème et cherche à trouver une solution. Mais durant le processus de réalisation de la découverte attendue, le chercheur tombe sur une trouvaille totalement inattendue. L'intention de Maxwell, en développant sa théorie électromagnétique, n'était pas du tout d'expliquer la lumière. Mais, alors qu'il avançait, il fut surpris de constater que la vitesse des ondes électromagnétiques était la même que celle de la lumière[33].
  5. Galilée. Il avait perfectionné la longue-vue terrestre des Hollandais jusqu'à en faire une lunette astronomique, ceci pour voir de plus près les étoiles connues. Quand, en 1610, il la braque vers le ciel, c'est pour faire une suite ininterrompue de découvertes imprévues de corps inconnus : la Voie lactée, les satellites de Jupiter, etc.[34]

Cinq cas, cinq types différents de sérendipité. Les deux premiers — quand un chercheur résout un problème qu'il avait l'intention de résoudre — est de la pseudo-sérendipité, quelle que soit la quantité de chance participant au résultat. Lorsque, comme dans les cas 3 à 5, les chercheurs font des découvertes inattendues, le résultat est dit être de la vraie sérendipité[35].

Paul Thagard (2000)[modifier | modifier le code]

Le philosophe et psychologue cognitiviste canadien Paul Thagard, lui, en distingue trois[36] :

  • trouver quelque chose que l'on ne cherchait pas ;
  • trouver quelque chose que l'on cherchait mais par un moyen imprévu ;
  • bien trouver quelque chose, mais qui sert à tout autre chose que ce à quoi on pensait au départ (Java, Post-It).

Ertzscheid & Gallezot (2003)[modifier | modifier le code]

Ces deux auteurs, dans une tentative de sériation de la sérendipité[37], partent de la nature du déclencheur, de la métaphore qui provoque la sérendipité. Il y a pour eux quatre types de métaphore comme moyen de provoquer la perspicacité :

  • la métaphore ;
  • la métaphore inattendue ;
  • l'absence de métaphore ;
  • la métaphore de l’ignorance.

Dans le premier cas, la métaphore inattendue inspire la solution.

Dans le deuxième cas, la métaphore inattendue conduit à un nouveau problème puis à une nouvelle solution.

Dans le troisième cas, l'absence de métaphore impose un pragmatisme, un problème trouve écho à un autre problème et propose ainsi une nouvelle solution.

Dans le quatrième cas, la métaphore de l'ignorance introduit l'erreur dans le contexte de la description du problème, elle implique un nouveau problème, puis une nouvelle solution.

Ce qui leur donne quatre types de sérendipité :

  1. Pseudosérendipité, exemple d'Archimède
  2. Sérendipité avec métaphore, exemple de Röntgen (les rayons X)
  3. Sérendipité sans métaphore, exemple de la 2CV Citroën
  4. Sérendipité avec métaphore de l'ignorance, exemple de Christophe Colomb

Swiners & Briet (2004)[modifier | modifier le code]

Ces deux auteurs, après avoir distingué quatre types de découverte et quatre types d'invention, distinguent quatre grands types de sérendipité qu'ils organisent sur une matrice 2x2 dont les deux axes sont Invention-Découverte et Chance (= Concours de circonstance)-Hasard contingent[38].

Sérendipité de type I.[modifier | modifier le code]

Fait de trouver (découvrir, inventer) par hasard, par chance ou par accident, autre chose et, parfois tout autre chose, et, même, parfois, le contraire de ce que l'on cherchait (et de trouver en l'état) ; et de se rendre compte de son intérêt et de son importance[39].

Souvent à la suite d'une erreur, ou d'une maladresse ou d'un dysfonctionnement.

Exemples :

  • Pratiquement tous les édulcorants intenses : la saccharine, l'aspartam (le Canderel), le cyclamate, l'acésulfame-K (dans la plupart des boissons sans sucre), la sucralose.
  • Le stimulateur cardiaque (le contraire de ce que Wilson Greatbatch cherchait).
  • Très courant en chimie : le teflon, le kevlar, etc.
  • L'adhésif qui ne colle que dans un sens, celui qui permettra l'invention du Post-it (sérendipité de type IV).
  • La découverte de la possibilité de faire exploser un atome (Enrico Fermi voulant prouver à un élève, à l'université de Chicago que c'était impossible, et ne réussit qu'à prouver la possibilité).
  • Etc.

Sérendipité de type II.[modifier | modifier le code]

Fait de trouver (découvrir, inventer) quelque chose que l'on cherchait (objet, solution, etc.) mais, à la suite d'un accident plus ou moins malheureux ou d'une erreur, par un moyen imprévu ; et de s'en rendre compte.

C'est pour Roberts de la pseudo-sérendipité.

Exemple :

  • L'imprimante à jet d'encre (la bubble-jet de Canon) (1979).

Sérendipité de type III.[modifier | modifier le code]

Fait de découvrir par hasard, par accident, par chance ou par malchance, une application imprévue à quelque chose, une autre application que celle à laquelle on pensait ; et de s'en rendre compte.

  • Très courant dans le domaine des médicaments (effets secondaires) :
La chlorpromazine (Lagarctil) employée comme antidépresseur, le Viagra de Pfizer (1996), le Botox, le Zyban, etc. ;
  • Le Post-It.
  • La Super Glue (colle cyanoacrylate) par Harry Coover (Eastman Kodak) (1958).
  • Le four à micro-ondes. (Raytheon). Le magnétron était au départ le cœur d'un radar.

Sérendipité de type IV.[modifier | modifier le code]

Faculté de trouver par accident, hasard ou chance l'idée d'une innovation.

C'est, pour Royston Roberts, de la vraie sérendipité.

Ceci à la suite d'une transposition. La sérendipité n'est pas livrée en l'état mais nécessite une opération cognitive : sagacité, imagination, etc.

Exemples :

  • Le verre feuilleté (1904) (avec un saut inventif) : passer d'un flacon de verre tombé d'une table, et qui ne se casse pas, au pare-brise d'automobile.
  • Le procédé Pilkington du verre flottant.
  • Le Velcro (avec un saut inventif) : c'est une découverte (celle des crochets de bardane qui s'accrochent aux chaussettes) et une invention (la fermeture auto-accrochante). Il faut passer de l'un à l'autre.
  • Le Post-it (3M).

Mark de Rond (2005)[modifier | modifier le code]

L'ethnographe Mark de Rond de l'Université de Cambridge (U.K.) The Structure of Serendipity[40] prenant comme exemples les découvertes de la pénicilline, de l'ADN, du PCR (Réaction en chaîne par polymérase) et du Viagra propose une typologie matricielle basée sur deux axes, celui de l'intention (pseudo-sérendipité vs. sérendipité) et celui de la relation (chance, concours de circonstances favorables, heureuses quant aux résultats finals vs. hasard) ce qui nous donne quatre types de sérendipité :

  1. On découvre par hasard ce que l'on ne cherchait pas : la pénicilline. Vraie sérendipité.
  2. On découvre autre chose que ce que l'on cherchait grâce à un concours de circonstances favorables : l'aspirine, le Coca-cola, le Viagra. Vraie sérendipité.
  3. On découvre par hasard ce que l'on cherchait : la structure de l'ADN. Pseudo-sérendipité.
  4. On découvre grâce à un concours de circonstances favorables ce que l'on cherchait : le PCR. Pseudo-sérendipité.
Les quatre types de sérendipité pour Mark de Rond
.
Concours de circonstances

(= Chance)

Hasard pur
Découverte de ce que l'on cherchait.

PSEUDO-SÉRENDIPITÉ

La PCR

(Réaction en chaîne par polymérase)

La structure de l'ADN
Découverte d'autre chose que ce que l'on cherchait.

VRAIE SÉRENDIPITÉ

L'aspirine, le Coca-Cola, le Viagra La pénicilline

van Andel et Bourcier (2009)[modifier | modifier le code]

Pour ces deux auteurs, pour parvenir à une innovation on peut emprunter trois routes ( « Les degrés de la sérendipité » , dans : De la sérendipité, 2009, pp. 99-109) :
1. On trouve de manière imprévue ce qu'on ne cherche pas.

Dans ce cas :
* soit la découverte est interprétée de façon positive (sérendipité classique ou positive) (Pasteur et le bâtonnet microscopique agent de la fermentation butyrique),
* soit la découverte est manquée (au moins provisoirement) (sérendipité négative) (Le Nouveau Monde) ;

2. On trouve enfin ce que l'on cherchait, mais par une route imprévue (pseudo-sérendipité) (la vulcanisation, la pénicilline) ;
3. On trouve ce qu'on cherchait sans que la sérendipité joue un rôle quelconque (non-sérendipité) (le bacille de la peste, le tombeau deToutankhamon).

Emploi du concept[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Carlo Ginzburg (1980), la découverte de la sérendipité, à travers la réception européenne du conte de Serendip, notamment à travers Zadig, qui devient rapidement très populaire, coïncide avec l'émergence d'un « paradigme de l'indice » utilisé en sciences humaines. Zadig est ainsi, selon lui, l'embryon du roman policier.

Le naturaliste Georges Cuvier fait ainsi allusion à Zadig, tandis que Thomas Huxley, lors de conférences à propos des découvertes de Darwin, définit la « méthode de Zadig » en tant que procédé commun à l'histoire, à l'archéologie, à la géologie, à l'astronomie et à la paléontologie – à savoir la capacité de faire des prophéties rétrospectives[41].

Un concept interdisciplinaire

Peu à peu, la « sérendipité » devient un concept éclairant du travail transdisciplinaire et interdisciplinaire en général, du travail collaboratif en particulier, ainsi que des processus de créativité à l'œuvre dans la formation du savoir et de l'intelligence collective. Il est aussi mobilisé consciemment ou non dans de nombreuses disciplines telles que la littérature, l'anthropologie, la paléontologie, la physique, la chimie, l'économie, le management, les sciences cognitives, la sociologie[réf. nécessaire].

Une branche de la sociologie, la sociologie de l'espace urbain, représentée par Arnaldo Bagnasco, introduit la sérendipité dans son analyse. L'espace urbain fournit un cadre d'espacement social avec des interactions de communications. La sérendipité est le révélateur des synthèses personnelles et imprévisibles de lieux urbains. Elle est, pour l'auteur, composée d'éléments qui ont l'apparence de l'antithèse et qui, en réalité, correspondent à la révélation profonde de l'Homme, comme l'accessibilité et l'intimité, la ressemblance et la diversité[réf. nécessaire].

En philosophie[modifier | modifier le code]

François Flahault a fréquenté les contes durant une bonne partie de sa vie afin de s'initier à une forme de pensée étrangère à la logique du concept, mais en les regardant comme une autre culture. Il existe en effet un corpus de contes qui ont circulé oralement de l'ouest à l'est de l'Europe, jusqu'en Asie[42].

« Dans ces contes, la notion de sérendipité joue un rôle très important, et la question essentielle qui y est traitée peut être formulée ainsi : comment faire son chemin dans la vie ? Le héros ou l'héroïne est initialement lié-e à ses parents, à la génération antérieure, et il s'agit pour lui ou pour elle de faire le chemin qui lui permettra de se faire une place dans la génération de ses contemporains. Ce parcours, tout être humain doit le faire. Ce type de contes nous concerne donc tous, quelle que soit la culture à laquelle on appartient. »

Les contes proposent toutes sortes de variations autour de ce thème de sérendipité. Ces contes mettent souvent en scène trois frères : les deux premiers ont entendu parler d'une princesse qui prendra pour époux celui qui saura répondre à toutes les questions qu'elle posera. Les deux frères aînés très instruits, sont certains de leur savoir et de leur intelligence, et ils sont certains de faire le poids. Le troisième frère n'a pas beaucoup de connaissances et paraît donc un peu simplet. Ils se mettent donc en route. Et finalement, les deux frères aînés échoueront car ils sont pris au dépourvu par les questions de la princesse. Trop sûrs d'eux, ils n'ont pas su tirer parti de l'imprévu. Le troisième frère n'est pas imbu de sa personne ni de son savoir. Tout au long du chemin qui les conduit chez la princesse, il se montre disponible. Il n'est pas obnubilé par le but à atteindre comme ses frères. Il prête attention aux personnes et aux choses qu'il rencontre en chemin. C'est ainsi qu'il partage son casse-croûte avec une vieille dame et celle-ci en échange lui donne un conseil qui se révèlera utile. Sur son chemin il ramasse aussi quelques objets dépourvus de valeur. Cette disponibilité, cette attention portée à des rencontres de hasard et cette sociabilité enrichissent son expérience. C'est cette expérience du hasard qui lui permettra de répondre du tac au tac aux questions de la princesse.

« Nombre de ces contes montrent également comment le héros ou l'héroïne est d'abord lié à ses parents, reçoit d'eux quelque chose qui peut être un viatique, mais aussi un cadeau empoisonné, et comment il en tire parti pour faire son chemin et trouver sa place dans sa propre génération. » »

L'école est une institution assez curieuse car elle semble être, d'un côté, entièrement ordonnée à partir de la connaissance livresque et, de l'autre, c'est manifestement un petit monde oral, une société de face à face. C'est un lieu qui met en rapport deux générations. Comme dans les personnages des contes, les élèves sont d'abord pris dans des liens avec la génération précédente et doivent ensuite trouver leur place au sein de leur propre génération. Une place quelque part dans la grande société qui les entoure.

Dans les lettres[modifier | modifier le code]

En poésie[modifier | modifier le code]

Dans La Peau de l'ombre (2004), Joël Gayraud consacre un chapitre au mot serendipity, envisagé du point de vue, non de l'historien des sciences ou du scientifique lui-même, mais du poète et du philologue :

« Il est certains mots étrangers qui s'imposent à notre mémoire par leur seule vêture sonore, mais dont la signification continue de nous rester opaque, soit que nous ne parvenions pas à la fixer en nous, soit que nous n'entreprenions rien pour la rechercher. Ainsi en fut-il longtemps pour moi du mot anglais serendipity qui sonnait comme un composé bizarre de sérénité et de compassion. Des années durant, je conservai serendipity dans ma tête, me refusant d'en aller consulter le sens dans le dictionnaire, sans doute par crainte d'être déçu par une définition qui, en un brusque retour au principe de réalité, ruinerait tout le charme des syllabes étrangères. Mais il y a peu de temps, retrouvant ce mot dans un texte et ne pouvant parvenir à en deviner le sens, malgré le contexte et peut-être à cause d'un obscurcissement de l'esprit dû à ce charme même, j'ai dû me résoudre à recourir au dictionnaire. Quelle n'a pas été alors ma surprise de découvrir qu'il n'existe pas de terme français correspondant à serendipity et qu'il convient de le rendre selon le contexte par au moins deux périphrases : « découverte heureuse ou inattendue » ; « don de faire des trouvailles ». Ce mot désigne donc aussi bien l'objet trouvé si cher aux surréalistes, que la faculté, par eux développée au plus haut point, de découvrir ces objets. Et la révélation de cette double signification sonna en moi comme une trouvaille qui en redoubla le charme phonétique et, déjouant mes craintes, échoua à l'effacer[43]. »

En littérature[modifier | modifier le code]

Dans son roman Armadillo, William Boyd utilise deux fois ce terme dans le chapitre 12 :

« C'est ça. croyez-vous à la sérendipité, au don de faire par hasard des découvertes heureuses, monsieur Black ?
- Pas vraiment. »
Il croyait au contraire, quel qu'en fût le nom.
« C'est la plus puissante des forces de la vie de quiconque. Ça l'est dans la mienne. Il faut que je trouve le CD dont vous avez parlé. Sheer Achimota. Je sais qu'il va être très important pour moi. »

Une deuxième fois dans ce que le héros appelle Le Livre de la transfiguration, c'est-à-dire les textes de ses « pensées intimes, ses espoirs et ses désirs » :

« 389. Sérendipité. "De Serendip, un nom antique de Ceylan, aujourd'hui le Sri Lanka. Un mot fabriqué par Horace Walpole, qui l'inventa sur la base d'un conte populaire dont les héros ne cessaient de découvrir des choses qu'ils ne cherchaient pas." Ergo : sérendipité, le don de faire par hasard des découvertes heureuses[44]. »

Julius H. Comroe a décrit[45] la sérendipité comme « chercher une aiguille dans une botte de foin et en sortir avec la fille du fermier. » Cette phrase a été popularisée par le chercheur néerlandais Modèle:Line. Il est le coauteur[46] de Peut-on programmer la sérendipité ?

En sciences humaines[modifier | modifier le code]

En psychologie cognitive[modifier | modifier le code]

Walter Cannon, physiologiste et professeur à la faculté de médecine de Harvard, utilise ce mot en 1945 dans le chapitre « Gains of serendipity » de son livre The Way of the Investigator[47]. C'est un synonyme d'abduction.

En sociologie[modifier | modifier le code]

Robert King Merton lance le mot en sociologie des sciences[48] en 1949. Pour lui, il s'agit de l'observation d'une anomalie stratégique qui n'a pas été anticipée, et qui peut être « à l'origine d'une nouvelle théorie ».

En économie, gestion, management[modifier | modifier le code]

En entreprise[modifier | modifier le code]

La sérendipité est un ingrédient essentiel des processus d'innovation dans le sens où les innovations viennent souvent des rencontres imprévues entre différents acteurs.

Les consultants d'entreprise Alan Robinson et Sam Stern ont effectué une enquête[49] « Comment les innovations surgissent vraiment dans les entreprises ? »

Le quatrième clé : la sagacité dans les heureuses coïncidences (Serendipity). Ils analysent en particulier le processus de la découverte du Téflon par Roy Plunkett, celle de son application par Bob Gore (Gore & Associates), le nylon, Nutrasweet, Canon et la technologie du Bubble-Jet.

Pour eux, comme pour Walter Cannon, la sérendipité se produit lorsque des accidents favorables arrivent à des individus perspicaces. C'est la conjonction d'un évènement imprévu et de la sagacité de l'observateur qui fait la découverte par sérendipité. Il y a trois façons pour une entreprise de la promouvoir :

  1. Accroître la fréquence des coïncidences qui pourraient s'avérer fécondes en encourageant un penchant pour l'action, le bricolage, le travail de recherche empirique ;
  2. Améliorer la prise de conscience des accidents qui se produisent ;
  3. Étendre le champ de sagacité de l'entreprise pour provoquer un plus grand nombre de coïncidences heureuses.
Faire la liste de tout le personnel avec, en regard de chaque nom, ce que chacun sait des opérations de l'entreprise et que personne d'autre ne sait.

On peut valoriser la sérendipité en entreprise de plusieurs façons[50],[51] : créer les conditions de la sérendipité, par exemple en mettant en place des lieux de rencontre entre acteurs qui ne se côtoient généralement pas dans le quotidien, peut être un facilitateur d'innovation[52].

En créativité[modifier | modifier le code]

En 1959, Alex Osborn, l'inventeur du brainstorming, lui consacre un chapitre entier dans son livre Applied Imagination. « The element of luck in creative quest ». pp. 329-341. Mais le mot (p. 294 de l'édition française) passa inaperçu[53].

En développement personnel[modifier | modifier le code]

En développement personnel, pour désigner « un état d'éveil ou de vigilance qui permet de voir et de remarquer en passant ce dont on a besoin et qu'on ne cherchait pas à ce moment-là, ni à cet endroit-là ». Anne Ancelin Schutzenberger

En intelligence économique[modifier | modifier le code]

D'après Yves-Michel Marti et Bruno Martinet (ca. 1995) in[54], la sérendipité est « l'art de trouver la bonne information par hasard ». Elle permet d'identifier les points aveugles (blind spots [55]) d'une stratégie, définis par Michael Porter comme les croyances non fondées mais communément acceptées, qui peuvent aider un concurrent ou un nouvel entrant à créer la rupture sur un marché.
L'auteur israélien Benjamin Gilad démontre que l'identification des points aveugles est une activité fondamentale de la stratégie d'entreprise et de l'intelligence économique[56].
Le terme est souvent utilisé dans le domaine de l'information où il désigne la capacité à utiliser des informations trouvées par hasard ou par erreur et de les utiliser pour d'autres usages que l'objet pour lequel ces recherches ont été initialement engagées.

En Web 2.0[modifier | modifier le code]

Trouver par hasard sur Internet une information que l'on ne cherchait pas[57].

En recherche d'information documentaire[modifier | modifier le code]

En recherche d'information, la sérendipité est un adjuvant précieux.
Voir les travaux d'Olivier Ertzscheid Ingénieries de la sérendipité et ceux d'Eva Sandri, « La sérendipité sur internet : égarement documentaire ou recherche créatrice? », Cygne noir, no 1, 2013 <http://www.revuecygnenoir.org/numero/article/la-serendipite-sur-internet>

Annexes[modifier | modifier le code]

Définitions diverses[modifier | modifier le code]

Les définitions de la sérendipité sont très nombreuses. Elles varient considérablement suivant la profession de l'auteur : chercheur scientifique, professeur de médecine, psychologue, essayiste, documentaliste, consultant en intelligence économique, consultant en créativité, sociologue, sémiologue, webmaster, etc. En voici quelques-unes, données par ordre chronologique :

  • Walter Cannon (1945) : La faculté ou la chance de trouver la preuve de ses idées de manière inattendue, ou bien de découvrir avec surprise de nouveaux objets ou relations sans les avoir cherchés.
  • Charles Galton Darwin[58] (1953) : Qualité qui consiste à chercher quelque chose et, ayant trouvé autre chose, à reconnaître que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on cherchait.
  • Gustave Durup et Robert Pagès, dans le Vocabulaire de Psychologie d'Henri Piéron (1954) : Rencontre, au cours d'une observation empirique, de données ou résultats inattendus, aberrants et capitaux.
  • Irving Langmuir (physicien, chimiste, prix Nobel), (1957) : Art de profiter de l'inattendu.
  • Philippe Quéau, « Des modèles », Éloge de la simulation, p. 144(1986) : L'art de trouver ce que l'on ne cherche pas en cherchant ce que l'on ne trouve pas.
  • Jean Jacques[59] (1990) : Aptitude à faire preuve de perspicacité dans des occasions imprévues (ou encore : faculté de trouver un intérêt et une explication à des problèmes rencontrés par hasard).
  • Yves-Michel Marti (1995) : L'art de trouver la bonne information par hasard.
En intelligence économique, elle permet d'identifier les « points aveugles » d'une stratégie, ou les croyances non fondées mais communément acceptées, qui peuvent aider un concurrent ou un nouvel entrant à créer la rupture sur un marché.
  • Bengt Nordén (2000) : Discover by chance something that may become valuable (The Nobel Prize in Chemistry) [2].
  • Pek Van Andel & Danièle Bourcier (2001) : La capacité à découvrir, inventer, créer ou imaginer quelque chose de non trivial sans l'avoir délibérément cherché.
  • Mark Raison (2002) : L'art de faire des découvertes heureuses, inattendues et utiles par hasard.
  • Olivier Ertzscheid et Gabriel Gallezot (2003) : La propagation d'un style cognitif stable (mis en place au début d'une session de navigation) dans un environnement différent mais contenant de l'information pertinente pour l'usager dans le contexte initial de sa navigation et au vu de la tâche qu'il s'était assignée[60].
  • Pek van Andel (2005) : L'art de faire des trouvailles.
  • Christian Vanden Berghen (2005) : Art de se mettre en condition de découvrir quelque chose (une information, un médicament, une technique) alors que l'on ne travaille pas directement sur ce sujet.
La sérendipité est souvent définie comme la capacité à découvrir des choses par hasard. En réalité, les découvertes ne font pas réellement par hasard. Elles sont rendues possibles parce que celui qui fait ces découvertes s'est mis dans un certain état d'esprit composé d'ouverture, de disponibilité, de curiosité, d'émerveillement, d'étonnement et de pensée analogique et symbolique, celle qui permet de voir ce qui rassemble plutôt que ce qui divise.
  • Lionel Bellenger (2005) (Lexique de Libérez votre créativité) : Capacité, à la suite d'un concours de circonstances particulier, à trouver quelque chose que l'on ne cherchait pas, d'en comprendre l'intérêt et de décider de l'exploiter immédiatement .
  • Mickaël Gallais (2007) : Faculté de trouver par hasard, par accident, mais aussi par sagacité, ce qu'on ne cherchait pas, une découverte heureuse, imprévue, inattendue, quelque chose d'utile et intéressant, alors qu'on ne le cherchait pas, du moins pas à ce moment-là, ou bien qu'on cherchait autre chose, ou encore qu'on le cherchait par un autre moyen, ou enfin à la suite de la réutilisation d'un incident malheureux, d'une erreur[61].
  • Anne Ancelin Schutzenberger (2009) : État d'éveil ou de vigilance qui permet de voir et de remarquer en passant ce dont on a besoin et qu'on ne cherchait pas à ce moment-là, ni à cet endroit-là[62].
  • Pek van Andel et Danièle Bourcier (2009) : Don de faire des trouvailles ou faculté de découvrir, d'inventer ou de créer ce qui n'était pas recherché dans la science, la technique, l'art, la politique et la vie quotidienne, grâce à une observation surprenante.[63].
  • Jean-Louis Swiners (2010) : Capacité à reconnaître intuitivement et immédiatement — et à exploiter rapidement et créativement — les conséquences potentielles heureuses d'un concours malheureux de circonstances (erreur, maladresse, négligence, incompétence, etc.)[64]
  • Marie-Anne Paveau (2010): Qualité (ou plutôt « disposition » impliquant une posture active et attentive, et non un attentisme flottant) qui permet la reconnaissance de l’importance d'une trouvaille, c’est-à-dire la capacité à réviser ses croyances et ses méthodes et à accepter ce que l’on n’était pas, a priori, préparé à rencontrer[65].
  • Olivier Ertzscheid (2010) : Capacité à trouver des informations qui n'étaient pas celles que l'on recherchait initialement mais qui vont cependant s'avérer utile pour résoudre le problème ou la question à l'origine de notre recherche, ou d'une recherche/d'un problème antérieur.[3]
  • Edmundo Morim de Carvalho (2011) : Art de trouver une anomalie, de la « voir » pour la première fois, alors qu'elle risquait de passer inaperçue, et d'être interloqué, dérouté par elle[66].
  • Le Robert Illustré et Dixel (2011) : Aptitude à faire une découverte inattendue et à en saisir l'utilité.
  • Le Petit Larousse (2012) : Capacité, art de faire une découverte, scientifique notamment, par hasard ; la découverte ainsi faite.
  • Henri Kaufman (2012) : Don, faculté offerte à un manager, à un décideur, de repérer, à l'improviste, au détour du chemin, dans et malgré le bruit, les entrelacs d'informations et de stimulis divers, l'observation étonnante et fertile.
  • Sylvie Catellin (2013) : L'art de découvrir, créer ou inventer en prêtant attention à un fait inattendu et en l'interprétant.
  • Pek Van Andel & Danièle Bourcier (2013) : Capacité de découvrir, d'inventer, de créer ou d'imaginer quelque chose de nouveau sans l'avoir cherché, à l'occasion d'une observation surprenante qui a été expliquée correctement.
  • Eva Sandri (2013) : Don de faire une découverte inattendue caractérisé par une rupture apparente dans la causalité et un fonctionnement aléatoire[67].

Hasard malheureux et sagacité[modifier | modifier le code]

S'appuyant sur les titres des ouvrages traitant de sérendipité — Mistakes That Worked, Par Hasard ou par erreur ?, etc. — Jean-Louis Swiners et Jean-Michel Briet [68] présentent ce concept sous l'angle du hasard malheureux et de l'inflexion dans la gestion de la recherche.
S'ils insistent pour définir la sérendipité comme étroitement liée à des concours malheureux de circonstances, cette notion sert plus à mettre en exergue les faveurs du résultat nouveau plutôt qu'à une appréciation objective de la découverte. La sérendipité est « la compréhension instantanée et l'exploitation concomitante des conséquences heureuses et inattendues d'un concours imprévu de circonstances malheureuses. »

Ils reconnaissent à la sérendipité, la flexibilité mentale « à reconnaître immédiatement que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on cherchait et à abandonner son ancien objet de recherche pour se consacrer au nouveau. »

Cependant, la sérendipité n'est pas redevable à la simple incertitude ou au caractère accidentel et malheureux des circonstances. La sérendipité se manifeste parce qu'il y a un être humain doté de certaines qualités, dont la sagacité, le flair, la vigilance (alertness) et la perspicacité qui agit. On le nomme inventeur, aventurier, créateur ou traqueur d'indices. Il reconnait les anomalies, les différences, les inconsistances et les exceptions qui n'obéissent à aucune règle ou loi standard. Selon un dicton connu, « des milliers de gens avaient déjà vu tomber des pommes avant Isaac Newton et aucun n'en avait imaginé pour autant la gravitation universelle »[réf. nécessaire]. Selon Paul Valéry, « il fallait être Newton pour apercevoir que la Lune tombe, quand tout le monde voit bien qu'elle ne tombe pas[69]. »

Faut-il en conclure au génie ou au divin ? Pas forcément selon le poète Wilhelm Willms (« God speaks »[réf. nécessaire])

« All things are meaningless accidents, works of chance unless your marveling gaze, as it probes, connects and orders, makes them divine…
Toutes choses ne sont qu'accidents sans signification, œuvres du hasard, à moins que votre regard émerveillé qui les sonde, les connecte et les ordonne, ne les rende divines... »

Selon Yoshio Bando, créateur du nanothermomètre, « seul un chercheur avec une expérience et une connaissance appropriées peut voir au travers d'un phénomène. La capacité du chercheur doit être jugée à sa capacité à voir au travers des choses[70]. »

Comme le note, également la revue Science en 1963[réf. nécessaire], la sérendipité répond à un critère de méthode. « En général, le chercheur n'obtient guère plus de ses expérimentations que ce qu'il a pu y insérer par les moyens de la pensée, de la préparation, de la performance et de l'analyse. La sérendipité est un bonus pour le scientifique préparé et perceptif, ce n'est pas un substitut pour un travail acharné. »

Les personnes qui sont les plus expérimentées en sérendipité (sans le savoir bien souvent) sont celles qui font preuve de curiosité constructive et celles qui se sentent gênées face à un manque de compréhension d'un phénomène. Comme le rappelle le psychiatre Anthony Storr[71], il faut se retrouver dans ces cas là dans l'inconfort de la dissonance cognitive. Tous les jours, nous sommes confrontés à une masse éparpillée d'informations. Le rôle du sérendipitant est de sélectionner parmi celles-ci celles qui sont les plus importantes et de les interpréter.

Économie de la sérendipité[modifier | modifier le code]

L'entrepreneur et la sérendipité[modifier | modifier le code]

En 1997, l'économiste Daniel B. Klein, analyse la liberté d'entreprendre dans une société de marché à partir de l'article de 1950, d'Armen Alchian, bien que ce dernier n'ait pas traité directement de la théorie de l'entrepreneur. Selon ce dernier, les individus tendent à s'adapter de façon adéquate aux opportunités et les survivants sur le marché « apparaissent comme ceux qui se sont adaptés à l'environnement, alors que la vérité peut bien être que ce soit l'environnement qui les ait adoptés » Armen Alchian, 1950.

Armen Alchian utilise une métaphore balistique en expliquant que le succès ne s'explique pas par une théorie de convergence de la balle vers le centre de la cible. Le tireur couvre l'ensemble de la cible. Et, certaines balles se rapprochent plus que d'autres du centre. Les individus dans la société ont des comportements d'imitation, de risque aventureux, d'innovation, de curiosité, de créativité et d'aptitude d'essais et d'erreurs. C'est pourquoi, cette approche est qualifiée de rationalité évolutionniste car elle permet aux entrepreneurs de trouver la sérendipité, c'est-à-dire une solution meilleure que la précédente sans connaître la solution idéale au départ.

Comme le définit Daniel B. Klein « La sérendipité est une découverte majeure qu'une personne ne recherchait pas, qui modifie sa propre interprétation de ce qu'il était en train de faire, et qui se révèle évidente au découvreur ». Il différencie la sérendipité, de l'épiphanie de l'économiste Israel Kirzner car elle n'est pas basée sur la vigilance (alertness) préalable ni sur l'intuition. Toutefois, c'est l'audace et le sens du risque qui font des entrepreneurs sérendipitants.

De l'utilité de rebondir sur l'erreur[modifier | modifier le code]

Comme Israel Kirzner, Armen Alchian analyse l'erreur comme bénéfique, car un grand nombre de pionniers et de leaders ont fait des découvertes en se trompant dans leur imitation. Et Daniel B. Klein ajoute, qu'il ne s'agit pas d'un phénomène particulier et rare dans nos sociétés. « Parce que la liberté économique presse les entrepreneurs à établir des contacts et à réaliser des expérimentations avec leur environnement, elle est la meilleure pour générer la sérendipité ».

S'il est certain que nombres de découvertes et d'inventions se sont produites dans un contexte d'erreur, cet aspect ne reflète pas la même attention aujourd'hui. La façon de considérer l'erreur en didactique[72] ou dans la vie de tous les jours a fortement évolué au cours du temps. Auparavant, l'erreur était sanctionnée sévèrement. Elle était synonyme de non intelligence avec son revers de représentation négative. Aujourd'hui, les erreurs sont considérées comme des indices pour comprendre le processus d'apprentissage[réf. nécessaire].

Veille informationnelle par la sérendipité[modifier | modifier le code]

Le « shuffling »[modifier | modifier le code]

L'utilisation de la technologie, liée à la consommation des médias, est source de sérendipité : télécommande de la télévision, changement au hasard des stations de radio ou parcours de page en page sur internet. En 2005, trois chercheurs australiens, Tuck W. Leong, Frank Vetere et Steve Howard, ont fait une étude sur l'impact du shuffling, à partir du livre de J. McCarthy et P. Wright (Technology as Experience). Ils mettent en valeur la sérendipité et l'apprentissage qu'ont les individus à interagir avec la technologie.

Certains fabricants ont inséré dans leur produit un procédé qui choisit au hasard des morceaux de musique ("lecture aléatoire") sur une liste préétablie (bibliothèque musicale). Selon leur étude, le shuffling provoque chez les interviewés, l'impression de surprises auditives « comme dans une caverne d'Ali Baba ». Ces expériences ressenties reposent sur des aspects sensuels, émotionnels, de volition et d'imagination de dialogue. Ce procédé provoque ainsi plaisirs et dépendances car il met en relation le consommateur avec une découverte non anticipée et infinie.

Heure de l'ordinateur et de l'hypertexte[modifier | modifier le code]

Avec le développement des TIC (Technologies de l'information et de la communication), la sérendipité a pris une dimension toute particulière dans la recherche documentaire actuelle sur ordinateur et particulièrement sur Internet. JF Smith en se basant sur les travaux de K. Merton invente le terme de « sérendipité systématique » lorsqu'un chercheur utilise la découverte de la connaissance à partir de l'outil informatique.

Les chercheurs d'information n'hésitent pas à naviguer, voire à se perdre au sein des liens hypertextes pour trouver au hasard d'une page, au détour d'un lien, au cœur d'un nœud, une information leur étant utile… alors même qu'ils ne savaient pas qu'ils la cherchaient vraiment. Ainsi la notion de sérendipité prend ici tout son sens comme « Découverte, par chance ou par sagacité d'informations qu'on ne cherchait pas exactement ».

Fugacité de la sérendipité[modifier | modifier le code]

Le problème qui se pose alors est la gestion de cette sérendipité. Dans le domaine de la recherche documentaire, la sérendipité est encouragée. Cependant, une des caractéristiques clé de la sérendipité est sa fugacité, il est quasiment impossible de retrouver le chemin qui a conduit à l'information sérendipiteuse. Il faut l'enregistrer immédiatement et l'indexer en clair systématiquement.

Prise de conscience du besoin d'information[modifier | modifier le code]

André Tricot, spécialiste de psychologie cognitive, met en avant « la prise de conscience du besoin d'information ». Il s'interroge sur les conditions et les facteurs qui poussent au besoin d'information. Pour que le processus de sérendipité se mette en place, il est nécessaire que l'acteur humain ait des connaissances préalables (méta-connaissances) et qu'il ressente une insatisfaction cognitive, c'est-à-dire qu'il doute sur le choix de sa décision. A. Fergusson, dans un article paru dans la revue Forbes en 1999, se réjouit de l'avancée des technologies, dont internet, fournissant de plus en plus d'informations. Toutefois, il met en garde sur les choix que tout individu doit réaliser. Le problème n'est pas tant ce que l'on cherche ou ce que l'on trouve mais la façon ou les chemins qui nous mènent à cette découverte. La recherche par sérendipité nous permet de prendre conscience des itinéraires pas nécessairement linéaires pour trouver une solution.

Vocations sociales et professionnelles par la sérendipité[modifier | modifier le code]

Le psychologue Albert Bandura a analysé l'impact que peut avoir dans nos vies personnelles (privée et professionnelles) une rencontre particulière. Ces évènements ou accidents de la vie nous ouvrent de nouvelles voies ou nous rappellent des éléments importants qui président à une décision de changement de cap. Le cadre qui décide de tout plaquer pour vivre à la campagne, l'étudiant qui suit les cours d'un enseignant mentor sont des déclencheurs de sérendipité sociale et professionnelle.

Dans le domaine artistique et sportif, les exemples sont légions. Les footballeurs, les chanteurs, les comédiens etc. Le chercheur Díaz de Chumaceiro a rassemblé un nombre important de cas de sérendipité dans la carrière de comédiens ou de chanteurs d'opéra.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bibliographie sur la sérendipité.
  • (en) Walter Cannon, The Way of Investigator, Norton, New York, 1945
  • René Taton, Causalités et accidents de la découverte scientifique, Masson, Paris, 1955. (en), Reason and Chance in Scientifìc Discovery, Science Editions, New York, 1962.
  • Alex Osborn, « Le facteur-chance dans la recherche créative », dans L'imagination constructive, Dunod, Paris, 1964, pp. 294-305.
  • (en) Theodore Remer, Serendipity and the Three Princes, University of Oklahoma Press, 1965
  • Robert K. Merton, « La serendipity », dans Éléments de théorie et de méthode sociologique, Plon, Paris, 2e édition, 1965, pp. 47-51
  • Erich Jantsch, « La pensée créatrice, la sérendipité et la prévision », dans : La Prévision Technologique, OCDE, 1968, pp. 151-152.
  • Ranganath Nayak & John Ketteringham, 12 idées de génie auxquelles personne ne croyait, First, 1987. Traduit de (en) Breakthroughs!, Rawson Associates, 1986
  • (en) Royston Roberts, Serendipity: Accidental Discoveries in Science, John Wiley & Sons, New York, 1989
  • (en) Dean Keith Simonton, Origins of Genius: Darwinian Perspectives on Creativity, Oxford University Press, 1999. « Serendipitous Discovery », pp. 35-37
  • Anthony Storr, The Dynamics of Creation, Secker & Warburg, London, 1972, Trad. fr. Les Ressorts de la création, Laffont, Paris, 1974
  • Jean Jacques, L'Imprévu ou la science des objets trouvés, Odile Jacob, 1990
  • Alan Robinson & Sam Stern, « Quand l'encre explose » et « Les heureuses coïncidences » dans : L'entreprise créative. Comment les innovations surgissent vraiment, Éditions d'Organisation, Paris, 2000, pp. 200-208 et 220-223. Traduit de (en) Corporate Creativity. How Innovation and Improvement Actually Happen, Berrett-Koehler, San Francisco, 1997 (?)
  • (en) Paul Thagard & David Croft, « Scientific Discovery and Technological Innovation : bacterial origin of peptic ulcers and programming language Java », University of Waterloo, Canada, 2000
  • (en) Roger Bean & Russell Radford, « Copying with Serendipity », dans The Business of Innovation: Managing the Corporate Imagination for Maximum Results, Amacom, 2001, pp. 175-185
  • (en) Madhukar Shukla, The Creative Muse: Stories of Creativity & Innovation, XLRI & Geocities, 2004.
  • Mickaël Gallais, La sérendipité : présentation, typologie, applications et rôle en sciences de l'information et en documentation. Dossier documentaire de DUT, Institut Universitaire de Technologie, Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, 2007 ([4])
  • Danièle Bourcier et Pek Van Andel. De la sérendipité dans la science, la technique, l'art et le droit : leçons de l'inattendu. L'Act mem, Chambéry, 2009
  • Anne Ancelin Schützenberger, Le Plaisir de vivre, Paris, éditions Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2009
  • Danièle Bourcier et Pek Van Andel (dir.), La Sérendipité : le hasard heureux. Actes du colloque de Cerisy-la-salle, éditions Hermann, 2011
  • Louis de Mailly, Les Aventures des trois princes de Serendip, suivi de « Voyage en sérendipité » par Dominique Goy-Blanquet, Marie-Anne Paveau et Aude Volpilhac, éditions Thierry Marchaisse, 2011
  • Edmundo Morim de Carvalho, « La sérendipité », dans : Paradoxe Sur la Recherche. Sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry, L'Harmartan, 2011, pp. 387-393.
  • (en) Morton Meyers, Happy Accidents: Serendipity in Major Medical Breakthroughts in the Twentieth Century, Arcade Publishing, 2011
  • Marie-Noëlle Charles, Ces petits hasards qui bouleversent la science, Papillon Rouge Éditeur, 2012.
  • Henri Kaufman, Tout savoir sur… la sérendipité. Le nouveau style de vie sur Internet… et ailleurs , Kawa, 2012.
  • (en) Birgit Krols, Accidental Inventions: The Chance Discoveries That Changed Our Lives, Insight Editions, 2012
  • Richard Gaughan, Génies par hasard. Dunod, 2012. Traduction de : Fortune or Failure: Missed Opportunities and Chance Discoveries (1989)
  • (en) Thor Muller & Lane Becker, Get Lucky: How to Put Planned Serendipity to Work for You and Your Business, Jossey-Bass, 2012.
  • Pek Van Andel & Danièle Bourcier, De la sérendipité dans la science, la technique, l'art et le droit : Leçons de l'inattendu, Éditions Hermann, Paris, 2013.
  • (en) Matt Kingdon, The Science of Serendipity: How to Unlock the Promise of Innovation, Wiley, 2013.
  • (fr) Sylvie Catellin, Sérendipité. Du conte au concept., Éditions du Seuil, 2014.
  • (fr) Eva Sandri, « La sérendipité sur Internet : égarement documentaire ou recherche créatrice? », Cygne noir, revue d'exploration sémiotique, no 1, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En France, le concept de sérendipité n'a été utilisé des années 1950 aux années 1980-90 que dans une acception scientifique ou technique. C'est Alain Peyrefitte qui en 1976, avec son Mal français et son « effet serendip » est le premier à changer de registre.
  2. (en) Robert K. Merton, Elinor Barber, The Travels and Adventures of Serendipity. A Study in Sociological Semantics and the Sociology of Science, Princeton University Press,‎ 2011, p. 57
  3. Texte original des contes réédité dans Les Aventures des trois princes de Serendip et Voyage en sérendipité, Louis de Mailly ; Dossier critique par D. Goy-Blanquet, M.-A. Paveau et A. Volpilhac, éditions Thierry Marchaisse, 2011.
  4. Trad. dans Les Aventures des trois princes de Serendip et Voyage en sérendipité, p. 219, Thierry Marchaisse, 2011.
  5. extraits de « Serendipity : suite anglaise » par D. Goy-Blanquet, dans Les aventures des trois princes de Serendip, Suivi de Voyage en sérendipité, éd. Thierry Marchaisse, 2011
  6. An Index oh Hereditary Titles of Honour, Londres, Longmans & Green, 1880, p. v-vi.
  7. a et b Voir : Sylvie Catellin, « Sérendipité et réflexivité », dans : Alliage, no 70, juillet 2012. [1]
  8. René Taton, « La découverte de la pénicilline », dans : Causalités et accidents de la découverte scientifique, Masson, Paris, 1955, p. 76-83. (en), Reason and Chance in Scientifìc Discovery, Science Editions, New York, 1962
  9. http://www.pfizer.com/about/history/1900_1950.jsp
  10. France culture - Émission Science publique, « La sérendipité : Quel rôle joue le hasard dans la science ? » (consulté le 26 février 2011)
  11. On peut aller le visiter sur Google Map : Serendipity 3, 225 East 60th Street, New York, NY, États-Unis
  12. http://en.wikipedia.org/wiki/Serendipity_(film)
  13. http://en.wikipedia.org/wiki/Today_Translations
  14. http://en.wikipedia.org/wiki/The_Act_of_Creation
  15. De la ville au patrimoine urbain, textes d'André Corboz choisis et assemblés par Lucie K. Morisset, Presses de l'Université du Québec, 2009, p. 28
  16. (en) Louis de Mailly, Marie-Anne Paveau, Dominique Goy-Blanquet et Aude Volpilhac, Les aventures des trois princes de Serendip : suivi de Voyage en sérendipite, Vincennes, Éditions Thierry Marchaisse,‎ 2011 (ISBN 9782362800030), « Ce lumineux objet du désir épistémique », p. 225.
  17. Guy Moreno, « sérendipité/fortuitude », sur portail des PME,‎ 24 novembre 2010
  18. L'intelligence créative au-delà du brainstorming, Maxima, 2004
  19. Sylvie Catellin, « Sérendipité et réflexivité », dans : Alliage, no 70, juillet 2012, http://revel.unice.fr/alliage/index.html?id=4061.
  20. (en) Richard Boyle, « When Serendipity becomes Zemblanity », Sunday Times,‎ 6 juillet 2009 (lire en ligne)
  21. a et b (en) William Safire, The Right Word in the Right Place at the Right Time: Wit and Wisdom from the Popular "On Language" Column in The New York Times Magazine, Simon and Schuster -année=2007 (lire en ligne), p. 399
  22. Préface de la réédition des Aventures des trois princes de Serendip de Louis de Mailly, éditions Thierry Marchaisse (ISBN 9782362800030)
  23. Thèse d'Olivier Le Deuff, La culture de l'information en reformation, Université Rennes 2 (2009-09-24), Yves Chevalier (Dir.)
  24. Eva Sandri, « La sérendipité sur Internet », Cygne noir, no 1,‎ 2013 (lire en ligne)
  25. ((en) Royston Roberts, Serendipity: Accidental Discoveries in Science, John Wiley & Sons, New York, 1989
  26. Aucun rapport avec Goodyear, le fabricant
  27. Le héros d'Alphonse Allais
  28. Du moins le croit-il. Voir : «  Euréka !… Mais qu'est-ce qu'il a trouvé au juste, Archimède ? » dans: L'intelligence créative, pp. 37-38
  29. http://psychology.ucdavis.edu/Simonton/
  30. Dean Keith Simonton, Origins of Genius: Darwinian Perspectives on Creativity, Oxford University Press, 1999. « Serendipitous Discovery », pp. 35-37.
  31. a et b p. 36
  32. p. 37
  33. pp. 36-37.
  34. p. 37.
  35. p. 37-38
  36. Paul Thagard & David Croft, « Scientific Discovery and Technological Innovation : bacterial origin of peptic ulcers and programming language Java », University of Waterloo, Canada, 2000.
  37. http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/06/22/72/HTML/
  38. « Confusion entre créativité et innovation, problem-solving et décision, découvrir et inventer, intuition et imagination, etc. », dans : L'intelligence créative, pp. 26-32
  39. C'est un type de sérendipité que l'on rencontre fréquemment lorsque l'on cherche une information sur Internet. Google a d'ailleurs un bouton « J'ai de la chance » et rechercher quelque chose sur Internet parmi les mille milliards de pages indexées amène toujours à trouver des choses intéressantes auxquelles l'on n'avait pas pensé.
  40. http://www.jbs.cam.ac.uk/research/working_papers/2005/wp0507.pdf
  41. Huxley, Thomas (1881), « On the Method of Zadig : Retrospective Prophecy as a Function of Science », Science and Culture, Londres, 1881, pp. 128-148. Cité par Carlo Ginzburg, art. cit.
  42. Le site : Propos orientés du 24 octobre 2010 : « Be yourself ! » Oui mais… fait référence à une intervention de François Flahault le vendredi 24 septembre au palais des congrès du Mans sur le thème : S'orienter en tirant parti de l'imprévu. À partir de ses recherches et de sa thèse de doctorat d'État sur « L'interprétation des contes ».
  43. Joël Gayraud, La Peau de l'ombre, éditions José Corti, Paris, 2004, p. 235.
  44. William Boyd, Armadillo, éditions du Seuil, Paris, 2008,
  45. (en) Julius Comroe, Retrospectroscope : insights into medical discovery, Menlo Park, Calif, Von Gehr Press,‎ 1977, 182 p. (ISBN 9780960147014)
  46. Peut-on programmer la sérendipité ? L'ordinateur, le droit et l'interprétation de l'inattendu, Pek van Andel & Danièle Bourcier, Netherlands Institute for Advanced Sudies (NIAS).
  47. Sylvie Catellin, « Sérendipité et réflexivité », dans : Alliage, no 70, juillet 2012. http://revel.unice.fr/alliage/index.html?id=4061.
  48. Social Theory and Social Structure
  49. Alan Robinson & Sam Stern, « Quand l'encre explose » et « Les heureuses coïncidences » dans L'entreprise créative. Comment les innovations surgissent vraiment, Éditions d'Organisation, Paris, 2000, pp. 200-208 et 220-223. Traduit de : (en) Corporate Creativity. How Innovation and Improvement Actually Happen, Berrett-Koehler, San Francisco, 1997.
  50. Voir sur techtoc.tv.
  51. Voir sur internetactu.net.
  52. Pour une analyse de ces politiques de concertation au niveau européen dans le cadre de la politique des Médias, Europe créative, et la politique européenne en matière d'innovation, voir : Violaine Hacker, The EU media policy and the EU2020 Strategy: New roles and actions for players of the Creative Europe, European Union at the crossroads: The European perspectives after the global crisis, Attila Ágh (ed.), Budapest College of Communication, Business and Arts 2011 (ISBN 978-963-88943-2-8), (ISSN 1589-6781), pp. 123-152
  53. Alex Osborn, L'Imagination constructive, Dunod, 1964, p. 294.
  54. L'Intelligence économique et concurrentielle : les yeux et les oreilles de l'entreprise, Éditions d'Organisation, 1996, 2e édition 2001
  55. http://en.wikipedia.org/wiki/Blindspots_analysis
  56. Gilad, Ben (1998). Business Blindspots. UK: Infonortics. (First edition, Il: Irwin-Probus, 1994)
  57. http://www.lesinrocks.com/2011/07/14/medias/internet/la-serendipite-lart-de-trouver-ce-quon-ne-cherche-pas-1112714/
  58. Petit fils du fameux Charles Darwin
  59. Jean Jacques, L'imprévu ou la science des objets trouvés, Odile Jacob, 1990.
  60. Chercher faux et trouver juste, Serendipité et recherche d'information, Bucarest.
  61. GALLAIS Mickaël. La sérendipité : présentation, typologie, applications et rôle en sciences de l'information et en documentation. Dossier documentaire. Bordeaux : Institut Universitaire de Technologie, Université Michel de Montaigne Bordeaux 3, 2007, 149 p.
  62. Le plaisir de vivre, Payot, p. 40.
  63. 'De la sérendipité, p. 7
  64. http://www.serendipite-strategique.com/
  65. http://penseedudiscours.hypotheses.org/1085
  66. La sérendipité est l'art de trouver une anomalie, de la « voir » pour la première fois, alors qu'elle risquait de passer inaperçue, et d'être interloqué, dérouté par elle. On persiste ensuite dans l'interrogation, soulevée par la perplexité, jusqu'à ce qu'une nouvelle formulation explicatrice en soit formulée, par rapport à une recherche générale indifférente ou antagoniste. Elle est l'art paradoxal de se laisser surprendre par les phénomènes quand rien ne prédisposait d'accorder de l'attention à ce qui n'était, à première vue, qu'un incident, une insignifiance, un bruit de fond dépourvu d'intérêt.Paradoxe Sur la Recherche. Sérendipité, Platon, Kierkegaard, Valéry, L'Harmartan, 2011, p. 387.
  67. Eva Sandri, « La sérendipité sur Internet : égarement documentaire ou recherche créatrice? », Cygne noir, no 1,‎ 2013 (ISSN 1929-090X, lire en ligne)
  68. Jean-Louis Swiners et Jean-Michel Briet, « Le refus obstiné, pathologique du mot et du concept de sérendipité » dans : L'intelligence créative au-delà du brainstorming, Maxima, 2004, pp. 31 et 35
  69. Paul Valéry, Mélange, p. 384, in Œuvre t.1, éditions Gallimard, collection « Bibliothèque de la Pléiade ».
  70. JAPAN NANONET BULLETIN - 18th Issue - 13 mai 2004.
  71. Anthony Storr, The Dynamics of Creation, Secker & Warburg, London, 1972, Trad. fr. Les ressorts de la création, Laffont, Paris, 1974
  72. ASTOLFI Jean-Pierre, L'erreur un outil pour enseigner, collection Pratiques et enjeux pédagogiques, ESF éditeur, Paris, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Découverte scientifique

  • Inversement à la sérendipité : Effet pervers, effet Shadok
  • De la même façon qu'Horace Walpole a forgé le mot “Serendipity”, francisé en « sérendipité », à partir de Serendip, William Boyd a inventé le terme opposé de « zemblanité » à partir du nom de la Nouvelle-Zemble (une île aride située dans l'océan Arctique, aux « antipodes » du Serendip - Sri Lanka). La zemblanité se définit comme la faculté de faire exprès des découvertes malheureuses, malchanceuses, et attendues.

Liens externes[modifier | modifier le code]