Zazou

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Les zazous étaient un courant de mode de la France des années 1940. Il s'agissait de jeunes gens reconnaissables à leurs vêtements anglais ou américains, et affichant leur amour du jazz.

Veste à carreaux tombante, attitude dégingandée, parapluie fermé qu'il pleuve ou qu'il vente.

Sommaire

[modifier] Origine du nom

Le terme de zazou vient de la chanson Zaz Zuh Zaz, de Cab Calloway.

[modifier] Attitude pendant la guerre

Pendant l'Occupation, les zazous exprimèrent leur non-conformisme et leur opposition au régime en organisant des concours de danse, qui les opposaient parfois aux soldats allemands. Lorsque les lois raciales de Pétain et des Nazis obligèrent les Juifs à porter l'étoile jaune, un certain nombre de zazous, par défi, s'affichèrent avec une étoile jaune marquée Zazou, Swing ou Goy[1]. Ils furent arrêtés et conduits au camp de Drancy avant d'être relâchés.

Par bravade, ils portaient des vêtements trop longs à une période où le tissu était rationné, ils gardaient les cheveux longs alors qu'un décret vichyste faisait des cheveux récupérés chez le coiffeur une matière première d'intérêt public pour la confection de pantoufles. Enfin, ils mettaient un point d'honneur à être toujours équipés d'un parapluie qu'ils n'ouvraient jamais.

[modifier] L'existentialisme

Les zazous étaient contemporains de l'existentialisme. Boris Vian avait adopté une attitude assez voisine de celle des zazous qu'il fréquentait parce qu'ils étaient d'abord « très très swing et qu'ils aiment le jazz[2]. », sans pour autant en être un. Il n'a jamais revêtu l'habit du zazou, comme le prouve Claire Julliard dans sa biographie de Boris Vian (Gallimard, 2007).

Voici la description vestimentaire que Vian faisait des zazous : « Le mâle portait une tignasse frisée et un complet bleu ciel dont la veste lui tombait aux mollets (…) la femelle avait aussi une veste dont dépassait d'un millimètre au moins une ample jupe plissée en tarlatane de l'île Maurice[3]. »

[modifier] Une chanson de 1942

Ils sont zazous, par Johnny Hess et Maurice Martelier :

Les cheveux frisottés,

Le col haut de dix-huit pieds,
Ah ils sont zazous !
Le doigt comme ça en l’air
Le veston qui traîne par terre
Ah ils sont zazous !
Ils ont des pantalons d’une coupe inouïe
Qui arrivent un peu en haut des genoux
Et qu’il pleuve ou qu’il vente, ils ont un parapluie,
De grosses lunettes noires,
Et puis surtout,
Ils ont l’air dégoûté.

(...)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Emmanuelle Thoumieux-Tioux, « Les zazous, enfants terribles de Vichy », in L'Histoire, n° 166, avril 1993, p. 32-39.

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

[modifier] Références, notes et citations

  1. [1] Exemples d'étoiles jaunes portées par les zazous, de coupure de presse de l'époque et de procès-verbal administratif
  2. Vian Arnaud, p. 132
  3. Vercoquin et le Plancton, p.47-48 cité par Boggio, p. 53
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