Zarafa (film)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Zarafa

Réalisation Rémi Bezançon
Jean-Christophe Lie
Scénario Rémi Bezançon
Alexander Abela
Sociétés de production Pathé
Prima Linea Productions
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 2012

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Zarafa est un long métrage d'animation français réalisé par Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie, sorti en 2012. L'intrigue, librement inspirée de l'histoire de la girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali en 1827, relate l'amitié entre un jeune garçon et la girafe, Zarafa, qu'il accompagne jusqu'à Paris.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'histoire de Zarafa est racontée à un groupe d'enfants par un griot dans un village du Soudan. L'histoire se déroule dans les années 1820. Maki est un jeune esclave noir âgé de 10 ans qui vit au Soudan. Une nuit, il parvient à échapper de l'esclavagiste français qui le retenait prisonnier, mais il doit abandonner son amie Soula. Au cours de sa fuite, Maki rencontre une jeune girafe et sa mère. Lorsque l'esclavagiste le rattrape et le menace de son fusil, la mère girafe s'interpose et le sauve, mais l'homme la tue. Au moment où Maki va être repris, il est sauvé par un bédouin, Hassan. Hassan capture le girafon et l'emmène. Mais Maki s'est promis de toujours veiller sur la jeune girafe dont la mère l'a sauvé, et il entreprend de suivre Hassan à son insu. Le garçon et le bédouin finissent par se retrouver autour d'un feu de camp, et seul Maki parvient à nourrir correctement la girafe, que Hassan baptise Zarafa (ce qui signifie « girafe » en arabe, زرافه). Hassan est déterminé à renvoyer Maki chez lui à la première occasion, mais se découvre peu à peu de l'affection pour le garçon courageux. Chez le marchand, Hassan et Maki rencontrent deux vaches jumelles tibétaines, Mounh et Sounh ; Hassan en achète une pour nourrir Zarafa et part un matin en laissant là Maki, mais le garçon s'enfuit aussitôt avec l'autre vache et le rattrape.

Hassan est en mission pour le pacha d'Égypte, Méhémet Ali, qui veut offrir une jeune girafe au roi de France, Charles X, afin de le convaincre de s'allier à son pays contre les Turcs qui assiègent Alexandrie. Arrivé à Alexandrie, Hassan présente la girafe au pacha qui en est satisfait. Le port étant assiégé, il est impossible de gagner Paris par bateau. Hassan persuade le pacha de faire confiance à un de ses vieux amis, l'aéronaute Malaterre, qui peut emmener Zarafa jusqu'à Paris dans son ballon. Hassan pense laisser Maki derrière lui, mais Malaterre, ému par la détermination du garçon, accepte de le cacher dans le foin qui doit nourrir les vaches. Une fois en vol, le ballon est trop lourd : pris par l'urgence, Hassan précipite les deux vaches et le ballot de foin par dessus bord, sans se douter que Maki est dans le foin. Par miracle, les deux bêtes et le garçon atterrissent sur le pont d'un navire de pirates grecs dirigé par la capitaine Bouboulina. Celle-ci recueille Maki, qui lui explique qu'il est à la poursuite d'un trésor de grande valeur qui voyage à bord du ballon. Bouboulina suit le ballon jusqu'à Marseille. Mais l'esclavagiste, qui a croisé et reconnu le petit groupe à Alexandrie, les a également suivis et tente de s'approprier Zarafa de force. Hassan et Malaterre sont sauvés par l'intervention des pirates de Bouboulina, accompagnés de Maki, qui retrouve Zarafa. Les pirates s'en vont, non sans que Bouboulina ait proposé à Hassan de venir lui rendre visite en Grèce un jour. Le petit groupe poursuit son voyage. Lors d'une périlleuse traversée des montagnes où le ballon s'écrase, l'une des deux vaches succombe lors d'une attaque de loups.

Hassan, Maki, Malaterre, Zarafa et la vache survivante parviennent finalement à Paris et sont reçus par Charles X et sa cour, où se trouve notamment le savant Saint-Hilaire. Le roi, cynique, accepte le cadeau mais refuse d'aider le pacha. Zarafa est enfermée dans le zoo du Jardin des Plantes où Maki ne peut pas la délivrer. À un moment où Hassan laisse Maki seul au zoo près de l'enclos de Zarafa, Maki est repris par l'esclavagiste. Hassan, persuadé d'avoir échoué dans sa mission et mortifié d'avoir perdu Maki, sombre dans le désespoir puis dans l'alcool. Malaterre change son ballon en attraction touristique pour gagner péniblement sa vie. Plusieurs années s'écoulent. Zarafa provoque une véritable « girafomanie » pendant quelques années, puis tombe dans l'oubli. Maki devient domestique chez l'esclavagiste, où il est maltraité ; mais il retrouve Soula. Un jour, tous deux parviennent enfin à s'échapper, en se cachant notamment dans l'éléphant de la Bastille. Ils parviennent à retrouver Malaterre, puis Hassan, mais celui-ci est devenu alcoolique et ils n'arrivent pas à l'emmener avec eux. Maki et Soula se précipitent au zoo pour tenter de libérer Zarafa, mais celle-ci est devenue trop grande pour que Malaterre puisse la faire évader dans son ballon. Maki doit finalement se résigner à se séparer de Zarafa, mais jure de ne jamais l'oublier. L'esclavagiste les retrouve alors et les menace de son arme. Hassan, qui a retrouvé ses esprits entre temps et les a suivis, s'interpose et leur permet de s'échapper, mais l'esclavagiste l'abat d'un coup de feu. L'esclavagiste s'accroche au ballon lorsqu'il décolle, mais finit par lâcher prise et atterrit dans la cage d'un ours blanc affamé... Maki et Soula rentrent finalement chez eux et fondent un village qui n'est autre que celui où le griot est en train de raconter l'histoire. Le dénouement du film indique que Hassan, soigné à l'hospice, a survécu à sa blessure et a fini par aller trouver Bouboulina. Quant au griot, il n'est autre que Maki lui-même, à présent très âgé.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

La girafe empaillée au Muséum d'histoire naturelle de La Rochelle en 2009.

Rémi Bezançon réalise le film en collaboration avec, dans un premier temps, Marie Caillou[3], puis Jean-Christophe Lie[4]. Pour le scénario, Rémi Bezançon s'inspire librement de l'histoire de la girafe offerte à Charles X par Méhémet Ali, sans chercher à correspondre à la vérité historique, mais dans l'idée d'élaborer « une aventure extraordinaire, un peu inspirée de Jules Verne »[5]. Le scénario est écrit par Alexandre Abela et Rémi Bezançon, avec la collaboration de Jean-François Halin et Vanessa Portal[6]. Le budget final du film s'élève à 8,2 millions d'euros[6].

Zarafa fait partie des films sélectionnés pour la Berlinale 2012[7].

Accueil[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

Parmi les critiques favorables, Florence Colombani, dans Le Point[8], signe une critique très favorable, où elle estime que « joli et divertissant, le film s'adresse avant tout aux moins de dix ans mais satisfera les aspirations pédagogiques des parents », tout en rappelant que les réalisateurs ont « assez transformé » l'histoire vraie de la girafe pour en faire un « conte humaniste et tendre ». Elle apprécie la beauté des graphismes et l'absence d'effets spéciaux tape-à-l'œil, ainsi que la capacité du scénario à aborder des sujets graves sans devenir sentencieux. Dans Le Journal du dimanche[9], Jean-Pierre Lacomme voit dans Zarafa « une réussite autant scénaristique et visuelle ». Il rapproche le film de Lawrence d'Arabie par ses plans spectaculaires et sa musique orientalisante, et indique que le propos du film, luttant contre le racisme, « s'adresse d’abord aux enfants mais pas seulement ». Dans Première[10], Christophe Narbonne donne au film trois étoiles sur quatre ; il estime que la part d'exotisme et de pédagogie propre au genre du conte auquel il rattache le film y est ajoutée « sans excès » ; il apprécie particulièrement les graphismes et l'animation, qui « confère une vraie identité visuelle » au film et montre que « la 2D a encore de beaux jours devant elle ». Il rapproche le film de l'univers de Michel Ocelot pour son imagerie africaine, mais aussi de Sylvain Chomet pour l'allure des personnages de Charles X et de sa cour, grâce auquel le film se dote d'une part d'« humour plus adulte » et trouve ainsi un « équilibre (...) entre le conte et la satire ». Caroline Vié, dans 20 minutes[11], rappelle les libertés prises par les créateurs du film avec la véritable histoire de la girafe, et voit dans le film « une fable animée originale et tendre à déguster en famille ».

Parmi les critiques plus mitigées, celle d'Isabelle Régnier, dans Le Monde, apprécie la beauté des décors et des couleurs, un récit bien mené et une « jolie galaxie de personnages ». Elle regrette cependant que le film témoigne d'une « vision folklorique de l'Afrique (mais aussi du XIXe siècle, du monde en général) » et manque de « de substance, de vérité, d'émotion »[12]. Pour Catherine Vadon, du Muséum national d'histoire naturelle, interviewée par le quotidien gratuit 20 minutes, le film ne correspond pas à la vérité historique, l'animal ayant selon elle été bien traité, tant durant le voyage que durant son séjour au Jardin des Plantes, et le muséum a choisi de répliquer au film à travers une exposition intitulée « La Véritable Histoire de Zarafa »[5].

Box office[modifier | modifier le code]

Lors de sa sortie en France le 7 février 2012, Zarafa est exploité sur 477 copies[13]. À Paris, où le film est exploité sur 19 copies, Zarafa rassemble 2 723 entrées le premier jour, ce qui constitue le deuxième meilleur démarrage de la semaine dans la capitale après celui du film d'espionnage La Taupe (2 907 entrées sur 23 copies) et devant la ressortie en 3D relief du blockbuster de science-fiction Star Wars, épisode I : La Menace fantôme (1 000 entrées sur 14 copies)[14]. À l'issue de la première semaine, le film rassemble 256 052 entrées[15]. En deuxième semaine, 304 554 entrées supplémentaires permettent de franchir les 500 000 entrées[15]. En troisième semaine, avec 329 595 nouvelles entrées, il en totalise 890 201[15]. Après 219 015 entrées supplémentaires en quatrième semaine, le film dépasse le million d'entrées, totalisant 1 109 216 entrées après le premier mois d'exploitation[15]. Il rassemble encore 107 160 entrées en cinquième semaine[15].

En Belgique, le film sort le 15 février 2012 et est distribué dans 26 salles[16].

Analyse[modifier | modifier le code]

À l'époque du voyage de Zarafa, le Soudan en tant que pays n'existait pas, ce terme étant alors un terme alternatif pour désigner une région plus vaste, la Nigritie, qui englobait le Soudan actuel[réf. nécessaire]. De plus, il n'y avait pas d'esclavagistes européens dans cette partie de l'Afrique, la traite[17] y étant pratiquée par les Arabes (le commerce triangulaire européen touchait d'autres régions du monde).

Distinction[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes

Références

  1. Exclusif: les tops et les flops du cinéma français en 2012 sur BFM TV.com, publié le 7 janvier 2013, Simon Tenenbaum et Jamal Henni.
  2. Fiche VF de "Zarafa" sur Allodoublage
  3. Christophe Carrière, « Les 30 qui font le cinéma français en 2009 : no 24 : Rémy Bezançon », L'Express, 13 mai 2009.
  4. Alexandre Le Boulc'h, « Zarafa, la girafe de Prima Linea », Charente libre, 2 mars 2010.
  5. a et b Audrey Chauvet, « Zarafa, la girafe qui fait polémique », 20 minutes, 7 février 2012
  6. a et b « Zarafa : Rémi Bezançon s’essaye à l’animation », article de Fabien Lemercier sur Cineuropa le 25 juillet 2011. Page consultée le 9 février 2012.
  7. Fiche du film sur Unifrance. Page consultée le 9 février 2012.
  8. « Zarafa : pour l'amour d'une girafe », article de Florence Colombani dans Le Point le 7 février 2012. Page consultée le 8 février 2012.
  9. Zarafa, la girafe aventurière, article de Jean-Pierre Lacomme dans Le Journal du dimanche le 5 février 2012. Page consultée le 8 février 2012.
  10. Critique de Zarafa sur Première par Christophe Narbonne. Page consultée le 8 février 2012.
  11. Zarafa : itinéraire d'une girafe gâtée, article de Caroline Vié dans 20 minutes le 8 février 2012. Page consultée le 8 février 2012.
  12. Isabelle Regnier, Zarafa : road movie pour girafe et jeune bédouin », Le Monde, 7 février 2012.
  13. « La Taupe et une rafale de titres de qualité », article de Fabien Lemercier sur Cineuropa le 8 février 2012. Page consultée le 9 février 2012.
  14. « Les 1ères séances au Taupe ! », article sur AlloCiné le 8 février 2012. Page consultée le 9 février 2012.
  15. a, b, c, d et e Box office français du film sur AlloCiné. Page consultée le 18 février 2012.
  16. Un père, un fils, et des films pour les enfants, article d'Aurore Engelen sur Cineuropa le 15 février 2012. Page consultée le 18 mars 2012.
  17. Michel Allin, La Girafe de Charles X.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]