Zaki al-Arzouzi

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Zaki al-Arzouzi

Zaki al-Arzouzi (en arabe زكي الأرسوزي) né à Lattaquié en juin 1899, mort à Damas en juillet 1968 était un politicien, un écrivain et un philosophe syrien nationaliste et socialiste. Il était un théoricien important du nationalisme arabe. Pour beaucoup d'historiens, il a joué un rôle direct dans la création du parti Baas.

Sa jeunesse[modifier | modifier le code]

Zaki al-Arzouzi est issu d'une famille alaouite aisée originaire de Lattaquié, et plus précisément du village d'Arsouz, avant de partir vivre à Hatay. Il a reçu une éducation religieuse dès son enfance, et il étudie le turc et le français dans une école religieuse et une école primaire à Antakya, et a suivi ses études secondaires à Konya. Très jeune il a été marqué par la philosophie alaouite, et par le soufisme. Après la fin de ses études, il est nommé professeur dans une école secondaire à Antakya, puis il devient responsable de l'éducation dans la province d'Arsuz.

En 1926, il obtient une bourse et voyage à Paris pour étudier la philosophie à la Sorbonne. Pendant ses études à la Sorbonne il découvre des intellectuels français qui l'influenceront, comme Henri Bergson et René Descartes, il sera également influencé par les idéalistes allemands comme Kant, Fichte et Nietzsche ainsi que par des intellectuels arabes médiévaux comme Ibn Arabî et Ibn Khaldoun, ce qui le pousse à montrer du goût pour le mysticisme. Il nourrit un amour, qu'il veut humaniste de la langue, et de la culture arabe.

Activité nationaliste à Hatay[modifier | modifier le code]

Son doctorat de philosophie en poche, il fait son retour en Syrie en 1930, où il trouve un travail en tant que professeur à Antakya, Alep et à Dayr az-Zawr. Puis il devient professeur de philosophie à l'Université de Damas. C'est en 1930 qu'il entre en politique et en 1934 il est démis de ses fonctions par les Français et revient dans la province d'Hatay où il fonde le journal Al Liam. Dans cette province, la minorité turque voulait que la province d'Hatay revienne à la Turquie. Al-Arzouzi a créé son premier parti politique, la Ligue d'action nationaliste (‘Usbat Al-Amal al-Qawmî) qui s'oppose aux demandes des minorités turques, et au Bloc National qui est plus porté au compromis avec la puissance coloniale. Le parti était particulièrement actif de 1936 à 1938, quand les autorités françaises ont accordé la région d'Hatay à la Turquie.

La ligue est dissoute en 1938, et Al-Arzouzi fonde Nadi al ‘uruba (Club de l'Arabisme), avec qui il organisa des manifestations à Antioche contre l'occupation française et les visées turques sur Iskandaroun. Il ouvre également une librairie "Al-Ba'th al-Arabi" (La résurrection arabe), qui sert de bibliothèque à son club. Après s'être installé à Damas, il fonde le Parti arabe nationaliste. Chez les nationalistes il était très populaire, à la fois parce qu'il connaissait la pensée européenne contemporaine mais aussi parce qu'il connaissait le Coran par cœur. Arzouzi était hanté par la figure de Mahomet, et il reçut parfois le titre de nabî al-‘urûba (prophète de l'arabisme).

Al-Arzouzi et la création du Parti Baath[modifier | modifier le code]

Arzouzi part à Bagdad en 1940 où il prend un nouveau travail, mais il est rapidement contraint de revenir à Damas. Avec l'aide de six étudiants, il crée un groupe qui porte le nom de "La résurrection arabe" (al-ba'th al-'arabi). En un peu plus d'un an, le groupe va quadrupler ses effectifs et intensifier ses actions anti-françaises. Mais en 1941, les autorités françaises le poussent à quitter Damas ce qui entraine la fin du mouvement. Il est rejoint en 1945 par le groupe de Michel Aflaq et de Salah al-Din al-Bitar. C'est en rencontrant Arzouzi qu'Aflaq dit avoir découvert le « philosophe de l’arabisme » et le chemin nationaliste. Arzouzi fait accéder Aflaq et Bitar aux milieux nationalistes. Le journal du Baath porte la devise inventée par Arzouzi, s'inspirant du philosophe allemand Fichte, « Nation arabe une, porteuse d'une mission éternelle. » D'après l'historien palestinien Hanna Batatu, Arzouzi apportera deux choses à Bitar et à Aflaq, sa contribution intellectuelle, et la mobilisation de militants qui sont pour bon nombre des réfugiés d'Hatay, ils formeront le noyau dur du Baath.

D'autres historiens estiment qu'Arzouzi a joué un rôle direct dans la formation du parti Baath.

Arzouzi et l'idéologie nationaliste arabe[modifier | modifier le code]

Arzouzi prête une attention particulière aux sujets culturels, il écrit ou traduit un livre sur la résurrection (ba'th) et sur l'héritage arabe. Il est décrit comme un partisan d'une image linguistique du nationalisme arabe, et a écrit en 1942 l'un de ses livres les plus importants, Al abkaria al arabia fi lisaniha (Le génie arabe est dans sa langue). Arzouzi explique dans son livre que les racines de l'unité arabe remontent à l'époque préislamique. Il expliquait également que la langue n'est pas qu'un moyen de communication mais qu'elle est la structure générant les pensées, et la base du système culturel.

Il a écrit un autre livre, Al umma al arabia, muhimatuha, risalatuha, mashakiliha (la nation arabe, ses priorités, son message, ses problèmes) où il explique que « Les Arabes sont le seul groupe humain qui reste fidèle aux valeurs spirituelles qui nous ont été confiées en héritage par le père de l'humanité, Adam ». Il pensait que grâce à leur langue et leurs racines spirituelles les Arabes seraient les seuls à pouvoir guider l’humanité entière vers une renaissance.

Pour Arzouzi, la culture arabe est la culture humaine primordiale grâce à sa langue. Pour lui, la nation se définit avant tout par la culture. La nation arabe est ainsi une terre habitée par des hommes se reconnaissant lié par la langue et l'histoire arabes.

Il se fait remarquer par ses approches philosophiques, et par ses travaux sur les problèmes des États modernes, les questions de la démocratie et de la séparation des pouvoirs. Il affirme que le peuple doit pleinement participé à la vie politique arabe. Le peuple doit participer à la marche de l'État par des assemblées locales, nationales, par la liberté de la presse etc. Arzouzi justifie cette envie démocratique par le fait que pour lui, « tout homme arabe est baasiste par nature. » Il affirme que le Baath ne devrait pas craindre un débat parlementaire, car pour lui, c'est par le débat que le socialisme réel commence.

Il encourageait par ailleurs l'emploi massif de paysans et d'ouvriers dans l'armée plutôt que de diplômés, car pour lui « l'Arabe authentique, non frelaté par les influences impérialistes, c'est l'ouvrier et le paysan. »

Batatu le décrit comme un racialiste, ce qui n'est pas partagé par tous les historiens.

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

De 1945 à 1952, il travaille en tant que professeur d'école secondaire, d'abord à Hama, puis à Alep, puis de 1952 jusqu'à sa retraite en 1959, il enseigne dans une université de formation de professeurs.

En 1963 à la suite du sixième congrès national du parti Baath, les fondateurs et principaux idéologues sont contraints à l'exil, et le parti est repris par des militaires, dont Hafez el-Assad.

Arzouzi meurt à Damas en 1968.

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]