Z (film, 1969)
Z
| Réalisation | Costa-Gavras |
|---|---|
| Scénario | Histoire : Vassilis Vassilikos adaptation : Jorge Semprún Costa Gavras |
| Acteurs principaux | |
| Pays d’origine | |
| Genre | drame politique |
| Sortie | 1969 |
| Durée | 127 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Z est un film franco-algérien, réalisé par Costa-Gavras, sorti en 1969, adapté du roman de Vassilis Vassilikos écrit à partir de l'affaire Lambrakis.
Z a reçu en 1970 l'Oscar du meilleur film en langue étrangère pour le compte de l'Algérie et le Golden Globe du meilleur film étranger.
Sommaire |
Le film [modifier]
Synopsis [modifier]
Dans les années 1960, dans un pays du bassin méditerranéen, un député progressiste (Yves Montand) est assassiné. Le juge d'instruction chargé de l'enquête (Jean-Louis Trintignant) met en évidence le rôle du gouvernement, notamment de l'armée et de la police dans cet assassinat.
Fiche technique [modifier]
- Réalisation : Costa-Gavras
- Assistant : Philippe Monnier
- Scénario : Costa-Gavras, Jorge Semprún, d'après le roman éponyme de Vassilis Vassilikos
- Production : Eric Schlumberger et Jacques Perrin pour Valoria Films et Reggane Films (France) ; Ahmed Rachedi pour l'ONCIC (Algérie)
- Photographie : Raoul Coutard - Eastmancolor
- Ratio : 1.65 : 1
- Montage : Françoise Bonnot
- Musique originale : Mikis Theodorakis, Bernard Gérard
- Musique non originale : Psyche Rock, composée par Pierre Henry et Michel Colombier pour le ballet Messe pour le temps présent de Maurice Béjart
- Langue : français
- Date de sortie : 26 février 1969
Distribution [modifier]
- Yves Montand : le député
- Irène Papas : Hélène, l'épouse du député
- Charles Denner : Manuel, ami du député
- Bernard Fresson : Matt, ami du député
- Jean Bouise : Georges Pirou, ami du député
- Jacques Perrin : le journaliste-photographe
- Jean-Louis Trintignant : le juge d'instruction
- Pierre Dux : le général de la police
- François Périer : le procureur
- Julien Guiomar : le colonel de la police
- Marcel Bozzuffi : Vago
- Renato Salvatori : Yago (voix française de William Sabatier)
- Georges Géret : Nick
- Magali Noël : la sœur de Nick
- Clotilde Joano : Shoula
- José Artur : Rédacteur de journal
- Guy Mairesse : Dumas
- Hassan El-Hassani : officier de gendarmerie
- Sid Ahmed Agoumi : chauffeur personnel du général
- José Villa: le vendeur de sang
Analyse [modifier]
Problématique du film [modifier]
Au tout début du film on peut lire : « Toute ressemblance avec des événements réels, des personnes mortes ou vivantes n'est pas le fait du hasard. Elle est VOLONTAIRE ».
Z est en effet un réquisitoire contre la dictature des colonels instaurée le 21 avril 1967 en Grèce, adapté d'un roman de Vassilis Vassilikos fondé sur un fait réel : l'assassinat du député grec Grigoris Lambrakis en 1963 à Thessalonique, assassinat organisé par des éléments de la police et de la gendarmerie et camouflé au départ en accident. Même si le nom du pays n'est pas expressément mentionné, des références évidentes à la Grèce apparaissent dans le film, par exemple les panneaux publicitaires pour la compagnie aérienne Olympic.
La problématique du film est le passage de la démocratie au fascisme, au travers notamment des rapports entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif.
Thèmes et contexte [modifier]
Nous sommes à la fin des années 1960, grande époque des films politiques où l’on dénonce le totalitarisme sous toutes ses formes. On considère alors que tous les rouages de l’appareil d'État sont corrompus de haut en bas.
Ce député opposant au régime en place (Yves Montand) est gênant : il dénonce les impostures du régime. Il faut donc l’éliminer. Des opposants déterminés perturbent sa réunion politique, puis il est frappé sauvagement à la fin de celle-ci, dans l’indifférence des responsables de la police. Le coup porté est fatal : il subit un choc jugé comme un cataclysme cérébral, qui entraîne sa mort.
Un simple juge d'instruction intègre et motivé (Jean-Louis Trintignant) conduit une enquête minutieuse qui établit un vaste réseau de complicités ; il le démantèle en inculpant pour assassinat des cadres importants du régime. L’espace d’un moment plane un semblant de justice.
Malgré la normalisation finale du récit, Z reste le symbole de la déstabilisation que l’on peut faire subir à un ordre établi mais contesté.
Autour du film [modifier]
Z dans l'œuvre de Costa-Gavras [modifier]
C'est le premier volet de la trilogie politique de Costa-Gavras, avant L'Aveu (1970) et État de siège (1973).
Costa-Gavras découvre le livre de Vassilis Vassilikos lors d'un séjour en Grèce. Dès son retour, il en tire un scénario, en collaboration avec Jorge Semprún. Pour le financement, il s'adresse à Eric Schlumberger et à Jacques Perrin, qu'il connaît depuis le film Compartiment tueurs (1965). Ils assurent une partie du financement et utilisent leurs contacts, en particulier en Algérie, où il est décidé que le film sera tourné, ce qui pose d'ailleurs problème puisque, dans ce pays, la séparation du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif est loin d'être établie et les libertés publiques sont limitées.
Par amitié et solidarité, Jean-Louis Trintignant accepte un cachet faible ; Yves Montand accepte de jouer en participation.
La musique est du compositeur grec Mikis Theodorakis, alors emprisonné par le régime des colonels grecs. En réponse à Costa-Gavras, qui lui demande d'écrire la musique du film, il lui fait passer ce mot : « Prends ce que tu veux dans mon œuvre. »[1]
Origine du titre [modifier]
« Ζ » (zêta) est l'initiale du mot grec « ζει / zi », qui signifie « il vit » ou « il est vivant ». Les opposants inscrivaient cette lettre sur les murs pour protester contre l'assassinat de Lambrakis.
Polémique [modifier]
En 1970, la veuve de Grigoris Lambrakis attaque en justice le producteur du film, ainsi que l'éditeur du roman, pour deux motifs : « atteinte à la mémoire de son mari, pour avoir déformé sa vie privée » et « avoir porté sa vie à l'écran sans autorisation ». Les deux demandes sont rejetées par le TGI de la Seine (30 juin 1971)[2].
Musique [modifier]
- Mikis Theodorakis :
- Main Title (O Andonis)
- Pios Den Mila Yia Ti Lambri
- La Course De Manuel
Lambrakis était aussi appelé « l'enfant souriant » (το γελαστό παιδί / to ielastó pedhí), d'où le titre de l'une des chansons du film[3].
Récompenses et distinctions [modifier]
Le film a été récompensé par le « Prix du Jury » à Cannes, l'Oscar du meilleur film étranger et celui du meilleur montage.
- 1969: Grand Prix de l'Académie du Cinéma
- Oscars 1970 :
- Oscar du meilleur film en langue étrangère pour le compte de l'Algérie
- Oscar du meilleur montage pour Françoise Bonnot
- Festival de Cannes 1969 :
- Prix du Jury pour Costa-Gavras à l'unanimité
- Prix d'interprétation masculine pour Jean-Louis Trintignant
- 1970 : BAFTA Award de la meilleure musique de film (Anthony Asquith Award) pour Mikis Theodorakis
- 1970 : Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur film pour Jorge Semprún et Costa-Gavras
- 1970 : Golden Globe du meilleur film étranger pour le compte de l'Algérie
- 1970 : NSFC Award (National Society of Film Critics Awards) du meilleur film
- 1970 : NYFCC Award du meilleur réalisateur pour Costa-Gavras
Voir aussi [modifier]
Liens externes [modifier]
- (en) Z sur l’Internet Movie Database
- (fr) Z sur Histoires de Tournages
Notes et références [modifier]
- [1] Costa-Gavras, à l'émission L'autre séance, sur LCP, suite à la diffusion de Z, janvier 2008.
- Cf. Nathalie Mallet-Poujol, « Archives orales et vie privée », 2006, sur Google Books, p. 131.
- Point à clarifier : la chanson to yelasto pèdi a été composée par Théodorakis vers 1962 pour une pièce de l'auteur irlandais Brendan Behan, Un otage. Cf. Christian Pierrat, Théodorakis, Albin Michel, 1977, p. 117.
- Film français sorti en 1969
- Film dramatique
- Film historique
- Film politique
- Film réalisé par Costa-Gavras
- Adaptation d'un roman au cinéma
- Film se déroulant en Grèce
- Film tourné en Algérie
- Film traitant d'un assassinat
- Histoire de la Grèce au cinéma
- Oscar du meilleur film en langue étrangère
- Film avec un Oscar du meilleur montage
- Prix du jury au Festival de Cannes
- Film avec un prix d'interprétation masculine au Festival de Cannes
- Golden Globe du meilleur film en langue étrangère
- Jorge Semprún