Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique

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L'Union nationale africaine du Zimbabwe (en anglais : Zimbabwe African National Union ou ZANU) est un parti politique qui fut au pouvoir au Zimbabwe de 1980 à 2008. Il est dirigé par Robert Mugabe.

Il est officiellement connu sous le nom Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique depuis 1988.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Durant la guérilla mené contre le gouvernement blanc de Ian Smith en Rhodésie, le Zimbabwe African National Union professait une idéologie marxiste.

Historique[modifier | modifier le code]

Le ZANU est un parti dissident, né en août 1963 d'une scission de l'Union du peuple africain du Zimbabwe (ZAPU). Les dissidents protestaient contre la prétention du charismatique Joshua Nkomo, président de la ZAPU, à diriger le mouvement anti-colonial. Ils lui reprochaient également son ascendance indébélé alors que les Shonas étaient le peuple majoritaire et originaire du Zimbabwe.

Les fondateurs du ZANU sont le révérend Ndabaningi Sithole (1920-2000) et l'avocat radical Herbert Chitepo. Le secrétaire général du parti, Robert Mugabe, allait prendre la présidence du ZANU après l'assassinat de Chitepo le 18 mars 1975 et la dissidence de Sithole qui renonçait à la lutte armée et créa l'Union nationale africaine du Zimbabwe - Ndonga, un parti politique modéré.

L'aile militaire du ZANU était la Zimbabwe African National Liberation Army (ZANLA), basée principalement au Mozambique à partir de 1975.

En 1976, le ZANU et le ZAPU s'allièrent dans un front patriotique.

En 1979, le front patriotique était l'interlocuteur principal du gouvernement de Londres et de celui de Zimbabwe-Rhodésie lors des accords de Lancaster House.

En février 1980, le ZANU remporta les élections générales sous contrôle britannique. L'ampleur de cette victoire (une majorité absolue des sièges soit 57) surprit alors les observateurs politiques. Elle s'expliqua par l'implantation locale et le facteur ethnique.

Le 18 avril 1980, Robert Mugabe devenait le premier ministre du Zimbabwe à la tête d'un gouvernement d'union nationale avec le ZAPU et les indépendants.

En 1988, après 8 ans de quasi guerre civile dans le Matabeleland, le ZANU et le ZAPU fusionnèrent dans le ZANU-Front patriotique (ZANU-PF). Jusqu'en 2000, le ZANU-PF allait contrôler la quasi-totalité (99 sièges sur 100) du parlement et être érigé de fait en parti unique.

En août 1990, 22 des 26 membres du comité central du ZANU se prononcèrent contre la transformation de la république en régime de parti unique voulu par Mugabe.

Le 9 décembre 1997, une grève nationale à l’initiative des vétérans de la ZANLA paralysa le pays. Les vétérans réclamaient des terres et de justes compensations pour leurs services au sein de la guérilla. Il leur fut accordé des pensions qui étaient bien supérieures à ce que permettait le budget de l’État zimbabwéen.

À la suite d'un référendum constitutionnel dont le résultat négatif désavoua le prédisent Mugabe à la surprise générale, le ZANU-PF manquait ensuite de perdre les élections législatives face au MDC (Mouvement pour le changement démocratique) de Morgan Tsvangirai, 1re force politique à pouvoir enfin concurrencer le parti de Mugabe. La grande majorité des circonscriptions urbaines échappèrent au ZANU-PF. Malgré les fraudes orchestrées par le pouvoir, le MDC faisait quasiment jeu égal avec le ZANU de Mugabe mais conformément à la constitution, celui-ci nomma directement une trentaine de députés supplémentaires, donnant une majorité nette à son parti. Mugabe ordonna alors l'expropriation de la quasi totalité des fermiers blancs du pays, accentuant la crise du régime.

Lors de l’élection présidentielle de mars 2002, Mugabe fut directement sérieusement accroché par Morgan Tsvangirai. Grâce à une fraude électorale massive constatée par les observateurs internationaux, il arriva néanmoins à se maintenir au pouvoir avec 56 % des voix contre 41,9 % à son adversaire.

En 2003, le pays était au bord de la famine avec un taux de chômage supérieur à 70 % de la population active. Des émeutes de la faim éclatèrent. L’opposition organisa des journées générales de grève très suivies mais qui n’eurent aucun effet sur le gouvernement autre que de renforcer la répression.

En mars 2005, lors des élections législatives, le Zanu-PF remporta une victoire écrasante, avec 78 sièges au Parlement contre 41 pour le Mouvement pour le changement démocratique, tétanisé par la brutalité du régime et l’indécision de ses dirigeants à défier frontalement Robert Mugabe. Comme la Constitution donnait au président du Zimbabwe le pouvoir de nommer 30 députés supplémentaires, le Zanu-PF eu finalement plus des deux tiers des sièges lui permettant de modifier à sa guise la constitution.

Cependant, les élections législatives de 29 mars 2008 constitue un sérieux revers pour le parti qui perd la majorité absolue au parlement au profit du MDC qui remporte 109 des 210 sièges à pourvoir, la ZANU ne conservant que 97 sièges.