Yvette Horner

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Yvette Horner

Surnom Vévette
Naissance 22 septembre 1922 (91 ans)
Tarbes, France
Genre musical musette
Instruments accordéon
Années actives depuis les années 1940
Site officiel yvettehorsnorme.com

Yvette Horner, née le 22 septembre 1922 à Tarbes, est une accordéoniste française.

Après avoir remporté la Coupe du monde de l'accordéon en 1948, elle obtient le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1950 grâce à l'album Le Jardin secret d'Yvette Horner. Elle établit sa popularité en accompagnant la caravane du Tour de France à onze reprises. Durant sa carrière, longue de 70 ans, Yvette Horner donne plus de 2 000 concerts et réalise 150 disques, dont les ventes cumulées s'élèvent à 30 millions d'exemplaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Yvette Horner étudie la musique au conservatoire de Tarbes puis au conservatoire de Toulouse où, âgée de 11 ans, elle obtient un 1er prix de piano. Sa mère l'oblige à abandonner son instrument pour l'accordéon, estimant que « des accordéonistes femmes, il n'y en a pas et là, tu te feras une situation. »[1],[2]. La jeune fille commence à se produire dans les casinos. Son éducation se poursuit à Paris où elle est l'élève de Robert Bréard. En 1948, Yvette Horner est la première femme à remporter la Coupe du monde de l'accordéon[3],[4]. Le grand-prix international d'accordéon de Paris lui est attribué en 1950[3].

Carrière musicale[modifier | modifier le code]

En 1950, elle reçoit le grand prix du disque de l’Académie Charles-Cros pour le Jardin secret d'Yvette Horner[5]. En 1952, Calor, qui sponsorise le Tour de France, lui propose d'accompagner la course. Elle joue sur un podium, à l'arrivée de chaque étape. Coiffée d'un sombrero et juchée sur le toit d'une Citroën Traction Avant aux couleurs de la marque Suze, elle réitère les années suivantes, accompagnant au total onze Tours de France (de 1952 à 1963)[4],[6]. Elle est également reine des Six Jours en 1954[3].

Durant sa carrière, l'accordéoniste a donné plus de 2 000 concerts[7]. En 1989, elle prend part aux célébrations du Bicentenaire de la Révolution en se produisant sur la Place de la Bastille[3]. L'année suivante, elle est la vedette d'une revue au Casino de Paris[8]. Dans les années 1990, elle se produit sur scène en compagnie de Marcel Azzola puis collabore avec le chorégraphe Maurice Béjart lorsque celui-ci monte le ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski au théâtre du Châtelet en 1999[7],[8]. En 2009, elle prend part à la tournée La plus grande guinguette du monde[9].

Yvette Horner enregistre pour les labels Pathé Marconi, CBS et Erato[3]. Sa discographie compte 150 disques, dont les ventes ont atteint les 30 millions d'exemplaires[4].

Son album Double d'Or sort en 2007. En 2011, l'accordéoniste est invitée par le chanteur Julien Doré à participer à l'enregistrement de son album Bichon[7]. Un nouvel album d'Yvette Horner, intitulé Hors Norme, est édité en mai 2012. Il est réalisé par Patrick Brugalières[10]. Parmi les artistes invités figurent Lio, Didier Lockwood, Richard Galliano et Marcel Amont. La pochette est illustrée par Jean Paul Gaultier[11].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Yvette Horner est originaire de Tarbes. Elle effectue ses débuts au théâtre des Nouveautés (alors théâtre Impérial), qui appartient à sa grand-mère paternelle[12],[13]. Louis Horner, son père, est entrepreneur en bâtiment[3]. La musicienne épouse René Droesch, footballeur aux Girondins de Bordeaux, qu'elle a rencontré en 1936[1]. Droesch interrompt sa carrière pour mieux suivre la sienne et la décharger des « soucis matériels »[8],[12]. Il meurt en 1986[11].

En 2005, l'accordéoniste vend sa maison de Nogent-sur-Marne, où elle a vécu durant une cinquantaine d'années. Horner met aux enchères à l'hôtel Drouot des objets personnels, dont sa collection de robes Jean Paul Gaultier. La vente se tient au profit de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et d'une association de lutte contre le cancer[14]. La même année paraît son autobiographie, intitulée Le Biscuit dans la poche[1]. Depuis la vente de sa maison de Nogent, l'accordéoniste vit dans une résidence pour personnes âgées située à Paris[8],[11].

En juin 2006, l'accordéoniste entame un documentaire sur sa vie avec le réalisateur canadien Damian Pettigrew[7].

Style musical[modifier | modifier le code]

Selon Maurice Béjart, Yvette Horner « est à cheval entre le savant et le populaire »[3]. Durant sa carrière, elle aborde de nombreux styles musicaux, ce qui l'amène à collaborer avec le pianiste classique Samson François, le trompettiste de jazz Jac Berrocal[8], ou encore l'harmoniciste américain Charlie McCoy avec lequel elle enregistre à Nashville un album d'inspiration country[7]. En 1990, elle sort même un single d'inspiration electro-dance : "Play Yvette".

Hommages[modifier | modifier le code]

Yvette Horner est « citoyenne d'honneur » des villes de Tarbes[5] et de Nogent-sur-Marne[14]. La promenade de l'île de beauté / Yvette Horner, située le long de la Marne et faisant partie d'un circuit de grande randonnée, porte son nom depuis 2007[15]. Le foyer du théâtre des Nouveautés de Tarbes, petite réplique de celui de l'Opéra Garnier, est baptisé en son honneur[16].

En 2008, le spectacle musical La Madone des dancings, les mille vies d’Yvette Horner, adapté par Eudes Labrusse et mis en scène par Dominique Verrier, est présenté à Avignon dans le cadre du festival « off ». Il s'inspire de la série radiophonique Les Grandes histoires d'Yvette, produite par Sylvie Gasteau et diffusée en 2005 par France Culture. Le rôle d'Yvette Horner est interprété par l'actrice Antoinette Moya[17].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Yvette Horner est faite commandeur de l'ordre national du Mérite le 17 avril 2002[4]. Nommée officier de l'ordre national de la Légion d'honneur le 17 décembre 1996, elle est élevée au grade de commandeur le 22 avril 2011 et décorée le 28 septembre 2011[18].

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Yvette Horner entame son marathon télé », Le Parisien,‎ 6 octobre 2005
  2. Pascal Pioppi, Paroles de stars, Éditions Cheminements,‎ 2003, 326 p. (ISBN 9782914474900, lire en ligne), p. 171-174
  3. a, b, c, d, e, f et g Véronique Mortaigne, « Yvette Horner, la France en bandoulière », Le Monde,‎ 12 mars 2002
  4. a, b, c et d « Remise des Insignes de Commandeur de l'Ordre national du Mérite à Yvette Horner », Ministère de la Culture,‎ 17 avril 2002
  5. a et b « Yvette Horner, la nouvelle citoyenne d'honneur », La Dépêche du Midi,‎ 7 novembre 2001
  6. Jean Berthelot de La Glétais, Bernie Stico, « Le Tour de France, une passion française », France-Soir,‎ 24 juillet 2009
  7. a, b, c, d et e Christelle Granja, « Pourquoi Yvette Horner est toujours dans le coup », L'Express,‎ 16 février 2011
  8. a, b, c, d et e Elisabeth Bouvet, « Yvette Horner, label populaire », Radio France internationale,‎ 21 décembre 2006
  9. « L’accordéon continue de faire danser les nostalgiques », France-Soir,‎ 16 octobre 2009
  10. Jean-Michel Le Blanc, « Il est hors norme avec Yvette Horner », Sud Ouest,‎ 21 janvier 2013
  11. a, b et c Thierry Dague, « Infatigable Yvette Horner ! », La Parisienne,‎ 20 mai 2012
  12. a et b « Spécial Tarbes : Les personnages », Le Point,‎ 2 septembre 2010
  13. Hélène Dubarry, « Yvette Horner : "Tarbes c'est mieux que tout" », La Dépêche du Midi,‎ 17 août 2011
  14. a et b « Yvette Horner a vendu sa maison de Nogent », Le Parisien,‎ 8 juin 2005
  15. Julie Blanchon, « Nogent, Joinville, Bry, Champigny, la douceur de vivre sur les bords de Marne », Le Figaro,‎ 21 juin 2011
  16. « Théâtre des Nouveautés de Tarbes », Evene
  17. Agnès Santi, « La madone des dancings », La Terrasse,‎ 10 juillet 2008
  18. « Légion d'honneur : Claudie Haigneré, Yvette Horner, Pierre Soulages... », Ouest-France,‎ 24 avril 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]