Yucca Mountain

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36° 51′ 10″ N 116° 25′ 36″ O / 36.8528, -116.42667 ()

Yucca Mountain

Yucca Mountain est une montagne située dans le comté de Nye (Nevada, États-Unis), parmi les montagnes arides du désert de Mohave, à environ 140 km de Las Vegas. Elle est composée de roches volcaniques (principalement de tuf) éjectées par un volcan aujourd'hui éteint. La montagne est connue pour le projet de stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde, un équipement du Département de l'Énergie des États-Unis pour le combustible nucléaire usé et d'autres déchets radioactifs. Le projet d'enfouissement à Yucca Mountain est sujet à de nombreuses polémiques.

Historique[modifier | modifier le code]

La montagne est habituellement un lieu important de vie des Shoshones occidentaux et des Païutes_du_Sud, que ce soit pour les cérémonies religieuse, l'utilisation de ses ressources ou les événements sociaux qui y ont lieu. Les Shoshones encore vivant aujourd'hui continuent à considérer ces montagnes comme montagnes sacrées.

Elle fut intégré à l'Empire espagnol dans la province d'Alta California

En 1821, à la fin de la Guerre d'indépendance du Mexique elle est intégrée à cette nouvelle nation et prend le statut de territoire.

À la fin de la Guerre américano-mexicaine en 1848, les États-Unis forcent la Cession mexicaine et passe alors ces montagnes dans le Territoire de l'Utah, aux États-Unis.

En 1861, l'actuel état du Nevada est séparé du territoire de l'Utah, dans le nouvel état alors nommé Sierra-Nevada[1].

Centre de stockage de combustibles radioactifs[modifier | modifier le code]

La position du gouvernement des États-Unis pour la gestion à long terme des combustibles irradiés industriels - qui renferment la plus grande partie du plutonium du pays - remonte à une loi de 1982 demandant au Département de l'Énergie des États-Unis de construire un centre de stockage final et de prendre la responsabilité des combustibles irradiés à compter de la fin du mois de janvier 1998. Le DOE prévoit alors qu'une seule installation sur un site de près de 600 km2 situé à Yucca Mountain près du site d'expérimentation du DOE dans le Nevada. Le DOE n'ayant pas respecté l'échéancier fixé, les compagnies d'électricité et les agences d'État ont menacé de poursuivre le DOE afin de forcer le gouvernement d'une part à prendre en charge la gestion des 38 000 tonnes de combustible irradié réparties sur plus de 70 sites de réacteurs et d'autre part à arrêter de réclamer aux compagnies d'électricité le versement annuel de 600 millions de dollars à un fonds créé pour financer le programme. Le DOE a proposé un dédommagement aux compagnies si elles ne portaient pas plainte, mais en 1998, la Cour Fédérale des plaintes s'est prononcée en faveur de la première compagnie qui a entamé une procédure.

En février 2000, le Sénat des États-Unis a adopté une loi (à 64 voix contre 34) favorable à l'option d'envoyer à Yucca Mountain les stocks de combustibles irradiés actuellement entreposés sur le site des réacteurs nucléaires dès 2007, si le site obtient les autorisations techniques et administratives nécessaires.

Actuellement, les déchets américains sont stockés sur 131 sites provisoires dans 39 États.

En 2005, le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) prévoyait encore que la future installation du Nevada ouvre ses portes en 2012. Or certaines études géologiques doivent être refaites et l'agence de protection de l'environnement des États-Unis exige désormais des évaluations de relâchement de radioactivité sur un million d'années, contre 10 000 ans auparavant. Il a été prévu plus d'espace entre les conteneurs, ce qui nécessitera de creuser plus de galeries. En février 2006, le secrétariat à l'Énergie a admis que le budget initial prévu (60 milliards de dollars) serait probablement insuffisant.

En mai 2007, une nouvelle carte géologique a été montrée au département américain de l'énergie : cette carte indique la faille Bow Ridge, qui traverse la chaîne de Yucca Mountain, se trouve en réalité bien plus à l’est, précisément sous l’endroit destiné à recevoir les matériaux radioactifs[2], ce qui rend le site vulnérable.

En mai 2009, le projet initial de Yucca Mountain a été rejeté, avec l'accord du Président Obama en mai 2009 en raison des garanties géologiques jugées insuffisantes[3].

En 2010, une commission composée de 15 experts, présidée par Eugène Rosa (prof. de sociologie de l'université de Washington) doit faire d'autres propositions[4]. En attendant, un consortium de 8 électriciens a pu louer 332 ha dans une réserve indienne de l'Utah (pour 25 ans), pour y stocker provisoirement les futs radioactifs qu'ils ne veulent plus conserver à proximité des réacteurs, tout en rappelant au gouvernement fédéral qu'il est de sa responsabilité de trouver un site de stockage[4] .

Architecture[modifier | modifier le code]

Galeries souterraines[modifier | modifier le code]

Les galeries ont été creusées par un tunnelier.

Géologie[modifier | modifier le code]

La montagne a été formée par des roches éjectées par un volcan aujourd'hui éteint. Elle est composée d'une succession de couches d'ignimbrite (tuf), localement faillées, dont selon les dernières études sous le site prévu par le DOE pour le dépôt.

Expérimentations[modifier | modifier le code]

Éléments économiques[modifier | modifier le code]

Les principaux responsables politiques du Nevada, qu'ils soient républicains ou démocrates, étaient opposés à la création de ce dépôt de déchets nucléaires. Ils craignent qu'il ne fasse fuir les touristes de Las Vegas, l'une des premières destinations touristiques américaines, et que cela ne ralentisse le développement de la capitale américaine du jeu, qui se place en tête de toutes les villes américaines pour la croissance urbaine. De nombreux groupes locaux se sont opposés au projet, dont les Indiens Shoshone. Les associations écologistes antinucléaires sont contre ce projet car elles estiment qu'il faut cesser la production de déchets radioactifs, ne pas les enfouir et laisser les déchets déjà produits sur les sites où ils se trouvent pour éviter un transport inutile et dangereux.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Online Etymology Dictionary » (consulté le 2 juin 2014)
  2. Mauvaise nouvelle pour le nucléaire américain - par Hélène Crié-Wiesner
  3. Source : Enerpresse no 9816
  4. a et b Source : Enerpresse no 10139, p. 1