Yponomeuta rorrella

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Yponomeuta rorrella (parfois improprement orthographié Y. rorrela ou Y. rorella) est le nom scientifique de l'un des nombreux petits papillons de nuit, de la famille des Yponomeutoidea, appartenant au groupe des teignes (une dizaine d'espèces en sont connues en Europe).

Il ne mesure qu'un centimètre environ (antennes non comprises) et son envergure varie de 19 à 20 mm selon les sujets et zones géographiques.
C'est l'une des d'Yponomeute dont la chenille dite « fileuse » tisse des nids de toile de soie sur l'espèce-hôte (la plante qu'elle mange) avec des extensions possibles sur les arbres ou arbustes voisins ou sur les herbacées, sans que ceux-ci ne soient cependant consommés).

Les oiseaux ne semblent pas ou peu attaquer les espèces de ce genre (toxicité ? effet de la toile ?, odeur ou goût repoussant ?).

Description[modifier | modifier le code]

Ce papillons, comme tous ceux du genre Yponomeuta évoquent une mite aux ailes blanches ponctuées de noir (les anglais les appellent « mites-hermines ». Les postérieures sont cependant brun-grisâtres et nettement frangées.
La chenille jaunâtre au premier stade, est ensuite ornée de points noirs sur ses flancs.
La larve (chenille) à son maximum de développement mesure environ 20 mm et est jaunâtre avec la tête noire et des lignes de points noirs (une de chaque côté du corps). Le corps est garni de poils si fins qu'ils sont invisibles à l'œil nu.

La larve (chenille)[modifier | modifier le code]

Jaune à tête noire et au corps garni de rangées de points noirs. Elle n'est pas monophage mais ne se nourrit que sur deux essences :

  • les saules principalement (notamment Salix alba en Europe et plus particulièrement en Roumanie) ;
  • plus rarement le peuplier (en Russie notamment[1]). (Il conviendrait de vérifier par une étude génétique qu'il ne s'agit pas de deux espèces génétiquement différentes.)

Les chenilles « fileuses » sont grégaires et très aisément repérables au fait qu'elles tissent des toiles de soies qui constituent un nid collectif et où s'accumulent leurs excréments.

Un comportement localement et souvent temporaire d'invasive la rend capable de totalement défolier, voire d'écorcer les branchettes d'arbres ou arbustes qu'elle attaque.
Les arbres ou arbustes défoliés en avril-mai se régénèrent la plupart du temps, avec apparition de nouvelles feuilles (dès mai-début juin en Europe de l'Ouest).

Confusion[modifier | modifier le code]

Cette espèce peut être confondue avec :

La chenille ne doit pas non plus être confondue avec celle de la petite tortue qui est également grégaire après être sortie de l’œuf et dont les couleurs peuvent évoquent celle des Yponomeutas.

À l’œil nu il n'est possible de différencier l'imago de cette espèce de celui de certaines autres espèces de ce genre que par l'examen des genitalia (voir aussi : planche de photo en microscopie, accessible via les liens externes en bas de cette page).

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

Les œufs, très petits, sont pondus par la femelle en automne sur des rameaux et branches. La femelle les recouvre d'une sécrétion collante qui les rend difficiles à distinguer. Les œufs éclosent en libérant une minuscule chenille qui commencent à se nourrir à l'automne, mais hiberneront. Les chenilles se rassemblent au printemps et au fur et à mesure qu'elles grandissent, tissent rapidement de vastes toiles qui peuvent finir par englober tout un arbre et l'environnement périphérique (herbes, buissons voisins ou objets artificiels proches. Les toiles, assez solides, jouent le rôle d'un nid collectif.

La larve forme ensuite une pupe ou chrysalide. Les adultes (imago) commencent à apparaître début juillet selon la littérature (parfois dès juin). Les adultes sont visibles jusqu'au mois d'août.

Une seule génération est produite par an.

Espèce invasive ?[modifier | modifier le code]

Souvent les phénomènes invasif se déroulent sur un ou deux ans. La première année, une partie des buissons (ou arbres) est touchée, et l'année suivante, les mêmes buissons ou arbres peuvent être totalement défoliés. Généralement les chenilles sont densément regroupées, mais sur un seul arbre ou buisson.

Lutte biologique[modifier | modifier le code]

Elle consiste à encourager les prédateurs ou parasitoïdes de cette espèce. Ageniaspis fuscicollis a, par exemple, été importé dans les années 1980 pour contrôler ces espèces.

En Europe, il existe plusieurs parasitoïdes parasitant ces espèces, des hyménoptères (petites guêpes), mais aussi des diptères (mouches). Dans les systèmes où la biodiversité est conservée, les phénomènes locaux d'invasion de ce type s'éteignent généralement d'eux-mêmes après un ou deux ans.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Illustration FAO : tronc d'un saule couvert de soies de chenilles (Russie)
  2. Étymologie : Evonymella signifie fusain, ce qui est source d'erreur, car cette espèce ne mange pas de fusain.
  3. selon le guide nature Nathan