Youra Guller

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Georgette Guller

Surnom Youra Guller
Nom de naissance Rose Guller
Naissance 14 mai 1895
à Marseille
(nationalité française) Drapeau : France
Décès 31 décembre 1980 (85 ans)
à Genève[1]
Lieux de résidence Paris, Lausanne, Genève
Activité principale pianiste
Style néoclassique
Activités annexes flamenco
Années d'activité 1919-1934, 1954-1958, 1965-1975
Collaborations Stravinsky, Casals, Thibaud, Szigeti, Ansermet, Inghelbrecht
Formation Conservatoire de Paris
Maîtres Philipp, Cortot, Neveu
Enseignement Conservatoire de Genève
Élèves Einstein, Gide, Pasche, Ginastera
Conjoint Jacques Schiffrin
de 1921 à 1927
Descendants sans
Récompenses 1er prix du CNSM 1909

Répertoire

Mozart, Beethoven, Chopin, Liszt, Schumann, Brahms,
Couperin, Rameau, Bachs, Scarlatti fils, Daquin, Balbastre,
Albeniz, Granados, Ravel,
Stravinsky, Enesco, Tansman, Poulenc, Milhaud.

Scènes principales

CNSM, Garnier, Champs Élysées, Gaveau, Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, Victoria Hall, Beaulieu, Théâtre Nanking, Wigmore, Royal Festival Hall, Carnegie Hall.

Rose Georgette Guller, dite Georgette Guller à la ville et Youra Guller à la scène, est une pianiste prodige, saluée à son zénith comme l'une des plus grandes pianistes du XXe siècle aux côtés de ses condisciples Guiomar Novaes et Clara Haskil ainsi que sa cadette Marcelle Meyer. Femme libre proche de l'avant-garde, Youra Guller s'éclipse soudainement de la scène parisienne en 1934 pour n'être redécouverte par un public érudit qu'en 1971. Seuls de tardifs enregistrements donnent de rares échos de son légendaire jeu prométhéen[2].

« (...) l'écouter encore dans une de ces dernières sonates de Beethoven, dont elle reste, pour moi, l'interprète inégalée à ce jour. »

— Romain Rolland[3], auteur de De l'Héroïque à l'Appassionata.


Biographie[modifier | modifier le code]

La fabrique d'une virtuose (1895-1921)[modifier | modifier le code]

Le génie précoce (1895-1914)[modifier | modifier le code]

Née française d'un père russe ayant fui l'antisémitisme et d'une mère roumaine morte à sa naissance[4], Rose Guller est élévée par une bonne ashkénaze[4] dans un milieu laïque. Elle se fera connaître initialement sous son second prénom, Georgette, adopté comme prénom d'usage. Le prénom masculin de Youra, diminutif russe de Georges, usuel dans le milieu des Ballets russes et des émigrés russes dans lequel elle a vécu et travaillé à Genève en 1915 et 16, a été conservé pour la scène après la Grande guerre[5], continuera de l'être après son mariage en 1921[6], avant même qu'elle ne soit célèbre, et finira par être le seul utilisé.

Elle commence à apprendre la musique sur le piano qui lui a été offert à cinq ans[1] et donne un premier récital à six[7]. En 1903, son père l'emmène à Madrid jouer le concerto pour piano no 3 de Beethoven, op. 37, accompagnée par l'orchestre de Tomás Bretón, puis la fait auditionner à Berlin par Joseph Joachim, très impressionné[7]. Un an plus tard, à neuf ans, elle est admise au Conservatoire de Paris dans la classe d'Isidor Philipp[1], qui avait remarqué qu'elle déchiffre à vue[7]. En 1905, elle donne aux Concerts Colonne un concerto pour piano de Saint-Saëns en présence du maître, qui la congratule[7].

Les leçons de piano qu'elle reçoit en compagnie de Guiomar Novaes et d'Isidor Philipp l'ennuient[1]. Passée dans la classe d'Alfred Cortot, elle se voit attribuer en 1909 le premier prix du Conservatoire de Paris par un jury où siègent Georges Enesco, Raoul Pugno et le directeur Gabriel Fauré, quasiment sourd, Clara Haskil, autre enfant précoce, obtenant le second[8]. L'année suivante, un condisciple de dix-huit ans, Darius Milhaud, écrit pour elle le cinquième et dernier mouvement d'une suite pour piano (les autres mouvement sont dédiés respectivement à Jean Wiener, Henri Cliquet, Roger de Fonteney et Celine Lagouarde), créé trois ans plus tard et publié sous la référence "opus 8". Il lui composera d'autres pièces, dont, pour le 21 mars 1919, le quatrième mouvement éponyme[9] de la suite Le Printemps[7], mais elle cherche sa voie et va jusqu'à s'essayer au ballet moderne, auquel elle s'initie dans la la classe de Nijinsky[1], et au flamenco[7] auprès d'Antonia Mercé y Luque[10], à laquelle Serge Diaghilev a confié la création de Ballets espagnols.

Révolution musicale et personnelle (1915-1918)[modifier | modifier le code]

En femme indépendante, elle se destine à l'enseignement. Au début de la guerre, elle renonce à se produire au piano pour étudier la méthode pédagogique de Teodor Leszetycki[7]. Elle envisage de jouer en parallèle dans un quatuor de musique de chambre[1] et perfectionne son violon auprès de Ginette Neveu[7]. À la rentrée 1915, elle est embauchée comme professeur au conservatoire de musique de Genève[7] par Ernest Ansermet, à la direction duquel celui-ci a été nommé en octobre[11] en remplacement de Bernhard Stavenhagen (de), mort prématurément. En charge à ce titre de l'orchestre cantonal, Ansermet fait organiser en décembre à Paris et à Genève par Serge Diaghilev, comme une contribution à l'effort de guerre, un gala de bienfaisance au bénéfice de la Croix-Rouge et des victimes de guerre russes[11]. Le programme[12] inclut l'Oiseau de feu dont la direction est confiée au jeune compositeur russe en personne, Igor Stravinsky[11], et la partie piano à Youra Guller.

La « musique pour après-demain »[13] des Ballets russes soulève enthousiasme et perplexité[11] et Stravinsky est ravi de son interprète[7]. Il la sollicite à l'excès, compromettant le travail de celle-ci au conservatoire[7]. Fatigue ou neurasthénie[8], l'expérience d'enseignante tourne à l'échec mais Genève est l'occasion pour la jeune femme, encore mineure, de s'essayer à une autre vie. Elle rencontre son futur fiancé, Jean Piaget, fils d'universitaire et étudiant en malacologie. Elle rencontre aussi son futur mari, un jeune juriste russe diplômé de l'université de Genève, Jacques Schiffrin, fils exilé d'un magnat du pétrole.

Elle retourne à Paris en 1916[7], où Darius Milhaud, en partance pour Rio, l'introduit auprès de Jean Cocteau, attraction centrale du groupe des Six. Elle fréquente également Gabriel Pierné[7], directeur des Concerts Colonne et, à l'opposé, Florent Schmitt[7]. Admirée pour son jeu expressif tout autant que sa cadette Yvonne Lefébure, l'espoir du moment, elle est invitée par Pablo Casals[1] aussi bien que par Jacques Thibaud à jouer dans leurs concerts de musique de chambre[7].

Succès professionnels et désordres sentimentaux (1919-1921)[modifier | modifier le code]

Le 29 novembre 1918, elle fête la victoire en donnant un récital à la Chaux-de-Fonds, principale ville de la République de Neuchâtel, où elle a rejoint Jacques Schiffrin[14]. Ils sont reçus dans une association d'intellectuels juifs, le Nouveau Cercle[14], par lequel elle rencontre les artistes suisses, entre autres les fondateurs du purisme, Amédée Ozenfant et Charles-Édouard Jeanneret[15]. Le 15 avril 1919, elle est de retour pour un concert où elle joue Schumann et Chopin au profit de la Croix-Bleue[16], association calviniste de lutte contre l'alcoolisme. Le reste de l'année est consacré à de petits récitals donnés à travers la Suisse romande, Lausanne[16], Vevey[16], Bex[17], Genève[15]... Elle est épuisée physiquement et moralement[17] et le 21 août Jacques Schiffrin perd son père, ruiné par la Révolution de 1917. Revenue à la Chaux-de-Fonds jouer Mendelssohn le 4 novembre 1919, le 19 elle accompagne au piano le violon de Joseph Szigeti dans trois sonates de Beethoven[17]. Ensemble, les deux virtuoses en donneront l'intégrale[8]. Une semaine plus tard, elle est de retour à Paris pour assistée avec quatre autres condisciples son maître Isidor Philipp dans une leçon publique qu'il donne au Conservatoire[18].

À Paris, Jacques Schiffrin étant parti en juin 1920 pour un long voyage dans une Italie en grève agitée par les squadristes, elle retrouve Jean Piaget, qui est venu, après avoir accompli une brève psychanalyse auprès de Sabina Spielrein, étudié dans le laboratoire de psychométrie d'Alfred Binet. Ils se fiancent[19]. Elle triomphe cette même année devant le public parisien dans une interprétation du concerto n° 21, K467, de Mozart[7]. Elle a vingt cinq ans.

Le 18 mai 1921, elle présente salle Ébrard, rue de la Michodière, les Mouvements perpétuels déjà célèbres de Francis Poulenc entre les mazurkas de Chopin et les rapsodies de Liszt[20]. L'été, elle fait partie des artistes en vue invités sur la Côte[21] par les mécènes de l'aristocratie mais son mariage avec Jean Piaget, appelé à Institut Jean-Jacques Rousseau de l'université de Genève, ne se fera pas. C'est très vraisemblablement là, à Menton, qu'en août elle retrouve Isidor Philipp. Son ancien professeur demande pour elle à Ferruccio Busoni des recommandations auprès de quatre formations italiennes prestigieuses, l'Associazione degli Amici della Musicala, la Société du Quartet, le Philharmonique de Florence, l'Académie royale de musique de Rome[22]. Surmené et malade, le grand musicien se désole de ne pas trouver le temps de répondre aux courriers[23] de la « benedetta »[24] à la recherche d'une situation stable et met six mois de plus pour rédiger une simple circulaire de recommandation[24], si bien qu'à la fin de l'année, elle retourne se produire à Neuchâtel[25].

Jacques Schiffrin finit par revenir au cours de cette année 1921 à Paris chez elle, qui a coiffé Sainte Catherine depuis longtemps et qu'il épouse. Dès l'année suivante, il est en mesure de fonder les éditions de la Pléïade et préparer la publication sous le nom d'André Gide la version que ce dernier a bien voulu élaborer à partir de son brouillon de traduction de La Dame de pique.

La gloire des années vingt (1922-1934)[modifier | modifier le code]

Naissance d'une star (1922-1923)[modifier | modifier le code]

Les Années folles sont pour la jeune parisienne celles de son engagement au service d'une modernité musicale bouleversée par le jazz, que Louis Mitchell, « le roi du bruit », a révélé au public de l'Alhambra le 6 décembre 1917[26] et que la tournée de février et mars 1918 du lieutenant James Reese Europe a popularisé. Jean Cocteau ouvre la première « boîte », Le Bœuf sur le toit. Elle s'y montre avec le tout Paris. Elle joue Ravel et Poulenc.

Le 25 janvier 1922, elle accompagne la violoniste Yvonne Astruc dans une sonate pour piano et violon de Georges Enesco, Nadia Boulanger passant à l'orgue en première partie[27]. Son récital du 4 février (concerto de Friedemann Bach, Carnaval de Schumann, Chopin, danses de Brahms, Albeniz et Granados), suivi d'un autre le lendemain (concerto en ut majeur de Mozart sous la direction de Philippe Gaubert)[28], est une consécration[29] que confirme sa participation le 25 au récital Mozart-Chopin de la cantatrice Olénine d'Alheim (sonate pour piano, prélude, Quatrième ballade (de), quatre mazurkas)[30]. C'est à elle qu'Igor Stravinsky s'adresse de nouveau pour les reprises de Petrouchka, partition de piano d'une difficulté technique extrême, le 12 juin à l'Opéra et le 1er juillet au théâtre Mogador[5]. Elle vit au cœur des Ballets russes de son adolescence, fréquentant Serge Prokofiev[7], revenu les rejoindre en avril, et Pablo Picasso[1], ami de Stravinsky marié à une ballerine de Diaghilev, Olga Khokhlova...

Pour toute la saison 1922-1923, elle est la soliste, au côté de Joseph Szigeti, d'Ernest Ansermet dans l'Orchestre de la Suisse romande[31]. Comme en 1915, elle assume simultanément un enseignement au Conservatoire de Genève[32]. Son jeu sensationnel et épuré, sans concession au divertissement, ne fait pas l'unanimité et la compétition féroce entre virtuoses a tôt fait de la réduire à une image de séduction féminine. C'est ainsi qu'avec la condescendance du machiste ordinaire un Ferruccio Busoni évoque la torture, apparemment moins pour ses oreilles que pour ses yeux, quand en décembre il auditionne sur une pièce d'Albéniz cette « vierge aux épines de fer »[33].

C'est au cours de cette année 1923 qu'elle inaugure sa carrière internationale en répondant à l'invitation de la Pianoforte Society de donner à Wigmore Hall une série de récitals, Beethoven, Mozart et Chopin[7], mais le 7 mai, Francis Poulenc, pour créer Promenades au théâtre des Champs-Élysées[34], lui préfère Arthur Rubinstein. Le 12, au Théâtre du Vieux Colombier, elle exécute avec Joseph Szigeti au violon la première sonate de Beethoven et n'hésite pas à profiter de l'occasion pour faire découvrir les Trois études transcendantes dont Alexandre Tansman lui dédie la seconde, création qui ne dure que trois minutes[35].

Entre juillet et août 1923, elle a en Suisse une aventure avec le peintre maudit[36] Charles Humbert, séducteur marié et alcoolique[37] qui, célibataire, l'avait courtisée en 1918 en concurrence avec son futur mari[38]. Jean-Paul Zimmermann, témoin homosexuel de leur passion, qui a duré, en fera le sujet de son second roman, Le Concert sans Orchestre[39]. Youra Guller y est la clef du personnage de Fanny Dowland.

La voie de la facilité (1924-1927)[modifier | modifier le code]

En 1924, elle est admise aux dimanches on ne peut plus mondains qu'organise la nouvelle comtesse de Polignac[1], belle-sœur du marquis et fille de Jeanne Lanvin[8], pour y jouer avec Rubinstein[8] les Mazurkas et les Nocturnes de Chopin[1]. Parallèlement à ce répertoire conventionnel, elle participe le 2 juin[40] aux Concerts salades de Jean Wiener[8].

À la fin 1924, elle passe de l'Orchestre de la Suisse romande au Scottish Orchestra de Glasgow[41]. Revenant à une certaine forme de classicisme musical promu par la mode Art déco, elle réinterprète un répertoire romantique conforme au goût du public au cours de multiples tournées, Paris, Berlin, Vienne, Amsterdam, Budapest, Bruxelles, et même Manille[7]. Elle est reçue avec Georges Enesco en Roumanie à la cour du roi Ferdinand. À Madrid, c'est le philosophe libéral José Ortega y Gasset qui la pilote[42]. Quand elle est à Paris, on lui est reconnaissant d'honorer les salons[43].

En 1926, choisie parmi quelques autres représentants de l'élite mondiale de l'interprétation, elle enregistre sept pièces qui seront immortalisées par les pianos mécaniques Welte Mignon (de)[44]. Le 15 janvier 1927, le concurrent américain l'invite à Londres à faire entendre dans sa salle, l'Aeolian Hall, son interprétation désormais légendaire de Beethoven[6]. Elle ne renonce pas pour autant à faire goûter au public, avec succès, la musique la plus moderne, comme lors de sa tournée de 1927 à Budapest, Zagreb, Constantinople et Athènes[45]. Pour son retour, en novembre, elle est en vedette salle Gaveau, où les Concerts Lamoureux dirigés par Paul Paray l'accompagnent dans le concerto en sol majeur de Beethoven, op. 58[46].

Femme magnétique au physique de star, elle se voit proposer par la Metro-Goldwyn-Mayer une carrière qui échoira à Greta Garbo[8]. Avec son mari, elle fréquente le monde littéraire, Paul Valéry[8], Jacques Maritain[8], André Gide. Celui-ci reçoit régulièrement les Schiffrin dans sa campagne de Cuverville[47]. Le couple participe aux Décades de Pontigny[8], séminaire annuel d'éthique organisé par Paul Desjardins, où elle se lie aux écrivains humanistes, François Mauriac, Charles du Bos, Roger Martin du Gard, André Malraux, Jean Schlumberger, Lalou Pellegrini, Maria van Rysselberghe, Jean Grenier[48]...

Craquements et rupture (1927-1934)[modifier | modifier le code]

C'est peut être là, à Pontigny, qu'elle rencontre Ramon Fernandez, critique littéraire de six ans son cadet[8]. Orpheline de naissance, elle n'a pas d'enfants et son couple vacille. À la fin des vacances de l'été 1927[8], à trente deux ans, Madame Jacques Schiffrin noue une liaison avec le futur écrivain[49], au moment même où celui-ci devient père[8]. Par intermittence, une année durant au cours de laquelle son divorce est prononcé[50], elle est accueillie dans l'intimité ambigüe du jeune couple Fernandez que la jalousie déchire[8].

Dès 1929[51], Jacques remarié à une femme qui lui donnera une fille et un fils, elle retrouve sa place dans l'Orchestre de la Suisse romande dirigé par Désiré-Émile Inghelbrecht[52] mais la fragilité de sa santé est suffisamment patente pour que son ami le psychologue Nikolaï Roubakine s'en émeuve et qu'à Genève Charles Baudouin, psychanalyste des artistes[53], soit alerté[3].

Quand elle est à Paris, elle donne des cours. Elle joue en duo avec Albert Einstein[1], violoniste émérite et reconnaissant[54]. Également rencontré à Pontigny[48], le savant, très engagé dans la cause pacifiste, est régulièrement présent à Paris, où le ramène chaque année sa participation à la Commission internationale de coopération intellectuelle[55]. Autre élève, Madeleine Pasche se distingue au conservatoire de Lausanne le 21 janvier 1930[56]. Au contact de Youra Guller, « grand changement dans [sa] vie »[57], André Gide se remet au piano, et prend lui aussi des leçons auprès d'elle[8], mais c'est l'écrivain[58] qui convainc la musicienne de renoncer à une interprétation par trop pathétique et de servir avec sobriété Chopin[8], qu'il associe à l'art poétique des Fleurs du mal. C'est lui qui, en exigeant de Gaston Gallimard le rachat de la Bibliothèque de la Pléiade, sauvera en juillet 1933 de la banqueroute son ex mari, qui, face au succès, n'a plus les moyens financiers de développer sa maison d'édition[47].

En octobre 1931, Joseph Lanza del Vasto, philosophe globe-trotter de trente ans qu'elle a également rencontré à Pontigny, en août 1924 et août 1926, et qui a renoncé au mariage en 1929, pose ses bagages à Paris, où il fera en mars la rencontre de Luc Dietrich. C'est peut être quelque temps avant cette rencontre, si importante pour lui, qu'il connait avec Youra Guller un moment d'érotisme extrême[59] qu'il évoquera quatre ans plus tard[60], quelques mois avant son départ pour l'Inde, où il recevra, au cours d'une vision, sa mission spirituelle. Le renouvellement en 1936 de cette expérience transgressive, avec cette fois la compagne de Luc Dietrich, la hongroise Anci Nagy[61], précède immédiatement sa décision d'aller à la rencontre de Gandhi. Il consacrera à Youra Guller[62] un des poèmes de son recueil Le Chiffre des choses intitulé Le Masque de la Sirène - Portrait d'une femme[63].

En 1934, elle part, comme fera trois ans plus tard Maurice Maréchal[64], pour une tournée de dix jours à Shanghaï. Elle n'en revient qu'au bout de huit ans après avoir fui à Bali[65] l'invasion japonaise.

Liberté surveillée (1941-1944)[modifier | modifier le code]

Le refuge de Montredon (1941)[modifier | modifier le code]

Elle est à Paris en 1941[65]. Comment beaucoup de français désormais classés « de race juive », elle pense bénéficier d'une immunité nationale et a confiance dans l'armistice et son signataire Pétain[66]. Le public de la France occupée l'a oubliée[1] et son ancien amant, Ramon Fernandez, l'a remplacée[8] par une lionne plus jeune, Betty Bouwens, qui tient un salon brillant sous l'égide d'Otto Abetz et sera à la Libération tondue puis arrêtée avec Marie Laurencin.

Dès la création du Commissariat général aux questions juives, c'est-à-dire avril 1941, elle est sous la menace des rafles de la police de Vichy. Grâce à l'intervention et, vraisemblablement, une aide financière d'Édith Piaf[66], elle réussit à fuir sur la Côte, en Zone libre, où survit toute l'intelligenstia d'Europe centrale qui a échappé à l'internement meurtrier du camp des Milles. Alors que son ex mari Jacques Schiffrin, démobilisé et soutenu financièrement par André Gide, a pu être exfiltré en août 1941[47] par le réseau de Varian Fry vers New York, elle reste à Marseille, cachée, comme l'avait été deux ans plus tôt Vittorio Rieti[67] et Darius Milhaud, dans le château de Montredon par la comtesse Lily Pastré, couverture publique du Centre américain de secours. Là, au sein de ce qui est officiellement l'association d'entraide des artistes « Pour que l'esprit vive »[68], elle partage la clandestinité, un temps plus ou moins long selon les cas, avec une vingtaine d'invités permanents qui risquent la déportation, Pablo Casals, Samson François, Lily Laskine, Monique Haas, Madeleine Grey, Jacques Ibert...

Dans une maison du parc, sont hébergés depuis fin 1940 le peintre André Masson et sa femme, belle sœur de Jacques Lacan, lequel habite une villa de Roquebrune louée à André Malraux. Les nombreuses visites que le psychanalyste leur rend le font passer au château pour un sorcier énigmatique mais lui sont l'occasion de se lier particulièrement à Youra Guller[69].

Récréation au bord du précipice (1942-1944)[modifier | modifier le code]

L'Orchestre national de France est installé depuis juin 1940 à Marseille[70]. Au début de l'année 42, Youra Guller recrute pour Montredon les chefs Désiré-Émile Inghelbrecht et Félix Raugel et impose à la comtesse de faire une place dans son asile surchargé au premier violon Jeanne Haskil et la sœur de celle ci[65]. De santé très fragile, Clara Haskil, à laquelle Jean Hamburger diagnostique un adénome hypophysaire et qui est trépanée le 29 mai à l'Hôtel-Dieu, bénéficiera, grâce à un réseau d'admirateurs, d'un visa pour apatride lui permettant dès novembre de partir, non sans déchirements, pour Genève où elle sera assignée à résidence chez Charlie Chaplin[68] dans le canton de Vaud.

Le décret du 6 juin 1942 portant application du Statut des juifs voté deux ans plus tôt rend plus précaire la situation des pensionnaires et les arrestations ne sont pas toujours évitées. À Montredon cependant, l'extravagante[71] et généreuse héritière des liqueurs Noilly Prat, préfigurant le festival d'Aix qu'elle fondera après guerre, concentre toute la créativité du moment et ne cesse de créer de petits évènements théâtraux ou musicaux, quasiment quotidiens, en particulier un récital de Pablo Casals le 16 mai 1942 et quelques mois plus tard un festival Mozart en écho à celui de Salzbourg déserté. Spectacle digne d'une grande scène inspiré des Ballets russes[71], le 27 août 1942, pour célébrer l'entrée en guerre des États-Unis au côté des anglais, on joue, sur la musique originale de Jacques Ibert dirigée par Manuel Rosenthal, dans des costumes que Christian Bérard a taillé et fait coudre dans les tentures de la villa, Le Songe d'une nuit d'été mis en scène par Jean Wall et Boris Kochno[71].

Ce séjour surréaliste sur lequel la beauté[71] presque cinquantenaire de Youra Guller répand un charme sans rival, est l'occasion pour celle-ci de retrouver des amis d'autrefois, d'en découvrir de nouveaux, venus en visite ou pour se produire, Lanza del Vasto[67] et Luc Dietrich, Georges Auric, Rudolf Kundera, qui fait son portrait au pastel[72], Christian Bérard, André Breton, Max Ernst, Wifredo Lam, Claude Lévi-Strauss, Rudolf Breitscheid, Rudolf Hilferding, Louis Jouvet[66], Madeleine Ozeray[66], Marguerite Long, Roland Petit, Svetlana Pitoëff, Édith Piaf[73]... Les circonstances sacralisent les liens.

La fin de la guerre approchant, la fête est suspendue et c'est avec des soldats allemands qu'il faut cohabiter.

Entre oubli et reconnaissance (1945-1980)[modifier | modifier le code]

L'ombre d'une virtuose (1945-1964)[modifier | modifier le code]

Après guerre, elle prend un appartement à Genève[10]. Affaiblie par la maladie, elle renonce à se produire jusqu'à ce que la mort de son ex mari en 1950 la laisse dans le besoin et l'oblige à reprendre les répétitions. La Piano Forte Society lui rouvre les portes de Wigmore Hall le 2 juin 1954. En 1956, son concert publique crée une heureuse surprise[74].

À la rentrée 1957, ce sont des retrouvailles avec la ville de Chaux-de-Fonds[75] pour deux concerts[76], qui célèbrent le soixantième anniversaire de sa Salle de musique[77]. Accueillie comme la Madame de Rénal locale que dépeint Jean-Claude Zimmermann dans son roman[39] publié en 1937[77], elle en revoit à cette occasion le héros, Charles Humbert, veuf perdu en rêves dans sa passion pour elle[78]. Le 15 janvier 1958, elle retrouve le temps d'une Grande sonate la direction d'Ernest Ansermet et l'orchestre de la Suisse romande à Genève[79]. Deux mois et demi plus tard, Charles Humbert meurt, à l'âge de soixante cinq ans.

L'année suivante, sa prestation à Wigmore Hall est laborieuse[80]. La vedette, c'est désormais son amie Clara Haskil, parvenue tardivement grâce au public suisse[81] et hollandais, par un chiasme des carrières, à la place qu'elle tenait dans les années vingt à Paris[82]. Ce même public suisse lui reste cependant fidèle et continue de l'écouter jusque sur les ondes de Radio suisse romande[83], parfois même une après-midi durant[84]. Durant cette fin des années cinquante, elle se lie aux jeunes pianistes Nelson Freire et Martha Argerich[10], élève du prince Nikita Magaloff. Neveu du mécène de Prokofiev[10] et beau fils de Joseph Szigeti, celui-ci est avec Vladimir Horowitz[10] un de ses fervents admirateurs[10]. En Californie, elle retrouve Arnold Schönberg, qui lui apprend le ping pong[19]. De temps à autres, à l'occasion d'une échappée, pour quelques heures trop brèves à son goût, elle retrouve Édith Piaf, à laquelle elle voue une reconnaissance inusable et une tendresse enflammée[66].

La redécouverte (1965-1980)[modifier | modifier le code]

En décembre 1965, elle est à Londres pour une représentation qu'elle donne le 12 à l'École pour Filles de Camden. Son ancien élève Robert Majek, qui donne également un récital, la présente au professeur de musique munichois Pierre Feuchtwangerù (de)[80]. Celui-ci l'entend en privé. Il est bouleversé par le lyrisme de cette artiste inconnue et la puissance invocatrice de son jeu[80]. Avec l'aide d'un mécène, Charles Napper, et d'une amie critique, Joan Chissell, le retour de la virtuose est organisé[80]. Après de nouveaux passages, le 27 février 1966 et le 6 février 1967, à Wigmore Hall, à la Royal Festival Hall sous la direction de Harry Blech le 19 april 1967, elle triomphe[85] enfin[86] à Carnegie Hall[65] en 1971, à soixante seize ans. Deux ans plus tard, elle abandonne son style « romantique » hérité de Liszt pour livrer, grâce à l'insistance obstinée de Martha Argerich[8], un enregistrement « moderne » des sonates pour piano-forte 31 et 32 de Beethoven[1].

Par le conservatoire de Genève, elle reste en lien avec professeurs (Madeleine Lipatti, Louis Hiltbrand...) et élèves, dont Alberto Ginastera, qui prend des leçons auprès d'elle. À la fin de sa vie, elle vit d'une pension que lui versent les plus attachés d'entre les musiciens, tels que Yehudi Menuhin, Radu Lupu, Martha Argerich, et conserve quelques amitiés anciennes[87], tel le président de l'Académie Charles-Cros Marc Pincherle[88], sans jamais renoncer de continuer à tomber amoureuse[4].

Discographie[modifier | modifier le code]

Les enregistrements discographiques de Youra Guller sont très rares et ne rendent pas nécessairement justice à ce que fut son jeu entre-deux-guerres[8].

Enregistrements originaux
Rééditions en CD audio

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas encore d'ouvrage consacré à Youra Guller hormis un bref article :

Notices biographiques de musicologues 
  • A. Pâris, Dictionnaire des interprètes et de l'interprétation musicale au XXe siècle, Laffont, Paris, 1982.
  • J. Chissell, The Art of Youra Guller, 1895-1980, Nimbus, 2005.
  • J. Woolf, Youra Guller joue Chopin, Tahra, 2007.
  • P. Hugli, The Art of Youra Guller, Doron music, 2009.
Évocation à travers ses proches contemporains 
La clandestinité à Montredon 
  • B. Noël, Marseille-New York, une liaison surréaliste, Éditions André Dimanche, 1985.
  • J. M. Guiraud, La Vie intellectuelle et artistique à Marseille à l’époque de Vichy et sous l’occupation 1940-1944, Laffitte, 1999, (ISBN 2-86276-340-3).
  • J. M. Jacono, Marseille en liberté surveillée ? Les ambigüités de la vie musicale., p. 391–392, in M. Chimènes & J. Alviset, La Vie musicale sous Vichy, Éditions Complexe, 2001.
  • M. Enrici, Le salon de Lily, hommage à la comtesse Pastré, mécène., Snoeck-Ducaju & Zoon Snoeck Publishers, Heule, 27 juin 2013 (ISBN 978-94-6161-115-4).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m W. Lempfrid, Die Pianistin Youra Guller, in Historische Aufnahmen, Deutschlandfunk, Cologne, émission diffusée le 20 octobre 1988.
  2. J. Chissell (en), The Art of Youra Guller, 1895-1980, Nimbus, 2005.
  3. a et b A. Blum, Correspondance entre Romain Rolland et Charles Baudouin: une si fidèle amitié : choix de lettres, 1916-1944., p. 53, Césura, Meyzieu, 2000.
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