Yohkoh

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Yohkoh

Description de l'image  Yohkoh.jpg.
Caractéristiques
Organisation ISAS
Domaine Observation solaire
Masse 390 kg
Lancement 30 août 1991
Lanceur M-3SII
Fin de mission 14 décembre 2001
Orbite Orbite terrestre
Périapside 517,9 km
Apoapside 792,6 km
Période 97,9 min
Inclinaison 31,3°
Index NSSDC 1991-062A
Principaux instruments
SXT Télescope à rayons X mous
HXT Télescope à rayons X durs
BCS Spectromètre à cristal de Bragg
WBS Spectromètre à bande large
Image en rayons X de la couronne solaire X-ray prise par Yohkoh.

Yohkoh (en japonais rayon du soleil) ou Solar A est un satellite d'observation du Soleil développé et lancé en 1991 par l'agence spatiale japonaise ISAS avec la participation des États-Unis et du Canada. Il associe des instruments réalisant des informations dans les domaines des ultraviolets et des rayons X. Sa mission était d'étudier les émissions à haute énergie associées aux éruptions solaires.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Yohkoh avait pour objectif d'étudier les éruptions solaires durant le pic de l'activité solaire et d'observer les phénomènes physiques à l’œuvre au niveau de la couronne solaire[1].

Historique[modifier | modifier le code]

En 1981 est lancé Hinotori, le premier satellite japonais destiné à l'étude des éruptions solaires. Celui-ci, ainsi que le satellite américain Solar Maximum Mission qui poursuit le même objectif, assistent au maximum du cycle solaire qui se produit à peu près à cette époque et qui se caractérise par un grand nombre d'éruptions solaires. Durant ces événements, les deux missions détectent que des émissions de rayons X durs se produisent pratiquement simultanément dans des lieux séparés à la surface du Soleil et que d'autres sources de rayons X durs étendues apparaissent à plusieurs dizaines de milliers de kilomètres au-dessus de la photosphère. Par ailleurs ces satellites ainsi que P78-1 et Tansei 4 observent la production et l'évolution des plasmas à haute température piégés dans les boucles créées par les éruptions solaires via l'étude des émissions en rayons X mous produits par ces phénomènes. Les données recueillies mettent en évidence l'échauffement violent de la région de transition et de la chromosphère généré par la précipitation des électrons à haute énergie, les turbulences et l'évaporation du matériau de la chromosphère. Les instruments embarqués détectent l'accélération en quelques secondes de protons jusqu'à de s énergies de quelques MeV ainsi que l'anisotropie apparente des rayons gamma et des déplacements des particules. L'interprétation physique de ces phénomènes nécessitent de recueillir de nouvelles données sur le phénomènes avec des télescopes à rayons X mous et durs plus précis et pour les rayons X durs permettant de détecter des rayons X plus énergétiques. Le projet SOLAR-A est lancé par le Japon pour remplir ces objectifs avec des participations importantes d'institutions situées aux Etats-Unis et au Royaume-Uni[2].

Caractéristiques du satellite[modifier | modifier le code]

Yohkoh est un satellite de 400 kg de forme parallélépipédique de 100 × 100 × 200 cm avec deux panneaux solaires externes de 150 × 200 cm fournissant au maximum 570 Watts. Des roues de réaction et des magnéto-coupleurs sont utilisés pour pointer en permanence les instruments vers le Soleil avec une grande précision (1 seconde d'arc) et stabilité (7 secondes d'arc par minute de dérive par rapport à l'axe pointant vers le Soleil). Les données sont stockées dans une mémoire magnétique à bulles de 10 mégaoctets et transmis aux stations terrestres avec un débit compris entre 1 et 32 kilobits par seconde[2].

Instruments scientifiques[modifier | modifier le code]

Yohkoh emporte quatre instruments [2]:

  • SXT est un télescope à rayons X mous (3 à 60 Angstroem) à incidence rasante utilisant un détecteur de type CCD de 1024x1024 pixels. Le champ optique couvre tout le Soleil. La résolution est de deux secondes d'arc. Deux roues porte-filtres placés devant le dispositif d'obturation pour choisir le spectre énergétique observé et fixer le temps d'exposition. La résolution angulaire est de 2 secondes d'arc[3].
  • HXT est un télescope à rayons X durs à transformée de Fourier comprenant 64 collimateurs bi grilles de 2,3 sur 2,3 cm composés d'un cristal Nal(Tl) attaché à un tube photomultiplicateur cubique de 2-3 cm de côté. Le champ optique couvre tout le Soleil. La résolution est de 5 secondes d'arc. Les images sont obtenues simultanément dans 4 bandes (15-24-35-57-100 keV) avec une résolution temporelle de 0,5 s[4].
  • BCS est un spectromètre à cristal de Bragg qui recueille les émissions sur 4 longueurs d'ondes étroites 5,0160-5,1143 Å avec une résolution de 3,232 mÅ, 3,1631-3,1912 Å avec une résolution de 0,918 mÅ, 1,8298-1,8942 Å avec une résolution de 0,710 mÅ et 1,7636-1,8044 Å avec une résolution de 0,565 mÅ. Cet instrument permet d'étudier les caractéristiques du plasma chauffé à une température de 10 à 50 millions °K créé par les éruptions solaires[5].
  • WBS (Wide Band Spectrometer) est un spectromètre à bande large (rayons X ayant une énergie comprise entre 2 keV et 100 MeV) comprenant un spectromètre à rayons mous (SXS) de type compteur à gaz proportionnel qui couvre la bande spectrale comprise entre 2 et 30 keV, un spectromètre à rayons durs (HSX) de type scintillateur NAL couvrant le spectre compris entre 20 et 6000 keV et un spectromètre gamma (GRS) composé de deux scintillateurs BGO qui couvrent la bande spectrale comprise entre 0,2 à 100 MeV[6],[7].

Déroulement de la mission[modifier | modifier le code]

Le satellite est lancé par une fusée M-3SII le 30 août 1991 à 02:30 UTC qui le place sur une orbite terrestre basse de 518 × 793 km avec une inclinaison de 31,3°[2]. En décembre 2001, après plus de 10 ans de fonctionnement, une panne a fait perdre l'orientation du satellite pendant l'éclipse solaire du 14 décembre. Les batteries se sont déchargées par défaut d'orientation des panneaux solaires et l'opérateur ne parvient pas à reprendre le contrôle du satellite. Il est détruit en effectuant une rentrée atmosphérique le 12 septembre 2005.

Résultats scientifiques[modifier | modifier le code]

Plusieurs découvertes ont été effectuées grâce aux données recueillies par Yohkoh notamment que la couronne solaire évolue selon plusieurs échelles temporelles et que les phénomènes explosifs tels que les éruptions solaires sont dus à des "reconnections magnétiques"[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Yohkoh », sur ISAS (consulté le 16/7/2012)
  2. a, b, c et d (en) Y. Ogawara et al., « THE SOLAR-A MISSION: AN OVERVIEW », Space Science Reviews, Springer, vol. 136,‎ 17 juin 1991, p. 1-16
  3. (en) S. Tsuneta et al., « THE SOFT X-RAY TELESCOPE FOR THE SOLAR-A MISSION », Space Science Reviews, Springer, vol. 136,‎ 1991, p. 37-67
  4. (en) T. Kosugi et al., « THE HARD X-RAY TELESCOPE (HXT) FOR THE SOLAR-A MISSION », Space Science Reviews, Springer, vol. 136,‎ 27 mai 1991, p. 17-36
  5. (en) J.L. Culhane et al., « THE BRAGG CRYSTAL SPECTROMETER FOR SOLAR-A », Space Science Reviews, Springer, vol. 136,‎ 1991, p. 89-104
  6. (en) « Yohkoh : Wide Band Spectrometer », sur Catalogue des missions de la NASA (consulté le 16/7/2012)
  7. (en) M. Yoshimori et al., « THE WIDE BAND SPECTROMETER ON THE SOLAR-A », Space Science Reviews, Springer, vol. 136,‎ 17 mai 1991, p. 69-88

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]