Yoani Sánchez

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Yoani Sánchez

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Yoani Sánchez à Berlin, le 6 mai 2013.

Nom de naissance Yoani María Sánchez Cordero
Naissance 4 septembre 1975 (39 ans)
La Havane
Nationalité Cubaine
Pays de résidence Drapeau de Cuba Cuba
Profession
Activité principale
Formation
Distinctions
Conjoint
Reinaldo Escobar

Compléments

http://lageneraciony.com/

Yoani Sánchez enfant en 1982.

Yoani Sánchez, née le 4 septembre 1975 à La Havane, est une philologue et blogueuse cubaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Auteur depuis avril 2007 du blog Generación Y, qui critique notamment le gouvernement cubain, elle est récompensée le 4 avril 2008 par le prix Ortega y Gasset, décerné annuellement par le quotidien espagnol El País, dans la catégorie « journalisme électronique », qui récompense la défense de la liberté d'expression[1]. Yoani Sánchez devait se rendre à la cérémonie de remise des prix, le 7 mai à Madrid, mais les autorités cubaines ont refusé de lui accorder un visa le lui permettant[2].

En 2008, elle est l'une des 100 personnes les plus influentes au monde selon le Time[3].

Wikileaks révèle qu'elle et son mari, Reynaldo Escobar, furent invités dans la résidence de Michael Parmly, alors chef de la Section des Intérêts des États-Unis à La Havane. Cette section considère que l'équipe que constitue le couple Reinaldo Escobar et Yoani Sanchez a visité la résidence du chef de mission américain pour partager ses impressions quant à la couverture médiatique de Cuba et a réfléchi à la position unique de leur publication en ligne « CONSENSO ».

La Section des Intérêts Américains décrit CONSENSO comme « innovateur à Cuba et constituant une menace pour le gouvernement cubain. »

Sur Yoani et son compagnon, la Section ajoute que : Ce couple est unique parmi les journalistes indépendants cubains dans la mesure où il est retourné à Cuba pour permettre la réalisation de changements après un parcours professionnel réussi en Europe. En fait, mentionnant le fait que « la bataille doit être gagnée à Cuba, » MS Sanchez prétend s'être débarrassée de son passeport[4].

Elle tient son blog depuis La Havane (blog dont l'accès a été bloqué à Cuba depuis 2008, un an après l'ouverture officielle)[5] contrairement à ce qui est parfois affirmé et comme le reconnaît l'intéressée elle-même « je suis une blogueuse aveugle », pour le fait de ne pas pouvoir regarder les fruits de son œuvre de façon constante et libre. Ses détracteurs assurent, cependant, que les restrictions sur internet à Cuba ne sont pas si fortes et que la blogueuse a toujours eue la liberté de s’exprimer. Ce blog existe également dans plusieurs langues, grâce aux traductions assurées par plusieurs volontaires du monde entier qui se sont joints à elle après le blocage de sa page en 2008. Selon ses détracteurs, elle est relativement peu connue du grand public dans l'île, mais elle est, cependant, la figure la plus combattue par des agents politiques qui livrent sa bataille d'idées sur internet contre les « ennemis de la révolution », dont, des étudiants de la UCI (université de computation) adjoint au projet VERDAD.

Ses détracteurs en dehors de l'île se demandent entre autres qui finance les traductions en près de 18 langues de son site alors que ni les Nations-Unies ni même la CIA ne disposent d'une telle variété. Mais Yoani Sanchez n'a que des détracteurs de la gauche. Les plus fervents cubains anti-castristes résidents à Miami la trouvent aussi suspecte et pire encore, collaboratrice du gouvernement de l'île. Le 1er avril 2009, la blogueuse a pu se présenter à Miami à fin de recevoir le prix Presidential Medal du Miami Dade College (MDC), mais un groupe de l'ultra-droite cubaine de cet état a fait une marche de protestation contre Sanchez puisque, selon eux, elle fait les mêmes demandes que le gouvernement communiste fait, dont la fin de l'embargo[6].

Certains[Qui ?] citent (principalement la gauche) le cas de Yoani Sanchez, blogueuse cubaine ouvertement hostile au gouvernement[7], pour montrer que le contrôle d'internet ne serait pas aussi strict que l'affirment des organisations comme Reporters sans frontières[8]. Cependant, la vie de son blog ne serait pas le fruit de la liberté que la blogueuse aurait pour son activité. La vie de son blog dépendrait en fait de tous ces volontaires qui, à partir de l'extérieur, lui donneraient sa forme et son souffle. La blogueuse, comme plusieurs autres blogueurs dissidents mais moins importants à Cuba, doit écrire ses textes sur Word, les enregistrer sur diapositive de mémoire pour ensuite l'envoyer à ses volontaires via messagerie instantanée (hotmail, yahoo, etc) à partir d'un hôtel ou d'un cybercafé au prix de 7-9 Pesos Convertibles (environ 8-10 dollars canadiens) pour une heure sur le cyberespace. L'autre option est aussi la dictée par téléphone.

Elle a été arrêtée le 5 octobre 2012 à Bayamo alors qu'elle se rendait à un procès[9]. À l'issue de sa libération, dès le lendemain, elle déclarera sur Twitter : "Durant ma détention, j'ai refusé de manger et de boire tout liquide, premier verre d'eau que je prends en arrivant à la maison, sur un œsophage en feu".

Après près des 20 tentatives sans succès pour avoir un passeport et un permis pour voyager, en 2013 elle profite de la réforme migratoire entrée en vigueur le 14 janvier 2013 à Cuba, qui permet à tout Cubain de quitter le pays sans autre formalité que l’obtention d’un passeport et d’un visa pour une tournée mondiale qui la mènera sur plusieurs continents.

Tournée mondiale en 80 jours.

Sa tournée débutera au Brésil, après se faire inviter par le sénateur gauchiste Eduardo Supplicy du Parti des Travailleurs(PT) de Ignacio Lula da Silva. L'opinion publique brésilienne semble être séparée sur le statut à donner à la blogueuse, qualifiée tantôt d'agent de l'impérialisme de Washington ou de résistante au régime communiste cubain. La diffusion d'un documentaire sur Cuba, à laquelle elle devait assister dans le nord-est du Brésil, a ainsi été empêchée par des manifestants le 18 février dans l'État de Bahia. Plus tard, la revue Veja, fera connaître des informations comme quoi ces manifestations avaient été préparé dès un début à La Havane et ensuite par l'entremise de l’ambassade de Cuba à Brasilia, par un membre du Parti des Travailleurs et par des partis politiques de gauche comme le Parti Communiste de Brésil. L'information a fait boule de neige et rapidement est devenu un scandale au sein du Sénat de Brésil où des élus des partis d'opposition ont fait la demande formelle aux ministres Antonio Patriota et Gilberto Carvalhio et à l'ambassadeur cubain Zamora Rodríguez, pour expliquer ce que le sénateur Alvaro Dias du PSDB considérait une violation de la convention de Vienne et de la souveraineté du pays[10],[11]. Des élus de l'opposition l'ont alors invitée au Congrès, avec l'intention de projeter ce film. Mais là encore, sa venue a provoqué des incidents et de vifs débats[12].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2008 - Prix Ortega y Gasset de journalisme
  • 2008 - "100 Most Influential People in the World” - Time
  • 2008 - "100 hispanoamericanos más notables" - El País
  • 2008 - "10 personajes del 2008" - Gatopardo[13]
  • 2008 - 10 Most Influential Latin American Intellectuals of the year - Foreign Policy
  • 2009 - 25 Best Blogs of 2009 - Time
  • 2009 - Young Global Leader Honoree - World Economic Forum
  • 2009 - Prix Maria Moors Cabot - Columbia University Prize
  • 2012 - 10 intellectuels les plus influents ibéro-américains» de l'année - le magazine Foreign Policy[14]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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