Yinghuo 1

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萤火一号 (Yinghuo 1)

Caractéristiques
Organisation CNSA
Domaine Observation de la planète Mars
Statut Échec, crash dans le Pacifique sud, le 15 janvier 2012[1]
Masse 110 kg
Lancement 8 novembre 2011
Lanceur Fusée Zenit
Durée 2 ans
Orbite
Orbite Orbite centrée sur Mars à partir de fin 2012
Périapside 800 km
Apoapside 80 000 km
Période jours
Inclinaison

Yinghuo 1 (Luciole en chinois) est une sonde spatiale chinoise destinée à l'exploration de la planète Mars lancée le 8 novembre 2011[2] par une fusée Zenit en tant que sous-satellite de la sonde Phobos-Grunt de l'Agence spatiale fédérale russe (FKA)[3]. Yinghuo 1 devait être transportée jusqu'à Mars par Phobos-Grunt puis larguée par la sonde russe une fois que celle-ci en orbite autour de la planète ; Phobos-Grunt n'ayant pu se placer sur l'orbite de transit vers Mars après son lancement, la sonde chinoise s'est écrasée sur Terre le dimanche 15 janvier 2012 en plein océan Pacifique à 1 250 km à l'est de l'île Wellington[1], au large du Chili. Il s'agissait d'un module d'environ 110 kg qui emportait plusieurs instruments destinés à étudier la surface et l'atmosphère de la planète pour une mission d'une durée de deux ans.

Programme chinois d'exploration martienne[modifier | modifier le code]

Si le programme chinois d'exploration lunaire est assez bien connu, les ambitions chinoises sur Mars demeurent en revanche assez confidentielles. Liu Zhenxing, du China Academy of Sciences Centre for Space Science and Applied Research (CAS CSSAR), avait indiqué en été 2003[4] que la faisabilité d'une mission martienne est à l'étude en Chine depuis le début des années 1990 dans le cadre du projet national désigné par le nom de code « Exploration planétaire 863. » La première phase consistait à analyser les missions martiennes déjà réalisées par d'autres nations et à identifier leurs facteurs de succès et d'échec afin d'évaluer les technologies restant à acquérir par la Chine pour mener à bien ce type de missions de façon autonome. Il en est ressorti le besoin de maîtriser davantage en Chine la technologie des lanceurs, le calcul des trajectoires et des orbites, et le suivi radio des sondes dans l'espace. Plus spécifiquement en ce qui concerne Mars, cela passe par une connaissance approfondie et autonome de l'environnement immédiat de la planète, qui conditionne largement le succès des missions de longue durée à sa surface.

La mission Yinghuo 1 s'inscrivait pleinement dans ces objectifs.

Planning prévu de la mission[modifier | modifier le code]

trajet de la fusée russe Zenit et des deux engins dont fait partie Yínghuǒ-1

Il s'agissait d'une sonde de 75×75×60 cm pour 110 kg, conçue pour une mission de deux ans — précisément un peu plus d'un an autour de Mars après un voyage d'un peu moins d'un an avec la sonde Phobos-Grunt[5],[6] — initialement programmée pour être lancée par une fusée Zenit/Fregat de la base spatiale de Baïkonour en [7]. Ce lancement a été reporté le à la fenêtre de tir suivante, c'est-à-dire en 2011[8].

Objectifs et équipements scientifiques de la sonde[modifier | modifier le code]

Les informations concernant la mission Yinghuo 1 étaient assez parcellaires. La charge utile comprenait cinq instruments :

Les principaux objectifs de cette mission pouvaient être résumés comme suit :

  1. Analyse détaillée de l'environnement magnétique et des plasmas au voisinage de Mars.
  2. Étude de l'échappement des ions atmosphériques dans l'espace et des mécanismes à l'œuvre dans l'érosion atmosphérique sous l'effet du vent solaire.
  3. Étude de l'ionosphère martienne à la faveur d'occultations réalisées entre les sondes Phobos-Grunt et Yinghuo 1, particulièrement aux régions situées au-dessus du midi solaire et du minuit solaire.
  4. Observation des tempêtes de poussières martiennes.

Afin de pouvoir réaliser les occultations de l'ionosphère martienne, la sonde devrait connaître sept périodes d'obscurité totale de 8,8 h en traversant l'ombre de Mars.

La sonde Yinghuo 1 était distincte de l'instrument chinois SOPSYS de la mission Phobos-Grunt, destiné à l'analyse in-situ de la surface de Phobos[9].

Énergie et télécommunications[modifier | modifier le code]

La sonde Yinghuo 1 était également dotée des équipements suivants :

La sonde devait être localisée depuis la Terre par interférométrie à très longue base, la communication avec elle étant assurée par des installations de suivi russes et européennes en l'absence, pour l'instant, d'infrastructures suffisantes en Chine.

Étymologie du nom de la sonde[modifier | modifier le code]

Le nom yínghuǒ (orthographié 萤火 en caractères simplifiés ou 螢火 en caractères traditionnels) signifie luciole et rappelle une désignation ancienne et quasiment homophone de Mars, yínghuò, orthographiée quant à elle 荧惑 et 熒惑 en caractères simplifiés et traditionnels respectivement, avec le sens littéral de « flamme égarée, » peut-être en rapport avec l'observation de sa teinte rougeâtre et de ses mouvements apparents de rétrogradation sur la voûte céleste.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Le Monde, dépèche AFP du dimanche 15 janvier 2012 à 19h58 « Une sonde russe s'écrase dans le Pacifique ».
  2. (zh) 科学网 – 19 février 2011 « 我国首个火星探测器将于今年11月上旬发射. »
  3. (en) NASA Solar System Exploration – Missions « Yinghuo-1. »
  4. (en) « China's space program: from conception to manned spaceflight, » de Brian Harvey, p. 314, 2004, Praxis Publishing, UK. (ISBN 978-1-85233-566-3)
  5. (en) NASASpaceFlight.com – 21 mai 2007 « With a Russian hitch-hike, China heading to Mars. »
  6. (en) China Daily – 28 mars 2007 « Chinese satellite to orbit Mars in 2009. »
  7. (fr) Le Quotidien du Peuple en ligne – 9 juin 2009 « Une sonde sera lancée sur Mars en octobre. »
  8. (ru) РИАНовости – 21 septembre 2009 « Запуск станции "Фобос-Грунт" к спутнику Марса отложен до 2011 года. »
  9. (en) Hong Kong Trader – 5 janvier 2007 « HK triumphs with out of this world invention. »

Liens externes[modifier | modifier le code]