Yidam

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Le Yidam (tibétain), ou Ishta-devatā (sanskrit:iṣṭadevatā ou iṣṭadevaḥ), est un concept religieux de dévotion sur le sous-continent indien. il consiste à choisir une déité dite de prédilection, et de la prier plus spécialement[1]. Les termes de support de méditation sont utilisés dans les pratiques tantriques du Vajrayāna.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Sanskrit : işţadevatā est un mot composé de işţa: désiré, aimé, révéré, et devatā: déité ou être divin.

Tibétain : le terme tibétain yi-dam est dit être la contraction de yid-kyi-dam-tshig, c'est-à-dire "samaya de l'esprit"- en d'autres mots, l'état d'être lié de façon indestructible à l'inhérente nature pure et libérée de l'esprit. Le sanskrit exprime le lien de dévotion, alors que le terme tibétain insiste sur la fermeté du lien psychologique et moral (samaya) avec la déité.

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'un Bouddha ou d'un Bodhisattva choisi, ou donné, comme objet de méditation. Dans le cadre d'une liturgie incluant prières, mantras et mudrās, la méditation sur le yidam consiste essentiellement en une visualisation, souvent très élaborée, au cours de laquelle le pratiquant cherche à s'identifier aux qualités intrinsèques du yidam (compassion, sagesse, puissance, etc.) ainsi qu'aux divers symboles du mandala de la déité, c'est-à-dire de son environnement sacré.

La nature d'un yidam est telle que lorsque l'esprit du pratiquant établit un lien avec celui-ci, il ou elle peut compter sans restriction sur cette connexion, et le yidam peut accorder les bienfaits pour lesquels cette connexion a été établie. Ultimement il ne s'agit cependant pas d'un lien avec une déité extérieure, mais bien avec sa propre nature de Bouddha, manifestée sous certains aspects de prédilection, c'est-à-dire en accord avec le tempérament du pratiquant. C'est pourquoi il est souvent préférable que la pratique (sādhana) du yidam soit accordée par le lama, ou gourou.

Hindouisme[modifier | modifier le code]

Par leur long côtoiement historique, et le jeu des influences mutuelles qui s'ensuivit, l'hindouisme et le bouddhisme partagent de nombreuses techniques et approches spirituelles. Dans ce cas-ci, c'est à partir de l'hindouisme que la méditation et la dévotion envers une déité furent réintroduites dans le bouddhisme.

Ici aussi les diverses déités sont des personnifications de certains aspects de la réalité ultime appelé Brahman dans la vue non-duelle, ou encore du Dieu ou de la Déesse unique, Īshvara ou Mahādevī, sous les formes multiples de Shiva, Vishnu, etc... Ainsi Ganesh, Shiva, Hanuman sont des dieux très priés en Inde.

Exégèse[modifier | modifier le code]

Hayagriva

Un Yidam est un être éveillé avec lequel on s'identifie pendant la méditation : on perçoit au travers de cette identification sa propre nature de Bouddha. Les Yidams les plus connus ont une forme courroucée, attitude terrifiante : Hayagriva (manifestation courroucée d'Avalokiteshvara), Vajrakilaya (Dorje Phurba), Samputa, Guhyasamaja, Yamantaka, Hevajra, Kurukulle, Chakrasamvara, Vajrayogini et Kalachakra. D'autres êtres illuminés tels que les formes paisibles de Bouddhas et Bodhisattvas comme Padmasambhava et Manjusri peuvent aussi être pratiqués en tant que Yidams.

Les Yidams sont à la fois une forme spécifique d'un Bouddha et le potentiel inhérent à chacun de devenir un bouddha. L'élève, après force méditation, doit visualiser les principales caractéristiques de son Yidam jusqu'à réaliser une union complète avec lui et en faire une "réalité". Par la suite l'élève doit "déconstruire" cette réalité pour comprendre que ce n'est qu'une illusion qui n'a pas d'existence en soi. Le Yidam peut être masculin ou féminin, et se référer à une déité personnelle dont la nature correspond au tempérament psychologique de l'élève.

Selon certaines traditions, le Yi-dam est considéré comme l'émanation de l'esprit (anglais: mind) de l'adepte. Le Yi-dam est une apparition des forces archétypes qui représentent, non pas le développement spirituel actuel de l'individu, mais les phases finales de son développement spirituel. Ces forces sont en quelques sorte une instruction préparatoire. Le Yi-dam n'est absolument pas à considérer comme un dieu (les dieux faisant partie du samsara). Lors d'initiations autorisées, le Lama aide le pratiquant à prendre conscience de son propre Yi-dam.

Sources[modifier | modifier le code]

Source pour "Exégèse" : Bardo Thödol, Le livre tibétain des morts, découvert par Siddha Karma Lingpa sur le mont Gampo Dar, préfacé par Lama Anagarika Govinda, présenté par Eva K. Daryay en collaboration avec Gesche Lobsang Dargyay, traduit de l'allemand par Valdo Secretan, revu et corrigé sur le texte tibétain sous la direction de Lama Teunzang au monastère de Karma Migyur Ling, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », Paris, 1981. (ISBN 2226012869)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The A to Z of Hinduism, par B.M. Sullivan publié par Vision Books, page 99, ISBN 8170945216