Yi Chong-jun

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Yi Chong-jun (nom préféré par l'auteur[1], en hangeul : 이청준) est un écrivain sud-coréen né le 9 août 1939 et mort le 31 juillet 2008 (à 68 ans)[2].

Auteur de plus de 100 nouvelles et de 13 romans[3]., il est un des auteurs sud-coréens les plus respectés, récompensé par plusieurs grands prix littéraires de son pays[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1939, Yi Chong-jun a obtenu un diplôme de littérature allemande à l'université nationale de Séoul. En 1965, il réalise ses débuts littéraires avec une histoire courte intitulée Toewon (퇴원, signifie « Sortie d'hôpital »). Deux ans plus tard, il remporte le prix littéraire Dong-in pour son roman Les cons et les imbéciles (Byeongsingwa Meojeori, 병신과 머저리).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Yi est l'un des plus grands écrivains de la génération dite "4.19", il a écrit à un rythme considérable sur de nombreux sujets. Les Cons et les Imbéciles (Byeongsin gwa mejeori, 1966) traite du malaise spirituel de la jeunesse coréenne d'après-guerre. Vos paradis (Dangsindeurui Cheonguk, 1976) explore la dialectique de la charité et la volonté de puissance, avec la colonie de lépreux de l'île de Sorokdo comme toile de fond. Les Adorateurs du feu (Bihwa milgyo, 1985) est une sorte de méditation sur le sens des rituels humains menée dans une société athée où aucune garantie de l'absolu ne peut être donnée. Les romans de Yi Chong-jun englobe ainsi un large éventail de préoccupations politiques, existentielles et métaphysiques[5].

Cependant l'un des thèmes récurrents de ses romans a été le souci de la langue comme un vecteur de vérité. Les Murs de la rumeur (Somunui byeok, 1972) décrit la manière dont la liberté d'expression a été réprimée dans l'atmosphère idéologique de la société coréenne à l'ère de la division nationale. Les histoires contenues dans la collection À la recherche des mots perdus (Ireobeorin mareul chajaseo, 1981) peuvent être considérés comme une étude de la violence politique sur la langue. La tyrannie des systèmes politiques, qui va jusqu'à s'intérioriser dans les psychés individuelles devient inextricablement lié à des questions de langue dans les romans de Yi Chong-jun[6].

Un autre de ses thèmes de prédilection est le rôle de l'art dans la vie. Ces premiers récits tels que Le Fauconnier (Maejabi) et La Cible (Gwanyeok) mettent en scène des artisans qui se dédient corps et âme à leur métier, souvent au détriment des formes de bonheur "conventionnelles". À la fin de sa vie, Yi Chong-jun s'est inspiré de l'art populaire traditionnel et de l'esprit coréen incarné en lui pour développer son écriture. Par exemple, son roman Seopyeonje (1993) met en avant le genre musical du pansori, une performance orale traditionnelle coréenne, qui met en scène un chanteur ou une chanteuse de contes accompagné(e) par un musicien à la percussion. Ici, l'expression artistique devient à la fois un mode de réconciliation avec la vie, en dépit de ses innombrables épreuves, et, finalement, un objet de transcendance. "Seopyeonje" a été adapté en film et a contribué à faire revivre un intérêt populaire pour l'art du pansori[7].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L’Île d’Io, trad. de Ch'oe Yun et Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Lettres coréennes », 1991, 96 p. (ISBN 978-2-8686-9605-2)
  • Le Prophète, trad. de Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Lettres coréennes », 1991, 96 p. (ISBN 978-2-8686-9768-4)
  • Ce paradis qui est le vôtre, trad. de Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Lettres coréennes », 1993, 256 p. (ISBN 978-2-8686-9954-1)
  • L’Harmonium, trad. de Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Lettres coréennes », 2001, 192 p. (ISBN 978-2-7427-3308-8)
  • Le Bol de riz du maître, trad. de Jacques Batilliot, ill. de Kang Woo-Hyon, Marseille, France, Éditions Autres Temps, coll. « Jeunesse », 2007, 121 p. (ISBN 978-2-84521-291-6)
  • Les Gens du sud, trad. de Kim Jung-Sook, Arnaud Montigny, Yang Jung-Hee, Ch'oe Yun et Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Domaine étranger », 2007, 160 p. (ISBN 978-2-7427-6848-6)
  • Dialogue avec un vieil arbre géant, trad. de Patrick Maurus, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Domaine étranger », 2011, 370 p. (ISBN 978-2-330-00197-1)
  • L’Azalée blanche, trad. de Jeong Eun-Jin et Patrick Maurus avec l’aide de Margaret Chung et Jacques Batilliot, Arles, France, Éditions Actes Sud, coll. « Domaine étranger », 2014, 192 p. (ISBN 978-2-330-03206-7)
Sur l'auteur
  • Patrick Maurus, Tombeau pour Yi Chong-jun, coll. « Tan'Gun », Paris, Éditions L'Harmattan, 2011, 202 p. (ISBN 978-2-296-55164-0)

Œuvres adaptées au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Iodo, réalisé par Kim Ki-young, 1977.
  • Seopyeonje, réalisé par Im Kwon-taek, 1993, d'après Les Gens du sud, sur un chanteur traditionnel de pansori qui parcourt le pays accompagné de son fils adoptif et de sa fille.
  • Secret Sunshine, réalisé par Lee Chang-dong, 2007, d'après la nouvelle Histoire d'un vers[8].
- Prix d'interprétation féminine au festival de Cannes 2007 pour l'actrice Jeon Do-yeon.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Author Database », LTI Korea (consulté le 7 décembre 2013)
  2. "이청준" biographical PDF available at LTI Korea Library or online at: http://klti.or.kr/ke_04_03_011.do#
  3. Cathy Rose A. Garcia, « Novelist Lee Cheong-jun Dies », The Korea Times,‎ 31 juillet 2008 (consulté le 9 août 2011)
  4. Cathy Rose A. Garcia, « Novelist Lee Cheong-jun Dies », sur http://www.koreatimes.co.kr,‎ 31/07/2008 (consulté le 7/10/2011)
  5. "Lee Chong-jun" LTI Korea Datasheet available at LTI Korea Library or online at: http://klti.or.kr/ke_04_03_011.do#
  6. "Ma Jonggi" LTI Korea Datasheet available at LTI Korea Library or online at: http://klti.or.kr/ke_04_03_011.do#
  7. "Ma Jonggi" LTI Korea Datasheet available at LTI Korea Library or online at: http://klti.or.kr/ke_04_03_011.do#
  8. Emmanuèle Frois, « Lee Chang-dong au cœur de la souffrance », sur http://www.lefigaro.fr,‎ 15/10/2007 (consulté le 7/10/2011)
  9. « Yi Chong-jun : « Dialogue avec un vieil arbre géant » », sur KBS WORLD Radio (consulté le 4 septembre 2014).