Yekouno Amlak

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Yekouno Amlak fut roi ou Négus d’Éthiopie du 10 août 1270 à sa mort en 19 juin 1285[1].

En 1270, le pouvoir en Éthiopie passe ainsi des Zagues aux Salomonides avec l’avènement du prince Amhara, Yekouno Amlak (prononcer Yékouno).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le prince Yekouno Amlak, originaire de région de Borou-Miéda, près du lac Haïk, provoque une rébellion dans le Shewa. Le roi Zagoué est pourchassé et tué dans le Gaïnt. Une partie de la population du Lasta s’enfuit dans le Nord où elle forme encore aujourd’hui des groupes séparés. Un nouveau prince Zagoué soulève alors les populations du Chimézana contre Yékouno-Amlak, assisté des moines du Debra-Libanos de Ham. Mais il est vaincu, le couvent est pris et le monastère de Debré Damo reprend le dessus.

Des légendes plus tardives mettent en valeur le rôle du saint Yasous-Moa, moine de Debré Damo, qui aurait établi une communauté près du Debra-Eziabehèr du lac Haïk et guidé l’ambition de Yekouno Amlak, descendant de la dynastie légitime. D’autres récit mettent en scène Takla Haymanot, moine de Debra-Libanos du Choa, ami de Yasous-Moa, qui aurait fait accepter au roi de Lasta Na'akueto La'ab un pacte cédant le royaume à Yekouno Amlak. Ce dernier aurait accepté de céder un tiers du royaume au monastère du Debra-Libanos, et lui aurait reconnu le droit de désigner l’Itchégué, supérieur des communautés monastiques de toute l’Éthiopie, confirmant par la même les prérogatives de l’Église copte d’Alexandrie sur la nomination du métropolite et l’investiture des évêques éthiopiens.

Ces récits tardifs attestent que les descendants du roi de Lasta auraient conservé les prérogatives sur leur province, ce qui sera confirmé en 1779 par le voyageur Bruce, qui rapportera un incident causé par le meurtre d’un roitelet descendant de Lalibela.

Yekouno Amlak fait reconnaître son autorité sur les provinces voisines de l’Amhara où il a installé sa nouvelle capitale Tégoulet.

En 1274, il demande par l’intermédiaire du souverain du Yémen un nouvel évêque au sultan du Caire, mais ce dernier refuse de lui donner satisfaction, car le souverain éthiopien fait la guerre aux princes musulmans établis à l’est de son royaume, en particulier le sultan d’Ifat, qui menace la province de Choa.

Son fils Yagbéa-Syon lui succède (1285-1294).

Avec les Salomonides s’ouvre une période de croissance rapide pendant deux siècles pendant lesquels, sous des souverains guerriers et lettrés, l’unité territoriale de l’Éthiopie s’affirme, ses institutions civiles et religieuses se codifient, les arts et la littérature se renouvellent.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le calendrier éthiopien : "10 Sené" et "16 Nehasé", respectivement. A. K. Irvine, "Review: The Different Collections of Nägś Hymns in Ethiopic Literature and Their Contributions." Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London. School of Oriental and African Studies, 1985.