Yedisan

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Le Yédisan dans l'Ukraine actuelle.

Le Yédisan (en allemand Jedisan, en roumain Edisan) est une province historique et une région naturelle d'Ukraine correspondant à la contrée d'Odessa et à la moitié méridionale de ce qui était durant la Seconde Guerre mondiale le gouvernement roumain de Transnistrie (en), terme irrédentiste désormais réservé à la micro république sécessioniste du Dniestr.

Antique territoire des Scythes Axiacae[1] desservi par trois comptoirs grecs et connu à partir de la fin -IIIe siècle comme appartenant aux Scyres, il acquiert son nom au XIIIe, après seize siècles d'invasions, d'immigrants Nogaïs et le perd en 1792, à la suite de de sa cession à la Russie par l'Empire ottoman.


Frontières[modifier | modifier le code]

Le Yédisan recouvrait l'actuel oblast d'Odessa, hormis une frange septentrionale, le tiers occidental de l'oblast de Mykolaïv et la grande moitié méridionale de l'actuelle Transnistrie. Limité au sud par la mer Noire, à l'ouest par le Dniestr et à l'est par le Boug méridional, il touchait au nord à la Podolie, dont le séparait un affluent gauche de ce fleuve, la rivière Kodyma (uk), jusqu'au poste frontalier de Balta. De là, la frontière nord, reconnue officiellement depuis 1699[2], suivait le cours du Iagorlyk (uk), qui prend sa source sur les hauteurs sud ouest de Balta, se dirige vers le sud et se jette dans le Dniestr en amont de Dubăsari, à hauteur de l'île Goian (ro).

Étymologie[modifier | modifier le code]

La région tire son nom du nogaï yedi et san, qui signifient respectivement sept et cent mille[3]. L'expression désigne les sept fractions constitutives[3] d'un groupe de Tatars Nogaïs qui ont conquis la région en 1224. Ces sept fractions se nommaient Kineges, Mangit, Acigen, Alcin, Yaltir, Dersengi et Masgar et avaient chacune leur bey[3]. Leur tradition orale, riche de ces renseignements, survivait encore avant guerre, identique à celle de leurs lointains cousins installés dans l'ancien Khanat de Khiva, dans quelques familles de Dobrogée[3].

Au XVe siècle, la région est connue comme une partie de la marche méridionale et désertique du Grand-duché de Lituanie vaguement située au delà du Ros et appelée Désert ((lt) Dykra (ru)), équivalent lituanien du russe Ukraïna. C'est au XVIe siècle que l'administration ottomane restaure et fixe le terme, jusqu'alors inconnu des chancelleries étrangères, de Yédisan.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Yédisan avant le Yédisan[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Antiquité grécoscythique (-647-237)[modifier | modifier le code]

Habitée à partir du -XIIe siècle par les mythiques Cimmériens, que les archéologues repèrent à partir de -900 dans la civilisation de Novotcherkassk, la région, couverte de steppes, est envahie vers le -VIIe siècle par les Scythes. Comme les Scythes Borysthènes, qui sont leurs voisins orientaux, les habitants se nomment par le nom du fleuve dont ils peuplent les deux rives, l'Axiaces[1]. Les Axiaces ((la) Axiacae) ont pour autres voisins les Crobyzes ((la)Crobyzi), eux mêmes voisins de la rivière Rhodes[1], peut être l'actuel Ros, qui est au nord la frontière naturelle de la steppe pontique.

Quelques décennies après l'apparition de la civilisation scythique, à partir de -647, la côte accueille des marins milésiens venus d'Histria, elle même fondée en -657. Ils fonderont trois colonies.

Monnaie d'Olbia du Pont en forme de dauphin, témoignage de l'attachement de la colonie grecque au mythe fondateur de l'héraclide Scythès, fils de la mélusine Delphine et héros éponyme des Scythes installés par le légendaire Targitaos (uk) sur les deux rives du bas Borysthène.
- Nikonion fait face à Tyras, construite à l'embouchure du fleuve du même nom en pays gète, en aval des Tyragètes.
- Olbia du Pont, plus à l'est, est le port maritime où est entreposé le fret des bateliers de l'Hypanis, aboutissement de la route de l'ambre de Sambie et départ de caravanes pour la terra incognita des Issedones puis la Sérique. Transitaires et armateurs feront du terminal une grande foire aux esclaves, un important centre d'exportation du cuir, produit de transformation de l'élevage scythique, et un des principaux marchés du blé importé en Hellade. :
- Borysthènes (en), située à l'embouchure du fleuve du même nom près du promontoire Hippolaüs (uk) en forme d'éperon qui le sépare de l'Hypanis[4], c'est à dire en face d'Olbia sur le golfe borysthénique (en), avait déjà disparue au Ie siècle en se confondant avec la précédente[5] et n'a pas laissé de traces archéologiques, peut être à cause d'une transgression marine à moins qu'il ne faille l'identifier avec la nécropole de l'île d'Achille[6], dont le nom contemporain, Berezan, signifie rives en ruthène (Бережие).

Ces deux derniers ports commandent deux relais à l'entrée du golfe, Ordessos[1], tourné vers la haute mer, et Alector, qui est une forteresse dominant des salines[5].

Article connexe : Tiare de Saïtapharnès.

En -512, la Scythie au delà des bouches de l'Istre est explorée en profondeur par Darius en personne à la tête de sept cent mil hommes[7]. Partie de l'Hellespont, l'expédition s'enfonce de plus de huit cent kilomètres jusqu'à Gélonos, comptoir hellénisé des Boudins situé près de l'actuel Bilsk (uk)[8], mais la steppe pontique, dépourvue de villes, se révèle incapable d'entretenir une armée stationnée et, face à une guérilla insaisissable, impossible à tenir.

Monnaie frappé du nom de Skyl (en) trouvée à Nikonion, où a été également retrouvé le tombeau du roi trahi par son demi frère Octamasadas (en)[9].

Monté sur le trône vers -465 à la suite du meurtre de son père Ariapeithes par le roi des Agathyrses Spargapeithes (uk), le roi métis Scyles (en) construit un palais à Borysthènes (en) et s'y initie aux mystères dionysiaques[10]. Il en est chassé par une faction qui rejette l'hellénisation[10] et la sédentarisation. Il se réfugie auprès du roi des Odryses Sitalcès, oncle maternel de son demi frère Octamasadas (en), puis échangé avec le frère aîné de Sitalcès, prince légitime des Odryses lui même réfugié chez les Scythes. Octamasadas (en) le fait exécuter aussitôt avant de monter à son tour sur le trône.

Au milieu du -IIIe siècle, la région est annexée par Ateas[11], tyran scythe de ce qui est aujourd'hui Kamianka-Dniprovska, jusqu'à la défaite fatale que lui inflige en -339 sur les rives méridionales de l'Istre Philippe de Macédoine. En -331, le général macédonien Zopyrion incendie Nikonion avant de trouver la mort durant le siège d'Olbia, ravitaillée par les Scythes et secourue par les Gètes.

À la suite de ces troubles, les Sarmates subjuguent l'arrière pays. Dès la fin du -IIIe siècle , la prospère Olbia est régulièrement assaillie par des coalitions de mercenaires conduits par quelques clans Germains, Celtes, Iraniens, cherchant à lui imposer tribut, Saïs, Thisamates, Saudarates... Les Scyres finissent, dans les brisées des Bastarnes, par s'emparer durablement de l'arrière pays. Au tout début du -IIe siècle, des Galates échouent dans leurs assauts grâce au secours de l'archonte Protogenes.

Amphore panathénaïque (en) en verre, exploit technique qui témoigne de la prospérité de l'Olbia du temps de Scilouros, soit un siècle avant son déclin.

Vers -130, Scilouros, héritier du roi des Tauriens Argotos (uk) et de la reine des Criméens Camasarye, règne sur Olbia à partir de sa capitale orientale de Neapolis mais il doit faire appel aux forces armées des Sarmates Roxolans quand il tente d'étendre son hégémonie sur la colonie pontique de Chersonèse. Après sa mort en -113, son fils Palacos, dernier roi scythe, étend son domaine vers l'ouest au delà de Nikonion et du Tyras jusque sur la Scythie mineure (uk). Quand en -111 Palacos est défait par Diophante (en), général du roi du Pont Mithridate, le roi des Roxolans Tasios (ru) transforme son alliance avec les Scythes en domination. Les ports de Nikonion et d'Olbia entrent alors dans la mouvance du Royaume du Bosphore de l'archonte spartocide Pairisadès V, petis fils ou arrière petit fils de Camasarye. Quand en -107, Mithridate hérite le Royaume du Bosphore du défunt Pairisadès, c'est avec ces deux cités, mais sans l'arrière pays, abandonné aux Roxolans.

En -55, cinq ans après la défaite infligée devant Histria au proconsul de Macédoine Caius Antoine par les Bastarnes qui fit renoncer Rome aux colonies grecques du rivage occidental du Pont Euxin, l'« empereur » dace Burebista, à la tête de l'armée gète, entreprend, avec succès, de soumettre l'ensemble de celles ci mais en -48 échoue devant Olbia, qu'il doit se contenter de mettre à sac. Les échanges commerciaux avec l'arrière pays scyre interrompus, la cité, port désormais excentré à l'occident du Royaume du Bosphore, ne se remettra jamais tout à fait de cette catastrophe.

Le déplacement en 56 de la frontière du tout jeune Empire romain des bouches de l'Istre à celles du fleuve Tyras et le rattachement de la cité de Tyras à la province proprétoriale de Mésie marquent la velléité de la préfecture du prétoir de Claude puis de Néron d'établir une jonction terrestre avec un Royaume du Bosphore gouverné par le roi Cotys comme un protectorat romain mais le projet militaire, sans perspectives commerciales, laisse Olbia et sa région à l'écart. Comme à l'autre bout de l'Empire romain au pied du mur d'Hadrien, la légion accapare les moyens pour échafauder murailles et palissades stériles, le mur d'Athanaric (en) puis le mur des Greuthonges qui prolongent le limes transalutanus (en) et le mur de Constantin (ro). L'ensemble, surnommé mur de Trajan, abandonne le futur Yédisan frontalier aux « Barbares », dont les razzias en justifient l'entretien.

« Invasions barbares » : Goths, Huns, Avars, Antes (238-633).[modifier | modifier le code]

La Scythie axiacique s'étend à la frontière nord orientale du Bas Empire.

Les populations Sarmates, tels les Antes occidentaux vaincus en 376 par Withimer[12], sont assujetties dès le IIIe siècle par les Goths. Les contingents de ceux ci commettent une première incursion dans l'Empire romain en 238 sur le bas Danube, en pillant Histria avec l'appui des Carpes et en obtenant un tribut annuel. À partir de 255, ils imposent à l'est leur gouvernement au roi du Bosphore Rhescuporis IV, préfigurant la principauté des Goths de Crimée. La légende place sur le Dniepr Bourg sur le fleuve (en), capitale de leur royaume (en) conquis par le héros Filimer (en) sur les fées catabatiques Aliorumnas. Olbia du Pont, incendiée au moins deux fois, disparaît et avec elle, la présence grecque pour neuf siècles.

Du IVe siècle au Ve siècle, se développent à l'ouest du Dniepr pour s'étendre jusqu'au lime dace un type d'habitat paysan et un mode de sépulture associés à un profil de céramique et d'orfèvrerie appelés civilisation de Tcherniakhov. Cette diffusion est parfois interprétée comme le résultat local de l'expansion militaire des Sarmates libérés du roi Amales des Greuthunge (en) Ermanaric en 375 par l'invasion des Huns du légendaire Balamber. En 390, Uldin, successeur d'Alypbi, conduit l'aile occidentale des Huns jusqu'aux rives du Danube et s'empare du terriroire des Scyres. Un demi siècle plus tard, en 445, les Scyres, gouvernés par le roi turcilinge (de) Edecon au sein de l'empire « barbare », fomentent avec les Gépides le coup d'état qui permet au méote Attila, dont sortira la Maison de Doulo, de s'emparer de la couronne et des six mil livres d'or versées par l'empereur de Constantinople Théodose le Second.

Aux Ve siècle, une fraction des Sarmates, identifiée aux Antes par un type de poterie appelé Penkovka (de), développe au nord du Yédisan un mode de vie et une organisation propres. En 518, suivis des Slaves Oulitches qui se fixeront en Moldavie, ils se répandent vers le sud ouest, dans la Valachie et la Transylvanie actuelles, où apparaît un type de poterie assez proche, dit Ipotesti-Candesti (de). Ce profil de civilisation recouvre le futur Yédisan tardivement, au VIIe siècle, soit après l'évacuation de la région par les Avars, arrivés sous la conduite du khan Zabergan (en) en 562[13] pour accomplir la mission pour laquelle l'empereur d'Orient Justin II les rémunèrent de faire régner la paix sur les nombreuses peuplades guerrières qui circulent entre la Tisza et la Volga.

Des Onoghours Bulgares et Magyars aux Coumans (634-1223).[modifier | modifier le code]

Trois siècles durant, de 634 à 915, le pays scyre est dominé par les bataillons Onoghours, ceux des khans Ermi puis Ouokil (en) d'une Bulgarie primitivement étendue entre Dniepr et Danube, puis ceux des khans Doulo qui dirigent les Magyars de l'Etelköz.

En 632, Koubrat, khan des Koutrigoures de la Maison de Doulo, s'affranchit de la tutelle du khagan avar Boyan et franchit deux ans plus tard le Dniepr. L'ancien territoire des Scyres passe du Khaganat avar (en) à la coalition de la Grande Bulgarie, que dominent les Onoghours.

En 668, les Khazars vassalisent la partie orientale de la Grande Bulgarie. Sept clans (en) Onoghours restent assujettis dans la région du Don ou « Dentü Mogyer (en) » et constituent le peuple magyar, autour de leur « capitale » Levédia, qui tire son nom de leur khan Levedi (en). En revanche, les clans rebelles des Onoghours se transportent vers l'ouest au delà du Dniepr et atteignent le Danube. C'est là qu'en 680, sous la direction du koutrigoure Asparoukh, fils de Koubrat, il vainquent les romains d'Orient à la bataille d'Ongal et s'installent pour douze générations. Les successeurs d'Asparoukh, à la tête d'une confédération de sept tribus slaves (en), fondent et étendent dans les Balkans la Principauté de Bulgarie à partir de leur capitale, Pliska.

Le futur Yédisan, au cœur du supposé territoire de l'Etelköz, alias Atel ensu, à l'époque de Charlemagne.

En 837, le khan des Bulgares Pressiyan, pour mater la rébellion des Slaves de Thessalonique, fait appel aux Onoghours Magyars[14]. Deux ans plus tard, ceux ci, qui ont probablement franchi le Dniepr avant 831[15], occupent le territoire « entre les fleuves » ou Etelköz. Le franchissement du Danube est effectivement barré aux voyageurs retournant de Constantinople vers la Russie[16]. Les Magyars reprennent leur migration vers l'ouest en 889 pour fonder la Hongrie[17]. En 915, ils cèdent aux Petchenègues du khan Kouria la partie frontalière de leur territoire située sur les rives de la Mer Noire au nord des bouches du Danube.

En 1068, à la suite de la bataille de la rivière Alta (en), cette région est annexée à l'empire des Coumans que dirige le khan Sokal. Son successeur, Boniak (ru), s'immisce dans les affaires romaines et russes. Ouvert au commerce, tolérant vis à vis des Chrétiens comme des Juifs, lesquels continuent, après la chute du pouvoir khazar, de gérer le port de Tmoutarakan, c'est probablement lui qui accueille un nouveau comptoir grec au iieu dit Le cours d'Achille, qui s'étend au sud du golfe borysthénique (en). Oléchia (ru), en doublant le port de Chersonèse, ouvre la voie commerciale du Dniepr vers le khaganat de la Rus'. Elle livre en quantité le poisson pêché en abondance dans les limans au port fluvial de Kiev, qui est alors une des plus grandes villes d'Europe.

Oléchia (ru) est pillée en 1159 par six mil déserteurs Coumans conduits à travers le futur Yédisan par un prince rebelle de la principauté de Galicie, les Berladniks (en)[18]. La marine envoyée en secours par le grand-prince de la Russie kiévienne Rostislav Mstislavitch ne parvient pas à sauver la cité.

Une marche entre empires[modifier | modifier le code]

Le Yédisan nogaï (1224-1412)[modifier | modifier le code]

Le khan des Coumans Kotian (en) est vaincu le 31 mai 1223 à la bataille de la Kalka au nord du marais méotide par les chiens ((mn) nogaï, au sens d'éclaireurs), de Gengis Khan, Djebé et Subötaï. Dix mil Tatars, conduits par leur chef éponyme Tatar, fils de Terval et petit fils de Djötchi, émigrent du sud est de la Bachkirie[3] pour ce qui deviendra de son côté le khanat de Crimée. Ces éleveurs nomades poussent leur chevaux plus vers l'ouest[3] et fixent leur capitale dans la citadelle de Qarakerman, la future Otchakoff, en 1224.

Quatorze ans plus tard, en 1238, le petit fils de Gengis, Batou, secondé militairement par Subötaï, chasse définitivement Kotian (en). Hommes et chevaux évacuent la région vers l'ouest pour rejoindre les Petchenègues de la plaine de la Tisza et fonder la Grande Coumanie (en). En 1243, Batou est établi par son oncle, le grand Khan Ögödei, khan des territoires conquis et rassemblés sous le nom de Horde d'or. Il confie la frontière occidentale aux Tatars de l'ouest. Ceux ci assoient à partir de Qarakerman leur domination jusque sur la Galicie et la Valachie, l'Europe centrale ayant été ravagée de l'Oder à l'Adriatique par les campagnes conduites par Batou entre fin 1240 et fin 1242.

En 1265, Nogaï, fils et héritier de Tatar, franchit le Danube avec une armée de quatre mil hommes et signe une paix rétribuée avec l'empereur romain d'Orient Michel Paléologue en épousant une des deux filles illégitimes de celui ci, Euphrosyne. En 1271, Nogaï, allié contre l'Ilkhan Abaqa au mamelouk Baybar avec lequel il supervise une lucrative traite d'esclaves, se convertit à l'islam à l'instar de son oncle Berké[19], cadet de Batou et khan de la Horde bleue, qui est la moitié occidentale de la Horde d'or. Il mène des campagnes, en Lithuanie en 1275, en Bulgarie, où il épousera la puinée du tsar Georges Terter, en 1282, en Transylvanie en 1285, en Pologne en 1286, d'où il ramène des milliers d'esclaves. Il impose en 1292 son protectorat à la Serbie de Miloutine et la Bulgarie de Smilets.

En conflit avec Toqtaï, arrière petit fils de Batou qu'il a soutenu dans son accession au titre de khan de la horde d'or mais qui a fait exécuter son petit fils Agtji quand celui ci a entrepris d'imposer le trafic, en particulier le trafic d'esclaves, opéré par les Gênois et les Vénitiens dans les ports de la Mer Noire, Nogaï est trahi par ses chefs de clans au cours d'une bataille et tué en 1299. La tête de son fils Tchaka, réfugié à Constantinople comme son beau père Georges Terter auprès des Alains de la garde de l'empereur Andronic Paléologue puis brièvement élu par les boyards tsar de Bulgarie, est apportée l'année suivante par le beau frère de celui ci, Théodore Svetoslav, à Toqtaï. La Horde Nogaï, refoulée à l'ouest au delà du Dniestr dans le Yédisan par Théodore Svetoslav, est, à l'est, confinée de part et d'autre du Don par Toqtaï et scindée en deux.

Les descendants de l'aile occidentale de la Horde Nogaï, appelés Qara Nogaï ((mn) Chiens noirs), s'organisent en sections délimitées d'ouest en est par les grands fleuves, Boudjak, Yédisan, Djamboylouk, Djédichkoul, au nord de la péninsule de Tauride, parfois appelée depuis Horde d'Azov, et Kouban, appelée également Petite horde Nogaï (en). Les quatre premières affrontent deux siècles durant les armées du Grand Duché de Lituanie, dont l'objectif est d'établir la liaison entre la mer Baltique et la mer Noire. Kiev conquise par le Grand Duc Gediminas à la bataille de l'Irpine en 1321, le fils de celui ci, Olgierd, fixe la frontière au Yédisan à la suite de sa victoire remportée en 1362 à la bataille des eaux bleues (en) sur les trois beys Tatars qui gouvernent une Podolie[20] affaiblie par la Peste noire. Parmi ces trois là, Hadji Bey, qui transmettra son nom à sa nouvelle place forte, Khadjibey (ru), l'actuelle Odessa.

En 1397, la cavalerie du voïvode de Moldavie Etienne, au nom du gouverneur de Lithuanie Vitold[21], atteint sans résistance[22] la rive occidentale du bas Dniepr. En échange de leur soutien militaire, un certain nombre de mercenaires Nogaïs se sont fait offrir des terres en Daïnavie et en Podlachie, zones relativement épargnées par l'épidémie. Il s'y marieront et feront souche pour former la communauté musulmane des Lipks, réservoir de gendarmes et de postiers au service du Grand duc.

En 1399, lors de la Bataille de la Vorskla (en), le Mangit Edigu donne un coup d'arrêt à la progression des Lithuaniens[23]. Le terrain conquis par ceux ci est cédé jusqu'au Dniestr[24] puis repris, jusqu'au rivage, par les troupes du voïvode de Moldavie Alexandre le Bon en 1412.

Le Yédisan polonais (1413-1503)[modifier | modifier le code]

Le Yédisan en 1434, porte méditerranéenne de la Lituanie entre une Moldavie polonaise et une Crimée en conflit avec la Horde d'Or d'Ouloug Mehmet (de).

Le voïvode de Moldavie Alexandre le Bon relève les ruines d'Alector et installe à demeure une garnison au service de son suzerain Grand duc Vitold puis du successeur de celui ci, Svitrigaïlo. Vitold aide Hadji Giray dans son projet de faire sécession d'avec la Horde d'or et de créer un khanat en Crimée alors qu'en 1417 l'armée ottomane de Mehmet Ier profite de la guerre civile entre Radou Tête rase, que le Sultan soutient, et Dan le Second, candidat du roi de Hongrie et de Germanie Sigismond de Luxembourg, pour s'emparer de la Dobbogée méridionale. Chaque année, de 1418 à 1420, les Ottomans assaillent Moncastre, alias Cetatea Albă, sur le Dniestr. Le khanat de Crimée est fondé en 1428 et se voit céder le droit de suzerainté sur le Yédisan lithuanien. C'est en effet Hadji Giray qui confirme les droits des descendants de Hadji Bey sur ce qui s'appellera désormais Khadjibey (ru)[25], la future Odessa.

En 1440, l'assassinat du Grand duc Sigismond Kestutaïtis par la noblesse orthodoxe ruthène renouvelle la guerre civile lithuanienne (en) et fait du Yédisan l'arrière court d'une Podolie rebelle que dirige le Prince Svitrigaïlo vaincu cinq ans plus tôt à la bataille de Pabaiskas.

Evocation orientaliste peinte en 1899 par Gennady Ladijensky (ru) de Khadjibey. Jusqu'en 1792, le Yédisan est perçu en Europe comme une terre d'Islam vouée à la conquête coloniale.

En ce début du XVe siècle, les frères Senarega (it), armateurs gênois et pirates à l'occasion, obtiennent à concession un comptoir situé aux portes de Qarakerman, renommée par les Roumains du nom de l'hièble médicinale dont il s'y fait commerce, Vozia, qu'il fortifient et baptisent Lerici, mais dès 1452, le sultan Mehmet II, qui conquiert Constantinople l'année suivante, impose une taxe aux navires franchissant le Bosphore. En 1455, à l'occasion du coup d'État de Pierre Aron, bientôt reconnu par Mehmet II, qui renverse le prince de Moldavie Alexandre Mouchat, homme lige du roi de Pologne Casimir Jagellon, les Gênois sont délogés par leurs concurrents d'Aqkerman, le Moncastre qu'avait défendu en 1429 Alexandre Aldea. Vingt neuf ans plus tard, en 1484, celle ci et le Boudjak sont conquis par les Ottomans de Bazajet II.

En 1492, une expédition des « Cosaques » (première mention du terme) du maire de Tcherkassy, Bogdan Glinski (uk) donne aux Criméens, désormais alliés de la Moscovie devenue indépendante contre l'Union polonolithuanienne, le prétexte pour occuper Vosia. Le khan Mengli Giray la fortifie et la renomme, par homophonie, Özu kale ou Forteresse d'Özu, que les Galiciens transcriront en Otchakoff, Özu étant le nom turc du Dniepr. L'année suivante, elle est pillée par les mêmes Cosaques. Leur ataman, qui est un descendant du couman rebelle Mamaï, en ramène des esclaves, ainsi qu'un trésor de trente mille altyns (en). L'opération est réitérée en 1494 et libère des centaines de captifs.

Le Yédisan ottoman (1504-1791)[modifier | modifier le code]

Les Tartares d'Oczakow entre Cosaques et Petite Tartarie sur une carte de 1665 de Nicholas Sanson.

Les Ottomans élèvent une forteresse à Khadjibey (Odessa) et renforce celle d'Özi (Otchakov). Celle ci résiste en 1541 et 1542 aux expéditions des starostes Bernard Pretwicz et Fiodor Sangousko. La multiplication de telles expéditions provoque successivement la protestation officielle du sultan ottoman Soliman auprès du roi de Pologne Sigismond, la rébellion contre celui ci du staroste Dmytro Vychnevetsky en 1552, la fondation par ce dernier du sitch des Zaporogues et du fort de Khortytsia sur le Dniepr en 1554, la destruction du même fort par les Nogaïs en 1557.

En 1599, les Ottomans détachent le Yédisan du Khanat de Crimée et en font, à l'instar de la Dobrogée et la Bessarabie, un sandjak du pachalik de Silistra. Sur le plan religieux, ils le dévoluent sous le nom de diocèse d'Ukraine au métropolite de Proelavie. Les rebelles moldaves, en se réfugiant au delà de la frontière polonolithuanienne[26], donnent le prétexte nécessaire aux Ottomans pour refouler les chrétiens insoumis en Podolie. Les opérations se déroulent en deux temps, en octobre 1620 à la suite de la bataille de Ceçora puis, moins d'un an plus tard, en septembre 1621 à la suite de la Bataille de Khotin.

Archer nogaï reconstitué et dessiné à l'encre et la gouache vers 1885 par Vaslav Pavlichak (pl).

Khadjibey et d'Özi servent de bases de repli aux Nogaïs après leurs expéditions de pillage en Pologne, Russie ou Moldavie qui leur permettent de s'acquitter du tribut dû au Caliphe. Face aux Nogaïs, les Polonais et les Russes, ceux ci après qu'ils ont signé les traités de Pereïaslav et d'Androussovo en 1654 et 1667, arment les Cosaques Zaporogues et leurs cèdent les terres conquises au nord du Yédisan et de la Crimée pour y établir leurs sitchs.

L'armée ottomane, cent mil hommes dont les timariotes Nogaïs appuyés par les douze mil cosaques de l'hetman Petro Dorochenko (en), assiègent Kamenets (en), saccagent Lvov et conquièrent la Podolie par une campagne de quatre ans, la guerre de 1672. La paix de Boutchatch en fait un gouvernement, l'eyalet de Podolie (en). Les Ottomans imposent leur protectorat à l'Ukraine de la rive droite de Dorochenko (en) et repoussent leur frontière sur la rive occidentale du Dniepr au sud de Kiev en prolongeant le conflit par une seconde guerre, qui se conclut en 1681 par le traité de Bakhtchisaraï (ru). Différentes clauses confient aux seuls Zaporogues la militarisation de leur territoire frontalier mais délèguent aux Nogaïs la régie de leurs activités économiques, pâturage, pêcheries, saunerie, salaison, commerce portuaire.

Les invasions de 1695 et 1696 (en) conduites pour le tsar de Russie Pierre le Grand par les cent mil hommes de Boris Cheremetiev aux frontières nord et nord est du Khanat de Crimée rendent difficiles le maintien, au nord ouest du Yédisan, dans un Empire ottoman défait quinze ans plus tôt devant Vienne par la Sainte Ligue, de la Podolie. Le 29 janvier 1699, le traité de Carlovitz restitue celle ci à la Pologne et fait du Yédisan de nouveau la frontière turque.

Le pôle méditerranéen de la Russie[modifier | modifier le code]

L'annexion par la Russie impériale (1792-1916)[modifier | modifier le code]

Carte du Yédisan publiée à Vienne vers 1790

La Tsarine Catherine II régnante, la Russie cherche un débouché méditerranéen. Au terme de la guerre russo-turque de 1768-1774, le traité de Küçük Kaynarca fixe la frontière de l'Empire russe au Yédisan. Au terme de la septième guerre russo-turque, le traité de Iaşi, signé le 9 janvier 1792, cède le Yédisan à la Russie.

La population est alors très majoritairement roumaine. En 1793, quarante neuf des soixante sept villages du Yédisan le sont. Les Nogaïs sont alors déportés vers l'Asie centrale mais une partie d'entre eux se réfugient dans le Boudjak et en Dobrogée, restés ottomanes. Les Tzars repeuplent la région en offrant des terres aux colons Russes, Ukrainiens, mais aussi Bulgares, Moldaves et Allemands, qui viennent rejoindre les Cosaques déjà établis à la place des Tatars.

Le duc de Richelieu, un Français, est chargé de bâtir un port au pied de la citadelle de Khadjibey qui serve de nouvelle capitale. Pour celle ci, on choisit le nom d'une colonie grecque de la mer Noire, l'antique Odessos, actuelle Varna en Bulgarie. Pour honorer la tsarine, Odessos est féminisé en Odessa. Le Yédisan intègre alors le Gouvernement de Kherson, et le nom cesse d'être usité. Odessa, pendant méridional de Saint-Pétersbourg, jouit d'un statut spécial. Gouvernée de 1803 à 1822 par le gouvernement central du Tsar et de 1822 à 1823 par le gouverneur général de Nouvelle Russie et Bessarabie, elle devient la quatrième ville de l'Empire, après Varsovie.

Le ralliement à la Russie soviétique (1917-1940)[modifier | modifier le code]

Le 9 juin 1917, à la suite de la Révolution de Février, se met en place à Odessa une assemblée législative régionale, le Roumtcherod[27], qui reconnaît le Gouvernement provisoire mais bientôt devient de fait un gouvernement autonome. Le 22 novembre, deux semaines après la Révolution d'Octobre, Simon Petlioura, ministre de la défense de la nouvelle République populaire ukrainienne, qui a son siège à Kiev, ordonne le rassemblement, dans l'ancien Yédisan comme dans tout le sud ouest du territoire revendiqué par son gouvernement, des soldats de langue ukrainienne dans des unités distinctes, semblables à celles qu'il a déjà sous ses ordres et qu'il nomme « haïdamaks ». À Odessa, c'est le député Victor Paplavko (ru), élu à la Rada le 7 août[27], qui est chargé de se coordonner avec un Roumtcherod menchévique et d'administrer la garnison et son important matériel. Six semaine plus tard, le 3 janvier 1918, le Roumtcherod, où les bolchéviques viennent d'acquérir une majorité relative, déclare Odessa ville libre.

L'éphmère République soviétique d’Odessa au 1er mars 1918.

Le 22 janvier, la République populaire ukrainienne proteste officiellement et revendique sa souverainété territoriale[27]. Le 26, un soviet de soldats, piloté par le Comité des 15, s'empare des installations militaires de la ville. Cadets, junkers et haïdamaks qui résistent sont écrasés le 29 par l'artillerie de la flotte de la mer Noire, le croiseur Almaz et les cuirassés Sinop et Rostislav. Le 31, le Roumtcherod rallie la république soviétique de Russie naissante, et proclame son rattachement au gouvernement de la République soviétique de Kharkov. Toute la région entre le delta du Danube et le bas Dniepr, Bessarabie incluse malgré l'opposition du Sfatul Țării et l'intervention de la mission Berthelot, se constitue sous la présidence de Vladimir Iodovsky (ru) en une République soviétique d’Odessa. Quatre cents officiers sont exécutés[28], transformés en bloc de glace sur le pont de l'Almaz à force de jets d'eau ou jetés dans la chaudière. Deux mil « bourgeois » sont massacrés par une foule incontrôlable[29].

Pour faire face à l'offensive commencée trois jours plus tôt sur le front roumain par l'armée austro-hongroise, la république d’Odessa est contrainte de se coordonner avec la Rada centrale, alors même que celle ci poursuit séparément de la Russie et pour son compte les négociations qui préparent le Traité de Brest-Litovsk. Celui ci, signé le 3 mars, autorise l'inéluctable invasion par les troupes roumaines assujetties à l'état major allemand dès avant la signature du Traité de Bucarest et attendues avec soulagement par une grande partie de la population[29] que les pillages et la politique du gouvernement soviétique a terrorisée. Le 11 mars, ceux des soldats russes démobilisés qui s'opposent aux bolchéviques sont rassemblés par le colonel Drozdovski et, dans le sillage de la Deutsches Heer, entament à travers le nord du Yédisan leur marche de Iași au Don pour rejoindre l'armée blanche du général Kornilov. Le 13 mars, le gouvernement de la République d’Odessa, que l'armée roumaine promettait de laisser gérer les affaires intérieures, s'enfuit sans combat[29] pour Ieïsk, sur la rive orientale de la Mer d'Azov, et le Yédisan est occupé par l'administration militaire austro-allemande.

L'Hetmanat, gouvernement soutenu par le IIe Reich qui renverse la République populaire ukrainienne le 29 avril, revendique le territoire mais c'est la guerre civile qui y règne, les bandes armées dans la campagne, l'agitation politique dans les villes. Le 18 décembre, quatre jours après la chute de l'Hetmanat, la marine française débarque à Odessa. En but à l'hostilité de la population et au caractère vain des négociations avec le général Grékoff (ru), gouverneur de la région de Kherson et ministre de la défense d'un Directoire d'Ukraine confiné dès février par l'Armée rouge et l'Armée noire à la Podolie, elle commence l'évacuation du port le 1er avril 1919, lequel est investi le 7 par les troupes de l'ex « ataman » Grigoriev au nom de la République socialiste soviétique d'Ukraine.

Article connexe : Mutineries de la mer Noire.

Occupation roumaine (1941-1944)[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 1941, seize jours après le déclenchement par Adolf Hitler de l'opération Barbarossa, la IIIe armée (ru) du Conducator de Roumanie Ion Antonescu, partie de la frontière du Prout le 2, fait la jonction avec la XIe armée de la Wehrmacht à Khotyn, en Bucovine. C'est l'Opération Munich (ro). Plus au sud, les soixante mil hommes de la IVe armée roumaine (en) envahissent la République socialiste soviétique moldave et atteignent le Dniestr le 27 juillet. À la mi août, ils occupent le Yédisan ainsi que le territoire qui le sépare de la Podolie abandonné par la XVIIIe armée soviétique (ru). Seul le port d'Odessa, où près de la moitié des cent quatre vint mil habitants est ashkénaze, résiste. Le siège d'Odessa dure jusqu'au 16 octobre.

Le 19 août 1941, le Yédisan est incorporé dans le Gouvernement de Transnistrie (en) au sein du Royaume de Roumanie. Le gouverneur de la nouvelle province est George Alexianu (ro). Un recensement conduit en décembre montre[30], en excluant les ashkénazes, que si les grandes villes, Odessa et Tiraspol principalement, sont russophones, la campagne est majoritairement ukrainienne, sauf dans plusieurs zones proches de l'ancienne frontière du Dniestr où elle est moldave, ce qui a servi de prétexte à l'irrédentisme roumain. Le Yédisan abrite une forte minorité d'Allemands de la mer Noire, soixante trois colonies, dix huit autour de Glücksthal (ru) le long du bas Dniestr, dix autour de Straßburg (ru), le long du bas Koutchourhan, treize autour de Großliebenthal (ru), le long du fleuve Akkarja qui coule à l'ouest d'Odessa, dix huit autour Landau (de), en amont du Bérésan (de). Organisés dès 1941 par la VoMI en une milice d'auto défense des nationaux allemands (de) qui compte sept mil hommes, ils dépouilleront et brûleront quelque cinquante deux mil « Artfremd ».

Enfant rescapé photogarphié en 1944[31].

À la suite d'un attentat, cinq mil « juifs », athées et croyants dénoncés comme communistes, sont pendus en grappes aux lampadaires d'Odessa dans la nuit du 22 octobre 1941. Le lendemain matin, dix neuf mil sont fusillés ou brûlés dans les neufs magasins à poudre du port, où ils ont été enfermés. L'après midi, vingt mil personnes sont emmenées pour être fusillées méthodiquement par lot à Dal'nyk (ro), qui est à une journée de marche au sud ouest d'Odessa. Là, cinq mil femmes, enfants, vieillards restants sont enfermés dans les quatre entrepôts, qui sont mitraillés. Le 24 à dix sept heures, trois des entrepôts sont incendiés. Le 25, c'est au tour des hommes. Les entrepôts sont canonnés.

Les massacres d'Odessa ont alors fait au moins quarante mil morts. Ils durent jusqu'à l'ouverture d'un ghetto, le 3 novembre. 33 182 personnes, originaires d'Odessa ou chassées de la campagne, en seront déportées jusqu'au 10 avril 1942 par trains vers trois camps de concentration ouverts à Bogdanovka (de), Domanivska (ru) et Ahmedtchéka (uk), aux confins nord est du Yédisan. Quelque cent quinze mil ashkénazes[32] et quinze mil tziganes, déportés de Bucovine, de Bessarabie et de Transylvanie roumaine par les « trains de la mort »[33], mourront dans ces mêmes camps.

Le premier février 1944, George Alexianu (ro) remet le pouvoir au Gouvernement militaire entre Dniestr et Boug. Au 16 avril, l'offensive (ru) Ouman-Botoşani a libéré la totalité du Yédisan.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

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  2. F. Sulimierskiego, B. Chlebowskiego & W. Walewskiego, Słownik geograficzny Królestwa Polskiego i innych krajów słowiańskich, t. III, p. 372, Wieku impr., Varsovie, 1882.
  3. a, b, c, d, e et f A. S. Walid Togan (ru), trad. H. B. Paksoy, Memoirs: National Existence and Cultural Struggles of Turkistan and Other Muslim Eastern Turks, p. 476, Create Space, North Charleston, 2012 (ISBN 9781468005684).
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  5. a et b Dion Chrysostome, Orationes, XXXVI, 3.
  6. P. Mela, De chorographia, II, 7.
  7. Hérodote, Histoires, IV, 87.
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  10. a et b Hérodote, Histoires, IV, 78-80.
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