Yann Algan

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Yann Algan est un économiste et universitaire français né le 3 avril 1974 à Paris[1]. Il est professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) où il assure notamment le cours magistral de macroéconomie de première année et codirige avec Pierre Cahuc le master « Economics and Public Policy » (EPP) en lien avec l'École polytechnique et l'Ensae[1],[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Yann Algan effectue sa scolarité à Tahiti avant d'arriver en France métropolitaine au cours de ses études secondaires, et obtient un baccalauréat avec mention « bien »[2]. Il entre ensuite au lycée Lakanal pour ses études supérieures, y effectuant une classe préparatoire en sciences sociales et en mathématiques[2], puis il poursuit ses études à l'université Paris-1 Panthéon-Sorbonne dans une filière de philosophie et d'économie[2]. Tout en étant particulièrement attaché à la philosophie, Yann Algan déclare par la suite : « je me suis tourné vers l'économie lorsque j'ai réalisé que la philosophie ne permettait pas d'expérimenter des protocoles d'évaluation des comportements moraux et restait somme toute très théorique »[2].

En 2002, Yann Algan soutient une thèse traitant des inégalités de richesse sur le marché du travail[1]. Il obtient le titre de « docteur en économie » en 2002, puis rejoint l'université de Californie à San Diego en tant que post-doctorant[1],[2].

Yann Algan est Maître de Conférences à l'université Paris-I de 2002 à 2004, puis Professeur à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée de 2004 à 2006, avant d'enseigner à l'École d'économie de Paris de 2006 à 2008[2]. Il enseigne la macroéconomie à Sciences Po à partir 2008[2], succédant à Dominique Strauss-Kahn dans cette fonction.

Travaux[modifier | modifier le code]

Ses travaux portent principalement sur le rôle des valeurs et de la culture pour comprendre les comportements économiques. Il étudie en particulier le rôle de la confiance et du capital social sur les décisions économiques, la croissance économique, les institutions et plus généralement le bonheur des citoyens. Ses travaux évaluent aussi les politiques publiques et les politiques de management qui sont les plus propices à développer la confiance et la coopération dans l’espace public et dans les entreprises.

Dans le livre La Société de Défiance[4] (2007), et dans sa postface : Peut-on construire une société de confiance ?[5] (2009), il montre avec Pierre Cahuc que les Français se défient beaucoup plus de leurs concitoyens que dans la plupart des autres pays développés. Les Français se défient également souvent plus souvent de la justice, du parlement, des syndicats, de la concurrence et du marché. Les auteurs montrent que cette société de défiance a un coût économique et humain considérable.

Les auteurs montrent que cette défiance est liée à un dysfonctionnement du modèle social, avec une centralisation hiérarchique des décisions prises par l’État et un éclatement de la société civile entre différents statuts. Ils suggèrent de s’orienter vers un modèle de redistribution égalitaire et universaliste, avec de forts corps intermédiaires pour la démocratie sociale et politique, à l'instar des pays nordiques qui sont dotés d'une confiance beaucoup plus grande.

Yann Algan a aussi travaillé sur le sujet de l'échec scolaire[6], et insiste sur l'importance de la pédagogie déployée à l'école. Il compare les différents systèmes éducatifs et montre que la France a beaucoup à gagner à repenser la pédagogie à l'école maternelle comme à l'école élémentaire. Il pense que cela passe notamment par le développement des travaux en groupe au primaire afin d'apprendre la coopération sociale aux jeunes enfants. Ce discours est développé et argumenté dans l'une de ses conférences sur l'échec scolaire[6].

En 2012, il publie La fabrique de la défiance... et comment s'en sortir, en collaboration avec André Zylberberg et Pierre Cahuc, Éditions Albin Michel.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Yann Algan a reçu le Prix du meilleur jeune économiste de France décerné par Le Monde et le Cercle des économistes en 2009[7]. Le livre La société de défiance a reçu le prix du meilleur Essai (Lire-RTL-LCI) en 2007[8] et le prix du livre d'économie, remis par Christine Lagarde en 2008[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d [PDF] CV complet de Yann Algan, Sciences Po, 2011
  2. a, b, c, d, e, f, g et h Portrait indiscret de Yann Algan, Newsletter de Sciences Po, 5 mars 2012
  3. Description du master "Economics and Public Policy", Sciences Po
  4. [PDF] Yann Algan et Pierre Cahuc, La société de défiance, éditions Rue d'Ulm, octobre 2007
  5. [PDF] Yann Algan et Pierre Cahuc, Peut-on construire une société de confiance en France ?, Albin Michel, 2009
  6. a et b Yann Algan sur l'échec scolaire, WorldConf.eu, juin 2010
  7. Peripolis, Prix du meilleur jeune économiste 2009 à Algan et Philippon, 26 mai 2009
  8. Les 20 meilleurs livres de l'année 2007, L'Express, 1er décembre 2009 (voir entrée N°17)
  9. Conférence de Yann Algan et Pierre Cahuc, présentation de La société de défiance, Nonfiction.fr, 12 février 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]