Yahya Jammeh

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Yahya Jammeh
يحيا جمح
Yahya Jammeh en août 2014.
Yahya Jammeh en août 2014.
Fonctions
2e président de la République de Gambie[1]
En fonction depuis le
(20 ans, 10 mois et 3 jours)
Élection
Réélection

Vice-président Isatou Njie Saidy
Prédécesseur Sir Dawda Jawara
Biographie
Nom de naissance Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh
Date de naissance (50 ans)
Lieu de naissance Kanilai (Gambie)
Nationalité gambienne
Parti politique Alliance patriotique pour la réorientation et la construction
Diplômé de École militaire des Amériques
Profession Militaire
Religion Islam sunnite

Yahya Jammeh
Présidents de la République de Gambie

Yahya Jammeh est un officier et homme politique gambien, né le à Kanilai, dans une famille de paysans. Au pouvoir depuis le après un coup d'État, il est président de la République de Gambie depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Lieutenant de l'armée, il accède au pouvoir à la faveur d’un coup d’État le 22 juillet 1994, qui renverse Dawda Jawara qui dirigeait le pays depuis l'indépendance. Jammeh prend alors la tête d'un Conseil dirigeant provisoire des Forces armées qui est dissous le 28 septembre 1996. À cette date, il prend brièvement le titre de chef de l'État.

Élections[modifier | modifier le code]

Il fonde alors l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction qui est, depuis lors, le parti dirigeant de la Gambie. Élu une première fois dans un scrutin douteux le , il est réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du avec près de 53 % des suffrages.

Il obtient sans difficulté un troisième mandat, le avec 67,33 % des voix contre 26,6 % à son principal opposant, l'avocat défenseur des droits de l'homme Ousainou Darboe. Selon la CEDEAO, le vote a été juste, mais les moyens de la campagne électorale inégaux.[réf. nécessaire]

Il est encore réélu pour un quatrième mandat de cinq ans le en obtenant 71,5 % des voix, de nouveau devant Ousainou Darboe qui doit se contenter de 17,4 %, Hamat Bah, le troisième candidat réunissant quant à lui un peu plus de 11 %[2].

Avant les élections législatives de 2012, il menace d'« isoler » les régions où son parti ne remporterait pas le scrutin - menace qu'il avait prononcée et mise en application lors de précédentes élections[3].

2014[modifier | modifier le code]

En mars 2014, il change la langue officielle de la Gambie de l'anglais à l'arabe. Cette décision est interprétée comme un futur rapprochement avec les pays arabes, avec à terme la possibilité de faire du pays une République islamique[4].

Le 30 décembre 2014, alors qu'il est en déplacement officiel à l'étranger, son régime est victime d'une tentative de coup d'État manquée, perpétrée par un ancien capitaine de l'armée gambienne, Lamine Sanneh[5].

Critiques[modifier | modifier le code]

Restrictions à la liberté de la presse[modifier | modifier le code]

En 2002, le premier journal francophone de Gambie (L'Écho du baobab) voit le jour. Mais, un seul exemplaire sort des presses et plusieurs des journalistes sont emprisonnés par la police secrète gambienne (la NIA), qui enferme également un journaliste congolais dans un cachot pendant deux semaines. Le rédacteur en chef, un Européen, est expulsé du pays et le journal est censuré.

Jammeh est classé comme un prédateur de la liberté de la presse par l'organisation Reporters sans frontières, depuis la promulgation de deux lois, en 2004 et 2005, restreignant cette liberté, ainsi que depuis l'assassinat (non élucidé) du journaliste Deyda Hydara, opposant à Jammeh, en décembre 2004.

Violations des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le , Yahya Jammeh menace de mort les défenseurs des droits de l'homme, lors d'une interview à la télévision d'État, accusant ceux qui aideraient ces derniers de vouloir « déstabiliser le pays »[6].

Alors qu'elle en était membre depuis 1965, la Gambie annonce le 2 octobre 2013 son retrait du Commonwealth[7], le pays refusant les injonctions du Royaume-Uni au sujet des droits de l'homme alors que le régime du président Jammeh se fait plus autoritaire[8].

Connaissances médicales[modifier | modifier le code]

En janvier 2007, Yahya Jammeh déclare qu'il peut traiter le sida et l'asthme à base d'herbes médicinales[9],[10]. Puis, le 20 août suivant, pendant une émission d'informations diffusée par l'agence de presse contrôlée par l'État, Jammeh prétend également qu'il a développé un remède (toujours à base de plantes) pour soigner l'hypertension artérielle pouvant guérir la maladie avec une seule dose. Il justifie ses assertions en présentant plusieurs déclarations de certains de ses ministres qui affirment avoir été guéris grâce à ce médicament.

Opinion sur l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Le , Yahya Jammeh exige que tous les homosexuels quittent le pays[11]. Il ajoute dans son discours que ceux qui protégeaient les homosexuels s'exposeront à des « conséquences terribles ».

Peine de mort[modifier | modifier le code]

Bien que la peine de mort reste légale, il n'y avait pas eu d'exécutions en Gambie depuis 1985. En août 2012, Jammeh annonce qu'il souhaite « vider » les couloirs de la mort de leurs occupants, et neuf prisonniers sont exécutés en septembre. Selon Amnesty International, les exécutés sont pour la plupart des prisonniers politiques.

Cette reprise des exécutions est condamnée notamment par l'Union africaine ; le Bénin, qui assure la présidence tournante de l'Union, dépêche son ministre des Affaires étrangères pour « avertir M. Jammeh de ne procéder à aucune autre exécution ». Le président prononce alors un moratoire, indiquant toutefois que celui-ci serait levé si le taux de crimes violents dans le pays augmentait[12],[13].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. Il dirige d'abord la République de Gambie avec le titre de président du Conseil des Forces armées du 22 juillet 1994 au 28 septembre 1996, puis de chef de l'État, du 28 septembre 1996 au 18 octobre 1996, avant d'être élu président de la République.
  2. "Yahya Jammeh réélu président de la Gambie" sur Le Monde 25 novembre 2011.
  3. (en) "Gambia votes in parliamentary polls", AFP, 31 mars 2012
  4. Fouâd Harit, « Gambie : Yahya Jammeh choisit l’arabe comme langue officielle », afrik.com, 25 mars 2014.
  5. « En Gambie, le palais présidentiel attaqué en l'absence du chef de l'État », lemonde.fr, 30 décembre 2014.
  6. Dépêche AFP du 21 septembre 2009.
  7. Le Monde, « La Gambie se retire du Commonwealth », sur http://www.lemonde.fr,‎ (consulté le 3 octobre 2013)
  8. Florentin Cllomp, « Défection au sein du Commonwealth », in Le Figaro, vendredi 4 octobre 2013, page 7.
  9. Le Monde.fr du 24 septembre 2006.
  10. SeneWeb du 2 février 2007, avec photos.
  11. « Le président demande aux gays de "quitter le pays" », dans Courrier international du 20 mai 2008 ; [lire en ligne].
  12. (en) « The darker side of sunny Gambia », BBC, 13 septembre 2012.
  13. (en) « Gambia's President Jammeh halts executions amid outcry », BBC, 15 septembre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]