Yahya Jammeh

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Yahya Jammeh
يحيا جمح
Le colonel Yahya Jammeh en 2006.
Le colonel Yahya Jammeh en 2006.
Fonctions
2e président de la République de Gambie
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&0721619 ans, 9 mois et 2 jours)
Élection
Réélection

Vice-président Isatou Njie Saidy
Prédécesseur Lui-même (chef de l'État)
Chef de l'État de la République de Gambie
28 septembre
Prédécesseur Lui-même (président du Conseil des Forces armées)
Successeur Lui-même (président de la République)
Président du Conseil des Forces armées de la République de Gambie
Vice-président Sanna Sabally
Edward Singhateh
Prédécesseur Sir Dawda Jawara (président de la République)
Successeur Lui-même (chef de l'État)
Biographie
Nom de naissance Yahya Abdul-Aziz Jemus Junkung Jammeh
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Kanilai (Gambie)
Nationalité gambienne
Parti politique Alliance patriotique pour la réorientation et la construction
Diplômé de École militaire des Amériques
Profession Militaire
Religion Islam sunnite

Yahya Jammeh
Présidents de la République de Gambie

Yahya Jammeh est un officier et homme politique gambien, né le à Kanilai, dans une famille de paysans. Au pouvoir depuis le après un coup d'État, il est président de la République de Gambie depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Prise du pouvoir[modifier | modifier le code]

Lieutenant de l'armée, il accède au pouvoir à la faveur d’un coup d’État le 22 juillet 1994, qui renverse Dawda Jawara qui dirigeait le pays depuis l'indépendance. Jammeh prend alors la tête d'un Conseil dirigeant provisoire des Forces armées qui est dissout le 28 septembre 1996. À cette date, il prend brièvement le titre de chef de l'État.

Élections[modifier | modifier le code]

Il fonde alors l'Alliance patriotique pour la réorientation et la construction qui est, depuis lors, le parti dirigeant de la Gambie. Élu une première fois dans un scrutin douteux le , il est réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du avec près de 53 % des suffrages.

Il obtient sans difficulté un troisième mandat, le avec 67,33 % des voix contre 26,6 % à son principal opposant, l'avocat défenseur des droits de l'homme Ousainou Darboe. Selon la CEDEAO, le vote a été juste, mais les moyens de la campagne électorale inégaux.[réf. nécessaire]

Il est encore réélu pour un quatrième mandat de cinq ans le en obtenant 71,5 % des voix, de nouveau devant Ousainou Darboe qui doit se contenter de 17,4 %, Hamat Bah, le troisième candidat réunissant quant à lui un peu plus de 11 %[1].

Avant les élections législatives de 2012, il menace d'« isoler » les régions où son parti ne remporterait pas le scrutin - menace qu'il avait prononcée et mise en application lors de précédentes élections[2].

Critiques[modifier | modifier le code]

Restrictions à la liberté de la presse[modifier | modifier le code]

En 2002, le premier journal francophone de Gambie (L'écho du baobab) voit le jour. Mais, un seul exemplaire sort des presses et plusieurs des journalistes sont emprisonnés par la police secrète gambienne (appelée la NIA), qui enferme également un journaliste congolais dans un cachot pendant deux semaines. Le rédacteur en chef, un Européen, est expulsé du pays et le journal est censuré.

Jammeh est classé comme un prédateur de la liberté de la presse par l'organisation Reporters sans frontières, depuis la promulgation de deux lois restreignant en 2004 et 2005, cette liberté, ainsi que depuis l'assassinat (non élucidé) du journaliste Deyda Hydara, un opposant à Jammeh, en décembre 2004.

Violations des droits de l'homme[modifier | modifier le code]

Le , il n'hésite pas à menacer de mort les défenseurs des droits de l'homme, lors d'une interview à la télévision d'État, accusant ceux qui aideraient ces derniers de vouloir « déstabiliser le pays »[3].

Alors qu'elle en était membre depuis 1965, la Gambie a annoncé le 2 octobre 2013 son retrait du Commonwealth[4], le pays refusant les injonctions du Royaume-Uni au sujet des droits-de-l'homme alors que le régime du président Yahya Jammeh se fait plus autoritaire[5].

Connaissances médicales[modifier | modifier le code]

En janvier 2007, Jammeh a déclaré qu'il pouvait traiter le SIDA et l'asthme à base d'herbes médicinales[6],[7]. Puis, le 20 août suivant, pendant une émission d'informations diffusée par l'agence de presse contrôlée par l'État, Jammeh a également prétendu qu'il avait développé un remède (toujours à base de plantes) pour soigner l'hypertension artérielle pouvant guérir la maladie avec une seule dose. Il a justifié ses assertions en présentant plusieurs déclarations de certains de ses ministres qui avaient affirmé avoir été guéris grâce à ce médicament.

Opinion sur l'homosexualité[modifier | modifier le code]

Le , Yahya Jammeh exige que tous les homosexuels quittent le pays[8]. Il a également ajouté dans son discours que ceux qui protégeaient les homosexuels s'exposeraient à des « conséquences terribles ».

Peine de mort[modifier | modifier le code]

Bien que la peine de mort restât légale, il n'y avait pas eu d'exécutions en Gambie depuis 1985. En août 2012, Jammeh annonce qu'il souhaite « vider » les couloirs de la mort de leurs occupants, et neuf prisonniers sont exécutés en septembre. Selon Amnesty International, les exécutés sont pour la plupart des prisonniers politiques. Cette reprise des exécutions est condamnée notamment par l'Union africaine ; le Bénin, qui assure la présidence tournante de l'Union, dépêche son ministre des Affaires étrangères pour « avertir M. Jammeh de ne procéder à aucune autre exécution ». Jammeh prononce alors un moratoire, indiquant toutefois que le moratoire serait levé si le taux de crimes violents dans le pays augmentait[9],[10].

Sources[modifier | modifier le code]

  1. "Yahya Jammeh réélu président de la Gambie" sur Le Monde 25 novembre 2011.
  2. (en) "Gambia votes in parliamentary polls", AFP, 31 mars 2012
  3. Dépêche AFP du 21 septembre 2009
  4. Le Monde, « La Gambie se retire du Commonwealth », sur http://www.lemonde.fr,‎ 2 octobre 2013 (consulté le 3 octobre 2013)
  5. Florentin Cllomp, « Défection au sein du Commonwealth », in Le Figaro, vendredi 4 octobre 2013, page 7.
  6. Le Monde.fr du 24 septembre 2006
  7. SeneWeb du 2 février 2007, avec photos
  8. « Le président demande aux gays de "quitter le pays" », dans Courrier international du 20-05-2008, [lire en ligne]
  9. (en) "The darker side of sunny Gambia", BBC, 13 septembre 2012
  10. (en) "Gambia's President Jammeh halts executions amid outcry", BBC, 15 septembre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]