Yadav

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Les Ahirs (photo prise en 1868 aux environs de Delhi) forment l'une des communautés les plus importantes au sein de la caste des Yādava.
Jeune femme de la communauté ahir occupée à la moisson. La plupart des Yadava se sont aujourd'hui détournés de ces activités traditionnelles.

Les Yādava désignent le regroupement d’au moins trois grandes communautés indiennes (Ahirs, Gopis et Goalas[1]) vivant de l’élevage. Historiquement, dans le sud de l’Awadh, dans les provinces du nord-ouest de l’Inde et dans la province de Bihar, des communautés aristocratiques (exemptes du travail manuel) s'étaient taillées de petites enclaves au sein de terres cultivées par les castes paysannes. Au fil du temps, ces enclaves accueillirent toutefois des Tchamars (de la caste des Intouchables), des paysans transfuges de leurs tribus d’origine, et d’autres peuples bergers : Kurmi, Koeri et Ahir-Goala[2],[3].

Le mot ancien désignant ces bergers en langue hindi semble avoir été ce terme de goala[4] (avec les variantes : gowalla, goyalla, gopa, goalla), dont l’étymologie est le mot hindi go (« vache ») + Ϝalla (« occupé à »).

Traditionnellement, les Yadava étaient des bergers et, en tant que tels, échappaient au système plutôt urbain des castes[5]. Présents en Inde comme au Népal, ils se revendiquent depuis le XIXe siècle[6],[5] dans le cadre d'un mouvement de conscience sociale et politique, comme descendants du mythique roi Yadu, ce qui en ferait les membres de la caste des rois et guerriers (kshatriya)[7],[5],[8] ; ils ne sont cependant considérés que comme des shoûdra (serviteurs), ce qui les classe malgré tout au-dessus des Intouchables, Mahars ou Tchamars[9],[10]. Dans plusieurs états indiens, ils sont répertoriés comme « classe arriérée[11] » (Other Backward Classes, OBC). Mais par leur nombre, leur présence à travers tout le sous-continent, par un rôle actif dans les armées britannique puis indienne[6], par l’implication et la compétition dans de nouveaux secteurs de l'économie et de la politique[8], par le refus obstiné de se soumettre à la corvée (begar), enfin l'abstinence en matière d'alcool et la prohibition des pédo-mariages, ils ont obtenu le droit de porter le janeu, une première dans le processus de sanskritisation de ce groupe[1]. Ainsi, dans leur quête de statut social au sein de la société hindoue, les Yadavas privilégient la promotion individuelle par les œuvres plutôt que le reclassement de l'ensemble de leurs communautés en tant qu'ethnie ou communauté culturelle de l'Inde[12].

Aujourd'hui, les Yadava regroupent plusieurs communautés socio-ethniques : Ahirs de langue hindi, Gavli du Maharashtra[13], Goala de l’Andhra Pradesh et Konar du Tamil Nadu. Dans le nord de l’Inde, où l’hindi est dominant, les termes « Ahir », « Gwala » et « Yadava » sont à peu près synonymes[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Smita Tewari Jassal (dir.), Contributions to Indian sociology, Mouton,‎ 2001, 319–351 p. (lire en ligne), « Caste in the Colonial State: Mallahs in the census »
  2. D'après Susan Bayly, Caste, Society and Politics in India from the Eighteenth Century to the Modern Age, Cambridge University Press,‎ 2001 (ISBN 0-521-79842-6, lire en ligne), p. 200.
  3. a et b D'après Susan Bayly, op. cit., p.383, « Ahir » désigne une caste plébéienne du nord de l'Inde formée de bergers, aussi appelés Yadav.
  4. Leon Swartzberg, The north Indian peasant goes to market, Delhi, Motilal Banarsidass,‎ 1979 (lire en ligne), p. 11
  5. a, b et c John Henry Hutton, Caste in India: its nature, function and origins, Oxford University Press,‎ 1969 (lire en ligne), p. 113
  6. a et b William R. Pinch, Peasants and monks in British India, University of California Press,‎ 1996 (ISBN 0-520-20061-6, lire en ligne), p. 90 « Gopis, Goalas, and Ahirs, who would by early 1900s begin referring to themselves as Yadav kshatriyas, had long sought and attained (after 1898) recruitment as soldiers in the British Indian army, particularly in the Western Gangetic Plain ».
  7. D'après Jaffrelot, op. cit., pp. 210–211.
  8. a et b Lawrence S. Leshnik et Günther-Dietz Sontheimer, Pastoralists and nomads in South Asia, O. Harrassowitz,‎ 1975 (lire en ligne), p. 218 « The Ahir and allied cowherd castes (whether actually pastoralists or cultivators, as in the Punjab) have recently organized a pan-Indian caste association with political as well as social reformist goals using the epic designation of Yadava (or Jadava) Vanshi Kshatriya, ie the warrior caste descending from the Yadava lineage of the Mahabharata fame. »
  9. Edward Luce, In Spite of the Gods: The Rise of Modern India, Random House Digital, Inc.,‎ 2008 (ISBN 1-4000-7977-3[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne), p. 133.
  10. Lucia Michelutti, « 'We (Yadavs) are a caste of politicians': Caste and modern politics in a north Indian town », Contributions to Indian Sociology, vol. 38, no 1-2,‎ 2004, p. 43–71 (DOI 10.1177/006996670403800103).
  11. Cf. National Commission for Backward Classes, central list by state.
  12. D’après Christophe Jaffrelot, India's silent revolution: the rise of the lower castes in North India, Londres, C. Hurst & Co.,‎ 2003 (ISBN 1-85065-670-8[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne), p. 211.
  13. D’après Jaffrelot op. cit., p. 187.

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