Woyzeck

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Woyzeck est une pièce de théâtre fragmentaire de Georg Büchner écrite en 1837. Elle est restée inachevée après la mort de Büchner (en 1837).

L'histoire est inspirée de l'affaire de Johann Christian Woyzeck (1780-1824), ancien soldat, fabricant de perruques et coiffeur sans emploi, accusé d'avoir poignardé son amante, la veuve du chirurgien Woost, le 21 juin 1821[1],[2].

Son frère Ludwig recueille ses écrits et les fait publier avec une introduction et une biographie en 1850 chez Sauerländer à Francfort. Bertolt Brecht a fait connaître cette pièce au XXe siècle, comme les surréalistes ont fait connaître le marquis de Sade. Woyzeck est aujourd'hui considéré comme un classique de la littérature allemande.

L'histoire[modifier | modifier le code]

Le texte étant fragmentaire, chaque metteur en scène a écrit sa propre adaptation. Ainsi, ce résumé peut être contredit par d'autres lectures des fragments. C'est donc ici un résumé factuel et simpliste qui ne s'attache pas à l'aspect profondément poétique de la pièce.

Woyzeck, un jeune soldat, vit difficilement. Pour satisfaire aux besoins de sa femme, Marie, et leur fils, il sert de cobaye au docteur et de subalterne au capitaine de la garnison. Ces mauvais traitements le font de plus en plus tomber dans la folie. Lorsqu'il soupçonne Marie de fréquenter le tambour-major, il perd la raison et, par jalousie, tue Marie.

Influences[modifier | modifier le code]

Le texte est criblé de référence à la Bible, à Goethe (Faust), à Shakespeare (Hamlet), et aux autres œuvres de Büchner (Lenz, La Mort de Danton). Le conte raconté par la grand-mère est une réécriture sous une forme ramassée et pessimiste du conte des frères Grimm Les Talents d'étoiles (Sterntaler).

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Franz Woyzeck, soldat
  • Marie
  • Andres, soldat
  • Le capitaine
  • Le médecin
  • Le tambour-major
  • Un idiot
  • Margret
  • L'enfant de Marie
  • Soldats, domestiques, enfants...

Réception de Woyzeck[modifier | modifier le code]

Woyzeck a influencé de nombreux artistes, poètes, metteurs en scènes...

"Le Woyzeck de Büchner [...], cette œuvre prodigieuse, écrite il y a plus de quatre-vingt ans - (G.Büchner était le frère, mort prématurément du célèbre Ludwig Büchner), - n'a pour action que le destin d'un simple soldat (vers 1848) qui poignarde sa bien-aimée infidèle; mais sa puissante évocation montre comment la grandeur de l'être entoure même une existence aussi infime que celle d'un conscrit, Woyzeck, pour laquelle le simple uniforme de fantassin semble encore trop large et trop voyant; comment Woyzeck ne peut empêcher qu'aux abord de son âme ensommeillée, tantôt là, tantôt ici, derrière et devant elle, des horizons s'ouvrent pour se perdre dans le violent, le monstrueux et l'infini; spectacle sans pareil que celui de cet homme maltraité, vêtu de son bourgeron, au centre de l'univers, malgré lui, dans le rapport infini des astres. Voilà du théâtre, voilà ce que pourrait être le théâtre;"

Rainer Maria Rilke, Correspondance, lettre à Marie de la Tour et Taxis, 9 juillet 1915

Heiner Müller a également consacré un texte à la pièce La blessure Woyzeck.

Adaptation de Thomas Ostermeier[modifier | modifier le code]

Thomas Ostermeier créée cette adaptation à la Schaubühne, théâtre berlinois. Elle est jouée dans la cour d'honneur du Palais des Papes au 58e festival d'Avignon en 2004. Woyzeck ici, a pour cadre un terrain vague d'une banlieue lambda. Le metteur en scène conserve dans son entier le texte du dramaturge. Les personnages sont des caricatures, sorties de films de Mafia.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Se sont inspirés de cette pièce :

Sources[modifier | modifier le code]

  • Georg Büchner, Woyzeck, fragments complets, L'Arche, coll. Scène ouverte, Paris, 1993.
  • Georg Büchner, La mort de Danton, Léonce et Léna, Woyzeck, Lenz, GF Flammarion, Paris, 1997.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hubert Roland, « Littérature, médecine et responsabilité chez E.T.A. Hoffmann, Karl Immermann et leurs contemporains », dans François Ost, Lettres et lois: le droit au miroir de la littérature, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2001, 400 pages, p. 113-125 (ISBN 2802801430)
  2. Sander L. Gilman, « Alban Berg, the Jews and the Anxiety of Genius », dans Ronald Michael Radano, Philip Vilas Bohlman (dir.), Music and the Racial Imagination, University of Chicago Press, 2001, 703 pages, p. 483-509 (ISBN 0226702006).