Wouter Crabeth II

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Wouter Crabeth II

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Wouter Crabeth ou L’Almanach

Naissance 1594
Gouda
Décès 18 juin 1644
Gouda
Nationalité néerlandaise
Drapeau des Provinces-Unies Provinces-Unies
Activités Artiste-peintre
Maîtres Cornelis Ketel l’Ancien
Élèves Jan Ariens Duif,
Dirk De Vrije,
Jan Govertsz Verbijl,
Jan Verzijl,
Aert Van Waes
Mouvement artistique caravagisme
Influencé par Le Caravage

Wouter Pietersz. Crabeth II (Gouda, 1594 – id., 18 juin 1644) est un peintre néerlandais (Provinces-Unies) du siècle d'or.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wouter Crabeth est né en 1594, fils de l’échevin et bourgmestre Pieter Woutersz. Crabeth ; il fut nommé d’après son grand-père Wouter Crabeth I, qui était un célèbre maître-verrier. Crabeth fit son apprentissage auprès de Cornelis Ketel, oncle de Cornelis Ketel le Jeune, lequel est plus connu. Il est possible qu’il ait été également l’élève d’Abraham Bloemaert à Utrecht.

L’Assomption de la Vierge Marie, 1628 (Museum het Catharina Gasthuis, Gouda).
Thomas incrédule, vers 1628 (Rijksmuseum, Amsterdam).
La Conversion de Guillaume d’Aquitaine par Bernard de Clairvaux, 1641 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).
Harmanus Herberts et ses officiers, 1642 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).

Vers 1613, Crabeth, en passant par la France (à Paris en 1615 et à Aix-en-Provence l’année suivante), voyagea vers l’Italie, où il vécut quelques années à partir de 1619 à Rome. Là, il devint membre des Bentvueghels, avec d’autres peintres comme Cornelis Van Poelenburgh, Bartholomeus Breenbergh, Wybrand De Geest et Leonard Bramer. Parmi eux, il reçut le surnom de « De Almanack » (L’Almanach). Crabeth est représenté sur un dessin anonyme (cfr. illustration en haut à droite) réalisé vers 1620 et conservé au Musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam. Crabeth y est désigné comme Wouter van der Gou (i.e. Wouter de Gouda) ; il y figure en compagnie d'autres membres des Bentvueghels.

En 1626, il retourna à Gouda où il prêta serment comme schutter (« tireur »). En 1628, il y épousa la fille du bourgmestre, Adriana Gerritsdr. Vroesen. La même année, au moment où son propre père était bourgmestre, il fut nommé capitaine de la Schutterij[1], une fonction qu’il allait continuer d'exercer jusqu’à sa mort en 1644. C’est en cette qualité qu’il devait prendre part également, en 1629, au Siège de Bois-le-Duc.

Avant cela, il avait reçu la commande de la part du curé Petrus Purmerent de deux retables pour l’église catholique Saint-Jean-Baptiste (qui deviendra église vieille-catholique) et la Catharinagasthuis, une communauté religieuse. Ces deux peintures se trouvent à présent au Museum Het Catharina Gasthuis à Gouda et au Rijksmuseum d’Amsterdam. Les deux œuvres – L’Assomption de la Vierge Marie (Ten-Hemelopneming van Maria) et un Thomas incrédule (Ongelovige Thomas) – témoignent d’une forte influence italienne, et sont stylistiquement proches du Caravage. En 1631 et en 1641, Crabeth allait peindre deux autres retables pour l’église Saint-Jean-Baptiste, que l’on peut voir aujourd’hui également au Museum Het Catharina Gasthuis.

À côté des retables, Crabeth a surtout peint des scènes de genre avec des joueurs de cartes et des bergers, qui sont très proches, dans l’esprit, des œuvres du Caravage. Ces tableaux ont en majeure partie été réalisés peu après son retour à Gouda. Seulement un petit nombre d’œuvres ont été conservées.

Wouter Crabeth compta notamment parmi ses élèves Jan Ariens Duif, Dirk De Vrije, Jan Govertsz. Verbijl, Jan Verzijl et Aert Van Waes. Crabeth fut l’artiste le plus important que la ville de Gouda ait produit au XVIIe siècle.

Description par Ignatius Walvis[modifier | modifier le code]

L’historien Walvis, de Gouda, fit de lui cette description :
« L’un des principaux disciples de Ketel, Wouter Crabeth, petit-fils de l’illustre peintre sur verre Wouter Pietersz Crabet. Ce Wouter visita la France, l’Italie, et toute l’école picturale à Rome, ce après quoi, au bout d’un voyage de treize ans, il rentra à Gouda où, en 1628, il épousa Adriana Vroesen. Parmi ses œuvres les plus distinguées figurent une Assomption de la Vierge Marie, retable au lieu de prière d’I.W. [= Ignatius Walvis]. Et sa dernière grande œuvre en matière de portraits, le conseil de guerre de Gouda alors en exercice, représenté grandeur nature, est accrochée dans la salle de saint Joris Doelen[2]. »

Œuvres de Wouter Crabeth II[modifier | modifier le code]

  • L’Adoration des Mages (Aanbidding der Koningen), 1631 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).
  • Amusement de berger (Herdersvermaak) (Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers).
  • L’Assomption de la Vierge Marie (Ten-Hemelopneming van Maria), 1628 (Museum het Catharina Gasthuis, Gouda).
    • L’Assomption de la Vierge Marie fut conçu en 1628 par Crabeth en tant que retable ; elle fut commandée par le curé Petrus Purmerent pour sa schuilkerk. Oubliée pendant plus de trois siècles, elle ne fut retrouvée qu’en 1970 – dans le grenier du presbytère – par celui qui était alors le directeur de la Catharina Gasthuis à Gouda, le docteur Jan Schouten. L’œuvre est à présent de nouveau exposée dans ce musée[3].
  • Les Buveurs (attribué à – lieu de conservation inconnu, vendu aux enchères le 11 mars 1999 par Marc-Arthur Kohn à Paris).
  • Compagnie de musiciens[4]. (Szépmüvézeti Muzeum, Budapest).
  • La Conversion de Guillaume d’Aquitaine par Bernard de Clairvaux (Bernardus van Clairvaux bekeert Willem van Aquitanië), 1641 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).
  • Couple jouant de la flûte (Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers).
  • Le Guerrier mourant (Stervende krijgsman) (coll. particulière).
  • Les Joueurs de cartes (Muzeum Narodowe, Varsovie).
  • Les Joueurs de cartes (lieu de conservation inconnu, vendu aux enchères le 17 janvier 1992 par Sotheby's à New York).
  • Harmanus Herberts et ses officiers, 1642 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).
  • La Mise au tombeau, probablement détruit en 1945 (se trouvait au Kaiser-Friedrich-Museum, à Berlin).
  • Les Noces de Cana (De Bruiloft te Kana), vraisemblablement 1640 (Museum het Catharina Gasthuis Gouda).
  • Thomas incrédule (Ongelovige Thomas), vers 1628 (Rijksmuseum, Amsterdam – prêté par le Museum het Catharina Gasthuis, Gouda).
  • Les Tricheurs (Gemäldegalerie, Berlin).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Schutterij était une sorte de milice composée de volontaires qui exista aux Pays-Bas au Moyen Âge et jusqu'au début de l'époque moderne ; elle avait pour rôle de protéger les villes.
  2. «Een der voornaamste discipelen van Ketel, Wouter Crabeth, kleinzoon van den vermaarden Glasschilder Wouter Pietersz Crabet. Deze Wouter bezocht Vrankrijk, Italien, en de algemeene Schilderschoole Rome, van waar hij na eene dertienjarige reis na der Goude keerde, daar hij in 't jaar 1628 huwelijkte met Adriana Vroesen. – Onder sijne deftigste werken zijn een Maria Hemelvaart, het Altaar-stuk in de bidplaatse van I.W. En sijn laatste groot stuk in conterfeitzels de toenmaals bedienenden krijgsraad van der Goude, levensgrootte verbeeldende, 'tgeen op de zaal van St. Joris Doelen hangd. »
  3. D’après Xander Van Eck, Kunst, twist en devotie, cfr. Bibliographie.
  4. Titre français incertain.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (nl) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en néerlandais intitulé « Wouter Crabeth II » (voir la liste des auteurs)
  • L'article en néerlandais cite comme sources :
    • (nl) J. Schouten, Wie waren zij ? Een reeks van Goudse mannen en vrouwen die men niet mag vergeten, Repro-Holland, Alphen aan den Rijn, 1980.
    • (nl) Xander Van Eck, Kunst, twist en devotie, Eburon, Delft, 1994 (ISBN 90-5166-408-7)
    • (nl) De Gilden in Gouda, Museum Het Catharina Gasthuis Gouda - Waanders Zwolle, Gouda, 1996 (ISBN 90-400-9924-3).
    • (nl) I. Walvis, Beschrijving der stad Gouda door I.W., 2 dln., Gouda, 1713, éd. fac-similée 1972.
    • (nl) Rudie Van Leeuwen, « Portretten op een contrareformatorisch altaarstuk : Wouter Pietersz. Crabeths Ten Hemelopneming van Maria uit 1628 », in Desipientia : Zin & Waan, année 14, nr. 2 (novembre 2007), p. 44-45.
  • L’article allemand cite comme source :
    • (en) B. Nicolson, Caravaggism in Europe, 1989.