Women Airforce Service Pilots

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Women Airforce Service Pilots
Elizabeth L. Gardner, au pilotage d'un Martin B-26 Marauder.
Elizabeth L. Gardner, au pilotage d'un Martin B-26 Marauder.

Période 5 août 194320 décembre 1944
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Branche Armée de l'Air
Rôle Aviation

Le Women Airforce Service Pilots (WASP) ou Service de pilotes féminines de l'Armée de l'Air, est une organisation para-militaire pionnière rassemblant des femmes pilotes civiles, employées par l'Armée de l'Air américaine, pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle rassemble le 5 août 1943 deux escadrons créés un an auparavant : le Women’s Flying Training Detachment (WFTD) et le Women's Auxiliary Ferrying Squadron (WAFS). L'unité compte alors mille membres. Elle est dissoute le 20 décembre 1944.

Création du WASP[modifier | modifier le code]

À l'été 1941, les célèbres pilotes Jacqueline Cochran et Nancy Harkness Love se proposent pour des missions de non-combat au service de l'Armée de l'Air américaine (le US Army Air Forces ou USAAF, ancêtre du United States Air Force ou USAF) en l'Europe. L'intérêt est alors de libérer les pilotes masculins pour des actions de combat et d'affecter les femmes aux missions stratégiques et logistiques. Outre le militantisme de ces pilotes sont à prendre en compte le rôle progressiste de la Première dame des États-Unis, Eleanor Roosevelt face à l'opposition du chef d'état-major de l'Armée de l'Air, le général Henry Harley Arnold.

Deanie Parish devant un Republic P-47 Thunderbolt sur la piste de la Tyndall Air Force Base (Floride), en 1944.

Alors que les États-Unis ne sont pas encore entrés en guerre, Jacqueline Cochran se porte volontaire pour être affectée au Transport aérien Auxiliaire (Air Transport Auxiliary, ou ATA), dans la Royal Air Force britannique. En effet, l'ATA recrute des pilotes féminins depuis janvier 1940 et cherchait à en former de nouvelles. Les femmes américaines qui font partie de ces unités sont alors les premières de leur pays à piloter des engins militaires. Il leur est permis d'être aux commandes des avions les plus performants de l'époque, à l'instar des Spitfires, Typhoons, Hudsons, Mitchells, Blenheims, Oxfords, Walruses, et Sea Otters. Leurs missions ne sont alors pas dites de combat, mais parfois y ressemblent. Devant ces conditions, seulement trois des pilotes américaines engagées au Royaume-Uni, reviennent aux États-Unis pour faire partie du programme WASP.

La constitution des effectifs militaires américains nécessaires à la Seconde Guerre mondiale se fait tardivement, ce qui a pour effet de voir une augmentation spectaculaire des membres en activité pour l'Armée de l'Air américaine. Il y a notamment quelques carences au niveau du recrutement des hommes, ce qui amène l'armée à recruter des femmes. Ce n'est néanmoins qu'après l'attaque de Pearl Harbor, qu'il devient évident qu'il n'y a pas suffisamment de pilotes masculins. Le général William Tunner s'occupe du recrutement aidé du major Robert Love et sa femme Nancy, une pilote professionnelle. Le général Arnold avait cédé à la mi-été 1942 et accepté les propositions rejetées auparavant, notamment le « plan Tunner ». La création du WAFS, dirigé par Nancy Love, est effective le 10 septembre 1942, alors pour du transport aérien. Le même jour, Jacqueline Cochran revient aux États-Unis. Beaucoup de publicité est faite autour du programme, ce que blâme le général Arnold.

Deux escadrons sont constitués, celui de Nancy Love et celui de Jacqueline Cochran. Le premier s'entraîne à un aéroport municipal de Houston, Texas (aujourd'hui le Hobby Airport) et le second à l'Army Air Base de New Castle, Delaware aujourd'hui le New Castle Airport). Bien que « rivaux », les deux programmes sont indépendants jusqu'à l'été 1943 où l'on pousse Jacqueline Cochran à prendre le contrôle des deux unités, malgré l'opposition du général Tunner. Ainsi, les programmes WAFS et WFTD fusionnent pour donner naissance au WASP.

Entraînement des pilotes du WASP[modifier | modifier le code]

Jacqueline Cochran avec les pilotes en formation du WASP.

Les pilotes du WASP sont organisées en 19 groupes. Chacune d'entre elles, avec environ 1 400 heures de vol à leur actif et une formation de pilote commerciale, reçoit un entraînement de 30 jours pour apprendre à voler selon les règlementations militaires. Le manque de ressources financières (déjà présent alors qu'il y avait deux escadrons) entraîne pour l'unité des défauts de personnel administratif, de soins médicaux, de matériel et d'avions (seulement 23 servent à l'entraînement). Le 7 mars, Margaret Oldenburg et son instructeur, Norris G. Morgan, s'écrasent à sept miles au sud de Houston. La météo désastreuse qui secoue la région de Houston achève le moral des engagées, ce qui amène les autorités à leur créer une vraie identité. Un personnage, Fifinella, conçu par Roald Dahl et dessiné par Walt Disney devient ainsi la mascotte de l'unité et orne leur écusson d'épaule.

Trois entraînements ont lieu. Le premier rassemble 38 femmes et les forme à un minimum de 200 heures de vol. Vingt-trois sont diplômées le 24 avril 1943. La deuxième promotion promeut ses titulaires le 28 mai et la troisième le 3 juillet. Les entraînements ont essentiellement lieu à l'aéroport de Sweetwater (Texas).

Échec de la militarisation et dissolution[modifier | modifier le code]

Frances Green, Margaret Kirchner, Ann Waldner et Blanche Osborn quittent leurs appareils « Pistol Packin' Mama » au centre de formation AAF, en Ohio.

Les membres du WASP sont des employées de la fonction publique et ne reçoivent pas à ce titres d'avantages militaires, contrairement à leurs homologues masculins. D'autre part, elles ne sont alors pas administrativement liées à l'Armée de l'Air et peuvent donc démissionner à tout moment après la fin de leur formation, bien que peu l'ont fait.

Le 30 septembre 1943, la militarisation du WASP est engagée. Jacqueline Cochran et le général Arnold souhaitent alors un corps distinct, dirigé par un colonel femme (similaire aux chefs WAC, WAVES, SPAR, et Marine heads). Le département de la Guerre, cependant, s'oppose à une telle décision. Au lieu de cela, il préfère que les femmes soient intégrées au sein de la WAC (Women's Army Corps) et donc ajoutées aux quelque 2 000 agents déjà affectées.

Le 21 juin 1944, le projet de loi de la Chambre des représentants de donner le statut militaire au WASP est enterré après la fermeture de certaines écoles de formation de vol civils et d'un puissant lobbying. La commission de la Chambre sur la fonction publique avait en outre signalé le 5 juin 1944, qu'il considérait le WASP comme inutile, injustifiablement coûteux et a recommandé que le recrutement et la formation des pilotes féminins devait être interrompu. Malgré le militantisme de Jacqueline Cochran, le général Arnold, qui avait été un promoteur de la militarisation dissout le WASP le 20 décembre 1944. Il prononce un discours à l'aéroport de Sweetwater, le 7 décembre 1944 : « Le WASP a rempli sa mission. Son travail a été une réussite. Mais, comme c'est habituel en temps de guerre, le coût a été lourd. Trente-huit WASP mortes tout en contribuant à ce que leur pays se dirige vers la victoire finale. Les forces aériennes se souviendront longtemps de leur service et leur sacrifice ».

À l'issue du programme WASP, 916 femmes deviennent pilotes de service pour AAF, dont 620 affectées aux centres de formation, 141 pour le transport aérien, 133 pour les forces aériennes continentales des États-Unis, 11 à l'aile météorologique, 9 pour les commandes techniques et les autres pour le Troop Carrier Command.

Postérité[modifier | modifier le code]

En juillet 2009, le président Barack Obama signe l'ordre officiel de décoration de la médaille d'or du Congrès au WASP.

Tous les dossiers du WASP sont classés et inaccessibles pendant trente-cinq ans, ce qui fait que les historiens n'ont pu avoir accès, pendant cette période, à leur apport dans l'effort de guerre américain. En 1975, le colonel Bruce Arnod, fils du général Henry Harley Arnold et les WASP se battent pour se voir remettre le titre de vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont alors un soutien assez prononcé de l'opinion publique. En 1977, les dossiers sont déclassifiés. Il est à noter l'important lobbying du sénateur Barry Goldwater, qui lui-même avait été pilote pendant la guerre.

Le président Jimmy Carter signe en 1977 la loi no 95-202, section 401, qui accorde aux anciennes membres du WASP un statut militaire complet pour leurs services rendus. En 1984, chaque membre du WASP reçoit la World War II Victory Medal. Celles qui ont servi plus d'un an reçoivent également les American Theater Ribbon/American Campaign Medal. La plupart des enfants des membres qui étaient alors décédées acceptent la décoration à titre posthume.

Le 1er juillet 2009, le président Barack Obama et le Congrès des États-Unis décerne au WASP la médaille d'or du Congrès. Trois des 300 anciennes membres encore vivantes sont présentes. Le 10 mars 2010, 200 membres survivantes viennent au Capitole de Washington, D.C. pour accepter la médaille des mains de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis Nancy Pelosi et des autres dirigeants du Congrès.

Aviatrices notables du WASP[modifier | modifier le code]

  • Ann Baumgartner Carl
  • Jacqueline Cochran — Directrice du WASP.
  • Rosa Charlyne Creger
  • Nancy Batson Crews
  • Cornelia Fort
  • Betty Gillies
  • Lois Hailey
  • Sara Payne Hayden
  • Celia Hunter
  • Marge Hurlburt
  • Teresa James
  • Shirley C. Kruse
  • Hazel Ying Lee
  • Barbara Erickson London
  • Nancy Love
  • Annabelle Craft Moss
  • Anne Noggle
  • Deanie Bishop Parrish
  • Mabel Rawlinson
  • Margaret Ringenberg
  • Gloria Heath
  • Dawn Rochow Seymour
  • Evelyn Sharp
  • Gertrude Tompkins Silver
  • Dora Dougherty Strother
  • Ginny Hill Wood

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

  • Dans le comic Wonder Woman, Diana Trevor, la mère du personnage Steve Trevor est une ancienne membre du WASP qui s'était accidentellement écrasée sur l'île mythique de Themyscira, lors d'une mission dans les années 1940. Elle est alors enterrée avec tous les honneurs par ses habitantes, les Amazones, qui sont émues par son sacrifice. Le nom du personnage principal de la série, « Princesse Diana », « Diana Prince » ou « Wonder Woman » tient son nom de cette pilote, ainsi que son costume, fabriqué à partir de son uniforme de pilote.

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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