Wing chun

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Wing chun (詠春)
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Tom Wong à Santa Monica en 1982
Tom Wong à Santa Monica en 1982

Autres noms Yong chun quan,Wing chun kuen, wing chun kung-fu, wing tsun, ving tsun, wing tsung, yongchun, weng chun, wyng tjun, ving tjun, wing tzun
Domaine Wushu, Percussion, trapping
Pays d’origine Drapeau de la République populaire de Chine Chine
A donné Jeet kune do
Pratiquants renommés Yip Man (shīfu de Bruce Lee), Bruce Lee
Wing chun
sinogrammes simplifiés
Chinois traditionnel 詠春拳
Chinois simplifié 咏春拳
Traduction littérale Boxe du printemps chantant
nom alternatif
Hanzi 永春拳
Traduction littérale poing du printemps/vitalité sans fin

Le wing chun est un art martial chinois traditionnel, originaire du Sud de la Chine, destiné au combat rapproché, incluant des techniques à mains nues et le maniement d'armes.

Très développé à Hong Kong et Taïwan, le wing chun a bénéficié au XXe siècle d'une rapide expansion en Europe et aux USA, en raison notamment de la notoriété de l'acteur Bruce Lee dont un des maîtres fut Kai-man (葉繼問) et de méthodes modernes d'enseignement.

Noms et transcriptions[modifier | modifier le code]

Enseigne d'une salle de wing chun à Hong Kong avec les caractères traditionnels 詠春拳

En Chine, cet art martial est généralement désigné par 咏春拳 (écriture simplifiée) ou 詠春拳 (écriture traditionnelle). S'il s'écrit de manière quasiment identique en traditionnel et simplifié, il n'est pas prononcé et transcrit de la même manière selon les régions : Yǒngchūn quán en pinyin mandarin, wing-chun kuen en Wade-Giles cantonais. Il est formé de 2 termes : (quan/kuen) qui signifie « poing, boxe » et du terme 詠春 (wing-chun en cantonais) ; le nom complet est ainsi traduit par « boxe du wing-Chun ».

Dans sa désignation courte, l'art martial est désigné simplement par ces deux sinogrammes :

  • le sinogramme yǒng/wing : « chanter, entonner », avec la clef de la bouche, 口, kǒu, en simplifié. Cela correspond à la clef 言 en traditionnel, kǒu. Là est la seule différence dans les deux écritures chinoises pour ce wushu.
  • le sinogramme chūn/chun : « printemps ».

詠春拳, la boxe du printemps chantant.

Cet art martial est parfois désigné par 永春, caractères différents de 詠春, mais prononcés et transcrits de manière identique : Ils sont traduits littéralement par « printemps éternel », le caractère signifiant « éternel, sans fin ». Ces caractères désignent aussi la région du Yongchun à côté de la ville de Quanzhou (Fujian). Si l'usage de 詠春 semble aujourd'hui privilégié pour les styles wing chun, 永春 apparaît toujours dans le nom d'autres arts martiaux du Sud de la Chine (avec 永春 souvent transcrits Weng Chun) ; par exemple le jee shim weng chun et le wing chun bak hok kuen (永春白鶴拳)[1].

En Occident, le nom de cet art martial a été transcrit de manière variable en raison de l'utilisation de méthodes de romanisation des langues chinoises différentes ou personnelles, et des différences de prononciation selon les langues chinoises (mais le cantonais a été souvent privilégié) ou selon les langues occidentales. De plus, certains maîtres de wing chun créèrent volontairement leur propre terme, afin de dissocier leur enseignement personnel des enseignements traditionnels. Par exemple, le terme ving tsun de Yip Man ou la marque commerciale WingTsun de Leung Ting.

« La conséquence est la possibilité de déterminer un lignage, un arbre généalogique élève-enseignant, seulement par l'orthographe. »
- Wayne Belonoha

Au final, cet art martial est prononcé de manière assez identique en Occident, mais s'écrit avec de nombreuses orthographes : ving tsun, wing tsun, wing tsung, yongchun, weng chun, wyng tjun, ving tjun, wing tzun, wing tschun… bien que l'écriture wing chun soit la plus courante pour s'appliquer à toutes les familles de cet art martial[2].

Histoire et légendes[modifier | modifier le code]

Carte de la Chine montrant la province du Fujian (rouge)
Article détaillé : Histoire du Wing Chun.

Le wing chun aurait été créé dans la province du Fujian en Chine il y a plus de trois siècles. L'histoire du wing chun était initialement transmise oralement de maître à élèves, plutôt que transcrite dans des documents. Il s'avère donc difficile de confirmer ou clarifier les différentes affirmations sur sa création. Certains auteurs ont cherché à appliquer les méthodes philologiques de la critique radicale aux récits oraux du wing chun et d'autres arts martiaux chinois. D'autres ont tenté de discerner l'origine véritable du wing chun par l'analyse de ses techniques. Les premières mentions de cet art martial dans des documents non contestés apparaissent seulement au XIXe siècle, à l'époque du maître Leung Jan (1826-1901), rendant son histoire ultérieure et les divergences des différentes branches plus propices à la vérification documentaire.

Fresque ancienne du Monastère Shaolin (Henan)
Kai-man (葉繼問) (1893-1972)

La légende commune décrit une jeune femme, Yim Wing Chun, au XVIIe siècle, à l'époque de la destruction par le gouvernement Qing d'un légendaire Monastère Shaolin du Sud. La jeune femme aurait refusé la proposition d'un mariage avec un seigneur local. Ce monastère aurait déclaré n'accepter cette décision que si Yim Wing Chun parvenait à vaincre le potentiel mari dans un duel martial. Elle demanda alors à une nonne bouddhiste, Ng Mui, légendaire survivante Shaolin, de lui enseigner l'art du combat. Ce style, jusque là sans nom, permit à Yim Wing Chun de vaincre son opposant. Elle épousa par la suite un certain Leung Bok Chau et lui enseigna cet art martial, qu'il nomma par la suite wing chun, en référence au nom de son épouse. Les recherches contemporaines tendent à confirmer que cette légende n'a aucun caractère historique.

Au XXe siècle, la transmission du wing chun a souffert de la Révolution culturelle (1966-1976). Devant la montée en puissance des Gardes Rouges, de nombreux maîtres quittèrent le pays et se réfugièrent au sud de la Chine continentale, c’est-à-dire à Hong Kong (alors colonie britannique), Formose (Taïwan) et au Viêt Nam. De ce fait, dans les années 60, seule l'école du maître Yip Man (1893-1972), une école à Foshan (Wing Chun Fat San) et une école taïwanaise existaient encore.

Les différents styles de wing chun se sont propagés ultérieurement, mais c'est le style de Yip Man qui domina largement par sa diffusion mondiale[3]. Parce qu'il fut le premier maître à systématiser cet art et à l'enseigner à un large public en tant que professeur, laoshi, et non plus shifu, dès les années 1960. Parce qu'il bénéficia surtout de la notoriété de son ancien élève Bruce Lee (1940-1973) devenu un acteur à la célébrité internationale[3]. A Hong-Kong, son élève Leung Ting (1947-) favorisa encore la diffusion d'une variante de cette école, marque déposée Leung Ting WingTsun, par une méthode d'enseignement structurée (système, uniforme, grades, diplômes) propre aux occidentaux. Notons encore Wong Shun Leung (1935-1997), Pan Nam (1911-1995) et Lo Man Kam (1933-) qui contribuèrent notablement au développement mondial du wing chun. Aujourd'hui, le wing chun est ainsi devenu un des arts martiaux chinois les plus pratiqués au monde, et il ne semble pas s'orienter vers une pratique sportive[3].

Branches du wing chun[modifier | modifier le code]

La zone du delta de la rivière des Perles, incluant la préfecture de Foshan et de Guangzhou, et Hong Kong.
Article détaillé : Branches du wing chun.

Les branches du wing chun désignent des traditions et interprétations différentes du wing chun, et les relations entre maîtres et élèves qui perpétuent ces traditions. Ces pratiquants se réclament tous d'un art martial calligraphié 詠春拳 en entrée de porte, selon la tradition; s'il existe des différences dans la pratique et les techniques, entre les différentes branches et écoles, il demeure toujours un air de famille, c'est-à-dire une base identique de principes et techniques.

Il n'existe aucune organisation internationale contrôlant ou certifiant les lignées des différentes traditions, ou le contenu de l'enseignement dispensé. Les branches ci-dessous sont définies selon des publications détaillant les arbres des lignées (de maître à maître), sans classement particulier[4].

  • Les écoles de Kai-man (葉繼問) : Provenant d'abord du Foshan, puis rescapé de la Révolution culturelle, il émigra à Hong-Kong alors anglais. Il fut seulement un professeur 老師 lǎoshī, sans jamais s'être revendiqué en tant que 師傅 shīfu, c'est-à-dire maître d'une lignée de Tradition. De sa dernière école à Hong-Kong, par la célébrité de Bruce Lee au cinéma, ce style simplifié s'est rapidement diffusé en Occident
  • Branche Yuen Kai-San : Provenant de la ville de Guangzhou, fondé par Yuen Kai-San et dirigé par Sun Nung
  • Branche Gulao (Koo Lo) : Provenant du village natif de Leung Jan, avec un style simple orienté vers le combat libre
  • Branche 彭南, Péng Nán : Provenant de Foshan, fondée par Pan Nam, basé sur des recherches historiques chinoises de ce wushu. Il reste le plus pratiqué en Chine continentale[5].
  • Branche Nanyang : Regroupe les branches de l'Asie du Sud (Thaïlande, Malaisie, Singapour…)
  • Branche Pao Fa Lien
  • Branche Hung Suen

Principes et techniques[modifier | modifier le code]

Mannequin du Wing Chun

Quelques principes fondamentaux du wing chun :

  • Protège toujours ton centre, que ce soit dans l'attaque ou la défense.
  • Utilise la force de l'adversaire pour la retourner contre lui.
  • Utilise les principes de déviation de force pour la défense et la ligne droite pour l'attaque.
  • Lorsque le pont a été établi, reste collé aux avant-bras de l'adversaire car l'information transite plus rapidement par le contact que par l'œil.
  • Si la force adverse est trop grande, cède et utilise ton système de déplacement pour te restructurer.
  • Si l'adversaire recule, suis-le et maintiens la pression ; ne le laisse pas reconstruire de nouveaux plans.
  • N'utilise pas ta force de frappe mais la vitesse et la masse de ton corps.

Ses techniques de mains sont particulièrement efficaces pour le combat rapproché jusqu'au corps à corps sans aller au sol. Il s'agit du 黐手 Chī shǒu, les mains collantes. Les bras restent souples au possible en liaison avec une pression constante vers l'adversaire, quoi qu'il tente, ce qui permet de dévier et contrôler facilement les coups afin de protéger son centre (le méridien 會陰, huì yīn précisément), et de placer ses propres frappes à la moindre ouverture de garde de l'adversaire.

  • Les réactions de base des mains sont :
    • Tan sao : réaction sur le bras à une impulsion ne croisant pas le méridien 會陰 huì yīn
    • Bong sao : réaction sur le bras à une impulsion croisant le méridien 會陰 huì yīn
    • Kao sao : réaction sous le bras à une impulsion ne croisant pas 會陰 huì yīn
    • Jam sao : réaction sous le bras à une impulsion croisant 會陰 huì yīn

Les coups, donnés à faible distance, n'ont pas besoin d'être accélérés par la pratique interne du Qi Gong. Cette pratique interne consiste à donner une explosion de force interne (發勁, fājìn) d'une amplitude réduite après avoir touché la cible à faible vitesse. C'est tout le corps qui produit cette onde de choc (le bras est le clou, le corps est le marteau), utilisant à la fois le poids du corps, la détente globale du corps utilisé comme un fouet et l'addition des forces de toutes les articulations. Ces qualités sont travaillées dans toutes les formes, progressivement, jusqu'à en venir à réaliser le fondement du Qi Gong et de sa circulation dans les méridiens. Interne veut dire se maitriser soi-même et non pas maitriser son adversaire en premier.

Ce wushu comporte peu de techniques de jambes. Toutes les parties du corps sont à percuter en double frappe, à commencer vers "les deux têtes", c'est-à-dire les yeux et les parties génitales.

Des techniques similaires existent pour les jambes que l'on désigne par les "jambes collantes", qui permettent d'éviter les tentatives de balayages et de projections adverses, elles permettent également de contrôler l'adversaire par une pression sur ses pieds et genoux. Remarquons la garde de face, jambes fléchies vers l'intérieur : c'était la tenue d'une brebis entre ses jambes pour la tondre sans qu'elle puisse s'échapper. La garde moderne occidentale en fente avant est par exemple une erreur qui dénature la tradition et la transmission. Au passage sur les jonques fleuries des canaux, le combat dans une barque oblige à un équilibre plus fort et des frappes uniquement de corps à corps, ce que le wing chun n'était pas et ne reste pas dans la tradition chinoise, plus interne dans l'enracinement de la garde, plus souple, plus liant. Le qi gong 氣功 du Shaolin traditionnel est perdu dans les écoles modernes occidentales[réf. nécessaire].

  • Les réactions de base de jambes sont:
    • Tan gerk : réaction à une impulsion venant de l'extérieur
    • Bong gerk : réaction à une impulsion venant de l'intérieur
    • Yap gerk : réaction à une impulsion venant de l'extérieur
    • Pak gerk : réaction à une impulsion venant de l'intérieur

Les armes et équipements[modifier | modifier le code]

Une jonque à voiles

Cet art martial provient des Hakkas[réf. nécessaire], peuple vivant au bord des lacs et mers au sud de la Chine, réputé pour ses jonques fluviales et maritimes. En plus du commerce, des « bateaux fleuris » ou « bateaux à lanternes rouges » permettaient aux clients de satisfaire leurs plaisirs à l'abri des regards. Le wing chun utilise les armes qu'on peut trouver sur ces bateaux en compagnie de dames galantes : la « perche à la fleur de prunier », longue perche (plus de quatre mètres) pour faire avancer ces jonques et la paire de couteaux papillons. C'est en fait une paire de sabres d'appontage pour qu'une femme, n'ayant pas la même force qu'un homme, puisse dénouer sans force les nœuds marins ou trancher une corde d'appontage en cas d'urgence. Ces outils deviendront ainsi, dans le danger de ce commerce clandestin, des armes redoutables.

Les pratiquants s'entraînent aussi sur un mannequin de bois. Cet « homme de bois » a la hauteur d'une personne ; il est constitué d'un tronc d'une vingtaine de centimètres de diamètre, sur lequel on a ajouté trois bras et une jambe en fente avant fixe.

En plus d'équipements similaires à d'autres arts martiaux (sacs de frappe pour travailler vitesse, puissance ou endurcissement des membres), on peut aussi trouver (selon les branches d'enseignement) une installation composée de cinq ou sept gros pieux (diamètre d'un pied), plantés verticalement, sur lesquels le pratiquant s'exerce en équilibre[6]. Dans la branche Leung Ting, le pratiquant s'exerce aux coups de pieds et aux déplacements (« fleur du prunier ») en circulant entre trois pieux (un mètre de hauteur).

Les formes[modifier | modifier le code]

Les formes martiales du wing chun (套路, tàolù) sont des formes démonstratives de techniques visant à développer le qi gong (氣功 qìgōng), la bonne circulation du qi (氣 qì), les réflexes posturaux, la compréhension de son style, et précise en permanence ses erreurs en pratique d’enchainements.

L'ensemble des techniques du wing chun est répertorié dans ces formes. Selon les lignées, les objectifs et les gestes de chaque forme peuvent être différents et impliquer ainsi de nombreuses différentes techniques. Il en est de même dans les lignées quant à la progression des pratiquants dans l'apprentissage des formes.

Dans la majorité des branches du wing chun, les formes sont au nombre de sept comme les pétales de la fleur de prunier qui est le symbole traditionnel de cet art martial (武術 wǔshù) : quatre formes à mains nues, une forme au mannequin de bois et deux formes avec armes (l'une avec un bâton long, l'autre avec une paire de sabres courts chinois).

Formes à mains nues[modifier | modifier le code]

Représentation du travail au mannequin
  • Siu nim tao (小念頭, xiǎoniàntóu, « petite idée ») et siu lim tao (小練頭, xiǎoliàntóu, « petite pratique ») en traductions littérales :
C'est la première et la dernière forme, elles sont semblables en apparence. C'est pourquoi cette forme est la plus importante en wing chun. C'est le 氣功 qi gong de la Petite Circulation Céleste, ㄝ小週天循環, xiǎo zhōu tiān xúnhuán.
Pour certaines branches (Kai-man (葉繼問)), cette forme est faussement appelée xiǎoniàntóu (小念頭), « petite idée » car elle est confondue avec la petite pratique. La xiǎoliàntóu est un travail de géométrie corporelle et d'alignement, qu'il faudra conserver le mieux possible lors de l'apprentissage des deux autres formes à mains nues. Dans des lignées qui mettent l'accent sur le qìgōng, la xiǎoliàntóu a beaucoup d'utilisation pratique mais c'est essentiellement un travail de circulation du Qì dans les deux méridiens Du Mai et Ren Mai (méridien du Gouverneur et méridien de Conception). Pour d'autres branches (Péng Nán), la forme est xiǎoniàntóu, basée sur les trois petites pratiques (Petite Idée 小念頭, Petite Circulation 小週天 et Petite Pratique 小練頭), axée sur trois points d’acupuncture qui portent ces noms parallèles.
  • Chum kiu, xún qiáo en mandarin pinyin, chum kiu en cantonais Yale, 尋橋 en chinois traditionnel: « chercher le pont », traduction littérale.
Cette seconde forme se concentre sur les techniques de déplacements du corps total, la synchronisation des déplacements et des frappes, et les techniques d'entrée pour « combler le fossé » entre le pratiquant et son adversaire, ainsi que perturber sa structure et son équilibre. Cette forme permet d'apprendre les techniques fondamentales de contre-attaque immédiate par deux frappes en même temps.
Les attaques de courte distance avec les coudes et les genoux sont aussi travaillées à ce stade.
  • Biu gee, biāo zhǐ en mandarin pinyin, biu gee en cantonais Yale, 鏢指 en chinois traditionnel : « la marque du point », traduction littérale.
La troisième forme biāo zhǐ est faite de techniques ultra courtes et ultra longues, coups de pieds bas pour contre-attaquer efficacement dans le but de ce wushu. Comment renverser le combat contre son adversaire avec la plus grande vitesse et directement, en restant hors de danger, donc la marque sur un point précis du corps de son adversaire, 點穴法, diǎn xué fǎ, pour l'éliminer, c'est-à-dire accomplir la victoire dans l'assurance.

Forme au mannequin de bois[modifier | modifier le code]

  • Le 木人樁, mù rén zhuāng du wing chun est un mannequin de bois de la taille d'un homme, muni de 3 bras et d'une jambe. Il est utilisé par le pratiquant pour améliorer les déplacements, la vitesse et la précision des techniques, endurcir les membres mais surtout pour développer les sensations et réflexes des bras et jambes.

Selon les lignées du wing chun, la forme exécutée sur le mannequin est composée de 196 mouvements, 116 mouvements, ou 108 mouvements.

Forme du bâton long[modifier | modifier le code]

  • 六點半棍, liùdiǎnbàn gùn en mandarin pinyin : le bâton de 6 pieds et demi qui était la perche pour faire avancer les jonques fleuries. Il serait une dérivation plus courte du qī diǎn bàn gùn (七點半棍) originel.
  • 七點半棍, qī diǎn bàn gùn en mandarin pinyin : bâton de 7 pouces et demi, qui correspond au bâton des moines cultivant la terre du Monastère Shaolin dans la province du Henan.

Forme des couteaux papillon[modifier | modifier le code]

Paire de couteaux papillon du wing chun

La paire de couteaux papillon (蝴蝶雙刀 húdié shuāng dāo en mandarin pinyin (« paire de couteaux papillon » littéralement), bart cham dao en cantonnais, bat tram dao en vietnamien) : paire de couteaux d'appontage des bateliers de Hong Kong des célèbres jonques rouges des Hakkas.

Un aspect notable du combat avec les couteaux papillons est que ses principes sont similaires à tous les autres arts martiaux utilisant des armes. En théorie, n'importe quel objet qui peut être tenu dans les mains d'un pratiquant de wing chun suivra les mêmes principes de mouvement que ceux des couteaux papillon ; et ceci est dû au fait que l'utilisation des couteaux papillons est simplement l'extension du combat à mains nues.

Nian shou[modifier | modifier le code]

Nian shou (黏手, pinyin: Niǎnshǒu) ou « mains collées » désigne un principe fondamental du Yǒngchūn quán, et un ensemble de techniques.

Le but du Niǎn shǒu est de développer des réflexes sensorimoteurs pour réagir à la pression exercée par l'adversaire, afin de « coller » celui-ci et se créer une ouverture pour frapper. Dans la forme du Yǒngchūn quán enseignée en occident, Niǎn shǒu est généralement une pratique d'entrainement, considérée comme un jeu de réflexes. Pour d'autres branches du Yǒngchūn quán, Niǎn shǒu est une forme composée d'enchainements précis. L'erreur introduite en occident fut d’écrire 黐手 au lieu de 黏手[5]., Chī Sáo au lieu de Niǎn shǒu, forme fautive en caractère chinois et en pinyin[7]

Le Niǎn shǒu se pratique entre deux partenaires qui maintiennent le contact de leurs avant-bras ou leurs poignets ou leurs mains, en exécutant diverses techniques, s'entraînant mutuellement à percevoir chez l'adversaire les changements de pressions, d'intention, et les angles possibles d'attaque. Ce développement de la sensibilité aide le pratiquant à attaquer et contrer plus rapidement et précisément, avec les techniques les plus adaptées.

Les pratiquants débutants découvrent 黏手 Niǎn shǒu avec des enchaînements pour un seul bras, dénommé 單黏手 dān niǎn shǒu. L'utilisation complète de Nian shou avec les deux mains se fait par la paire des bras, 双黏手 shuāng niǎn shǒu.

En Europe[modifier | modifier le code]

Représentation de Bruce Lee.

Le wing chun est enseigné dans tous les pays européens. Les diverses branches sont aujourd'hui représentées, mais une majorité des écoles se réclament de la lignée Kai-man (葉繼問); en raison en partie d'une forte implantation en Allemagne dès les années 1990 des écoles de Leung Ting, qui s'étendirent ensuite aux pays limitrophes[8].

Le succès et la promotion du wing chun en Europe est surtout lié à la notoriété de l'acteur Bruce Lee, également pratiquant de wing chun[9]. Kai-man (葉繼問) fut son enseignant à la demande de son père, artiste célèbre et ami de Kai-man (葉繼問) durant quelques cours seulement. Bruce Lee préféra retourner aux combats de rue, trouva alors ses rudiments efficaces et Kai-man (葉繼問) offensé ne le reprit jamais, déléguant pour sa formation un de ses élèves, Wong Shun Leung.

Bruce Lee, quant-à-lui, continua son évolution personnelle en conservant l'essence du wing chun qu'il modifia car il ne put jamais finir sa formation auprès de Kai-man (葉繼問), même lorsqu'il lui offrit une forte somme d'argent. Il appela tout d'abord Jun Fan Gung Fu (qui n'était en fait qu'une école privée de wing chun pour les américains) puis compléta son manque de formation en wing chun avec des apports d'autres arts de combats (boxe française, boxe anglaise, taekwondo) vers un art martial éclectique qu'il définissait comme, non pas un style, mais comme l'expèrience de son auto-formation complémentaire vers un concept  : le « jeet kune do » 截拳道, jiéquándaò en pinyin mandarin, (la voie du poing qui intercepte[10]). La mort de l'acteur en 1973 lança la mode « kung-fu » en occident, et l'espoir de pratiquer son style contribua au succès des écoles de wing chun.

Depuis une dizaine d'années, l'intérêt croissant pour la culture et les arts martiaux chinois[11], font progresser le nombre de pratiquants. L'ouverture sur la Chine offre également aux pratiquants occidentaux la possibilité d'échanges avec des branches méconnues du wing chun. L'enseignement de la langue chinoise, les voyages en Asie, mirent fin aux légendes modernes à des fins mercantiles le plus souvent pour des occidentaux n'ayant alors aucune notion sérieuse de ce qu'est la réalité et l'historique authentique de ce wushu 武術.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Usage de 永春 par plusieurs branches, dont notamment Pan Nam lui-même, attesté par Leung Ting dans Roots and Branches of Wing Tsun et par les auteurs de Complete Wing Chun. Voir aussi http://weng-chun.com et http://www.yongchunbaihechuen.com
  2. « As the art grows in popularity, many different Romanizations for the Chinese characters "wing chun" continue to be created, often as a result of the local dialect and pronunciation. This results in the ability to determine a lineage, student/teacher family tree or origin, by the spelling alone. The most common spelling is "wing chun", which applies generally to all families. » - Wayne Belonoha, The wing chun compendium, p.20
  3. a, b et c Thomas A. Green, Martial arts of the world: an encyclopedia, Volume 1
  4. Voir Complete Wing Chun: The Definitive Guide to Wing Chun's History and Traditions., Chu & Ritchie & Wu, 1998 et Roots and Branches of Wing Tsun, Leung Ting, 2000-2003
  5. a et b Voir 咏春拳 续三 (Yǒng Chūn quán, volume trois), 韩广 玖编著 (Hán Guǎngjiǔ Biān Zhù), 2001, volume 3, ISBN 7-5359-2683-5, imprimé en République Populaire de Chine
  6. 梅花桩, méihuāzhuāng « pieu de fleur de prunier »
  7. Voir 詠春拳高级格斗训练 [平装] (Gāo jí dǒu xùn liàn [píng zhuāng]), 2004, ISBN 7-81100-098-9/G, imprimé en République Populaire de Chine
  8. Encyclopédie des arts martiaux de l'extrême-orient, Gabrielle et Roland Habersetzer
  9. Wei Feng (魏蜂), "Yong Chun Quan", 2003. (ISBN 7-81051-935-2), et Habersetzer, Encyclopédie des arts martiaux d'extrême-orient
  10. "The legend of Bruce Lee" par Alex Ben Block, Dell Publishing 1974
  11. En 2005 en France, le nombre des pratiquants d’arts martiaux chinois avait progressé de près de 75 % sur les 6 dernières années (audit du Ministère de la Jeunesse et des sports).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références pour la rédaction de cet article :

  • 咏春拳 (Yǒng Chūn quán, 5 volumes), 韩广 玖编著 (Hán Guǎngjiǔ Biān Zhù), 2001, imprimé en République Populaire de Chine
  • 詠春拳高级格斗训练, Gāo jí dǒu xùn liàn, 2004, ISBN 7-81100-098-9/G, imprimé en République Populaire de Chine
  • (en) Robert Chu, Rene Ritchie, Y. Wu, Complete Wing Chun: The Definitive Guide to Wing Chun's History and Traditions, 1998, Boston, Tuttle Publishing. (ISBN 0-8048-3141-6)
  • (en) Leung Ting, Roots and Branches of Wing Tsun
  • (en) Yip Chun et Leung Ting, 116 Wing Tsun Dummy Techniques as demonstrated by grand master Kai-man (葉繼問), , 1988, (ISBN 9627284033)
  • (en) Leung Ting, Wing Tsun Kuen, Hong Kong: Leung's Publications 1978, (ISBN 962-7284-01-7)

Références cinématographiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]